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La place de San Marco

Les Bleues à la Delie-délo

Avec sa courte victoire contre le Nigeria, l'équipe de France n'a qu'à moitié réussi son entrée dans la Coupe du monde.
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Comme lors des deux dernières phases finales, la France a entamé celle-ci par une victoire contre l’équipe la plus faible du groupe (3-1 contre l’Italie et l’Islande). Les deux dernières fois, cette entrée en matière avait été suivie par un nul contre les concurrentes directes (1-1 face à la Norvège les deux fois) et une raclée infligée par l’Allemagne. Comme la troisième partie pourrait bien se reproduire, et dans la mesure où la victoire a été acquise sur la plus faible des marges, la qualification passera sans doute par une victoire contre le Canada – qui n’a perdu que 2-1 contre l’Allemagne.

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Le jeu

La grande difficulté du travail d’un sélectionneur est de trouver comment agencer son équipe pour réussir à placer tous ses joueurs (ou toutes ses joueuses) indispensables. Et souvent, cela revient à en écarter pour faire de la place à des éléments... moins indispensables, mais permettant de composer une équipe fonctionnelle. C’est sans doute le problème auquel a été confronté Bruno Bini, auquel il a répondu avec succès à la mi-temps.

Un onze de compromis
Devant une défense classique à quatre, le sélectionneur a cinq joueuses de base (Sandrine Soubeyrand, Elise Bussaglia, Camille Abily, Louisa Necib et Gaëtane Thiney) qui sont toutes plutôt des milieux axiales, d’un tempérament allant du moins au plus offensif. Depuis deux ans, il tente diverses configurations en leur adjoignant tantôt une avant-centre, tantôt une ailière en mettant alors Gaëtane Thiney en pointe. Les performances récentes de Marie-Laure Delie (onze buts lors des cinq dernières sélections) font d’elles la sixième joueuse indispensable, ce qui complète l’équipe.

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Pour faire jouer tout ce beau monde et tenter d’occuper un peu les côtés, Gaëtane Thiney et Louisa Necib ont donc débuté contre le Nigéria dans des positions d’attaquantes de soutien, chargées de visiter un peu les côtés, avec une réussite mitigée tout au long de la première mi-temps: la France a globalement eu le contrôle du ballon, sans produire grand-chose et en concédant même l’occasion la plus dangereuse sur une contre-attaque de Desire Oparanozie.


Prime aux entrantes
Bruno Bini changeait donc ses plans à la mi-temps en se passant d’une de ses indispensables, la capitaine Sandrine Soubeyrand, remplacée par Eugénie Le Sommer, et en réorganisant toute son équipe de la même manière qu’à la mi-temps de la récente victoire 2-1 en Belgique: Elise Bussaglia et Camille Abily passaient à la récupération, Gaëtane Thiney et Louisa Necib se partageaient la place derrière l’avant-centre et l’aile gauche, tandis que l’aile droite revenait à l’entrante... qui mettait dix minutes seulement pour trouver Marie-Laure Delie.

La réorganisation était parachevée par l’entrée d’Elodie Thomis à la place de Gaëtane Thiney, qui permettait à l’équipe de France de finir avec deux récupératrices, une meneuse, deux ailières et une avant-centre. Reste à savoir si la réorganisation n’était que circonstancielle ou si les deux joueuses de Juvisy, qui avaient jusque là la confiance absolue du sélectionneur, céderont leur place pour le match contre le Canada, qui sera le plus important de la compétition (jusqu’au suivant).


La malédiction de l'arrière droite


Wendie Renard était un peu l’invitée surprise de cette équipe, au bénéfice de ses propres bonnes prestations ainsi que des pépins physiques de Corine Franco. Mais, sortie sur blessure à la 70e minute, elle semble touchée par la malédiction des arrières droites: la place est normalement tenue par Sandrine Dusang, mais la Lyonnaise tourne depuis 2008 à une ou deux sélection par an, entrecoupées de blessures aux genoux. À l’Euro 2009, elle n’était pas suffisamment remise et c’est Corine Franco qui devait occuper le poste. Mais elle-même n’avait tenu qu’une demi-heure, pour être remplacée par Sabrina Viguier... qui sera suppléée par Laure Lepailleur au bout d’une heure lors de la rencontre suivante. Delphine Blanc remplaçait cette dernière, blessée, pour le troisième match de poule, et Amandine Henry finissait le travail contre les Pays-Bas (car si Corine Franco était de retour, elle devait suppléer Sandrine Soubeyrand au milieu...). Bref, il doit y avoir un mauvais mojo sur ce poste. Souhaitons donc bon courage à Laure Lepailleur, qui a effectué une bonne entrée.

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Les filles

Bérangère Sapowicz n’a pas eu grand-chose à faire, laissant même Oparanozie rater toute seule son occasion. Elle sera sans doute nettement plus à l’ouvrage contre le Canada et l’Allemagne.

La défense centrale composée de Laura Georges et d’Ophélie Meilleroux a bien tenu le choc, sans être beaucoup mise à contribution, de même que Sonia Bompastor qui a eu plus de facilité à combiner sur son côté gauche en deuxième mi-temps.

Sandrine Soubeyrand n’a pas eu beaucoup de ballons à gratter et n’en a pas bonifié beaucoup. Cela tient sans doute à des raisons tactiques, mais le jeu français s’est nettement éclairé après sa sortie.

Elise Bussaglia et Camille Abily n’ont pas tellement justifié leurs statuts respectifs de meilleure joueuse de la saison et de patronne du milieu, dans des postes assez flous en première mi-temps (mi-relayeuses, mi-meneuses), un peu mieux déterminés en seconde.

Louisa Necib a réalisé un match qui lui ressemble, à la fois enthousiasmant et agaçant: enthousiasmant par ses prises de balles, ses ouvertures et sa manière d’éclairer le jeu, agaçant par sa manière de multiplier les touches de balles. Mais au final, l’enthousiasme l’emporte sur l’agacement.

Gaëtane Thiney a peut-être du mal à faire le chemin inverse de ce qui lui était demandé depuis deux ans, c’est-à-dire à quitter le poste d’avant-centre pour redevenir attaquante de soutien. Sa position n’était pas facile à trouver entre une meneuse et une avant-centre.

Elodie Thomis, qui l’a remplacée, avait une feuille de route beaucoup plus claire: percuter sur l’aile droite, ce qu’elle a fait avec application, prenant régulière l’avantage sur des adversaires pourtant très rapides aussi, et délivrant des centres qui auraient pu être plus précis.

Eugénie Le Sommer est entrée à la mi-temps et elle a changé le match par sa capacité à percuter sur l’aile droite, ce qui a d’abord rééquilibré l’équipe de France, puis lui a permis de l’emporter. Elle est passée à gauche à l’entrée d’Elodie Thomis, où elle a été un peu moins à l’aise.

Dans un match serré, la différence se fait souvent sur la capacité de l’avant-centre à marquer sur une occasion peu évidente. Marie-Laure Delie a passé la première mi-temps à attendre un ballon jouable, a été à peine mieux servie en deuxième mi-temps, mais a finalement obtenu celui qui a donné la victoire aux Bleues.

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