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Le derby le plus paisible d'Europe

Coupées du monde : Allemagne 2011, le guide/1

Première partie de la présentation des équipes et des joueuses (stars ou à suivre) du Mondial féminin: les groupes A et B.
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Avec seize équipes seulement et des forces réparties sur tous les continents, le plateau est particulièrement dense. La maxime selon laquelle il n'y a plus de petites équipes s'applique assez à ce Mondial où toutes les équipes ou presque peuvent vraiment espérer sortir de la phase de poules.... En revanche, il y a encore de grosses équipes. Une surtout: l'Allemagne est double championne du monde, quintuple championne d'Europe et elle joue à domicile. Les Etats-Unis, champions olympiques en titre et le Brésil, battu par les deux précédentes en finale des deux derniers tournois mondiaux,, auront quelques prétentions. Pour ces trois équipes, la place en quarts semble assurée. Pour les autres, tout reste ouvert.


Groupe A
Le groupe des Bleues est assez compliqué avec une première place qui semble réservée à l'Allemagne et deux adversaires difficiles à jouer. Mais en cas de réussite cela pourrait être le jackpot: jouer l'Allemagne au premier tour, c'est l'assurance de ne plus la jouer avant la finale. Et le groupe A croise avec le groupe B dont la tête de série semble la plus accessible.


Allemagne

La cote pour la victoire finale : ☆☆☆☆☆☆
La probabilité de qualification : 100%
Classement FIFA : 2e

Double tenante du titre et jouant à domicile, l’Allemagne fait bien entendu figure de favorite, d’autant que depuis sa victoire à l’Euro finlandais, elle a remporté 11 de ses 14 matches (amicaux) disputés, la plupart assez largement. Mais les trois défaites ont été concédées à chaque fois contre les Etats-Unis, dont un 4-0 à Cleveland il y a tout juste un an. En ajoutant le souvenir de la défaite 4-1 en demi-finales des Jeux Olympiques contre le Brésil, la Mannschaft n’est peut-être pas complètement invincible.

La star : Birgit Prinz
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Dans toute autre sélection Kerstin Garefrekes aurait évidemment été citée comme la star de l’équipe. Ou bien Fatmire Bajramaj. Mais en Allemagne, la légende s’appelle Birgit Prinz et elle n’est pas encore à la retraite malgré ses deux Coupe du monde (dont elle est meilleure buteuse), ses cinq Euros et ses trois titres de meilleure joueuse du monde entre 2003 et 2005. L’avant-centre de l’équipe d’Allemagne prendra sa retraite à l’issue de la compétition.

La joueuse à suivre : Alexandra Popp
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Désignée depuis son plus jeune âge comme la successeuse de Birgit Prinz à la pointe d’une équipe d’Allemagne qui, d’Anja Mittag à Inka Grings, ne manque pas de prétendantes, la joueuse de Duisbourg pourrait bien marquer définitivement son territoire lors de cette Coupe du monde, à seulement vingt ans.



Canada

La cote pour la victoire finale : ☆☆
La probabilité de qualification : 40%
Classement FIFA : 6e

Dans l’ombre de leurs voisines américaines, les Canadiennes profitent des deux places et demi accordées à la peu nombreuse confédération Concacaf pour s’inviter régulièrement en phase finale de Coupe du monde, dont elles ont même atteint la quatrième place en 2003 après une victoire surprise sur la Chine en quart de finales. Sous l’impulsion de sa sélectionneuse Carolina Morace, ancienne star et sélectionneuse de l’équipe d’Italie, le Canada a remporté le tournoi de qualifications de la zone Concacaf (sans avoir à affronter les Etats-Unis cependant), et a atteint cette année son meilleur classement FIFA.

La star : Christine Sinclair
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Désignée meilleure joueuse canadienne tous les ans depuis 2005, détentrice du record du nombre de sélections (159) et du nombre de buts marqués (116), il n’est pas difficile de désigner l’attaquante de New York (championne WPS 2010 avec Gold Pride) comme la star de l’équipe à la feuille d’érable.

La joueuse à suivre : Jonelle Filigno
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À vingt ans, l’attaquante de Rutgers University est une revenante qui a manqué toute la saison 2009-2010 après une rupture des ligaments du genou. Mais Carolina Morace a confiance en elle et l’a rappelée dès qu’elle a été sur pied.



Nigéria

La cote pour la victoire finale : ☆
La probabilité de qualification : 20%
Classement FIFA : 27e

L’équipe du Nigéria est un peu l’Allemagne de l’Afrique : avec 8 victoires en 9 éditions de la Coupe d’Afrique des Nations et une qualification pour toutes les Coupes du monde, le Nigéria domine très largement son continent. Mais la réussite est moins nette au niveau mondial avec une seule qualification pour les quarts de finales de la Coupe du monde en 1999 (en une autre en 2004 aux JO). Les Super-Falcons pourront compter sur la génération vice-championne du monde des moins de 20 ans l’an dernier, qui compose déjà un tiers de la sélection.

La star : Perpetua Nkwocha
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Si le Nigéria est l’Allemagne de l’Afrique, alors Perpetua Nkwocha est la Birgit Prinz du Nigéria. Quatre fois victorieuse de la CAN, troisois élue meilleure joueuse africaine de l’année (la dernière fois en 2010), la buteuse Nigériane va elle-aussi arrêter après la compétition mais elle est toujours au niveau comme en témoignent ses 11 buts marqués lors de la dernière CAN.

La joueuse à suivre : Desire Oparanozie
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Elle est le symbole de la nouvelle génération nigériane vice-championne du monde des moins de 20 ans l’an dernier, déjà en Allemagne.



France

La cote pour la victoire finale : ☆☆
La probabilité de qualification : 40%
Classement FIFA : 7e

Après des éliminatoires menées rondement (50 buts marqués et aucun encaissés en 10 matches), les Bleues se présentent en pleine confiance en Allemagne pour améliorer enfin le bilan de toutes les phases finales disputées jusque-là: une victoire, un nul, une défaite. Le groupe est un habile mélange de joueuses expérimentées (quatre étaient déjà présentes en 2003 lors de la dernière participation française, plus quelques-unes qui faisaient déjà partie de la sélection) et de jeunes (trois demi-finalistes de la Coupe du monde des moins de 20 ans en 2008 au Chili en particulier).

La star : Camille Abily
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Deux fois élue meilleure joueuse française (et qui aurait dû l’être aussi l’an dernier sur ses six mois au PSG), la milieu de terrain bretonne a pu constater qu’elle n’avait rien à envier aux meilleures joueuse de la planète, lors des deux saisons qu’elle a disputées dans le championnat américain, d’abord aux Los Angeles Sol puis au FC Gold Pride, remportant deux fois la saison régulière en étant titulaire indiscutable. Elle a également été élue meilleure joueuse de la dernière finale de Ligue des championnes.

La joueuse à suivre : Marie-Laure Delie
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Depuis la retraite de Marinette Pichon, la France se cherche une buteuse. Et elle pourrait bien l’avoir trouvée avec Marie-Laure Delie, dont les récentes prestations (11 buts lors des 5 derniers matches des Bleues) devraient lui valoir une place de titulaire.



Groupe B
Le groupe B est celui qui ne compte pas l’une des trois ogresses comme têtes de séries. En théorie, il est promis au Japon et à l’Angleterre, mais leurs adversaires ne seront pas des victimes expiatoires. La première place elle-même sera âprement disputée, car la seconde réserve très probablement un quart de finale face à l’Allemagne à Wolfsburg.


Japon

La cote pour la victoire finale : ☆☆
La probabilité de qualification : 70%
Classement FIFA : 4e

Sans faire de bruit, la sélection japonaise s’est installée comme tête de file de la représentation asiatique en profitant de sa quatrième place FIFA pour être tête de série de ce groupe. Sans faire de bruit, parce que le Japon a longtemps été dans l’ombre de la Chine puis de la Corée du Nord, ne parvenant jamais à remporter la Coupe d’Asie. Et même quand une sélection japonaise des moins de 17 ans va en finale d’une Coupe du monde l’an dernier, c’est pour être battue par la Corée du Sud. Mais sur les deux dernières années, le Japon a un bilan proche de celui de l’Allemagne, c’est-à-dire des victoires sur tout le monde sauf les Etats-Unis, avec en plus une défaite en demi-finale de la dernière Coupe d’Asie (et tournoi de qualification pour la Coupe du monde) contre l’Australie.

La star : Yuki Nagasato
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Avant-centre titulaire dans l’équipe championne d’Allemagne et finaliste de la Ligue des Champions, dont elle finit deuxième meilleure buteuse, elle a très certainement manqué à Potsdam lors de cette finale, manquée pour une blessure contractée en sélection.

La joueuse à suivre : Mana Iwabuchi
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Élue meilleure joueuse de la Coupe du monde des moins de 17 ans en 2008, malgré une défaite aux tirs aux buts en quart de finale contre l’Angleterre, elle a aussi participé à la dernière Coupe du monde des moins de 20 ans où elle a réussi à tirer son épingle du jeu dans une équipe japonaise qui n’est pas parvenu à sortir d’un groupe comprenant aussi le Mexique et l’Angleterre.



Nouvelle-Zélande

La cote pour la victoire finale : ☆
La probabilité de qualification : 25%
Classement FIFA : 24e

Depuis que l’Australie a déserté la zone, la qualification pour la Coupe du monde est une formalité pour la Nouvelle-Zélande: 50 buts marqués et aucun encaissé en 5 matches, l’adversité océanienne ne fait pas le poids. Contre une opposition un peu plus relevée, les choses sont un peu plus difficiles, même si l'on trouve quelques victoires récentes contres des équipes européennes de seconde catégorie comme les Pays-Bas, l’Italie ou la Suisse – toutes trois barragistes malheureuses pour cette Coupe du monde.

La star : Hayley Moorwood
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Capitaine et milieu de terrain de la sélection néo-zélandaise, elle est l’une des trois joueuses à avoir tenté sa chance à l’étranger : elle évolue depuis le début de la saison (en mars) dans le nouveau championnat professionnel anglais, à Chelsea.

La joueuse à suivre : Rosie White
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Meilleure joueuse néo-zélandaise de la dernière Coupe du monde des moins de 20 ans, elle compte déjà 28 sélections A à dix-huit ans.



Mexique

La cote pour la victoire finale : ☆
La probabilité de qualification : 45%
Classement FIFA : 22e

La zone Concacaf est traditionnellement dominée sans partage par les Etats-Unis et le Canada, ce qui laisse peu de place à la sélection mexicaine. Mais pour cette édition où on la voyait éventuellement profiter de la demi-place permettant à la troisième de la zone d’affronter l’équipe barragiste européenne, elle a fait beaucoup mieux en profitant du tournoi qualificatif à domicile pour surprendre les Etats-Unis en demi-finale et se qualifier directement pour l’Allemagne – envoyant les Américaines jouer les barrages.

La star : Maribel Dominguez
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Elle avait défrayé la chronique en 2004 en signant un contrat avec l’Atletico Celaya, un club masculin, où elle n’avait finalement pas pu jouer après l'intervention de la FIFA. Son autre fait d’armes est d’avoir joué une saison au FC Barcelone. Au-delà de l'anecdote, elle a aussi évolué dans le précédent championnat pro américain, à Kansas City, et elle reste une buteuse redoutable même en fin de carrière, comme en témoignent ses 6 buts lors des 5 matches de la phase qualificative.

La joueuse à suivre : Veronica Perez
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La joueuse de Saint-Louis (enfin, l’ancienne joueuse puisque la franchise a fait faillite en milieu de saison dernière) présente la particularité d’être née en Californie et d’avoir joué sous les couleurs américaines dans les sélections de jeunes, avant de rejoindre la sélection mexicaine avec laquelle elle disputera donc cette Coupe du monde.



Angleterre

La cote pour la victoire finale : ☆☆
La probabilité de qualification : 60%
Classement FIFA : 10e

La place de finaliste du dernier Euro (défaite 6-2 contre l’Allemagne) résume assez bien le profil d'une l’équipe d’Angleterre qui peine à asseoir une vraie crédibilité, mais sait saisir les occasions quand elles se présentent: qualifiées comme troisième de groupe derrière la Suède et l’Italie (avec une seule victoire), les Anglaises se sont hissées en finales en battant la Finlande puis les Pays-bas, laissant Allemagne, Suède et autre Norvège en découdre de l’autre côté du plateau. Le lancement de la Women’s Super League, le nouveau championnat semi-professionnel, est trop récent pour exercer déjà une influence sur le football anglais, dont les meilleures joueuses évoluent encore principalement dans le championnat américain. La sélection s'appuie largement sur l’ossature de l’équipe d’Arsenal championne d’Europe 2007, même si elle ne compte plus que quatre joueuses de l’équipe londonienne.

La star : Kelly Smith
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La meneuse de l’équipe d’Angleterre et joueuse historique d’Arsenal fait le trait d’union entre les différentes versions des championnats professionnels américains: star de l’équipe de Philadelphie Charge entre 2000 et 2003 (avec Marinette Pichon), elle est depuis 2009 celle des Boston Breakers, dont elle partie depuis le lancement de l’équipe All-star de la ligue. Internationale depuis 1995 elle compte à ce jour 104 sélections.

La joueuse à suivre : Eniola Aluko
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N’était Kelly Smith, elle aurait pu postuler à la rubrique précédente, d’autant plus qu’à vingt-quatre ans et 55 sélections, elle peut difficilement passer pour la révélation de l’année, titre qu’elle a obtenu en 2003… Mais dans une sélection anglaise dont la joueuse la plus jeune affiche vingt-deux ans (ce qui détonne assez dans le football féminin), elle a le profil parfait de la joueuse à suivre: elle est l’une des meilleures buteuses du championnat américain, où elle enchaîne les clubs – New Jersey après Atlanta et Saint-Louis.

COUPÉES DU MONDE : ALLEMAGNE 2011, LE GUIDE/2
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