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Une jeunesse à toute vitesse

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L'action de la 3e journée

Demi-teinte

En concédant un match nul en Tunisie, l'équipe de France n'a pas vraiment donné d'indications nettes sur son avenir, même si Jacques Santini a déjà testé beaucoup des formules auxquelles Lemerre se refusait… Revue de match en long, en large et surtout en travers.
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Faut-il se convaincre que ce Tunisie-France marque le début d'une nouvelle ère, selon l'expression consacrée? Dans les faits, au lieu de collecter déjà des impressions durables, des satisfactions ou des inquiétudes nettes, on a plutôt vu une rencontre avec toutes les caractéristiques du match amical de plein été, surtout marqué par des états de forme très variables et par un excès de remplacements. Si Santini a pu mettre en place quelques-unes des solutions qu'il envisage, on n'est pas certain qu'il les ait vraiment testées dans ce contexte, même s'il a voulu voir dans cette soirée une "très bonne répétition". Le contexte

Regard planté dans la caméra, Jacques Santini est prêt à communiquer.
En préambule, on aura relevé les efforts de communication très démonstratifs du nouveau sélectionneur, enclin à respecter le volet de son contrat qui l'oblige à réconcilier l'équipe de France avec le corps journalistique. Il sera intéressant de voir quel usage sera fait de cette libéralisation, mais Santini joue le dialogue et la transparence, allant jusqu'à déballer son paper-board sur la pelouse, lors d'entraînements ouverts. Le match Petrol Hahn n'a pas lâché les Bleus, on est content pour eux, mais les sponsors nous feraient presque manquer la Marseillaise jouée à l'orgue Bontempi, ce qui ne fait rire, ni chanter, ni siffler personne. L'entame est sérieuse, mais l'équipe de France, bien posée sur ses bases, peine très vite à trouver ses attaquants et à se défaire de la densité défensive des Blancs. Un tir d'Henry, trop faible, conclut tout de même une transversale de Zidane et les deux joueurs combinent un peu plus tard avec un très joli double une-deux, également vain. Govou n'est pas assez dans le rythme pour prendre les bons espaces au bon moment. Enhardis par cette innocuité offensive, les Tunisiens répliquent par des déboulés sur les ailes et ébauchent des phases intéressantes. Mais sur un corner côté droit, Zidane trouve au premier poteau Silvestre dont le coup de tête violent transperce le cadre, pour l'ouverture du score. On espère alors un peu d'emballement, mais le jeu s'enlise un peu, et les locaux appuient plus significativement leurs actions. Henry oublie Govou et Carrière pour placer une frappe incertaine (33e), un rush et un centre un retrait du jeune Lyonnais ne profite à personne. Et alors que la mi-temps est en vue, Jaïdi, à la récupération d'un contre négocié par Zidane et Henry, décale El Mekli à gauche qui déborde Sagnol pour centrer. La tête décroisée de Zitouni, infiltré entre Thuram et Silvestre (Christanval était sorti sur Jaïdi), est aussi belle que celle du précédent buteur, et aussi efficace. Au retour sur la pelouse, Carrière, Henry, Silvestre et Sagnol ont cédé la place à Vieira, Marlet, Desailly et Petit pour un retour à quatre derrière, mais cette fois avec trois récupérateurs au milieu. Si les "anciens" semblent déterminés à prendre le match à leur compte, le premier bon quart d'heure n'est pas tellement plus probant sur le plan des occasions. Les frappes de Marlet et Zidane ne peuvent inquiéter Boumnijel, alors que le danger est plus palpable sur les cages de Coupet comme sur cette tentative de Benachour après un centre de Zitouni (54e), une série de fautes françaises préludent à une bonne période tunisienne. Alors que Makelele en est réduit à frapper des trente mètres pour conclure la domination des tricolores, la surface bleue est victime de courants d'air, qui s'engouffrent notamment par le flanc gauche de la défense. De nouvelles incisions de Zitouni, une frappe subite de Clayton et quelques ultimes situations chaudes aux abords des buts de Coupet laisseront donc planer la possibilité d'une victoire des hommes de Youssef Zouaoui. Le match de TF1 Pascal Praud se rend compte après 35 minutes que les tricolores évoluent avec une défense à trois. En revanche, il ne lui faut plus que 18 minutes pour voir le retour à quatre en seconde période. Thierry Roland mélange les Algériens et les Tunisiens. Il est en progrès: ce sont des pays plus proches l'un de l'autre que l'Uruguay et le Mexique. Larqué avait décidé de se faire Emmanuel Petit, mais il n'a pas eu assez de temps. La nalyse technico-tactique Santini n'a pas perdu de temps pour imposer une petite révolution avec une défense à trois (ou à cinq, si l'on considère Sagnol et Candela comme des défenseurs) et un original trio Thuram-Christanval-Silvestre. Ainsi, conformément au vœu du sélectionneur, tous les joueurs cités évoluaient dans leurs zones de prédilection. Cette formule rajeunie et restructurée a d'abord fait assez bonne impression, avec un Silvestre puissant et déterminé. Mais quelques boulevards offerts dans les couloirs, et l'impression d'une vivacité assez moyenne dans l'axe en ont terni la prestation. Le but tunisien est d'ailleurs intervenu à la suite d'une telle double défaillance. Makelele placé devant la défense était lui aussi dans le registre qu'il occupe au Real, au relais de Zidane. En associant le meneur des Bleus avec Carrière, Santini exauçait un vieux souhait maintes fois exprimé sur ces pages. Le tandem n'a pourtant pas fait d'étincelles, Zidane étant visiblement dans une condition physique très moyenne et Carrière n'ayant pas suffisamment trouvé de solutions, malgré quelques bonnes orientations de jeu. Histoire de confirmer l'idée que Santini avait décidé d'appliquer les principales modifications dans l'air du temps, son dispositif s'achevait en pointe avec deux attaquants. Le problème est que la liaison milieu-attaque a été constamment déficiente, Henry et Govou héritant de très peu de ballons exploitables, tout comme Marlet et Cissé plus tard. On peut mettre cela sur le compte du faible rayonnement de Zidane, trop en-deça de sa condition optimale et plafonnant le niveau de toute l'équipe, mais l'animation générale n'aura pas été très fluide. L'utilisation des couloirs, facilement bloqués par les Tunisiens, est par exemple restée symbolique. Enfin, le 4-3-1-2 adopté après la pause est celui qui aurait été préconisé par quelques "cadres" lors de la Coupe du monde. A Radès, il n'a en tout cas pas permis d'améliorer les carences constatées, les occasions étant restées trop vagues et la défense ayant été bousculée. Les gars Nos doutes sur Christanval sont très anciens (voir Christanval, programmé et protégé? et sa fiche du Mondial), mais il a fait une première mi-temps honorable, étant moins à son avantage après la pause. Ayant relancé avec application, il n'a pas souffert de la comparaison avec Franck Lebœuf, mais plutôt avec son coéquipier d'un soir Mickaël Silvestre, impressionnant. Les "Italiens" et les "Espagnols" sont encore en phase de préparation, à l'image d'un Thuram un peu court physiquement, même si inversement Candela a été très actif. Malheureusement, pas toujours à bon escient: il a accumulé les mauvaises transmissions, commis des fautes, eu des difficultés dans le replacement et encombré l'axe le reste du temps. Carrière a obtenu des coups francs intéressants, il a tâché d'organiser le jeu. Si son entente avec Zidane n'a donc pas été très probante, mais elle demande à être revue dans d'autres conditions. Govou, emprunté, s'est montré plus impressionné par cette sélection qu'il ne l'affichait avant le match, et il n'a pas su faire les différences attendues. Partie remise. Henry a été plus volontaire, mais pas assez tranchant devant le but, et parfois un peu égoïste. Cissé et Marlet n'ont pu faire jouer leurs qualités de puissance et de vitesse, les bons lancements étant rares. Les entrants de la seconde période ont durcit le ton et essayé de plier le match, mais Petit a semblé peu affûté, et Makelele déclinant forcément au fil du temps, Vieira n'y a pas suffi. Les entrées en jeu de Bréchet et Cheyrou resteront au rang des anecdotes, tandis que la deuxième titularisation de Coupet ne lui a permis de s'illustrer ni en bien ni en mal. Le but était imparable et les tirs cadrés ont en définitive été plutôt rares. Les enseignements A droite comme à gauche, Candela est mauvais. Il manque toujours Pires dans cette équipe. Quand on écoute en accéléré ce que dit Santini, ses paroles sont parfaitement sensées.

Desailly toujours capitaine, les affaires reprennent.
Observations Si c'était pour faire quatre changements tactiques en cours de match, il fallait prendre Fernandez. Si Thuram préfère jouer à droite, il faut qu'il le dise. Comme Deschamps lui manque, Petit a essayé de se faire sa coupe de cheveux? Il faut limiter le nombre de changements, ça ne ressemble à rien. La question

Si Santini ne cache rien, que vont faire les journalistes du Parisien?
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