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Richard N et Christophe Zemmour

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Les Bleus ne laissent rien au Hazard

Zidane 1998, double Z au SDF

Un jour, un but – Le 12 juillet 1998 au stade de France, Zinédine Zidane marque deux fois le même but et assomme le Brésil. Le jour de gloire est arrivé.

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Au matin du 12 juillet 1998, le bilan de Zinedine Zidane sur cette Coupe du monde est plutôt mitigé: zéro but (sinon un tir au but contre l’Italie), une seule passe décisive (le corner pour le premier but des Bleus par Dugarry) et surtout un carton rouge un peu stupide récolté contre l’Arabie Saoudite qui lui a valu deux matches de suspension. Zizou reste un titulaire indispensable dans l’équipe d’Aimé Jacquet qui doit affronter le Brésil en finale, mais ses statistiques sont encore loin d’en faire un Ballon d’Or. Ni l'homme décisif attendu.

 

 

ZZ Top

Une finale de Mondial est une belle occasion de faire taire les sceptiques. Laurent Blanc, vice-capitaine des Bleus (mais suspendu pour la finale), le suggère d’ailleurs à Zidane: “Je te garantis que si tu dois nous faire gagner un match, celui-là ce serait pas mal.” Après un parcours semé d’embûches qui les a vus souffrir pour arracher leur qualification tour après tour, les Bleus disputent face aux champions du monde en titre une symphonie sans fausse note. Zinedine Zidane est à la baguette de cet orchestre bleu qui couvre la bossa nova annoncée. Les Brésiliens sont d’autant plus désemparés que leur attaquant vedette semble hors du coup.

 

 

Est-il nécessaire de raconter le match? Cette invraisemblable domination des hommes d’Aimé Jacquet, ce nombre impressionnant d’occasions qui, si elles avaient été concrétisées, aurait sans doute valu au Brésil un Mineiraço avant l’heure… Et que dire de la défense, de ce Fabien Barthez invincible, aussi vif et concentré qu’une soirée à Munich cinq ans plus tôt.

 

 

Coup de tête

À la 27e minute, sur une attaque de Thuram sur son aile droite relayée par Karembeu, un corner est concédé par Roberto Carlos. Il est tiré par Emmanuel Petit. Plusieurs joueurs, jaunes et bleus, se sont massés devant la cage de Taffarel. Zizou s’est positionné à l’entrée de la surface de réparation puis s’avance vers le premier poteau. Aimé Jacquet avait indiqué que les défenseurs brésiliens manquaient de vigilance à cet endroit. Zidane est libre de tout marquage. Seul Leonardo cherche à s’imposer mais c’est trop tard. Le coup de tête du numéro 10 envoie le ballon dans les filets.

 

Une clameur invraisemblable fait exploser tout le Stade de France et tout le pays dont il porte le nom. Zinédine Zidane a marqué son premier but en Coupe du monde. Le plus important.

 

 

Une France qui gagne

Le plus étonnant, c’est qu'il va inscrire le même but un quart d’heure plus tard. Juste avant la mi-temps, les Brésiliens concèdent un nouveau corner. C’est Emmanuel Petit qui le tire, mais la défense brésilienne repousse. Nouveau corner, côté gauche cette fois, tiré par Youri Djorkaeff. Zidane se précipite vers le premier poteau, écarte Dunga qui s’écroule. Ronaldo, venu défendre, manque sa reprise de la tête. Derrière lui surgit Zidane qui envoie un nouveau coup de tête. Le ballon passe entre les jambes de Roberto Carlos, positionné sur la ligne de but.

 

En moins d’un quart d’heure, Zinédine Zidane passe du statut de talent prometteur à celui de héros national. Une fois la finale gagnée, le visage de Zizou illuminera l’arc de triomphe. La rue le réclamera à la présidence du pays. Devenu le symbole d’une France qui gagne, d’une France idéale, black-blanc-beur et sponsorisée par Adidas… Une France qui avance cette année-là de deux jours sa fête nationale et remplace son vieil hymne par une ritournelle disco. Et à Zidane de voir sa vie changée. Comme celle de millions de compatriotes.

 

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