Ne perdez pas de temps à lire ce texte, connectez-vous vite pour commenter les articles des CDF. Attention à ne pas confondre vos minuscules et vos majuscules.
Vous avez oublié votre mot de passe ?
Inscription
Vous avez oublié votre mot de passe ? Il reste un espoir ! Saisissez votre adresse e-mail ; nous vous enverrons un nouveau mot de passe. Cette procédure est quasiment gratuite : elle ne vous coûtera qu'un clic humiliant.
Nous vous avons envoyé un email sur votre adresse, merci d'y jeter un oeil !

CONDITIONS D'INSCRIPTION :

1. Vous devez nous adresser, via le formulaire ci-dessous, un texte (format .txt inférieur à 100 ko) en rapport avec le football, dont la forme est libre : explication de votre passion, anecdote, aventure, souvenir, essai, commentaire composé, portrait, autobiographie, apologie, réquisitoire, etc. Vous serez ensuite informés de la validation de votre inscription par mail. Les meilleurs textes seront mis en ligne sur le Forum.

2. Nous ne disposons pas d'assez de temps pour justifier les retards d'inscription ou les non-inscriptions, et ne pouvons pas nous engager à suivre une éventuelle correspondance à ce sujet. Merci de votre compréhension.

Nous avons bien reçu votre candidature, on y jette un oeil dès que possible. Merci !

Partager :

Qui veut la peau des internationaux?

Patrick Vieira s'avoue carbonisé après cinq journées de championnat, mais Arsène Wenger le laisse au charbon. Quant à son collègue Gérard Houllier, il verrait bien les équipes nationales jouer deux fois par an, les années bissextiles.

Auteur : Pierre Martini le 13 Sept 2002

 

 

 

 

Non, Arsène Wenger et Gérard Houllier ne sont pas les dignes représentants du football français, mais figurent plutôt parmi ses pires ennemis. On pourra gloser sur les services rendus à la Nation en ayant révélé des joueurs au plus haut niveau, mais il ne faut pas se bercer d'illusions. Cette mission n'a été remplie que dans le seul intérêt des clubs qu'ils dirigent, et pas un pouce au-delà. D'accord pour entretenir des internationaux, surtout si c'est pour voir augmenter leur valeur marchande, mais l'employeur a droit de corvée sur ses joueurs et les sélections ne peuvent plus en récupérer que les débris (voir L'Europe sauvée des sots).

 

Gérard Houllier a participé au Forum des entraîneurs organisé par l'UEFA à Nyon début septembre, et il s'est exprimé pour remettre en cause l'utilité des matches amicaux des équipes nationales : "Parfois, quand il s'agit d'un match amical, j'aimerais que les sélectionneurs prennent en compte le fait qu'ils jouent beaucoup de matches à cette période de l'année" (AFP, 04/09). Ce qui est remarquablement malhonnête dans cette réflexion, c'est la façon de poser le problème, les matches de trop étant spontanément présentés comme étant ceux des sélections, comme si les clubs et les calendriers domestiques n'étaient en rien responsables de la situation. "Vous savez, a-t-il encore déclaré, du début de la saison à la fin septembre, il y a environ 46 jours, et au cours de cette période, toutes compétitions confondues, ils vont devoir disputer 12 matches". Soit cinq fois plus de matches de club que de rencontres entre nations sur cette période précise. Pour information, l'équipe de France va disputer en une année entière, du 12 octobre 2002 au 11 octobre 2003, huit matches en tout et pour tout, dont un amical. Une peccadille en regard de la bonne cinquantaine de matches imposés par les clubs anglais à leurs employés les plus méritants (hors matches amicaux).

 

Mais peu importe, si l'on écoute notre ex-directeur technique national, pourtant nourri à la mamelle de la DTN, s'il faut supprimer quelque chose, ce sont les matches amicaux des sélections. Les sélectionneurs, qui peinent déjà à faire travailler ensemble leur internationaux, apprécieront. "Les joueurs ont trop de rencontres à jouer et ils ne semblent même plus prendre plaisir à disputer des matches amicaux internationaux". Leurs entraîneurs les inciteraient-ils à cette dégoûtation, y aurait-il une part de suggestion ou un souhait dans cette assertion? Les pressions directes ou indirectes qu'ils exercent sur leur cheptel ne peuvent pas être sans effet sur le dévouement des footballeurs à leur maillot national.

 

Dans un contexte de déprime tricolore, on peut s'inquiéter de ce que la sélection ne devienne une corvée pour certains cadres… Toute ressemblance avec des attitudes remarquées à l'occasion de la dernière réunion du groupe de Santini serait-elle fortuite? Autant dire qu'à force de vouloir rogner les délais de mise à disposition des internationaux et supprimer les matches amicaux, de dissuader les joueurs et de miner leur santé, les équipes nationales n'auront bientôt plus droit qu'à un vague all-star game annuel, le poste de sélectionneur sera attribué par tirage au sort et son travail ne prendra pas plus de quelques heures par an.

 

Qui vivra Vieira

Dans un mouvement de franchise assez exceptionnel dans ce milieu (on se souvient toutefois des déclarations à l'emporte-pièce d'Emmanuel Petit sur le même sujet), Patrick Vieira a avoué à l'issue d'Arsenal-Manchester City être "carbonisé" et avoir besoin de souffler, annonçant son intention de demander du repos à son entraîneur (L'Equipe, 11/09). Wenger ne l'a pas entendu de cette oreille et il a immédiatement répliqué sur le site officiel d'Arsenal, assurant que le joueur avait fait cette déclaration sous le coup de l'effort fourni pendant le match et qu'il n'avait pas prévu de repos pour lui. "J'ai regardé les statistiques du match de mardi, et physiquement, Patrick a été extraordinaire". Donc il n'est pas fatigué.

 

L'an passé, Patrick Vieira a joué 53 rencontres sous le maillot des Gunners (52 titularisations et 51 fois en disputant l'intégralité de la rencontre). Depuis la reprise, il totalise déjà huit rencontres en cinq semaines, dont deux avec les Bleus. Les joueurs de son standing ne connaissent quasiment plus d'intersaison. Si un jour on apprend qu'il a avalé un paquet entier de Coramine glucose, il sera difficile de lui en vouloir, ou de s'étonner s'il se fracasse le genou ou perd à nouveau ses nerfs... Quoiqu'à la réflexion, encore un ou deux cartons rouges assortis de quelques invectives à l'arbitre, et il les aura ses vacances.

 

Le footballeur est bien cet ouvrier qui, pour justifier un salaire exorbitant, doit subir certains traits de la condition d'esclave (s'il ne meurt plus dans l'arène comme le gladiateur, il y laissera quand même sa peau). Tant pis, mais qu'au moins on ne lui enlève pas ces heures de "bénévolat" durant lesquelles il peut représenter autre chose que les intérêts de son boss. Quant à nos figures de proue managériales, Wenger et Houllier se confirment année après année comme de parfaits petits lobbyistes au service des grands clubs (voir la Gazette 59), méprisant totalement le football de sélection. Reconversion assurée au G14?

 

Réactions

  • peterelephanto le 13/09/2002 à 02h08
    Pour la nuance on repassera. Wenger et Houllier figureraient donc parmi les "pires ennemis du football français" (au fait c'est quoi exactement le football français?), avec pour le second, cette circonstance aggravante que la vipère sortirait du sein même de la dtn. Ces infâmes suppôts du Mur de l'Argent, maquignons sans vergogne dont la sécheresse de coeur mène tout droit leurs joueurs à une blessure cruelle, à un dopage excusable ou à la dépression nerveuse, conchient la nation et la glorieuse sélection.
    Heureusement, M.Martini est là pour sauver la patrie , et détacher le petit Patrick du radiateur où l'immonde Arsène le tient menotté entre 2 matchs.
    Houllier et Wenger ne seront pas les derniers à rechercher d'abord l'intérêt de leur club, c'est plutôt de l'inverse qu'il y aurait lieu de s'é lien pourquoi ne pas s'interroger aussi sur une fédération qui envoit les bleus dans le Pacifique sud, avec , peut être, l'arrière pensée tout aussi étrangère à l'intérêt des joueurs et de l'équipe, d'y redorer le blason national.
    C'est dans la dialectique tout à fait naturelle des intérêts bien compris des clubs et des sélections que se dégagera la solution; Celle-ci renvoie immanquablement à la question des calendriers .
    Houllier et Wenger sont assez lucides pour savoir que si la qualité des matchs baisse pour cause de joueurs éreintés, l'intérêt des spectateurs, et à terme les ressources économiques, décroitront également. Et les compétitions internationales suscitent encore une telle passion qu'elles participent à l'économie générale du foot.

  • peterelephanto le 13/09/2002 à 02h21
    ...par ailleurs il n'est pas absolument exclu que le passage de vieira pires petit à arsenal, ou de leurs collègues dans les grands clubs italiens ou espagnols, ait pu vaguement contribuer à leur progression au niveau international...
    à moins que l'auteur nous suggère que pour résorber ce conflit d'immondes intérêts, il faille sélectionner en EdF d'augustes amateurs, de clubs de villages, bénévolement entrainés par des papys sympathiques et désintéressés.

  • taivince le 13/09/2002 à 08h09
    relis bien l'article peterelephanto, lentement, en respectant la ponctuation...et la lumiere viendra, et tu comprendras...

  • Graham (Goudu) Rix le 13/09/2002 à 10h44
    vaut mieux attendre que la lumière vienne avant de relire. sinon tu vas t'abimer les yeux ;-)
    sinon taivince je trouve ta réponse un peu faible en terme d'argument. Je suis quand même d'accord sur le fait que Wenger et Houiller protège les intérets de leur club ce qui parait plutôt logique finalement. Mais c'est vrai aussi qu'ils se trompent de cible en attaquant la séléction national plutôt que de remettre en cause le calendrier et admettre leur incapacité à réélement faire tourner les conséquents effectifs mis à leur disposition.

  • harvest le 13/09/2002 à 10h59
    Ironie sur le mur de l'argent :
    Allez ! Encore un gentil adepte du libéralisme qui vient nous expliquer le joli monde capitaliste :-)
    Détrompes moi , éléphanteau , si je me fourvoie mais il me semble que tu n'est pas vraiment communiste.
    Houllier et Wenger ne vont effectivement pas mordre la main qui les nourrit. Par contre , le pied ( de la fédé ) dont le cul de Houllier porte encore la trace et que Wenger aurait bien aimé lécher ( le pied pas le cul , quoique .. ) , et ben ce pied ils essayent de pisser dessus les deux toutous à leurs engliches méméres. Au passage ça leur dore un peu plus le blason chez les rosbifs , il n'y a pas de petit profit , isn't it ?

  • MajorFatal le 13/09/2002 à 10h59
    Tout à fait d'accord avec Graham (et con cousin Olaf): je me demande à quoi servent certains effectifs pléthoriques (celui d'Arsenal par exemple), quand on regarde le peu de turn-overs effectués par certains entraîneurs (celui d'Arsenal par exemple)...

  • Graham (Goudu) Rix le 13/09/2002 à 11h30
    en fait ils (les effectifs pléthoriques) servent à remplacer les blessés et les suspendus
    tant qu'un joueur est pas blessé, il peut jouer.
    je cite Bourgoin: "Un joueur professionnel c'est comme un pur-sang, ça peut jouer tous les 3 jours sans problème"

  • leo le 13/09/2002 à 11h59
    "Le footballeur est bien cet ouvrier qui pour justifier un salaire exorbitant doit subir certains traits de la condition d'esclave (s'il ne meurt plus dans l'arène comme le gladiateur, il y laissera quand même sa peau). "
    De qui se moque-t-on : combien gagne Vieira pour combien d'heures de travail ? Il s'entraîne 2 heures par jour, 4 heures quand il y a deux sessions d'entraînement et joue 2 matchs de 90 minutes par semaine. En voilà de l'esclavage. Quels sont ces traits de la condition d'esclave : on l'oblige à jouer quand il pleut (mais pas trop), quand il fait froid, on l'oblige à jouer latéral droit alors qu'il est défenseur central. On le jette sans ménagement quand son rendement n'est plus jugé suffisant, chose qui n'arrive jamais dans les entreprises non footballistiques où tous les employés sont gardés à vie et sont potes avec le DG. Pauvre petit esclave-footballeur, il avait qu'à mieux travailler à l'école.
    Sinon, je trouve tout à fait normal que les clubs préfèrent voir les joueurs ne pas jouer en sélection nationale. Le salaire est payé par les clubs, toute la préparation d'avant saison est assumée par les clubs, les soins médicaux et la rééducation sont pris en charge par les clubs, même si la blessure a eu lieu lors d'un match de sélection.
    Il est aussi normal que les entraîneurs de clubs considèrent comme plus importants un match officiel de leur club qu'un match amical de la sélection nationale.

  • Graham (Goudu) Rix le 13/09/2002 à 12h27
    il est vrai que le mot esclave n'a rien à faire dans un article sur la condition de joueur de foot international. Cela dit, l'attitude de Wenger face à la demande de Vieira decrédibilise complétement son discour critique envers les sélections amicales et lointaines pour 'protéger les joueurs'

  • loustic is back le 13/09/2002 à 12h58
    Léo, sur le début, tu as parfaitement raison sauf sur 1 choses : Les clubs aiment bien avoir un joueur international, cale fait monter sa valeur pour transfert.
    Elephanto, juste une question, Pires, Vieira, Henry ... n'étaient-ils pas internationaux lors de leur venu à Arsenal ?
    Quant au match en Australie, excuse moi, mais je suis sur que la semaine de n'importe quel ouvrier ou cadre est nettement plus pénible que ce qu'ont subi les joueurs pour ce déplacement.
    Et il est vrai que c'est prenant pour les clubs de libérer leurs joueurs 8 fois en un an.
    ALors, oui, les propos de Houiller et Wenger, même s'ils défendent leurs intérêts n'ont aucun fondement. Ils ne servent qu'à jeter le discrédit sur les sélections nationales. Mais la formule de la LDC, ce n'est pas les joueurs de l'équipes de France qui l'ont demandées.
    Ce sont les dirigeants. Le trop de foot dont tu parles ne provient certairnement pas de 8 à 10 match par an