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Le foot d’après, c’est maintenant

C'en est fini du football suranné datant de l’Angleterre victorienne. Aujourd’hui, les dernières barrières ont sauté avec les mesures sanitaires: le football de papa est aboli. 

Auteur : Richard Coudrais le 30 Août 2020

 

 

Mon cher ami,

 

La crise du coronavirus a été une incroyable opportunité qui nous a permis d’avancer en quelques mois sur des dossiers qui, autrement, nous auraient pris des années.

 

La généralisation des matches à huis clos a permis aux téléspectateurs de s’habituer à ces rencontres jouées devant des tribunes vides. Certes, le folklore des tribunes manque aux images des télévisions, mais elles ont très vite trouvé la solution de remplacement: fausse ambiance sonore de stade et images de synthèse.

 

Contrairement à ce que l’on pouvait craindre, de nombreux téléspectateurs ont adhéré sans réserve à ces artifices. De plus, ce public virtuel est toujours enthousiaste et poli: il suffit d'appuyer sur les bons boutons.

 

 

 

 

Bref, comme l’annoncent déjà quelques journalistes, sans qu'on soit sûrs s'ils le déplorent ou non, "Une des leçons du football pro d’après, post-Covid, c’est que les spectateurs ne lui sont pas indispensables. Les droits TV, si". Nous n’avons en effet plus besoin de spectateurs (et bientôt même plus besoin de faire semblant d’en avoir).

 

Ce qui règle aussi le problème des supporters. Les préfectures n'auront plus besoin de produire des interdictions de déplacement en série. Les clubs n’auront plus à payer les amendes et à composer avec ces éléments qu’ils peinent à contrôler, et se permettaient de les critiquer.

 

Ainsi, à l’avenir, nous pourrons reconstruire nos stades sans tribunes immenses, juste des loges pour quelques privilégiés, confirmant les prévisions d’un scénario paru durant le confinement et d'une dépêche de l'agence ATP. Autant d'économies sur l’accueil, la sécurité et tout ce qui nous fait perdre un pognon de dingue.

 

La période de mise en sommeil du football n’a pas engendré, comme l’avait suggéré Godard (le cinéaste), une révolution en France. Tout juste un manque que les médias ont en partie comblé en diffusant des matches anciens. Cette plongée dans le passé aurait pu provoquer un rejet du foot moderne, mais cette crainte était infondée.

 

Tout le monde est prêt pour notre football, en fait. Avant la crise sanitaire, nous avions déjà réussi à imposer l’assistance vidéo pour l’arbitrage. Son installation est un succès indéniable. Nous craignions que s'installe une sorte d’arbitrage parfait qui aurait immanquablement aseptisé nos rencontres.

 

Au contraire, les failles du système et des hommes qui l’utilisent permettent d'alimenter les polémiques sur l’arbitrage, et donc de générer des débats futiles, fonction vitale de notre démocratie – qui doit, comme chacun sait, éviter toute réflexion sensée sur les sujets sensibles. Et puis on peut rigoler en pensant à ceux qui assuraient que c'en serait fini du favoritisme pour les gros clubs.

 

Les médias font également un travail remarquable. Ils démontrent un esprit clairement positif par rapport aux avancées que nous apportons au produit football. En dépit du caractère exceptionnel de la situation, ils parviennent à maintenir l’intérêt du consommateur.

 

Le récent "Final 8" que nous avons mis en place pour clôturer la Ligue des champions a été un succès. Il y a quelques mois, cette formule aurait représenté un risque majeur, mais son succès, finalement, nous conforte dans l'idée de poursuivre nos travaux vers une ligue privée.

 

Même en cette période où les changements s’accélèrent et les incertitudes se multiplient, le client renouvelle son abonnement sans broncher et continue de regarder les matches. L’avenir des diffusions de nos rencontres est assuré pour un certain temps, tout comme les revenus qu'elles génèrent.

 

Ces derniers temps, nous sommes donc très rapidement parvenus à imposer la VAR, le huis clos, des compétitions américanisées, des ambiances artificielles et même des remplacements supplémentaires – une manière intéressante de mieux valoriser nos actifs, et un atout supplémentaire sur le terrain.

 

Non, franchement, le seul risque, c'est que des complotistes s'imaginent qu'on a inventé le Covid-19 pour servir nos intérêts: il serait facile de les croire! "Nous sommes en guerre", avait dit le président français. Une bonne guerre pour notre économie, finalement.

 


 

Réactions

  • Le Pobga du Coman le 01/09/2020 à 10h09
    Il y a quand même une chose qui peut-être est bonne dans tout ceci:

    Que les clubs et collectivités/autorités nationales et sportives comprennent qu'un stade de 15000-20000 places, bien pensé, est largement suffisant pour de grands évènements. Que la coupe du monde n'a pas besoin par essence d'agrandir de manière inutile le parc de stade disponible pour voir des stades "mourir" ou sous assistance tout de suite après.

    Il y a un juste milieu entre le pré-covid et le pragmatisme économique froid et dépersonnalisé que le football "public numérique pour kikonjoux à domicile", qui pourrait être beaucoup plus respectueux de l'environnement et des réalités économiques et sportive locales(Le Mans, Grenoble... on pense à vous).

  • Espinas le 01/09/2020 à 10h41
    Grenoble, le stade n' est pas si grand (20 000 places) et il est en centre ville de la ville centre de la 10e agglo française.
    C'est juste que l'actionnaire japonais n'avait pas une thune et que le club a donc coulé. Cela dit, il est déjà revenu en Ligue 2 et le stade sert au FC Grenoble, le club de rugby (pas de faute de frappe, il a été fondé à l'époque du foot rugby).

  • Le Pobga du Coman le 01/09/2020 à 10h49
    C'est vrai que le stade de Grenoble pour ça est bien implanté. Dans mon souvenir il était plus grand, pardon.

  • Tonton Danijel le 01/09/2020 à 12h46
    Et l'affluence n'a pas été mauvaise lors du dernier match contre le Téf, 3,435 spectateurs avec une jauge à 5,000, la 5e de Ligue 2.

    (Bon, ceci dit, sans la jauge, on ne serait pas forcément monté plus haut...)

  • Utaka Souley le 01/09/2020 à 14h42
    Bel article, qui donne à penser aux nombreux partenariats public-privés que des municipalités en mal de finances mais soucieuses de ne pas s'attirer les foudres des supporters de leur club local on fait fleurir ici et là.

    J'ai en particulier une pensée émue pour ma feuille d'impôts lorsque viendra l'heure du bilan, dans ma belle ville de Nice, pour le concessionnaire du Stade de la Plaine du Var, mercantilement renommé "Allianz Riviera", j'ai nommé Mr Vinci.