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Dix nuances de souffrance postéliminatoire

Une élimination, c'est la décuple peine. Combien de ces douleurs avez-vous éprouvées? Les Cahiers vous accompagnent dans le processus de deuil. 

Auteur : Jérôme Latta le 1 Juil 2021

 

 

 

 

L'incrédulité

Ce n'est pas possible, tout simplement. 3-1 à la 80e minute. Quelque mage noir nous a expédiés dans le seul univers parallèle où la Suisse emporte ce match qu'elle perd neuf fois sur dix. La preuve: on la gagne à chaque fois qu'on le rejoue dans nos têtes. Où est ce foutu portail quantique?

 

La colère

Comment peut-on laisser filer cette rencontre, se suicider après avoir ressuscité, s'incliner contre la Suisse (la Suisse!). Comme peut-on aligner cette composition, perdre ce ballon, rater cette occasion? Des coupables, on veut des coupables – lisons L'Équipe et allons sur Twitter.

 

La boucle spatio-temporelle

Et nous revoilà à la 75e minute, après le chef-d'œuvre de Pogba. Le sentiment de plénitude revient, intact, avec l'assurance hilare de l'emporter. On s'y croirait, une vraie téléportation. On refait le match, indéfiniment, toujours avec la victoire au bout. On s'offre même des variantes: Mbappé croise sa frappe du gauche dans le petit filet (110e). Et puis on se réveille, et on repart.

 

La jalousie

Voir des Anglais baigner dans l'euphorie et la bière parce qu'ils ont sorti l'Allemagne, ça pourrait faire plaisir pour eux si ce n'était pas des Anglais. Et encore, attendons qu'ils remportent le titre. Ou l'Espagne, ou la Belgique, ou l'Italie, ou… Allez, prions ensemble pour le Danemark.

 

Le seum

Nous y voilà, on n'y coupe pas, on ne vaut pas mieux que ceux dont on se moquait. C'est pas juste, on avait trois jours de récup en moins et Sommer avait un pied décollé de la ligne. Bon, en vérité, l'autodénigrement est bien plus fort que le seum au sein de notre peuple qui, à tout prendre, préfère se flageller plutôt que rejeter la faute sur les autres.

 

 

 

 

La mélancolie

Le spleen d'aujourd'hui bat le rappel de nos spleens d'hier. Tout comme une grande victoire nous ramène aux grandes victoires du passé, une amère défaite ravive celles que nous avons déjà vécues, tout aussi inoubliables. On quitte la constellation 1984-1998-2000-2018 pour l'autre nébuleuse. De nouveau, on souffre de la finale de 2016.

 

La nausée

C'était une raison de ne pas perdre. Pas la principale, pas la moindre non plus. Procès à charge, déballages et élucubrations: mauvais sont les jours qui suivent un échec. C'est aussi l'heure où s'épanchent les revanchards, qui perdaient quand cette équipe de France gagnait, et à qui sa défaite donne raison.

 

Le manque

Comment la compétition peut-elle continuer sans nous? C'est obscène, c'est d'une cruauté sans fond, le tournoi devrait être annulé, déprogrammé par les diffuseurs français. À chaque allusion furtive à la compétition, revient ce réflexe de croire – une fraction de seconde – que nous y sommes encore.

 

L'abattement

Cette fois, c'est fini, on a compris, on a ingéré la potion à défaut de l'avoir digérée. On fait les comptes, on mesure la désillusion, on classe ce gâchis dans un palmarès. Et, par crises, on repasse par tous les stades précédents, en sachant bien qu'on ne s'en remettra jamais vraiment.

 

L'espoir

Oui, l'espoir est encore une douleur à cette heure, il est trop mince. Face contre terre au fond du trou, on ne voit pas la lumière. On ne croit pas en l'avenir, on n'a pas encore goût aux prochaines illusions. Qu'est-ce qu'on a à foutre de la Ligue des nations en octobre, franchement?

 

 

 

Réactions

  • blafafoire le 02/07/2021 à 10h14
    Je pourrais cocher presque toute les cases. Notamment la jalousie.
    Ma femme, toujours réconfortante, le soir fatidique : "ok, se faire éliminer, ça arrive... mais par la Suisse !?!"


  • Espinas le 02/07/2021 à 10h31
    C'ets pour ça que le seum ne peut pas fonctionner, on ne peut pas reprocher quoi que ce soit à la Suisse, qui a joué son jeu sans brutalité, avec ses moyens.

    Et c'était pareil pour 2016, où c'était difficile d'en vouloir au Portugal surtout après le tampon de Payet sur CR7.

  • Toto le Zéro le 02/07/2021 à 10h48
    10 nuances de bleu déçu.

    Avec le décalage horaire (je suis en Asie), le but de Pogba était vers les 3h30 du matin pour moi... J'avais eu brièvement envie d'éteindre et de me coucher enfin! Une manière aussi de me rassurer et me dire : "il ne peut plus rien nous arriver donc j'éteins."

    Mais non, il y avait eu un doute au fil des minutes : les Suisses se rapprochaient beaucoup trop facilement des cages d'Hugo et il restaient encore beaucoup trop de temps.

    Oui, moi aussi la célébration de Pogba m'avait un poil titillé. Mais on connait le bonhomme et il n'y a pas de gros scandale ni une autre "sarabande" (cf. Euro 2016).

    J'ai confiance et cette défaite n'est en rien comme l'Allemagne 1982 (trop jeune) ou la Bulgarie 1993 (bien vécu, celui-là par contre).
    Les circonstances, c'est tout.

  • Utaka Souley le 02/07/2021 à 13h49
    Tout-à-fait sur la ligne Espinas.
    Mon problème, c'est qu'on avait déjà bien entamé la bouteille de Champagne, dans la joie et la bonne humeur. Plutôt que de la reboucher, on l'a finie dans la tristesse et la déception.

    Après, si on joue quand même les matches, c'est que ça n'est pas tout-à-fait décidé avant...

  • emink le 02/07/2021 à 14h45
    La colère, à la limite. On ne doit pas perdre quand on mène 3-1 à dix minutes de la fin contre la Suisse qui était plus près de l'asphyxie et d'en prendre 5 que de revenir au score. Mais comme dit l'autre, c'est du sport avec la fameuse glorieuse incertitude qui va avec, et c'est tant mieux. A ranger dans la catégorie "accident industriel" pas très glorieux (donc aucunement comparable avec Seville, Kostadinov, la Corée, Berlin ou l'AfSud). Par contre, ça offre une merveilleuse émotion collective aux suisses et ça, c'est bieng (chacun son tour).

  • Hannibal le 02/07/2021 à 15h38
    Espinas
    aujourd'hui à 10h31
    C'ets pour ça que le seum ne peut pas fonctionner, on ne peut pas reprocher quoi que ce soit à la Suisse, qui a joué son jeu sans brutalité, avec ses moyens.

    Et c'était pareil pour 2016, où c'était difficile d'en vouloir au Portugal surtout après le tampon de Payet sur CR7.

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    Pas d'accord, on peut reprocher aux suisses d'être suisses! Non mais.

  • Toto le Zéro le 02/07/2021 à 15h48
    Et aussi de ne pas avoir choisi le Rafale, les salopards

  • Tonton Danijel le 02/07/2021 à 17h13
    En tout cas, pour l'instant, ils chambrent avec humour, des potes frontaliers ont envoyé une banderole: "Bienvenue dans le pays du foot".

    Raison de plus de préserver notre invincibilité face aux Belges en octobre.

  • Hannibal le 02/07/2021 à 17h15
    Sans parler de leur fondue au vacherin! Aucun respect!