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Kireg

09/11/2019 à 21h53

Je suis méchant moi ? OK.

On peut raconter la merde, le noir, la guerre, le palu, le taylorisme, et la mort sans que la narration en pâtisse, au contraire.
Pour moi, il y a dans Voyage un rythme, un souffle, une histoire qui se tient.

Comme quoi l’œuvre existe par celui qui la regarde / lit.

Kireg

09/11/2019 à 21h56

Et pour préciser : quand LFC raconte l’Afrique, je sue avec lui. En Amérique, je voyage à ses côté. Et je désespère comme lui de la vacuité de Rancy.

ParisHilton

09/11/2019 à 21h59

Complètement d'accord avec Balthazar.

En revanche, je suis au regret blafafoire, de te dire du haut de mon petit tabouret, que Mort à crédit, c'est plutôt moins bien que Voyage.

Et comme il tard, je n'argumente même pas, c'est cadeau.

.

Kireg

09/11/2019 à 22h07

Pareil : Voyage > Mort.

McManaman

09/11/2019 à 22h11

J'ai tellement été happé par Voyage que je n'ai jamais osé me plonger dans Mort à Crédit, de peur d'être déçu.

Kireg

09/11/2019 à 22h18

Il faut quelqu’un pour t’aider à franchir le pas. Moi, ce fut Lancelot du HAC. J’ai même eu droit à une visite des rues de Paris décrites dans le livre.

Lis-le, ça ne gâchera de toute façon en rien le plaisir que t’a donné Voyage. Et puis c’est aussi un sacré morceau. Et franchement, je suis sûr que d’électrifier des patates, ça peut marcher.

John Six-Voeux-Berk

10/11/2019 à 00h06

Milan de solitude
aujourd'hui à 19h16
Le pavé dans la mare serait plutôt de déclarer que "Voyage au bout de la nuit" est prodigieux dans son style mais pauvret dans sa narration.
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J'insiste, tout en admettant qu'on n'aie pas forcément envie de comprendre ce que prétendait faire Céline : dans les Entretiens avec le Professeur Y, Céline théorise après-coup son projet littéraire, en grande partie pour essayer de faire oublier ses pamphlets et alors que ses productions d'après-guerre peinent à trouver leur public. L'une de ses stratégies est de limiter la portée de son oeuvre au style, à la petite musique, au métro émotif, tout ça : manière de placer son écriture sur le plan de la technique et de la forme, en la vidant de toute signification idéologique. Ce faisant, il fournissait un mode d'emploi à ceux qui voulaient apprécier son oeuvre tout en réprouvant son antisémitisme.

C'est en lisant Les entretiens avec le professeur Y que j'ai eu l'impression que Mort à crédit était le vrai chef-d'oeuvre de Céline ; je veux dire un livre encore plus célinien que le Voyage. Ce qui ne veut pas dire d'ailleurs que Mort à crédit soit meilleur. Seulement plus célinien , moins racontable et plus prenant. Cela s'observe au ras des phrases et de leur syntaxe (l'une des astuces les plus efficaces de Céline consiste à recatégoriser les mots (adjectifs ou adverbes qui deviennent des noms par exemple) ou déjouer les règles qui régissent les reprises anaphoriques (les pronoms de rappel ambigus par exemple). Ces infractions à la langue écrite sont, selon Céline, le moyen de rendre la langue orale : c'est-à-dire son improvisation permanente, son incapacité à conclure... Langue orale que Céline oppose à la langue écrite, hors-sol et hors émotion, où la trajectoire du sens est parfaitement maîtrisée.

C'est là que Céline est beau et dangereux : puisque sa beauté légitime une sorte de répulsion pour la rationalité.

Milan de solitude

10/11/2019 à 01h28

Kireg
09/11/2019 à 21h53
Je suis méchant moi ? OK.

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J'avais vu une pique dans ton mot sur la dentelle après le 35 tonnes. Désolé de mon erreur.
Un souffle dans le "Voyage", assurément. Une histoire qui se tient, pourquoi pas. Elle se tient. À peu près. Je dis juste que pour un livre aussi célèbre et célébré, on est loin du niveau narratif de "La Guerre et la Paix". Je sais que je rapproche deux ouvrages qui n'ont rien à voir ; c'est pour mettre en lumière que les qualités de celui de Céline sont particulières et ne tiennent pas à son développement narratif.
Ce qui m'a lassé dans ce livre, au fond, ce sont les tombereaux de noirceur qu'il vomit du début à la fin. Et le maigre dispositif narratif ne sert qu'à appuyer ce pessimisme maladif. Ce n'est pas ma sensibilité. Je n'ai pas détesté le "Voyage" car il a des qualités extraordinaires, mais je ne suis pas de ceux qui le révèrent.

Merci à John pour cet éclairage intéressant sur l'opposition, presque la lutte entre la beauté et la rationalité. Et à Balthazar aussi. Cela fait deux idées à creuser.

Kireg

10/11/2019 à 09h04

Alors désolé Milan, ce n’était pas du tout mon intention. Ce que je voulais dire c’est que la narration de Voyage m’a semblé tenue, et que le style éclipsait de toute façon le reste. À sa lecture, j’ai pris claques sur claques. Je n’ai jamais rien lu de tel ailleurs depuis, mais je suis un jeune vieux con de 35 ans).

J’en parle souvent ici : j’avais posté un extrait sur le retour à Rancy et le sentiment de retrouver une pièce identique après des années d’absence. Je crois que c’est mon passage préféré. Un truc anodin, détaché de la « narration », et qui met des mots sur un machin triste et diffus. C’est ça, pour moi, le Voyage. En fait, je comprends en l’écrivant que, pour moi, la narration est secondaire. C’est peut-être pour ça que nous ne sommes pas d’accord.

John, merci en tout cas pour les précision, c’est intéressant, vraiment. Néanmoins, je persiste et signe : je crois qu’on peut tirer à peu près n’importe quoi d‘une pure analyse de texte a posteriori.

Là où je te rejoins, c’est sur son discours (la petite musique, viser l’émotion ...). Oui, c’est vrai, LFC a cherché à minimiser son antisémitisme après la libération. À ce sujet, si on veut essayer de comprendre le bonhomme, je conseille plutôt la série d’émissions de France Culture dont on avait parlé ici qu’une analyse de texte.

John Six-Voeux-Berk

10/11/2019 à 10h07

Kireg : "Néanmoins, je persiste et signe : je crois qu’on peut tirer à peu près n’importe quoi d‘une pure analyse de texte a posteriori. "

A vrai dire, je n'ai pas l'impression de tirer n'importe quoi d'une pure analyse de texte a posteriori : je ne fais que prendre au sérieux ce que Céline dit de sa propre manière d'écrire (et là, je l'admets, il est tout à fait possible que Céline dise n'importe quoi a posteriori de ses propres textes). Je ne comprends pas précisément quelles analyses tu vises en disant cela.

Pour ma part, j'avais commencé avec le Voyage, mais je n'en avais pas saisi le génie. Et pendant des années, je ne suis pas parvenu à dépasser les premières pages de Mort à crédit. Un jour, j'ai passé le cap des dix premières pages, et là, quelque chose d'hallucinant s'est passé : je ne pouvais littéralement plus m'arrêter. Dans mon enthousiasme, je me suis mis à tout lire, pamphlets y compris, jusqu'à ce que je m'interroge sur ce qui se passait en moi à la lecture desdits pamphlets : je riais de leur outrance et trouvais bien injuste de ne pas les considérer comme littéraires (sur le plan des "arguments", on est d'accord, c'est affligeant, répétitif, tellement stupide et bas en fait) ; d'ailleurs j'aimais à faire remarquer que les meilleurs passages de Bagatelles avaient déjà été repris chez Gallimard dans la compilation intitulée Maudits soupirs pour une autrefois. Mais rire d'une oeuvre qui avait escorté les trains de la mort... comment dire... c'est moralement plus que douteux.

Bref, j'ai voulu comprendre ce qui se passait : je constatais la magie comme tout le monde ; mais je voyais bien aussi que cette magie pariait sur mes émotions et me rendait en quelque sorte passif (tout le contraire de ce que Sartre attend de la littérature en somme : pour Sartre, la littérature devrait s'adresser à la liberté du lecteur). Et c'est là que je me suis penché sur les ressorts du truc. D'ailleurs Céline lui-même parle d'une technique, similaire à l'invention du "bouton de col à bascule". Je vous laisse deviner de quoi il s'agit. Bref en lisant de près le texte, on comprend qu'une bonne partie de l'effet repose sur un travail syntaxique précis, dont j'ai parlé de manière très vague dans mon précédent message. Et donc qu'au-delà de la vision du monde de Céline, il y a ce travail particulièrement réfléchi, technique et systématique.

Cela n'ôte rien à l'écrivain. Cela permet de comprendre autrement son oeuvre, sans rien dissiper de l'admiration inquiète que l'on éprouve pour elle.

 

Balthazar

10/11/2019 à 10h14

John, l'ambition qu'a Céline de "court-circuiter la raison", pour reprendre ton expression, mérite assurément d'être versée au dossier, mais à mes yeux ce n'en est qu'un élément. On n'en finirait pas de recenser les écrivains et les poètes qui, depuis la fin du XIXe, par des moyens très divers, s'étaient donné le même but. Peu d'entre eux ont fini comme Céline, et à l'inverse bien des esprits parfaitement rassis se sont égarés comme lui (ils n'y ont simplement pas mis le même ton). Bref, je ne trouve pas très pertinente la thèse de Godard (que je ne connais pas) telle que tu la résumes: "certes il n'y a rien de clairement antisémite dans Voyage, mais la poétique de Céline (court-circuiter la raison pour toucher au "nerf" et à l'émotion directement) a malgré tout quelque chose à voir avec ses positions racistes". Je ne dis pas que c'est absolument faux, mais pour moi ça éclaire plus la façon dont Céline était raciste et l'exprimait que son racisme lui-même.