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Une Coupe du monde sous VAR

France-Allemagne : teutonisés

Gros match plutôt que beau match, cette demi-finale a donné la victoire à l'équipe la moins forte… On trouvera bien d'autres vertus à ces Bleus-là, et on leur rendra grâce d'avoir vaporisé quelques fantômes – proches ou lointains.

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Peut-être était-ce ces dix premières minutes prises dans le bon sens. Dix minutes qui ont vu les Bleus entrer dans le match et dans les Allemands, durant lesquelles ils ont déroulé une superbe action collective, pas encore bien conclue par Griezmann (6e). Dix minutes démenties ensuite par l'inversion plus durable du rapport de forces, seulement entrecoupée de coups francs (Payet, 25e, Pogba, 37e). Lloris est à la tâche, les tentatives allemandes sont à sa portée, ou hors du cadre. Le bras de fer se poursuit, et les Bleus ont de nouveau cinq bonnes minutes, les dernières de la mi-temps. Griezmann allume une mèche petit filet, Giroud trop lent est repris en contre, Évra obtient un corner.

 

 

 

 

Et le match bascule sur une erreur de Schweinsteiger, au pire moment pour les visiteurs. Ce n'est pas la monnaie de la pièce de Séville, plutôt de celle qui s'est jouée au Maracana il y a deux ans. Les Bleus ne peuvent évidemment prétendre à la maîtrise de leurs vainqueurs d'alors, mais ces derniers, menés, vont buter sur leurs propres faiblesses, perdre définitivement la partie sur un nouvel enchaînement d'erreurs. Le match est plié parce que l'adversaire restera solide. Peut-être était-ce ces dix premières minutes qui ont donné le signal de la qualification à venir…

 

On peinerait, en tout cas, à chercher une logique seulement rationnelle à cette victoire, et on aurait tort de le faire. Parce que la Nationalmannschaft était probablement plus forte, parce que la sélection de Didier Deschamps présente des incohérences persistantes, parce qu'elle est irrégulière – à l'image du premier de ses joueurs qui fut célébré dans cet Euro. C'est vers d'autres éléments qu'il faut se tourner comme sa solidarité, sa résilience, sa détermination, son imprévisibilité.

 

Une imprévisibilité qui s'est exprimé dans une solidité défensive pas vraiment attendue face à cette opposition. Ou dans la réussite des deux entames de mi-temps – encore une première. Pourtant, le deuxième but ne survient pas plus de nulle part que le premier, car dans ce premier quart d'heure après la pause, les Blancs n'ont pas d'occasions. Et après le doublé de Griezmann, hormis le montant touché par Kimmich, ils devront attendre les arrêts de jeu pour mettre vraiment Lloris à contribution.

 

On arguera les absences dans le groupe de Löw, la blessure de Boateng, les décisions arbitrales, la réussite qui accompagne cette équipe… Mais il n'y avait d'autre victoire à remporter que celle-ci, face à cette équipe-ci. Et il faut la rendre aux joueurs, en prenant leurs performances une par une tant certaines ont été grandes. Tant pis pour la logique, la hiérarchie ou la justice tactique. C'était un grand match à gagner, contre le champion du monde en titre, et il l'a été.

 

 

 

 


Les Observations en vrac

Le scénariste de l’Euro a tout mis sur les Bleus.

 

Évra a décidé de n'être décisif qu'avec des penalties.

 

Même quand Griezmann met la semelle, c'est élégant (et ça fait but).

 

Deux gros moments de flottement dans le stade: quand Payet confond dégagement et centre dans sa propre surface, et quand l'arbitre siffle penalty.

 

Boateng se blesse sur une relance qu'aucun de nos défenseurs centraux ne tenterait.

 

 

 

La nalyse

Christophe Kuchly – C’est l’histoire d’un milieu récupérateur baladé à tous les postes pendant la saison, sa première dans l’élite, et qui, à 21 ans et une sélection, est intronisé latéral droit de l’Allemagne en cours d’Euro. C’est aussi l’histoire d’un défenseur central de 22 ans qui n’était pas dans la liste et fait ses débuts internationaux en quart de finale, profitant de la suspension d’un autre réserviste. Ce France-Allemagne, observable par tant de prismes, peut se résumer par ce duel indirect entre Joshua Kimmich et Samuel Umtiti. Deux jeunes garçons qui ont certes disputé la Ligue des champions cette année, mais dont la présence à ce niveau n’était pas prévue. On a beau se préparer deux ans pour une compétition internationale, l’affaire termine souvent en bricolage…

 

 

Pourquoi Kimmich et Umtiti ? Parce que Payet. Et un peu Matuidi et Evra, aussi. Pendant une grande partie de la rencontre, le joueur du Bayern était désespérément seul, laissé libre à trente-cinq mètres du but de Lloris dès la première relance. Une stratégie probablement pas voulue – ou alors trèèèèès risquée – mais dictée par la densité allemande au milieu de terrain et le profil des joueurs français. Puisque Can se baladait dans le dos de Matuidi et qu’Özil se recentrait, Dimitri Payet était obligé de densifier l’axe pour éviter les percées tout droit. Kroos, repris litigieusement par derrière à l’entrée de la surface (21e) et Can, qui a préféré la jouer collectif (22e), auraient ainsi pu sanctionner un milieu français trop haut dans ce 4-4-2 à plat en phase défensive. Payet n’étant pas Sissoko, qui a su tenir l’axe tout en bloquant les montées d’Hector, les trous ont été béants.

 

Puisque tout est bien qui finit bien, faire des reproches à Didier Deschamps sonne comme une relecture de l’histoire. “Et si Müller avait marqué?” Avec des “si”, on fait des partitions et l’absence de Mario Gomez, qui a propulsé ce bon vieux Thomas en pointe, a tout changé. Car si Kimmich a fait beaucoup de mauvais choix sur les situations qu’il a eues – la plupart avec cinq secondes pour réfléchir et dix mètres d’espace –, Müller a beaucoup gâché. Un tacle-tir précipité alors qu’il était seul dans la surface (13e), une frappe écrasée (15e), une tête ratée au point de penalty suivie d’un manque de vivacité au moment de pousser la balle dans le but (32e), un tir précipité après une perte de balle de Matuidi (39e) ou encore un centre croqué sur une égalité numérique (43e)… Le bilan est lourd et, si l’on ajoute l’énorme parade de Lloris sur Can (14e) et celle, pour le spectacle, sur un tir de Schweinsteiger vers la lucarne après une remise d’un Mesut Özil laissé seul dans la surface (27e), on comprend mal comment la France a pu tenir jusqu’à la pause.

 

 

Le plus improbable, c’est qu’elle a fait mieux, ouvrant le score sur l’un de ses rares moments avec le ballon. Il y eut bien sept minutes initiales de pressing façon Atlético mais, après le tir de Griezmann, tout se passait devant le but de Lloris. Jusqu’à cette montée d’Umtiti, montrant enfin à la France l’apport d’un défenseur central qui avance avec le cuir, et ce ballon mis négligemment en corner par Hector alors qu’il n’y avait personne aux alentours. Schweinsteiger, très net maillon faible dans un rôle de numéro six fantôme, sortait bêtement la main. L’Allemagne, largement dominatrice, coulait sur une erreur individuelle. Deux minutes avant, une relance contrée de Boateng dans le rond central avait permis à Giroud de partir seul vers le but. Mais il était dit que ce serait plutôt Griezmann, peut-être le joueur européen le plus régulier des douze derniers mois, qui devait se muer en buteur.

 

La deuxième période démarra mieux pour la France et Giroud puis Griezmann, deux fois contrés dans la surface, étaient proches de (quasiment) plier l’affaire (46e et 47e). Le scénario de la première période reprit assez vite mais le bloc français, bien plus bas, arrêtait de laisser les milieux adverses se projeter. La domination était dès lors bien moins forte, d’autant que la sortie de Boateng, qui devait déjà compenser l’absence d’Hummels, changeait les plans allemands. Avec Mustafi et Höwedes, il n’y avait désormais plus aucun relanceur crédible et c’est Kroos qui devait reculer, enlevant encore de la densité au milieu allemand.

 

Et nos amis Kimmich et Umtiti dans tout ça? On y revient. Kimmich, un peu moins sollicité, tenta quand même de nouveaux centres. Et qui veillait ? Umtiti, à chaque fois ou presque. Le désormais ex-Lyonnais, d’autant plus utile en l’absence de Gomez, ce qui a incité les Allemands à ne pas centrer dans les airs, a dégagé neuf ballons, seulement battu par… Laurent Koscielny (11). Müller s’est chargé de vendanger les miettes. Comme les autres, la fin de match du néo-Blaugrana fut délicate mais un ange veillait sur le Vélodrome (poteau de Kimmich, tête de Sané qui frôle le but, idem pour Höwedes et Götze, arrêt de Lloris sur celle de Kimmich). Mais, à ce moment-là, les Allemands avaient déjà rendu les armes et ne gardaient pour plan de jeu que de balancer devant. Griezmann venait en effet de marquer le but du break. Sur une incroyable série d’erreurs défensives, de la relance latérale d’Höwedes au contrôle de Kimmich, en passant par Mustafi dribblé, Neuer en Vercoutre des mauvais jours et Schweinsteiger en retard, mais aussi grâce à du pressing.

 

Relance, pressing. Des semaines que ces mots semblaient absents et, dans un match que la France a longtemps passée en déséquilibre complet, ce sont eux qui la sortent de l’ornière. En profitant de gaffes adverses mais en comptant aussi sur le talent d’Antoine Griezmann, son meilleur joueur. Si l’on devait refaire le match, il y aurait peut-être 0-3 à la pause. Et sans les absences de Varane, Rami, Benzema et tous les autres? Au diable la logique. Si le Portugal a réussi à se hisser en finale de cet Euro, cette équipe de France peut bien le gagner.

 

 

 

 

Vu du forum

=>> emink - 21h08
Je vais en boire une troisième. Depuis que je suis bourré, la France domine comme jamais.

 

=>> Aristofan - 21h11
On ne nous les a pas un peu survendus ces Islandais ? Ils ne sont pas terribles pour l'instant.

 

=>> Back-T-Oblak - 21h24
Payet défend et Kimmich tente des enroulées à 20 mètres. Je crois que j'ai saisi la tendance de ces dernières minutes.

 

=>> Moravcik dans les prés - 21h36
C'est Griezmann contre Goliath ce match. Normalement ça finit bien, une histoire de fronde il me semble.

 

=>> djay-Guevara - 21h38
CAN je ,croyais qu'il jouait que tous les deux ans en janvier-février.

 

=>> Aristofan - 21h38
De tous les joueurs français, c'est encore Lloris qui se projette le plus rapidement vers l'avant.

 

=>> emink - 21h43
41e. Je vois pas comment on peut gagner ce match. Vous pouvez me couvrir d'injures moqueuses si je me plante.

 

=>> Back-T-Oblak - 21h52
J'étais trop concentré sur le match, quelqu'un peut me dire c'était quoi la question de la première mi-temps ?

 

 

=>> Hyoga - 22h00
Sinon, il fait chier Mourinho avec ses tactiques défensives. Payet en arrière gauche? Pfff. Et en plus ça gagne. Dégoûté du foot.

 

=>> Freddy - 22h01
Si c'est Evra qui provoque ce même penalty de l'autre côté, je crois pas que grand monde aurait critiqué l'arbitre, vous lui seriez tous tombé dessus. Donc Schweini est coupable.

 

=>> Mama, Rama & Papa Yade - 22h04
On vient de consommer une moitié de notre forfait Séville.

 

=>> newuser - 22h09
Sissoko c'est un peu notre ligne Maginot qui aurait marché.

 

=>> Anglachel - 22h23
Mais arrêtez de parler de chatte à DD, il se contente juste de relancer sa partie de FM autant de fois que nécessaire.

 

=>> Moravcik dans les prés - 22h24
Mais on défend bien en fait. N'importe quoi.

 

=>> newuser - 22h30
GRIZZZOU !!!! Un vieux poussage de la semelle. Prends ça Séville.

 

=>> El Mata Mord - 22h31
Maintenant, on éteint la TV...

 

=>> Pascal Amateur - 22h31
Benzema l'aurait mis dans la lucarne, mais que c'est bon !

 

=>> Back-T-Oblak - 22h32
Ravi que Pogba puisse réunir ses deux passions que sont la danse et le football.

 

=>> Gouffran direct - 22h33
En fait ce qu'a fait Pogba c'est ce que voulait faire Zaza.

 

=>> Hyoga - 22h55
Nous sommes enfin mûrs pour l'admettre: ugly winner >>> beautiful loser.

 

=>> Aristofan - 22h59
Bon, maintenant on peut finir l'histoire, et se prendre un but moisi du bellâtre gominé à la 89e minute de la finale.

 

=>> Jean Luc Etourdi - 23h09
Punaise, plus qu'un match et on l'obtient, cette qualif pour la Coupe des Confédérations !

 

=>> Pascal Amateur - 23h25
Et François Hollande en profite, parce que lui n'ira pas en finale.

 

 

 

Les titres auxquels vous avez échappé

Ils l'ont dans le bas-Rhin.
Teutons flingués (mais on l'a déjà fait)
Swing Lõw sweet Charlöw
Griezmann shaft


Le titre est de Mevatlav Ekraspeck, les TAVAE de Mevatlav Ekraspec, Dan Lédan et Aristofan.
 

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