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Carbajal, de Rio à Londres

Les belles histoires de la Coupe du monde – Il est le premier joueur à avoir disputé cinq phases finales de Coupe du monde. Antonio Carbajal, c’est une aventure internationale débutée à Rio de Janeiro en 1950 et conclue à Londres seize ans plus tard.

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Il avait débuté cette Coupe du monde anglaise sur le banc, ou plutôt derrière les buts pour assister le nouveau gardien titulaire de l’équipe du Mexique, le jeune Ignacio Calderón. Antonio Carbajal, portier moustachu charismatique aux mains nues, a déjà participé à quatre reprises à la compétition suprême depuis 1950. Le dernier match de poules face à l’Uruguay, le 19 juillet 1966 à Wembley, sera finalement pour lui l’occasion de devenir le premier joueur à disputer cinq phases finales. Et par là même, de joliment finir une carrière longue de dix-huit années.

 

 

 

Un gardien heureux

Carbajal, encore amateur, est appelé en 1948 dans le groupe mexicain pour les Jeux Olympiques de.... Londres, déjà. Antonio connaît sa première sélection en A un certain 24 juin 1950, pour le match d’ouverture du Mondial brésilien. C’est aussi l’inauguration du mythique Maracanã. Le jeune gardien doit faire face aux incessantes attaques des Ademir, Zizinho et autres Jair et Baltazar. Le Mexique s’incline (0-4), mais Carbajal mesure sa chance d’avoir été là: “J’aime voyager, et je n’avais jamais joué devant tant de personnes. C’était incroyable. J’entendais crier ‘Brasil! Brasil!’ et cela m’a vraiment stimulé et motivé. Les Brésiliens étaient des joueurs absolument fantastiques. C’est un plaisir de m’être mesuré à eux.”

 

Les performances du Mexique ne sont pas bonnes lors des deux matches suivants, respectivement défait par la Yougoslavie (1-4) et par la Suisse (1-2). Il en va de même en 1954 et 1958: El Tri et son gardien s’inclinent à chaque rencontre. La Coupe du monde chilienne est plus clémente pour Carbajal. Après une nouvelle défaite initiale face au Brésil (0-2), puis contre l’Espagne (0-1), le Mexique remporte enfin son premier match, en battant la Tchécoslovaquie (3-1), futur finaliste – mais alors déjà qualifiée pour les quarts. Carbajal est considéré comme le meilleur gardien du tournoi, et déjà, il établit le record d’être le premier joueur à prendre part à quatre éditions d’un Mondial.

 

 

Et dire que le jeune Antonio n’aurait même jamais dû jouer au football... Son père, qui a déjà perdu un fils renversé par une voiture alors qu’il s’amusait dans la rue, lui interdit de pratiquer ce sport. Carbajal tombe pourtant amoureux du football et brave les ordres de son paternel. C’est ainsi qu’il délaisse le poste d’attaquant et qu’il devient gardien de but dans les rues du district de San Rafael à Mexico, cette place dans les cages lui permettant de voir son père arriver et de s’échapper le cas échéant.

 

 

Un gardien éternel

Pour ce dernier match de poules du Mexique lors de la World Cup 1966 face à l’Uruguay, le sélectionneur Ignacio Trellez remplace Calderón par Carbajal. Antonio devient alors “El Cincocopas”. Cinq phases finales de Coupe du monde disputées, il faudra attendre 1998 et Lothar Matthäus pour voir cette performance rééditée. Une marque que son compatriote Rafael Márquez a désormais rejointe lors de l’édition russe: “C’est super qu’il ait la chance de le faire. C’est pour cela que sont faits les records: pour être égalés et battus.”

 

En ce 19 juillet 1966, Carbajal se débarrasse rapidement des gants que le gardien remplaçant de l’Angleterre lui a offerts. Il n’en a en fait pas l’habitude et ce n’est pas aujourd’hui, dans ce qui est son ultime match, qu’il va commencer. Antonio garde sa cage inviolée toute la rencontre (0-0), une première pour lui dans un Mondial. Une belle manière de se retirer et de conclure son histoire avec une compétition à laquelle on ne cessera de le rattacher: “J’ai toujours voulu être quelqu’un et je pense y être parvenu. J’ai joué ma dernière Coupe du monde il y a plus de cinquante ans, mais les gens se souviennent encore qui je suis.”

 

Son homologue du jour, Ladislao Mazurkiewicz, le félicite, et il part dans un tour d’honneur pluvieux. “J'aurais pu jouer quelques saisons supplémentaires, mais je me suis dit que tout devait terminer ici. Car quoi de mieux que Wembley? Quel meilleur souvenir qu'une Coupe du monde?” On ne saurait le contredire.

 

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