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Hateley 1984, une tête au-dessus

Un jour, un but – Le 28 octobre 1984, Mark Hateley s’élève au-dessus de Fulvio Collovati, donne la victoire au Milan AC dans le derby et devient une légende. Son but symbolise pour les Rossoneri la fin du purgatoire.

Auteur : Christophe Zemmour le 2 Sept 2013

 


Mark Hateley arrive au Milan AC en 1984, en provenance de Portsmouth qui évolue alors en seconde division anglaise. L’attaquant britannique succède ainsi à son légendaire compatriote Luther Blissett, devenu une sorte d’idole à l’envers pour son incroyable maladresse devant le but [1]. Hateley restera trois saisons en Italie et y inscrira 17 buts en 66 rencontres de Serie A. Un total loin d’être exceptionnel. En fait, il aura suffi à Hateley d’un pion, d’un seul, celui du derby du 28 octobre 1984, pour entrer dans le cœur des supporters rossoneri [2], marquer la fin d’une ère pour le Milan AC et le début d’une autre pour l’Inter.

 

Hateley AC Milan 1984 Inter
 


Head to head

“Nous n’avons jamais été en Serie B” est l’une des piques préférées des supporters nerazzuri à l’encontre de leurs rivaux. En effet, le Milan AC a connu deux saisons dans la division inférieure: en 1980/81 à cause du scandale du Totonero et en 1982/83 à la suite d'un exercice en Serie A terminé à la quatorzième place. Autant dire que lorsque Mark Hateley arrive en Lombardie, le club est en reconstruction et encore meurtri. Cela fait six ans que le derby de la Madonnina n’a plus penché du côté rouge et noir. En ce 28 octobre 1984, c’est le Milan qui reçoit son voisin, avec deux points d’avance au classement.
 

Alessandro Altobelli ouvre le score dès la 10e minute. Agostino Di Bartolomei lui répond à la 33e et les deux équipes restent au coude à coude jusqu’à la 63e. Pietro Paolo Virdis est sur l’aile droite, près de la ligne de touche. Il parvient à centrer, malgré le retour de son vis-à-vis. La balle s’élève jusqu’au point de penalty. S’y trouvent Mark Hateley, attaquant, 1m91 m, et Fulvio Collovati, défenseur central, 1m82. L’Intériste, ex-joueur du Milan AC et champion du monde titulaire en 1982 au côté de Gaetano Scirea, saute pour frapper le ballon. Hateley aussi, mais une tête plus haut. Il vient d’effectuer le saut de Dieu.

 


Comme un barbare

La photo de ce duel gagné par l’attaquant milanais va devenir culte, affichée en poster sur les murs des chambres des supporters du Milan. Parce que la reprise de Hateley, qui allie puissance et précision et finit dans le coin droit du but de Walter Zenga – pourtant auteur d’un joli plongeon – donne la victoire aux hommes en rouge et noir. La disette est terminée, le Milan AC vient enfin de battre l’Inter. Pour les supporters du club, ce match signifie “le retour aux chemins victorieux après des années de purgatoire”. Pour Tommaso Pellizzari, fan de l’Inter, ce pion de Hateley représente “la fin des jours heureux, un but qui fait une époque”.
 

Mark Hateley devient alors une sorte de Chuck Norris avant l'heure. La Gazzetta dello Sport s’amuse à comparer le joueur à Conan le Barbare: “Il est le mythique, invincible barbare. Comme un barbare, Hateley regarde ses adversaires dans les yeux. Comme un barbare, il se jette seul dans les batailles les plus furieuses. Comme un barbare, il jubile lorsque ses rivaux sont détruits. Il est grand et fort comme une montagne et pour le gravir, vous auriez besoin d’une échelle de pompier... ou vous pourriez prendre un hélicoptère.” Ses supporters le surnomment même Attila, en partie aussi parce qu’ils ont du mal à prononcer Hateley.

 

 

Malheureusement, le mythe s’écroule rapidement. Le match suivant, Mark Hateley contracte une grave blessure au genou dont il ne se remettra jamais vraiment durant son mandat lombard. Avec l’arrivée de Silvio Berlusconi, il avait pourtant confié son optimisme quant à son avenir en Italie. Mais Il Cavaliere a des vues sur un joueur hollandais prometteur, un certain Marco van Basten. Mark Hateley signe alors en 1987 en faveur de l’AS Monaco, entrainée par Arsène Wenger. Un barbare d’un autre genre.
 


[1] Son nom a été repris par un collectif italien créé en 1994 par des activistes bolognais et auteur de plusieurs canulars.
[2] Pour les adieux de Franco Baresi à San Siro, Mark Hateley fut le joueur le plus applaudi après Il Capitano et Marco van Basten, preuve de l’affection durable des supporters du Milan pour ce joueur.

 

Réactions

  • Richard N le 02/09/2013 à 08h43
    Bel article ! Le Milan AC avait été créé à la fin du siècle précédent par des Anglais. Il renaît en 1984 grâce à un Anglais, auteur qui plus est d'un but typically british.

  • Tonton Danijel le 02/09/2013 à 13h34
    J'adore! Ayant suivi le foot dans les années 90, j'ai surtout le souvenir de Mark Hateley aux Glasgow Rangers, je crois qu'il avait planté contre l'OM le but de l'égalisation à 2-2 à Ibrox Park d'une détente tout aussi impressionnante (mais but moins important historiquement, certes). Merci pour le rappel de sa carrière milaniste.

  • Tonton Danijel le 02/09/2013 à 17h01
    Ma mémoire défaille, la tête de Hateley était plongeante en fait:

    lien

    Son jeu de tête était néanmoins le principal argument offensif des Rangers, et le jeune Fabien Barthez qui disputait là un de ses premiers matchs était pas vraiment à l'aise dans ce match... (Beau duel de chevelus sous la pluie avec Rudi Völler).

  • Vasy Mollo le 06/09/2013 à 06h52
    Mark Hateley, pour moi, c'était avant tout le titre de 88 avec l'AS Monaco, caviardé à qui mieux-mieux par le grand, l'immense, le légendaire Glen HODDLE.
    D'ailleurs, cette année là en D1, il marque quasiment autant de but que durant sa carrière italienne si je ne m'abuse... Bon, la suite sera moins glorieuse, notamment faute à des blessures