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Spirale du meilleur moment de la saison

Succédant à une "saison à la con", la cuvée 2007/08 a été riche en moments de grâce... Nous en avons ramené cinq dans nos filets, le vôtre est-il parmi eux?
le 16 Juil 2008

 

Après des désillusions en cascade, pour l’immense majorité des supporters non-lyonnais, on peut être conduit à se demander par quelle pulsion masochiste ou quelle lubie autodestructrice on est devenu passionné de football.
La Spirale du meilleur moment de la saison répond à cette question: parce qu’à chaque seconde de chaque match, le supporter de foot sait qu’il peut se passer un évènement incroyable, qui le fera se lever de son siège, de son canapé, de son fauteuil roulant. L’histoire footballistique personnelle de chacun pullule d’ailleurs de ce genre de moments, qui font oublier tous les 0-0, tous les matches piteux qu’on s’est forcé à regarder et qui entretiennent l’illusion que le football est avant tout porteur de moments heureux.

La Spirale du meilleur moment de la saison vient chercher dans les recoins de l’année footballistique écoulée pour dénicher ces instants de bonheur, qu’ils durent quatre-vingt dix minutes, ou quelques dixièmes de secondes.

Votez pour la Spirale du meilleur moment.

Votez aussi pour :
La Spirale de la résurrection
La Spirale du truc utile
La Spirale du truc inutile
La Spirale de la meilleure performance comique
La déclaration de l'année


Liverpool-OM (0-1)

Situation: d'un côté, une équipe qui vient de virer son entraîneur, réalise une entame cauchemardesque de championnat, et dont le meneur refuse malgré lui de participer à la fête. De l'autre, un adversaire surpuissant au casting quatre étoiles et demi (il manque un peu de glamour à Benitez) qui joue dans le Maracana européen et hébergeant ce soir-là la plus rutilante compétition de l'UEFA. Un tableau idyllique pour une bonne branlée (l'histoire ne bégayant pas toujours, celle-ci finit par arriver, mais c'est une autre histoire).

Et puis, dans une ambiance légèrement "On ne vous a pas vraiment pris au sérieux, les gars", Liverpool, à domicile, subit les assauts et la maîtrise d'une équipe inattendue, sûre de son fait, placée, rigoureuse et puissante – tout ce qu'aucun observateur récent de l'OM eut pu s'attendre voir s'est passé ce soir-là. Comme dans un rêve de supporter, mais aussi pour le plaisir du simple spectateur qui souhaite assister à quelque chose, l'OM étouffe Liverpool et ses mille supporters Anfield. Et à la 77e, un jeune joueur alors méconnu enrobe une frappe dans une faille spatiotemporelle qui la fait atterrir en lulu, tout simplement.

Qu'est-ce qui a manqué pour que le moment soit parfait? Que le match soit décisif, que Liverpool ait aligné sa plus jolie composition, que Marseille joue en bleu, que Selim Arrache ait marqué un but, que Valbuena ait glissé ou non au moment de la frappe? Au contraire. Dans cet anecdotique épisode de David contre Goliath, l'on savoure le moment pour ce qu'il est. C'est une histoire, éphémère, un concentré pur d'émotion, avec son lot d'histoires édifiantes à raconter autour. Souvenez-vous: la première victoire d'une équipe française en terre liverpuldienne...

Atout
C'est quand même ce soir-là que chacun a découvert que la lumière ne venait pas des projecteurs mais d'Eric Gerets lui-même.
Faiblesse
L'arbitre a refusé un but hors-jeu à Ziani. Essayez d'imaginer quelle aurait pu être la saison de l'OM si cela avait été Ziani et non Valbuena. Vertigineux.


gerrard_grossechatte.jpg
"I am Gael Givette, yes, but you confonds me avec Carlos Valderama, we have la même vitesse de jeu but I am Gael Givette".


Glasgow Rangers-OL (0-3)

Il faut se souvenir de Juninho, la mine défaite, admettant qu’il fallait désormais que l’OL se concentre sur une hypothétique qualification en coupe UEFA, pour saisir la portée de l’exploit. Que la qualification soit encore possible avant le déplacement chez les Rangers était déjà un miracle après la claque infligée par les Ecossais au match aller. Lyon répondra par un KO avant la limite. Alors que la France se demande si Ben Arfa et Benzema sont capables de briller aussi fort en dehors des frontières, la confirmation est cinglante. Aussi grâce à Govou, toujours génial dans les grands moments. Dans le cadre superbe d’Ibrox, le public applaudira les vainqueurs.

Atout
Un exploit européen à Glasgow, ça mérite enfin une récompense.
Faiblesse
Des 3-0 en poule suivis de rien du tout, l’OL en a déjà livré un paquet.


juninho_pose.jpg
C'est bon, tu peux te relever. De toute façon on l'achètera pas, ton calendrier.


Liverpool-Arsenal en quart de finale de C1 (1-1, 4-2)

"Parfois, on n’a juste pas envie. Pas envie de disserter sur la mise à mort du football par le business, pas envie de compter le nombre de joueurs nationaux sur le terrain, pas envie de regretter la disparition des clubs norvégiens de la compétition. On a juste envie de siroter son mojito, de fumer sa cigarette et de souhaiter revenir en arrière pour revivre encore le match sans en connaître à l’avance les péripéties et le résultat. Du plaisir pur".

Ainsi commencions-nous le compte-rendu du match retour ayant opposé Arsenal et Liverpool, ébahis par la qualité du spectacle proposé. Comme un symbole de la saison des Gunners, c’est au moment où leur jeu collectif atteint sa plénitude que l’équipe se fait éliminer de la C1, face à une machine de précision espagnole.
Torres déjà décisif, Kuyt partout sur le terrain, Walcott qui se prend pour l’Owen de 1998. Si certains matches cette année ont été plus exaltants par leur scénario, celui-ci fut certainement le plus abouti en matière de football.

Atout
Arsène Wenger serait ravi de terminer la saison avec le plus prestigieux des trophées.
Faiblesse
Étant donné le résultat final, ça va être compliqué de voter pour ce match et pour la résurrection du football offensif en même temps.


sarko_wenger.jpg
"Ah ah vous êtes tiède! J'étais sûr qu'en dépit des apparences, vous n'étiez pas mort!"


Les deux dernières journées de L1

Merci qui? Merci Laurent Blanc d’avoir entretenu l’illusion? Merci à Pablo Correa et à Eric Gerets d’avoir permis à l’une des plus belles remontées de l’histoire du championnat de se prolonger jusqu’aux dernières minutes de la saison? Merci à Lens et au PSG d’avoir repoussé les limites de la nullité aussi loin que possible? On aurait tout aussi bien pu nommer "Le suspense en L1" pour la Spirale de la résurrection, tant les émotions de fin de saison, pour une quantité inhabituelle d’équipes, auront été grandes.

Après plusieurs années à l’issue desquelles la seule question qui se posait à partir de la trente-cinquième journée était de savoir si l’OL battrait son propre record de points, de victoires à l’extérieur, ou de but marqués du pied gauche dans le deuxième quart d’heure, la saison 2007/08 aura enfin ressemblé à un vrai championnat.

Atout
Étant donné qu’on n’a vu aucun match à cause des multiplex, c’est plus facile d’imaginer qu’ils étaient tous excellents.
Faiblesse
Autant de suspense pour que l’histoire se termine comme toutes les précédentes, c’est à la limite du sadisme.



Pays-Bas-Russie (1-3)

Non, Olivier Rouyer, un match avec des buts de Roman Anatolyevich Pavlyuchenko, de Rutgerus Johannes Martinius van Nistelrooij, d’Andreï Sergeyevich Archavine et de Dmitri Yevgenyevich Torbinskiy n’est pas un cauchemar. C’est même tout le contraire. Et l’on se souviendra encore longtemps de l’intensité de cette confrontation. Si les Néerlandais ont été moins clinquants que lors des déculottées administrées à l’amitié franco-italienne dans le groupe de la mort (tellement létal qu’il sera d’ailleurs le seul à ne pas être représenté en demi-finales), ils ont longtemps su résister au cours de cette mémorable piquette face aux Russes: Van der Sar a pris sa retraite internationale sur une belle prestation, Sneijder et Van der Vaart ont multiplié les centres à destination d’un Ruud bien esseulé mais toujours aussi imposant.

Mais voilà, en cette soirée de solstice d’été 2008, la sphère céleste dansait le kazatchok. La voie lactée était joliment redessinée par Kolodine. Et en observant les comètes Pavlyuchenko/Archavine dribbler les trous noirs Ooijer/Mathijsen, on comprit pourquoi c’est le moment de l’année où l’inégalité des jours et des nuits est la plus grande. Les astres étaient complètement russes et ça, Domenech devait bien le savoir, au moment de décider quel adversaire ne pas affronter. Comme il savait également, car il sait tout, que les Espagnols étaient les plus forts, il a préféré abréger nos souffrances. Pour tout ça, encore une fois, merci, Raymond.

Atout
L’excellence d’Hiddink est indéniable, notamment en matière de traîtrise, art souvent récompensé lors d’élections.
Faiblesse
Dans leurs lancinantes insinuations de dopage des équipes d’Hiddink, nos traditionnels observateurs ont malheureusement encore une fois épargné celui qui courait le plus vite: le ballon.


rus_paysbas.jpg
"Maîtresse, maîtresse, y a encore le petit teigneux de maternelle qui fait rien qu’à nous embêter!"


Les soixante dernières secondes de Croatie-Turquie

Si Madonna et Justin Timberlake mettent quatre minutes pour sauver la planète, Klasnić et Şentürk ne prennent qu’une minute pour sauver le souvenir d’un match. Ce qui, on en conviendra, est quand même beaucoup mieux. À l'instar de la finale de Ligue des champions entre le Bayern et Manchester ou de celle de l'Euro 2000, rares sont les renversements aussi inespérés dans l’histoire des grandes compétitions. "Le football peut être monotone, mais d’un coup ça devient extraordinaire", soulignera fort justement Arsène Wenger au micro de TF1. 

L’intensité dramatique du quart de finale Croatie-Turquie a en effet tenu dans la dernière minute de jeu de la prolongation. La bande à Bilic ouvre le score à la 119e avant de se faire rejoindre une minute plus tard par les Turcs. La séance de penalties se charge alors de faire définitivement monter l’adrénaline des supporters des deux camps. La loterie donnera finalement la victoire à la Turquie. Et au moment du coup de sifflet final, il convient de se rappeler que le vrai sauveur des Turcs n’est pas réellement Rüstü, auteur de trois arrêts durant la séance de tirs au but, mais le pauvre attaquant croate Modrić qui a offert, à cause d’un hors-jeu, le coup franc qui emmena l’égalisation. 

Atout
Ça permet aussi de mettre à jour cette veille blague : "Savez-vous comment reboucher une bouteille de champagne? Demandez aux Croates".
Faiblesse
Il y avait quand même 119 minutes à subir avant.


turcs_pyramide.jpg
Alors, on s'entraîne à rentrer dans l'Europe ?

Votez pour la Spirale du meilleur moment.

Votez aussi pour :
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La déclaration de l'année

Réactions

  • nyrgal le 16/07/2008 à 15h18
    Un mec que tu connais pas
    mercredi 16 juillet 2008 - 14h57
    décisif :adjectif
    Déterminant, qui aboutit à une conclusion.

    1- Lyon 79 pts
    2- Bordeaux 75 pts
    3 - Marseille 62 pts.


    Ce qui est bien en raisonnant à posteriori sur le seul plan comptable, c'est que tu peux dire que aucun des matchs pris séparemment ( à part les confrontations directes Lyon-Bordeaux) n'ont été décisifs pour l'obtention du titre ( 79-3=76>75).
    Comme si le psychologique, le mental et la dynamique d'une équipe n'avait aucune influence sur le résultat final d'un championnat.

    Mais c'est vrai que vous avez pas eu peur du tout de voir votre équipe s'effondrer..

  • Joey Tribbiani le 16/07/2008 à 15h35
    Un mec que tu connais pas
    mercredi 16 juillet 2008 - 15h16
    Effectivement, j'ai rien compris
    -----------------
    Pas grave, c'est que je suis un piètre pédagogue.
    D'un autre côté faire comprendre la "passion" à un supp lyonnais en é minutes, c'est vrai que c'est un peu chaud pour débuter.

    Je devrais commencer plus petit pour me faire la main.
    Tiens je vais essayer d'expliquer la notion de canicule à un inuit, pour voir.

  • Un mec que tu connais pas le 16/07/2008 à 15h36
    nyrgal
    mercredi 16 juillet 2008 - 15h18

    Ce qui est bien en raisonnant à posteriori sur le seul plan comptable, c'est que tu peux dire que aucun des matchs pris séparemment ( à part les confrontations directes Lyon-Bordeaux) n'ont été décisifs pour l'obtention du titre ( 79-3=76>75).
    Comme si le psychologique, le mental et la dynamique d'une équipe n'avait aucune influence sur le résultat final d'un championnat.

    Mais c'est vrai que vous avez pas eu peur du tout de voir votre équipe s'effondrer..

    ---------

    Encore une fois, je comprends pas.
    Ce match pouvait etre decisif ou pas. Il ne l'a pas ete. Decisif ne me parait donc pas etre le terme adequat pour le qualifier a posteriori. Je croyais d'ailleurs que les spirales etaient ecrites a posteriori, fou que je suis.

    Par contre, le 3e but a Gerland a lui ete decisif.

  • On meinau score le 16/07/2008 à 15h40
    Moi c'est ça que je comprends pas.
    Le meuilleur moment de la saison c'est celui où t'as prit ton pied, où t'étais debout sur ton canapé ou sautillant en tribune, c'est pas le résultat d'une analyse à posteriori qui te fait dire "ah ouais ça c'était bien", où alors je vais vraiment finir par prendre au serieux ces conneries sur la passion lyonnaise.

  • nyrgal le 16/07/2008 à 15h43
    Joey Tribbiani
    mercredi 16 juillet 2008 - 15h35

    Joey, je suis pas sur qu'il comprenne cette histoire de canicule et d'inuit...

  • Un mec que tu connais pas le 16/07/2008 à 15h57
    On meinau score
    mercredi 16 juillet 2008 - 15h40
    Moi c'est ça que je comprends pas.
    Le meuilleur moment de la saison c'est celui où t'as prit ton pied, où t'étais debout sur ton canapé ou sautillant en tribune, c'est pas le résultat d'une analyse à posteriori qui te fait dire "ah ouais ça c'était bien", où alors je vais vraiment finir par prendre au serieux ces conneries sur la passion lyonnaise.

    --------
    Y'a confusion la.
    La discussion a commence par le parallele Match decisif - Marseille-Brdx, qui n'a finalement abouti a rien de concret, a Glasgow-Lyon, digne representant de lendemain sans promesse qui a simplement abouti a une qualification en 8e.
    C'est pourquoi mon seul propos etait de rajouter une notion de probabilite devant le terme decisif. Il aurait pu etre decisif, il pouvait etre decisif etc... et non pas il est decisif ou il etait decisif.

    Ce parallele me semblait etre dicte par une mauvaise foi evidente.
    Mauvaise foi que je peux tout a fait comprendre, pour une fois.

    A moins d'un macth couperet, il me semble qu'ils ne sont decisifs que s'ils sontaccompagnes par suffisament d'autres bons resultats, non ?

  • On meinau score le 16/07/2008 à 16h02
    Ok, mais pour moi c'est un peu la même logique. Je sais pas trop où se situe en fait ce match dans la saison et quel était le classement à ce moment là mais l'idée ce serait qu'à ce ce match pouvait être décisif et donc que les supporters bordelais ont vécu "un grand moment" lors du but de Ducasse.
    Ensuite il s'est averé que ça n'a pas été le cas mais toujours est-il que, sur l'instant, c'est un grand moment (peut être le meilleur donc) de la saison bordelaise.
    Qu'a posteriori le match n'ait pas été décisif ne change rien à cela.

  • Un mec que tu connais pas le 16/07/2008 à 16h02
    Faut juste remettre les paragraphes dans le bon ordre pour que cela devienne plus clair.

    Mon message AURAIT PU etre decisif...

  • On meinau score le 16/07/2008 à 16h03
    (bon niveau promesse sans lendemain c'est du pareil au même c'est vrai et c'est à ç aque tu réagissais donc bon...).

  • Un mec que tu connais pas le 16/07/2008 à 16h04
    On meinau score
    mercredi 16 juillet 2008 - 16h02

    On est d'accord. Par contre, cela change qqchose lorsqu'on met en parallele deux matchs, a posteriori.