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Mevatlav Ekraspeck

28/03/2020 à 21h04

Pour recontextualiser, un débat a opportunément pointé le bout de son nez sur le filpol, qui n’a rien à y faire de fait.

Tout part du constat concernant l’inégalité des élèves face à la situation de l’apprentissage à distance, via l’informatique. Bonne chose ou pas, bienfait ou dérive, avenir ou impasse, on va les laisser s’écharper joyeusement là-bas puisqu’ils ne répondront pas à une question cruciale, pourtant majeure dans la compréhension d’un problème plus global : dans la réussite ou l’échec scolaire, qu’est ce qui relève de la contrainte, ou qu’est ce qui relève du choix ?

Il se trouve que lorsque je forme des kamikazes, des masochistes, des dépravés, bres, des enseignants et des CPE stagiaires ou néo-titulaires, c’est la porte d’entrée de nombre de problématiques et de méthodes d’enseignement.

Je pars d’une caricature, que je résume ici :

Prenez Jean-Bernard de La Crotte en Vrille, Versailles rive-droite, et Mouloud Ngolo, d’une ZUP quelconque, arrivant dans la même classe de seconde.
Jean-Ber’ passe ses journées à sécher les cours, fumant cône sur cône en matant les Anges marseillais à Cancun, et ce depuis la quatrième.
Mouloud, dans sa fratrie de cinq, trouve au quotidien un moment pour bosser ses sciences entre une course pour manger, un petit frère à récupérer et deux démarches administratives pour ses parents allophone, évitant soigneusement l’entrée des dealers et la sortie des flics.
Jean-Ber aura son bac au troisième coup dans un boîte privée, avant d’intégrer la boîte de tonton Eglantier pour y gagner 3000 balles mensuelles à faire des paris en ligne au fond d’un bureau.
Mouloud aura son bac S à l’arrache, avant de devoir renoncer à toute poursuite d’études faute d’argent et d’éligibilité aux bourses, et trouve un job de livreur chez Eglantiers et fils. Jean-Ber’ sera son chef de planning.
Injuste, non ?

Dans un autre monde, Jean-Ber’ a pris conscience tôt de sa classe et de son rang, bossera comme un dingo pour finir dans la meilleur prépa du 92, tandis que Mouloud, vite fatigué par sa condition sociale, décrochera en début de 4ème, premier deal un mois plus tard, premier braco dans l’année, et aura déjà quelques mois de taule et une vingtaine de mention à son casier judiciaire quand Jean-Ber’ intégrera un prestigieux poste d’ingénieur dans la plus grosse boîte de BTP d’Europe.
Logique, non ?

Et vous, en tant qu’enseignant, quelle place allez vous prendre dans ces schémas et comment allez-vous casser l’injustice ou la logique ?


La place n’est pas à la réponse à ces débats ici.

En fait, je cherche à amener les jeunes âmes à réfléchir à bien identifier ce qui, chez l’élève, va relever du choix, dans son travail, dans son comportement, dans sa sociabilité, et ce qui va relever des contraintes. Contraintes externes (condition sociale, culturelle…) et contraintes internes (dysquelconque, TDAH, ennui scolaire…).

L’idée étant qu’il est plus facile d’influencer un choix qu’une contrainte, exogène ou endogène. On peut en débattre plus tard, mais ce n’était pas ce qui a motivé la migration de ma pensée et de mes contradicteurs sur ce fil.

Pour raccrocher avec le filpol, la fameuse continuité pédagogique induit de façon quasi automatique que tout se passe à distance via le numérique, ce qui induit des inégalités de fait.

Au bas mot :
Qualité de la connexion domestique.
Nombre d’écrans disponibles dans le foyer.
Capacité à s’en servir et à en maîtriser toutes les fonctionnalités.
Capacité à s’isoler, à trouver le temps et le contexte propice au travail.
Capacité des encadrants à fournir de l’aide.
Niveau de compétence de l’élève pour maîtriser seul les attendus du cours ou du TD.

La rupture d’équité se nourrit de ces éléments qui forment, à mon sens, la fracture numérique scolaire.

Or, depuis deux semaines, le constat est fait par les établissements que les élèves victime des pires conditions dans les six catégories précitées que certains d’entre eux se battent comme des lions pour récupérer le travail, le produire, le restituer, par tous les moyens possibles et imaginables. Inversement, des gamins dans un grand confort social et numérique sont totalement absents et ne donnent plus un coup de rame.

Ce sont des choix.

Le rôle du professeur, du CPE, du chef d’établissement est d’accompagner ces élèves dans ces fameux choix, et d’apprendre à préalablement bien diagnostiquer chez l’élève les leviers qui vont permettre à nos chères têtes blondes de faire ceux qui vont leur permettre d’apprendre dans les meilleures conditions et de commencer à valoriser leurs qualités, leurs points d’excellence.

Beaucoup s’épuisent, et parfois tard dans des carrières, à tenter de combattre ce qui relève des contraintes. On ne fera pas varier un temps de transport, on n’amènera pas un « parent 2 » dans une famille monoparentale, on ne trouvera pas de molécule magique qui raye la dyslexie des écrans, on n’ajoutera pas une chambre aux trois pièces familial, on n’ajoutera pas un zéro à la paye de papa.

Par contre, tu peux mobiliser des compétences, faire alliance avec l’élève, créer un lien professionnel auquel il puisse s’attacher, lui apprendre à lutter contre l’ennui, apprendre à se canaliser, à se comprendre, lui donner l’appétit scolaire et réveiller la curiosité, rassurer sur les capacités, travailler l’estime de soi, la résilience, apprendre à combattre le groupe… et ce n’est qu’un panel restreint de ce qui relève du choix individuel, suscité par le maître au sens savant du terme.

Et il y a encore plein de choses à dire sur la façon de susciter les choix de l’élève, sur la façon dont ces choix peuvent impacter (ou pas) les contraintes exogènes… mais je préfère laisser la parole à Jean Huileux de Gluten et autres pour enrichir la chose…

Jean-Huileux de Gluten

28/03/2020 à 21h26

On ne met pas les mêmes choses derrière le mot "contrainte", Mev. Je répondrai concrètement demain, déjà parce qu'à la relecture de mon post sur le filpol, je trouve qu'il dégage beaucoup trop de certitudes, beaucoup plus que j'en ai. J'ai cette maladie qui fait que l'agacement des certitudes des autres pousse à cristalliser des opinions fragiles en les déguisant en certitudes à mon tour (oui je sais, ça s'appelle l'esprit de contradiction, mais je me soigne, à base de trois Postpasurlegald 500 par jour, quand je sens que je rechute).

Et puis parce que cette vision de la contrainte me fait reconsidérer ce dont on parle. Très intéressant en tout cas.

Mevatlav Ekraspeck

28/03/2020 à 22h34

Si tu penses aux contraintes psychologiques, aux verrous internes, ça fait partie des champs...

Jean-Huileux de Gluten

28/03/2020 à 22h56

Non, je parlais de la contrainte dans l'exercice pédagogique, du travail obligatoire par opposition à celui qu'il faut faire par choix. C'est au centre de pas mal de crispations entre famille-élèves-professeurs en cette période, chez moi en tout cas.

Et c'est cette contrainte que je désignais comme un coupable facile, comme un truc que certains désignent trop vite comme "créateur d'inégalité", alors que c'est un sujet d'étude qui, comme beaucoup d'autres en sciences de l'éduc, donne lieu à pas mal de divergences, et dont les effets sont loin d'être tranchés.

Mevatlav Ekraspeck

28/03/2020 à 23h48

Ah, par chez moi c’est recouvert par la notion d’adaptabilité...

S’approprier la contrainte...
Se plier au cadre...
Les « figures imposées »...
Les bases non négociables...


Jean-Huileux de Gluten

29/03/2020 à 00h40

Je plaide coupable, Mev'. D'où l'importance de bien définir avant de se lancer dans un pavé, où tout simplement faire gaffe à ne pas utiliser des termes qui ne recouvrent pas les bons concepts.

Dans ce bazar de confinement, me sont revenus des questionnements qui étaient un peu en veille, notamment concernant le travail personnel à la maison. J'avais dans l'idée de relire cet article par exemple : https://cutt.ly/fr, qui m'avait paru assez complet, bien qu'il ne réponde à aucun de ces questionnements.

Jean-Huileux de Gluten

29/03/2020 à 20h07

Du coup.

Maintenant qu'on parle de la même chose, je te suis quasi-totalement.

Deux nuances.

- Là-dessus :

"Beaucoup s’épuisent, et parfois tard dans des carrières, à tenter de combattre ce qui relève des contraintes. On ne fera pas varier un temps de transport, on n’amènera pas un « parent 2 » dans une famille monoparentale, on ne trouvera pas de molécule magique qui raye la dyslexie des écrans, on n’ajoutera pas une chambre aux trois pièces familial, on n’ajoutera pas un zéro à la paye de papa."

Évidemment, mais attention à séparer le rôle de l'enseignant et celui du CPE là-dessus. Combattre ce qui relève des contraintes, ce n'est pas rajouter une chambre, c'est savoir et se servir, un peu comme tu le décris, du fait que le temps scolaire soit précieux pour un gamin dont l'ambiance familiale ne se prête pas au travail (enfin, pas à celui là, on s'entend). Ce n'est pas rayer la dyslexie des cartes, c'est faire prendre conscience à certains parents qu'il existe des difficultés cognitives réelles, et que des diagnostics et des soins existent et font leur preuve. Ce n'est pas "amener un parent 2", c'est savoir séparer les "difficultés de vie" des carences éducatives, et parfois activer les démarches qui peuvent amener une aide éducative (par coopération parentale quand c'est possible, par information préoccupante, voire par le procureur dans les cas les plus grave).

En théorie, enseignants et CPE n'ont qu'un rôle d'alerte sur tous ces aspects. Ensuite, on est ensemble autour de la table lors des équipes pédagogiques, de suivi et autre. Mais en moins de deux ans de pratique, je suis formel sur l'idée que les CPE prennent une partie du boulot des professionnels dont on diminue la présence dans les établissements : assitants sociaux, conseillers d'orientation, pour ne citer qu'eux car les infirmiers scolaires sont encore un peu là. Et sans formation bien sûr, sans bagage ni préparation. A titre d'exemple, au bout de trois semaines, j'ai eu un témoignage d'une gamine de 14 ans sur une agression sexuelle incestueuse vieille de plusieurs années. Alors ok, tout ne s'apprend pas dans la manière de gérer ça, mais les deux ou trois assistantes sociales que j'avais croisées jusque là m'ont été plus utiles, et donc à la gamine, que n'importe quel intervenant ou contenu de l'INSPE. Et je ne parle pas que de la gestion humaine, mais également du cadre légal à connaître et comprendre.


- Pour revenir à la contrainte dans la pratique pédagogique :

Sans jamais te soupçonner de l'encourager, ton propos fait écho à une posture enseignante qui a tendance à m'agacer, bien qu'elle soit minoritaire. L’écho est lointain mais peut-être que cette minorité est à corréler avec "ceux qui s'épuisent". Une fois épuisés, on entend des "moi je suis là pour ceux qui veulent bosser", on abandonne complétement l'idée de "contraindre" (désolé), et par la même occasion les dizaines de gamins qui saisissent les opportunités de ne pas être concernés. Sur ces dizaines, tous ne seraient pas raccrochés par la bonne volonté, clairement, je ne veux pas laisser penser que je suis naïf à ce point.

Mais de manière moins individuelle, plus politique, quand par exemple on lance un dispositif national pour permettre aux collégiens de faire leur travail personnel au collège, que l'objectif avoué est de toucher ces élèves-là, dont le cadre familial n'est pas en mesure d'assurer, et que tout commence par "le dispositif s'adresse aux élèves volontaires", je m'interroge très fort (sans aucun euphémisme, je m'interroge). Bon, ensuite, on voit les moyens alloués et on se dit que vu l'arnaque, c'est pas si grave.



Voila, en conclusion, ce sont surtout des interrogations sur l'adaptabilité qui me traversent en ce moment. Ou sur le danger de cette idée pleine de bon sens que l'on ne peut pas faire avancer quelqu'un contre son gré. J'ai l'impression que ces interrogations sont fortement légitimées par la situation actuelle. J'imagine que certains auteurs se sont penchés là-dessus, je suis preneur si vous avez des choses à me conseiller, Mev et les autres.

Mevatlav Ekraspeck

29/03/2020 à 21h14

Sur le rôle du CPE, clairement, on leur en demande de plus en plus, mais de façon insidieuse. Quand un d'entre eux me fait part de cette espèce d'extension sauvage de ses missions, le le renvoie illico à ce que disent les textes, à savoir le référentiel de compétence. Mais ça n'a rien à voir avec le débat.

Sur l'aspect du "on ne fera pas travailler un élève contre son gré", je suis d'accord. Toute la subtilité est de savoir pourquoi il ne travaille pas, et chez l'ado j'ai envie de te dire que c'est déjà trop tard.

J'encourage souvent les candidats aux concours de l'EN, ou a toute personne s'interrogeant sur les enjeux lourds de l'éducation, à aller faire un tour en grande section de maternelle.

Les enfants y sont suffisamment grands et communicants pour que ce niveau soit le plus formidable laboratoire éducatif qu'il soit.

Si tu mets - hélas - de côté les petits pour qui il existe déjà des suspicions d'autisme (et encore, pas toutes ses formes), tous ces enfants sont curieux d'apprendre, de comprendre, d'imiter...Les enjeux de la lecture et de la numérations sont pourtant posés.

Loin du contexte familial, donc de ces fameuses contraintes (parfois positives, parfois négatives), tu les vois, bruts, face à l'enseignement.

Déjà, tu as ceux qui comprennent vite, qui retiennent, qui déduisent, qui s'amusent.

Tu as ceux qui, déjà, rament, galèrent, présentent des signes de lenteur...

Et puis, au milieu, tu as ceux qui comprennent, qui restent curieux d'apprendre, mais qui préfèrent rire, s'amuser. Tu as aussi ceux qui vont préférer aller embêter l'autre, casser sa construction, son atelier.

L'enjeu de l'éducateur est là : comment faire apprendre la concentration, le respect du travail de l'autre, le respect des temps et des rythme, le cadre de la classe et de l'autre, à des enfants qui naturellement n'adhèrent pas à ces contraintes?

Déjà, il s'agit d'un choix que l'individu fait, parce qu'il suit son intérêt, ses envies. L'enseignant a t'il la capacité à influencer ses choix?

Si oui, par coercition? Par alliance?

"On ne fera pas boire un âne qui n'a pas soif" dit-on dans ma chère Catalogne, et c'est très vrai.

Le "je suis là pour ceux qui veulent bosser" entraîne un scud immédiat de ma part, c'est inadmissible.

Déployer des trésors de pédagogie avec ceux qui s'ennuient, ce qui refusent l'effort intellectuel est prioritaire, au moins en collège puis au lycée. Il n'y a pas tant que ça d'élèves en réelle difficulté scolaire, il y a beaucoup plus d'élèves en difficulté avec la compréhension du système scolaire.

Et là, la responsabilité de ce dernier est très forte, du fait se sa rigidité absolue au nom d'éléments non négociables.

On regorge d'élèves capables et vifs, mais nous ne savons pas (plus) leur faire faire les bons choix, et on rejette la faute sur ces fameuses contraintes.

S'il n'y arrive pas, c'est qu'il est fils d'immigré, c'est qu'il vient de la ZUP machin, c'est qu'il est idiot, c'est qu'il est mal orienté, etc...

Facile, déculpabilisant... et souvent faux. C'est qu'à un moment, loin de tout contexte, il n'a pas fait les bons choix scolaires. C'est pourquoi je suis un ultra-militant du présentiel scolaire, combattant acharné de l'absentéisme, qui doit être pris beaucoup plus au sérieux et bien plus tôt que maintenant.

J'aimerai aussi que les enseignants du premier degré bénéficient aussi dans leurs écoles d'une sorte de CPE, qui pourrait consacrer du temps et des méthodes à ces gamins qui désarçonnent souvent les instits, qu'on arrête de dézinguer le RASED, qu'on rajoute massivement des psychologues, etc...

Aider l'élève à faire le choix le plus pertinent pour lui, l'enjeu le plus masqué, le plus méconnu et le moins bien analysé de l'éducation nationale...

Jean-Huileux de Gluten

29/03/2020 à 21h39

Ce n'est pas qu'insidieux Mev. Le référentiel définit des grandes lignes, la circulaire est plus claire :

"De par leurs missions spécifiques, les CPE apportent une contribution à la connaissance de l'élève et la font partager. Ils travaillent en étroite collaboration avec les enseignants et les autres personnels, notamment sociaux et de santé, en échangeant des informations sur le comportement et l'activité de l'élève, ses résultats, ses conditions de travail, et en recherchant en commun l'origine de difficultés éventuelles pour lui permettre de les surmonter."

"En outre, les CPE apportent, avec les enseignants, un appui aux conseillers d'orientation-psychologues. Ils contribuent avec eux à l'accompagnement, au conseil et au suivi des élèves dans l'élaboration de leur projet personnel d'orientation, de leur poursuite d'études ainsi que de leur insertion sociale et professionnelle."

"Dans le cadre de l'action éducative de l'établissement, les CPE travaillent avec les personnels sociaux et de santé, les conseillers d'orientation-psychologues et les partenaires extérieurs pour lutter, notamment, contre les risques psychosociaux (notamment les conduites à risques, les signes d'addiction, les troubles anxieux, les situations de stress) l'absentéisme et le décrochage scolaire. Au sein de l'équipe éducative, ils contribuent à la meilleure connaissance possible de l'adolescent et de son environnement familial et social. Ils apportent une contribution spécifique à la prise en charge globale des élèves."



Et bien sûr, ça c'est si tu travailles avec les professionnels cités. Les assistantes sociales sont parfois sur 7 établissements différents, sans aucune permanence, juste un numéro et une fiche de saisine.

Espinas

29/03/2020 à 21h40

Une question :
Que pensez-vous de cette continuité pédagogique ?

Outre le cas de mon ex collègue qui a un rôle exigeant dans une boîte américaine, 4 gosses de 3 à 13 ans et sa femme au front à Necker, les échos de mes collègues sont que c'est assez injuste pour les enfants et pour eux-mêmes : les familles où les deux parents travaillent à plein temps avec un parent au front (santé, distribution, logistique) sont les dindons de la farce.

Apparemment, certains profs ont pris un malin plaisir à surcharger la barque.
Ceux qui ont des enfants dans des cycles différents doivent jongler avec les plateformes, chercher les mails en spam, passer du temps avec le gamin pour que ce dernier arrive effectivement à se connecter... tout en ayant le reste de la fratrie et le boulot à gérer, ce qui pour mes collègues compte-clés, se traduit en une litanie d'appels téléphoniques et des mails inquiets des clients à gérer, puis essayer d'y répondre alors que la réponse de l'entreprise n'est pas formalisée.

Il y a des âges où il me paraît pour le moins discutable de concrètement laisser le gosse seul face à un PC (pas forcément le sien, je doute que les enfants en aient un à eux avant l'adolescence au minimum, et il faut en avoir assez pour que chaque enfant ait accès) pendant que papa doit répondre au téléphone pendant 1h30.
J'ai grandi dans une famille de 4 enfants, je saisis la gageure d'une telle tâche si ça avait dû se produire même en projetant les moyens technologiques actuels et encore mon père gagnait assez pour que ma mère puisse rester au foyer. On aurait eu un voire grand max deux ordinateurs pour 6 avec des âges où l'écrit est à peine maîtrisé.

Quid encore une fois de qui est censé expliquer à l'enfant comment se connecter, pourquoi son mot de passe ne fonctionne pas, que veut dire "accès impossible, veuillez réessayer ultérieurement" ou "upload failed"?

 

blafafoire

29/03/2020 à 21h43

@Espinas
Tu penses que si les enfants n'étaient pas occupés par le travail scolaire, le père aurait plus de temps pour son télétravail ?