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Foot et politique

Le fil politique est un fil du rasoir, alors évitons de s'y couper. Par ailleurs, n'oublions pas que son but est d'accélérer l'avènement du grand soir, un des ces quatre matins!

John Six-Voeux-Berk

26/10/2020 à 10h10

Luis Caroll
aujourd'hui à 09h51

Pour le reste, tu t'imagines des trucs tout seul dans ta tête.
Si tu crois que Macron (ou n'importe quel autre chef d'état du même type) a fait autre chose qu'écouter les experts qui étaient dans la pièce, tu te rapproches dangereusement des complotistes.
------
Même à supposer que ce que tu dis soit vrai (ce qui impliquerait que les chefs d'Etat du même type que Macron auraient abandonné toute velléité politique), il faut encore considérer qui choisit les experts qui sont dans la pièce. Ce qui reste encore du ressort du politique. Et également quel expert et quel avis suivre parmi ceux qui seraient exposés dans la pièce, puisque manifestement le consensus scientifique ne serait pas parfait. Ce qui serait encore de l'ordre du politique.

Si tu invoques encore l'OMS comme autorité scientifique, je ne sais plus trop quoi dire : j'espère que les gouvernants n'ont pas attendu que l'OMS parle de possibilité de pandémie pour la croire possible. J'espère aussi que personne ne se faisait d'illusion sur les capacités de l'OMS à contredire les autorités chinoises.

Edji

26/10/2020 à 10h13

Brian Hainaut
25/10/2020 à 20h14
Quelqu'un a des news du Conseil scientifique ? Il s'est sabordé ?
—-

?

Delfraissy était encore ce matin sur RTL, pour évoquer les deux stratégies possibles sur la table : amplification à la fois géographique et horaire du couvre-feu (comme ce qui s’était passé en Guyane), ou reconfinement « light » à l’irlandaise (télétravail encore plus massif, nouvelles restrictions des libertés de déplacement mais maintien dans la mesure du possible des écoles et d’autres activités économiques, sans qu’on ne sache encore trop lesquelles).

Il a aussi avoué qu’il avait été surpris par l’extrême brutalité des développements récents de l’épidémie, mais ça, c’est sans doute parce que c’est un idiot à la solde du gouvernement.

Edji

26/10/2020 à 10h17

John > si tu regardes depuis sa constitution, le gouvernement a quand même largement collé aux préconisations (pas à 100 %, certes, mais pas à 10 % non plus) du conseil scientifique, dont j’ai du mal à suspecter quelque amateurisme chez ses membres (Delfraissy, Fontanet ou Cauchemez).
Par conséquent, je ne crois pas qu’on puisse sérieusement lui reprocher d’ignorer les experts sérieux et de tendre l’oreille aux charlatans.

L'amour Durix

26/10/2020 à 10h17

Koller et Thil
aujourd'hui à 09h47
-----

Apparemment, la deuxième vague de "de toute façon, y a que les vieux et les malades d'autre chose qui meurent" est là.

Au coeur de l'été, à 2 morts par jour peut-être.
Mais si les hôpitaux saturent, il est a craindre que des "jeunes" en relativement bonne santé meurent ou gardent des séquelles graves.

Pascal Amateur

26/10/2020 à 10h24

Pour compléter les approches sociologiques évoquées ici, je copicolle ici (car accès abonné) l'entretien donné par le psy Fethi Benslama à Télérama, qui apporte ses éclairages.

Télérama
Entretien avec Fethi Benslama
Après l’attentat de Conflans, comment lutter contre le poison de l’islamisme ?
• Valérie Lehoux
Fethi Benslama, psychanalyste, membre de l’Académie tunisienne et spécialiste du fait religieux, le 20 octobre 2020.

Chez de nombreux jeunes, le psychanalyste Fethi Benslama décèle un tourment identitaire. Après l’assassinat de Samuel Paty, il appelle à des mesures concrètes : adaptation du code pénal et soutien aux enseignants.
À chaque fois, l’effroi, la sidération, la colère, la tristesse. Et le même questionnement : comment faire pour que jamais cela ne se reproduise ? L’assassinat de Samuel Paty sonne une urgence nouvelle. Pas seulement parce que la décapitation de ce professeur d’histoire, à deux pas de son collège, par un quasi-adolescent qui avait grandi en France, est d’une violence folle. Mais parce qu’elle est symptomatique de redoutables mécanismes de fractures à l’œuvre depuis des années en France. Sans qu’on soit parvenu pour l’instant à les endiguer ; sans même, peut-être, qu’on ait vraiment essayé de s’y attaquer. Des mécanismes sur lesquels alertent pourtant depuis longtemps les meilleurs connaisseurs du sujet, pas étonnés du drame qui vient de bouleverser le pays. Fethi Benslama, psychanalyste, membre de l’Académie tunisienne, est de ceux-ci. Spécialiste du fait religieux, il décrypte notamment le fonctionnement psychique des islamistes et les ressorts, pour certains, du recours à la violence. Tout en dessinant de premières pistes d’action concrète, il explique en quoi l’analyse des derniers événements permet de comprendre ce qui est en train de se jouer. Il est plus que temps qu’on en prenne conscience. Car au-delà des personnes, c’est, chaque fois, la cohésion nationale, et au-delà l’avenir même de la démocratie qui sont attaqués.

- VL: L’onde de choc de ce dernier attentat est plus forte que celle d’autres attaques récentes, qui avaient fait davantage de victimes…
- FB: Le crime atroce dont a été victime Samuel Paty nous oblige. Il exige de nous à la fois la dénonciation, l’affirmation des valeurs de la République, mais nous oblige aussi à faire une analyse rigoureuse de ce qui a conduit à cette terrible mise à mort d’un enseignant à proximité d’un collège. Surtout, cette analyse ne doit pas rester abstraite, mais aboutir à orienter des actions concrètes de prévention et de sauvegarde. La portée symbolique de ce crime est énorme. Par l’acte terrifiant de la décapitation bien sûr, mais aussi parce que l’école, c’est notre tête à tous. Le lieu de nos transmissions. De la même façon, on avait ciblé la liberté d’expression en tuant des journalistes, la liberté de conscience en égorgeant un prêtre, etc. Ceux qui commettent ces crimes ne sont pas des radicalisés lambda, ce sont des tueurs. Il est probable que l’assassin de Samuel Paty était un illuminé galvanisé, ou un psychopathe déséquilibré qui a senti monter en lui une haine effroyable et un sentiment de toute-puissance, le conduisant à commettre l’atroce en se croyant le vengeur du divin outragé. C’était aussi le cas avec les frères Kouachi, les assassins de Charlie Hebdo.Mais contrairement à eux, ou aux assaillants du 13 novembre, ce jeune ne semble pas piloté par une organisation extérieure. Nous sommes là face à un terrorisme endogène, tout à fait redoutable car très difficile à détecter. Il implique des jeunes qui paraissent ordinaires, mais qui sont aux aguets, prêts à se sentir appelés par Dieu pour agir.

- VL: Ce garçon avait 18 ans. Et vous dites que 75 % des signalements pour radicalisation en France concernent des gens entre 15 et 25 ans. Que se joue-t-il à ces âges-là ?
-FB: C’est un passage de la vie marqué par un fort besoin d’idéaux, et de profondes mutations identitaires. Elles plongent certains dans de très grandes difficultés ; particulièrement des jeunes issus de l’immigration. J’ai travaillé dans la banlieue parisienne auprès d’enfants : pour me parler d’eux-mêmes, beaucoup dessinaient deux soleils, deux drapeaux, deux maisons. Leur paysage intérieur est le terrain d’une lutte entre deux référents. Pourtant, leurs parents, ou leurs grands-parents sont souvent en France depuis longtemps. Il arrive que les traumatismes de l’exil se traduisent par des tourments identitaires sur plusieurs générations. En grandissant, ces jeunes essayent de raccorder leurs références et beaucoup y parviennent. Quand ils n’y arrivent pas, ils deviennent des proies faciles pour les prédicateurs, qui leur offrent une solution toute faite. Depuis des années ceux-ci sillonnent les quartiers de relégation urbaine.

- VL Comment ?
- FB: Ils ont détrôné les parents pour imposer leur version extrémiste de l’islam. Leurs discours profitent de la fragilité des jeunes. Ils renforcent ou génèrent en eux un sentiment d’humiliation et un désir de vengeance, en affirmant que la société laïque française ne respecte pas leur identité de croyant. La religion est une puissance aléatoire, elle a la capacité de pacifier mais aussi de déchaîner la violence par un savoir très particulier des pulsions et des passions. Les tourments identitaires des jeunes sont intérieurs, ils progressent à bas bruit. Et d’un coup, lorsqu’ils sont harponnés par un discours djihadiste, ils peuvent les amener à commettre des actes terribles, imprévisibles. Il faut donc s’attaquer aux sources, c’est-à-dire aux émetteurs de ces discours.

- VL: Où se trouvent-ils ?
- FB: Sur le versant antisocial des réseaux sociaux. Dans le cas présent, un parent d’élève, chaperonné par un activiste connu, a publiquement mis en accusation un professeur dans une vidéo, en donnant son nom et celui de son collège. Pourquoi ? Pour attirer sur lui des représailles. Je considère qu’il a émis une « fatwa de fait ». Il ne s’agit pas d’une fatwa officielle, un avis juridique émis par une autorité reconnue, et pourtant elle autorise et justifie la violence. Avec Internet, ces fatwas de fait sont devenues monnaie courante. En l’occurrence, même si ce parent d’élève ne voulait pas qu’advienne ce crime, sa vidéo lui a ouvert la voie. Elle a exposé le professeur à ce qu’un furieux fanatique se sente appelé à l’exécuter.

- VL: Si ces fatwas de fait sont si nombreuses, pourquoi ne les interdit-on pas ?
- FB: Elles sont pernicieuses : elles n’appellent pas directement au meurtre, donc ne tombent pas sous le coup de la loi. Nous les avons laissées proliférer au nom de la liberté d’expression. Nous la laissons à ceux qui veulent nous en priver… Ce dernier attentat doit nous conduire à nommer ce dont il s’agit. Face aux crimes commis pour motif religieux, j’invite le législateur à considérer ces appels comme des circonstances aggravantes en adaptant le code pénal. L’autre terrain sur lequel nous devons impérativement nous mobiliser, c’est l’école.

- VL: C’est-à-dire ?
- FB: On a pensé qu’on réglait les entorses à la laïcité dans l’école en interdisant le voile, mais il n’est qu’un signe extérieur de ce mal plus profond dont je vous parle : le tourment identitaire. De nombreux jeunes sont pris dans un conflit de loyauté entre leurs références dites « culturelles » – en fait, généalogiques – et celles de l’école dont la mission est d’en faire des citoyens français. En 2006, le rapport Obin, un inspecteur de l’Éducation nationale, montrait déjà que l’école était l’un des principaux terrains de ces tensions. Elles n’ont pas été traitées par nos institutions… mais elles ont reçu un traitement par la radicalisation religieuse. L’alerte donnée par le rapport Obin pointe un problème lancinant depuis au moins trente ans. Dans certains quartiers, les enseignants ont de plus en plus de mal à accomplir leurs tâches sereinement. Les enseignements de la musique, du sport, des arts plastiques, de certains chapitres des programmes provoquent parfois des réactions de narcissisme identitaire touchant aux tabous religieux. Des enseignants contournent le problème, d’autres s’y confrontent. C’est une rumeur malveillante en rapport avec ces susceptibilités qui a transformé le cours de Samuel Paty en un lèse-narcissisme de l’identité. Il va falloir soutenir les enseignants face à ce problème, car beaucoup se sentent démunis. L’Éducation nationale doit leur donner des outils pour comprendre les tourments de leurs élèves, y faire face et les pacifier, car nous sommes dans un monde où les affections identitaires sont devenues pandémiques.

- VL: Qu’entendez-vous par affections identitaires ?
- FB: J’entends « affection » dans les deux sens du terme : celui de l’attachement et celui de la maladie. Un sociologue indien, Arjun Appadurai, a montré il y a quelques années que la carte des conflits violents sur la planète correspondait à celle des conflits identitaires. Pourquoi ? Parce que dans le monde moderne l’essor de la science et l’extension du capitalisme ont abouti à la « dé-ségrégation » des populations. Avant, même si les gens se mélangeaient, ils restaient dans leurs habitus, comme disent les sociologues. Ils gardaient leurs codes, leurs manières d’être au monde. Aujourd’hui, les habitants de Pékin vivent à peu près comme ceux de New York. Ce mouvement de dé-ségrégation a donné une impulsion formidable à l’humanité pour échanger et se connaître. Mais il a aussi abouti à des pertes de repères, à une très grande déstabilisation, auxquelles certains répondent aujourd’hui par des tentatives de « re-ségrégation ». Le monde musulman, qui est traversé de guerres civiles déclarées ou larvées, est particulièrement concerné. Des conflits y sont apparus dès le xixe siècle, entre des musulmans partisans des Lumières d’Occident et ceux qui s’y opposaient, y voyant la destruction de leur foi. Les Frères musulmans ont été créés en 1928 dans cette optique, et dans la foulée de la chute de l’Empire ottoman. Par la suite, d’autres groupes plus redoutables ont émergé. Depuis des décennies, l’Arabie saoudite et les pays du Golfe alimentent cette réaction identitaire religieuse pour stopper les processus de sécularisation des sociétés musulmanes. Ils ont financé abondamment les groupes islamistes radicaux à l’échelle planétaire. Les musulmans sont les premières victimes de ces extrémistes.

- VL: Vous parlez là du monde musulman… mais la France n’en fait pas partie.
- FB: En France vit une minorité importante de musulmans, qui ne sont pas épargnés par les dissensions à l’intérieur de l’islam mondial. Or, les enseignants ne sont pas outillés pour faire face aux effets de cette situation chez leurs élèves. Et ce ne sont pas les neurosciences en vogue dans les stratosphères de l’Éducation nationale qui pourront apporter des réponses. Ce sont les humanités, c’est-à-dire les disciplines qui permettent d’ouvrir le dialogue autour du sens. Il faut proposer des formations, des approches cliniques au plus près du sujet humain. Des enseignants expérimentés, des spécialistes des sciences de l’éducation, des pédopsy, des psychologues, des psychanalystes connaissent les problèmes que nous venons d’évoquer. Il faut impliquer les associations de parents d’élèves. Le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), en partenariat avec l’Éducation nationale, l’Institut du monde arabe et d’autres organisations compétentes doivent ouvrir ensemble ce chantier des tourments de l’identité. C’est le nouvel horizon pour la laïcité.

-VL: Comme outil de compréhension, vous avez inventé un concept : le « surmusulman »…
-FB: C’est une figure de musulman qui, dans le monde moderne sécularisé, se vivant traître à sa religion, se lance dans une surenchère continuelle pour prouver qu’il reste musulman. Il veut montrer et démontrer qu’il est encore plus musulman que musulman. On trouve ce phénomène dans d’autres religions. Chez les musulmans, il a pris une dimension massive. J’ai proposé également l’expression « archi-islam » : « archi » désigne étymologiquement l’origine et le commandement. Les tenants de l’archi-islam veulent commander les musulmans. Et prétendent à un retour imaginaire à l’origine.

-VL: Il y a au moins 3 millions de musulmans en France. Sont-ils soumis à des pressions ?
-FB: Certains islamistes traitent les musulmans qui tiennent leur foi dans leur intimité comme des « musulmans réplicants », à l’image des robots déguisés en humains dans le film Blade Runner, c’est-à-dire des musulmans artificiels ! Ces derniers peuvent être persécutés et tués. La France, qui a fait de la laïcité un fondement de sa cohésion, ne peut pas laisser se répéter les crimes à motif religieux : ils ébranlent chaque fois la société entière et mettent en danger la population française de confession musulmane. Quand des crimes sont commis au nom de l’islam, les musulmans se sentent exposés aux soupçons, à la honte d’être ce qu’ils sont.

- VL: Quelle part peuvent apporter les musulmans de France au combat contre les djihadistes ?
- FB: Les imams ont été très nombreux à condamner avec force et peine le meurtre de Samuel Paty. Ils l’avaient aussi fait lors des attentats en 2015. Entre les deux, la donne médiatique a changé, des musulmans attachés aux valeurs de la République s’expriment de plus en plus à la télé, à la radio, dans les journaux. Il existe aujourd’hui beaucoup de gens qui veulent agir. À quand la formation d’une ligue de l’islamité laïque ? Les parents musulmans qui respectent l’école de la République ont un rôle majeur à jouer. Il faut aussi faire attention à la notion d’islamophobie. La crainte et le rejet de l’islam existent, mais ils sont exhibés par les islamistes pour que les musulmans restent enlisés dans le préjudice identitaire. Les musulmans ne sont pas les seuls à subir des phobies : demandez donc aux juifs ! Il faut résister à la victimisation identitaire, c’est une défense piégée. Les musulmans doivent quitter le terrain du religieux dans leur aspiration à la dignité pour se placer au cœur de la lutte contre les inégalités.

-VL: Depuis des années, cette lutte n’a pas abouti…
-FB: Les statistiques « ethniques » sont interdites en France, il n’y a donc pas de moyen objectif de mesurer les discriminations qui frappent particulièrement les musulmans. On montre toujours le verre à moitié vide, alors que la société française a intégré beaucoup de musulmans qui travaillent aujourd’hui dans le secteur médical, les universités, les administrations… Pour avancer, il faut cesser de pointer seulement le négatif.

-VL: Vous parliez du concept d’islamophobie, instrumentalisé par les islamistes. On a la sensation que les mots sont souvent piégés quand on évoque ces sujets…
-FB: Prenez le mot « islamisme » : son équivalent dans les autres religions est « judaïsme » et « christianisme ». Mais depuis les années 1970, il désigne l’extrémisme politico-religieux. On ne peut plus dire « islamisme » pour nommer la religion proprement dite. Alors on dit « islam »… Sauf qu’« islam » ne recouvre pas seulement la religion, mais toute une civilisation. Le langage a subi des lésions symboliques. On ne peut revenir en arrière, il faut inventer de nouveaux mots. Les dangers sont encore devant nous. Ces dernières années, le djihadisme s’est déplacé du Moyen-Orient vers l’Afrique subsaharienne. Cela ne sera pas sans retentissement sur les populations subsahariennes vivant en France.

-VL: Ce n’est pas très rassurant, ce que vous dites…
- FB: Mon rôle n’est pas de rassurer. Je réfléchis au plus près du réel, j’essaye de nommer ce qui se passe et de proposer quelques pistes de travail. Aux politiques ensuite de décider. Mais qu’ils cessent d’abord de se déchirer ! Les autorités françaises commencent à parler de séparatisme ? C’est cohérent avec ce que j’ai appelé la re-ségrégation dans cette immense réaction mondiale des virulences identitaires. Les guéguerres du sérail politique français sont affligeantes dans l’épreuve que nous vivons. J’ai entendu un homme politique de premier plan dire que le meurtre de Samuel Paty est une application de la charia. C’est faux ! La charia est un code civil et pénal religieux. Dire cela, c’est comme si un Français qui commet un crime le faisait au nom du code pénal français.

-VL: La décapitation de Samuel Paty peut-elle marquer un tournant ?
-FB: En 2012, à Toulouse, un terroriste a tué des enfants parce qu’ils étaient juifs. Effroyable. Or, ce crime n’a pas reçu d’écho à la mesure de son horreur : pas de grandes manifestations, pas de décisions politiques majeures. Depuis, il y a eu Charlie Hebdo, l’Hyper Cacher, le Bataclan, les terrasses, d’autres attaques encore… Aujourd’hui, il faut bien comprendre que la décapitation de ce professeur est l’aboutissement d’un long processus où la cruauté commande. Si on ne s’attaque pas à la source, l’horreur recommencera.

FETHI BENSLAMA EN QUELQUES DATES
•1951 Naissance en Tunisie.
•1972 S’installe en France pour ses études.
•1985-2000 Psychologue clinicien dans une consultation de l’Aide sociale à l’enfance.
•2002 La Psychanalyse à l’épreuve de l’islam, éd. Aubier Montaigne, traduit en plusieurs langues.
•2011-2019 Dirige l’UFR d’Études psychanalytiques de l’université Paris-Diderot.
•2016 Un furieux désir de sacrifice. Le surmusulman, éd. du Seuil.
•2019 États de la radicalisation, revue Le Genre humain no 61, éd. du Seuil, 2019.

Josip R.O.G.

26/10/2020 à 10h35

Merci Pascal

John Six-Voeux-Berk

26/10/2020 à 10h47

Edji
aujourd'hui à 10h13

1/(Delfraissy) a aussi avoué qu’il avait été surpris par l’extrême brutalité des développements récents de l’épidémie, mais ça, c’est sans doute parce que c’est un idiot à la solde du gouvernement.

2/ John > si tu regardes depuis sa constitution, le gouvernement a quand même largement collé aux préconisations (pas à 100 %, certes, mais pas à 10 % non plus) du conseil scientifique, dont j’ai du mal à suspecter quelque amateurisme chez ses membres (Delfraissy, Fontanet ou Cauchemez).
Par conséquent, je ne crois pas qu’on puisse sérieusement lui reprocher d’ignorer les experts sérieux et de tendre l’oreille aux charlatans.
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1/ Qui serait le destinataire de ton ironie ?
Qui a dénigré Delfraissy quand celui-ci disait qu'il faudrait très rapidement réagir de manière drastique, et qu'à la place on a eu le droit à quatre semaine de pas grand-chose ? Qui lui a doctement expliqué qu'il y en avait qui étaient élus pour décider et d'autres qui étaient choisis pour conseiller ?

Bref ton ironie me paraît particulièrement mal venue, même si tu essaies par là de justifier tes représentations à tes propres yeux. Delfraissy n'était pas optimiste à la rentrée. Delfraissy n'était pas optimiste quand il préconisait des mesures radicales. Et à présent il constate que ce qui se passe est encore pire que ce qu'il envisageait à l'époque où il passait pour un pessimiste.

2/ Je répondais à l'argument bizarre de Luis qui disait : "les scientifiques se trompent, ce n'est d'ailleurs pas leur faute puisqu'on ne peut rien dire de rationnel sur l'épidémie ; et d'ailleurs, les politiques n'ont fait que suivre les experts". Je répondais sur le plan des principes, que la composition du comité d'experts et que la place qui lui est donnée dans la formulation d'une politique sont deux points éminemment politiques (cf. la place de l'expertise en Allemagne ou en Suède).
Alors non, je n'accuse pas l'exécutif de s'être entouré de charlatan ; je constate simplement qu'il a décidé politiquement de remettre les experts à leur place quand il aurait fallu peut-être davantage les suivre.

Koller et Thil

26/10/2020 à 10h48

L'amour Durix
aujourd'hui à 10h17
Koller et Thil
aujourd'hui à 09h47
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Apparemment, la deuxième vague de "de toute façon, y a que les vieux et les malades d'autre chose qui meurent" est là.

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J'ai dû mal m'exprimer, ce n'était absolument pas la teneur de mon message.

Je voulais juste souligner que la surmortalité nationale de la 2ème vague sera mécaniquement grevée de celle de la 1ère vague parmi les "déjà mourants".

Pour caricaturer, si 30k personnes ont vu leur vie abrégée de 6 mois au printemps, alors même une surmortalité de 0 en automne peut en réalité cacher 30k victimes de l'épidémie (-30k +30k = 0).

C'est très schématique bien sûr, les chiffres ne sont pas ceux-là et il y a plein d'effets de bord à peu près impossibles à prendre en compte.

Flo Riant Sans Son

26/10/2020 à 10h50

Merci, très intéressant! Je me retrouve dans a peu près tout ce qu'il dit. Le problème auquel on doit faire face est un tout petit peu plus compliqué que de dire "l'Islam est le mal" etc. Reste à savoir si on est une société de bourrin ou pas...

Flo Riant Sans Son

26/10/2020 à 10h51

Répondais-je à Pascal...

 

Le génie se meurt ? Ah mais l'mage rit

26/10/2020 à 11h09

Le traitement de la crise Covid est apparemment différente entre la France et le Portugal.
Quand certains attendent plusieurs semaines malgré les informations de spécialistes qu'ils ont eux même nommés, d'autres dès les 1500 cas jours (ce qui représente pour la France environ 10000 cas jours) prennent des mesures supplémentaires à ce qui est déjà en place.
La façon dont ces mesures sont prises et appliquées est également différente. Dans un cas, c'est du jour pour le lendemain, de l'autre c'est une prise de décision pour une application au moins trois quatre jours plus tard (si ce n'est pas une semaine plus tard).
Enfin, la communication est également différente.
Dans un cas, elle change au gré des vagues. Dans l'autre, elle est consistante depuis le début (port du masque, test, anticipation des mesures prises, discussions au parlement, recrutement du personnel hospitalier...).

Bref, personnellement, personne ne me fera avaler que le gouvernement français fait simplement ce qu'il peut (et le coup des vaccins contre la grippe qui sont en rupture de stock pour les plus âgés dans les grande villes, en est la dernière illustration). Et je peux vous dire que ça me fait mal à mon petit cœur de luso-français.

Je vois également que les mesures en Allemagne sont prises à un seuil de cas plus bas qu'en France. Si quelqu'un a des infos sur comment cela s'organise là bas également, je suis preneur.

en tout cas, le coup de "on peut pas savoir ce qui se serait passé si des mesures étaient prises plus tôt", c'est jeter à la poubelle un vaste pan de recherches scientifiques sur la question.

Je vais refaire une pause de ce forum du coup, histoire de conserver un brin de zénitude.