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Premier League et foot anglais

Le rendez-vous des amateurs du foot venu d'Angleterre, qui sent la sueur de pub et la bière chaude.

04/03/2010 à 21h15

Il est ou, sur le terrain, ce joyau ? Il fait quoi ?

socratesinho

04/03/2010 à 22h06

Arda est le meilleur joueur turc en activité, 23 ans, 35 sélections, milieu offensif (au centre ou sur l'aile gauche, des fois à droite, Rijkaard le fait jouer avant-centre ou il n'est pas très à l'aise) et donc souhaiterait jouer à Liverpool... Mais de la coupe aux lèvres...

Mangeur Vasqué

04/03/2010 à 22h31

Lee Sharpe. EPISODE 4 (décoiffant) : « Sex, drugs, tabloïds ‘n’ galères de merde » (l’épisode 3 a été posté hier soir) (l’épisode 4 est plus long que les autres car l’épisode 5 ne sera posté que dimanche soir en principe – le 6ème et dernier épisode devrait être posté lundi soir – pis après promis, j’vous emmerderai plus jamais avec mon Sharpe). Bande-son conseillée pour ce 4ème épisode. http://tinyurl.com/c2mebt Still ill (The Smiths) http://tinyurl.com/2wk4kt Always the sun (The Stranglers) http://tinyurl.com/ygbdg2z Shoot you down (Stone Roses) http://tinyurl.com/y878op4 I’m Outta Time (Oasis) ************************************** Hier, nous nous étions arrêtés aux années 92-95, au moment où Ferguson ne sait trop comment résoudre l’énigme Sharpe. Après avoir réglé son compte au clan des buveurs-trous (Mc Grath, Whiteside, etc.) en les virant, et avoir calmé la jeune garde montante (Giggs, Beckham, Keano, etc.), Fergie doit maintenant s’attaquer au cas Sharpe, joueur talentueux et « utile à l’équipe » mais qui n’a ni « intégré les consignes », ni n’a senti l’ouragan du changement Premier League. Et qui peut-être a sous-estimé la détermination de Fergie de métamorphoser ce club. Arrêtons-nous donc 2 minutes sur cette révolutionnaire Premier League du début/milieu des années 90 qui promet beaucoup et « excite » tout le monde mais qui vient aussi bouleverser les habitudes de pas mal de joueurs comme Sharpe (jeune mais déjà une huitaine d’années pro) et vient mettre un coup de pied mammouthesque dans la fourmilière de la vieille-garde et ses habitudes d’un autre âge. La Premier League vient d’être lancée à grand renfort de promesses et de contrats TV mirobolants et a fait sécession avec la Football League, elle a coupé le cordon ombilical vieux de 104 ans (consignant à l’histoire et aux oubliettes la poussiéreuse First Division). Fergie sait que quelque chose de géant est en train de prendre forme, et il compte bien faire de United le fleuron de cette nouvelle Premier League si « prometteuse ». Il ne lâchera pas le morceau comme ça, et là où il aurait sûrement été plus coulant 10 ans auparavant (à Aberdeen par ex., sorties des joueurs, etc.) il ne laissera rien passer au sein du club de Man United. La PL inaugure en effet une ère totalement inédite pour le foot anglais qui est alors moins argenté que les autres grands championnats européens, y compris la France (en tous les cas pour ses plus grands clubs). Quelques chiffres pour bien saisir la magnitude de la renaissance et transformation du foot anglais : a) les contrats TV, qui étaient de 3 millions de £ / an en 1986 pour toute la Football League (porté à 11 millions/an entre 88-92), passent au moment de la création de la PL en février 92 à 38 millions par an pour la saison 1992-93. Ils passeront à plus d’1 milliard par an pour la seule Premier League à partir de la 2009-2010 ! (la Football League – 2ème à 4ème division – négocie ses droits séparément). Soit une multiplication des droits média de 330 en 25 ans ! b) Le transfert record entre 2 clubs anglais n’est que de 3,3 millions – Shearer de So’ton à Blackburn l’été 92. c) le salaire moyen lors de cette première saison de PL 92-93 n’est alors que de 6 500 £ / mois. Il va être multiplié par quinze en autant d’années - estimation 2008 du dominical The Observer, environ 90 000 £ / mois (estimation car aucune certitude n’existe à ce niveau, on utilise généralement la formule empirique suivante « masse salariale PL divisée par nombre de joueurs sous contrat »). d) Le prix moyen des places sera multiplié par 8 environ (de 4 £ le billet à 30 £) en l’espace de 20 ans, de 1989 à 2009. Alors que le rapport Taylor post-Hillsborough (ordonné par Thatcher) sorti début 1990, document à l’origine de toutes ces transformations, recommandait un maintien du prix des places « à un niveau raisonnable ». Lien sur tous ces chiffres : http://tinyurl.com/y8bukqt Revenons à Ferguson et à Sharpe et les autres. Le discours du disciplinaire aux joues de betteravier et au tarin couperosé envers les réfractaires est à l’image du joueur qu’il fut, direct et sans fioritures : « Les gars, arrêtez de sortir et picoler, vous êtes pros, faites pas chier, j’veux pas de ça ici, vous vous tenez à carreau. Je vous préviens, si vous jouez au con ici, votre carrière va se barrer en couille vrillée ». Les jeunes potes à Sharpe (Giggs, Beckham, Keane), conscients que leur carrière passe par Fergie et United, n’insistent pas et écoutent le boss sans broncher, se cloîtrent chez eux et doublent leur ration quotidienne de jeux vidéos pour compenser (et auront la carrière que l’on sait). Mais pour Sharpey-la-flambe, impossible. Il aime trop les sorties, il aime trop le golf, les virées fêtardes entre potes, les teufs jusqu’à l’aube dans les endroits branchés et les boîtes à « totty » (jolie femme), parfois les parties carrées dans des états pas possibles, murmure-t-on... Les rumeurs de conso de produits illicites lors de bonnes vieilles partouzes commencent à enfler. Mais attention, hein, pas les partouzes sordides de maintenant ! Non, lui privilégie les partouzes à la papa, straight et rien de fancy, règles à l’ancienne, on s’affronte à la régulière – 2 v 2. Le fameux « spit-roasting » très prisé de certains footeux des noughties (années 2000), perso, qui crée le surnombre et horriblement narcissique, n’a pas encore été inventé. Ni ce bon vieux « dogging » cher à Collymore, qui reste l’apanage de quelques rares cognoscenti ou reservé aux chiens errants. Les tabloïds en bavent déjà de partout et s’engouffrent dans la brèche langue la première mais la meute de charognards ne se contente pas de rester à l’affût du méga faux-pas en lui faisant un collé-serré : ils taclent Sharpe par derrière. Ils veulent voir sa dépouille étendue en place publique et organisent des coups montés visant à le mettre hors-jeu, assorti d’un carton rouge et suspension pour faute professionnelle grave. Ils reniflent le gros coup, celui qui peut faire exploser les ventes. Le genre de « coup journalistique » rêvé, d’une magnitude jamais atteinte depuis George Best. Ils tablent sur du 8,5 sur l’échelle de Pourrichter (celle utilisée dans leur branche). Tout ça se résume à une basse affaire de marketing. Comme produits tabloïd qui marchent bien, y’a Vinnie Jones bien sûr. Et évidemment, évidemment le Seigneur des Agnôles : Gascoigne. Un fabuleux produit marketing, mais qui s’essouffle un peu… Le lad est devenu homme « mûr » et il lasse un peu. On rit toujours, mais le rire fait un peu mal. Gazza et ses frasques multicartes et multi-segments, avec un fort positionnement sur le bas de gamme, le couple jeune et sans enfant, le citadin, le rural, le rurbain, le crossover, le lad/ladette et excellent retour sur le segment drink-driving, lectorat assez niche mais gros consommateur en tout genre (moins en réussite sur le haut de gamme cependant et échec total sur le familial). Ses dérapages et excès mobilisent et monopolisent en effet des services entiers de tabloïds, mais on commence à tourner un peu en rond comme une queue de pelle avec l’histrion Geordie. Faut se renouveler, et trouver un « nouveau produit », plus neuf, plus frais, plus sexy que Gazza et ses rots, ses clowneries et lourdeurs pipi-caca-vomi et ses potes cassos légèrement encombrants (dont le spécimen chavtastic Jimmy « Five Bellies » Gardner, finesse, subtilité et grâce incarnées). Gazza, avec ses infantilismes à la chaîne, ses désordres mentaux, et ses affligeantes histoires de violence sur sa femme, commencerait même presque à menacer de « dumb down » (rabaisser le niveau) l’image des tabloïds… Le « produit Sharpe » présente l’immense, l’incommensurable avantage de « tick all the boxes » du glitzy trash (cocher toutes les cases), et même d’en ajouter quelques unes. Le cocktail, il faut le dire, est explosif et sent fichtrement bon : jeune footballeur international au physique de mannequin mais à l’apparence et vulnérabilité boy-next-door (donc, agent identificateur plus fort), alcool, sexe, avec en bonus, rumeurs de drogue et rock’n’roll et en super bonus orgies et jacuzzi, le tout emballé dans un neat package produit 8-en-1. Si c’est pas un produit marketing porteur ça ! Que demande de plus le peuple tabloïdien ? La recette s’avérera d’une simplicité enfantine avec un bogosse hâbleur et pas farouche comme Sharpe. On le fait boire en plaisante compagnie, ça lui délie la langue, il cherche à impressionner ses conquêtes, et il parle. Beaucoup. Un peu de foot, un peu de ses connaissances dans le show-biz et le rock (l’air mancunien est toujours parfumé de l’ère Madchester, Oasis explose). Mais il parle aussi pas mal de « pot » (cannabis), de « spliffs » (joints), et de cocaïne, de ses potes musicos qui peuvent trouver de tout sur le marché, au meilleur prix du marché, à toute heure… Sharpe, flanqué de son pote Summerbee (de Man City), parle de ses projets fous, de ses rêves de marin glandu… Une fois la retraite arrivée, il compte « acheter un voilier et naviguer dans les Caraïbes pendant des semaines à se défoncer la gueule avec des joints d’un pied de long ». Il parle des test anti-dopage, il en a subi un y’a 18 mois (négatif, à sa grande surprise, ajoute-t-il en précisant que le délai absorption-détection avait dû être ric-rac), alors il dit faire gaffe. Et les deux footeux parlent, et parlent, et tirent, et tirent, et les tabloïds en demandaient pas tant et salivent déjà sur les tirages à venir comme des dragons de Komodo n’ayant pas vu une carcasse de touriste perdu depuis des mois. Et plus ça parle, plus ça tire, plus les tabloïds n’en peuvent plus de se baver dessus, les tirages vont exploser, c’est sûr. Va falloir prévoir des machines d’impression de rechange, les bécanes standards vont pas résister à la surchauffe. Ça se passe chez Sharpe (à Altrincham-Hale, Cheshire, coin de prédilection footeux et stars de soaps), dans les bars et jacuzzi des hôtels de luxe de Manchester. Choc et incrédulité, le public n’en revient pas : des hôtels de luxe avec jacuzzi à Manchester, on a du mal à y croire ! La FA ouvre une enquête, bouclée en avril 1996 : non lieu pour les 2 hâbleurs impénitents qu’ont eu chaud aux fesses. Ils s’en tirent en disant qu’ils n’ont jamais rien pris, c’était juste pour impressionner la galerie. Fergie est évidemment hors de lui, il a pris sa décision, elle sera impitoyable et irrévocable. Le joueur que Fergie a tant admiré doit virer. Il impose l’amende traditionnelle et maximale de 2 semaines de salaire (dérisoire, 12 000 £ - Sharpe touche alors 6 000 £ / semaine) mais ne le laisse pas trop paraître en public et déclare que tout se réglera en privé et que les journalistes des tabloïds ont en fait soit tout inventé, soit ont un peu forcé la langue à Sharpe l’innocent (« they must have put words in his mouth » dira-t-il). Mais en privé, cette histoire le rend écarlate, ce genre de vie dissolue ne pardonne pas avec lui, surtout avec toutes ses remontées de bretelles qui, à l’évidence, n’ont pas le moindre effet sur Sharpe. Et en mars 1996 (après les dernières frasques racontées plus haut et avant la conclusion de l’enquête FA), Fergie et Martin Edwards (le président de United) décident de se débarrasser du paquet encombrant dès cet été, faut en tirer un bon prix, s’agit pas maintenant que le Sharpe se pète une cheville ou se nique les ligaments et soit invendable. Donc Fergie ne le fait quasiment plus jouer de la saison, sauf deux ou trois matchs de coupe ou championnat où il peut pas faire autrement. Le transfert se fera dès cet été 1996 mais va falloir jouer serrer, faut minimiser cette affaire embarrassante et la traiter en interne si on compte bien vendre le Lee pour un bon prix, il ne cherche donc pas à en faire des caisses. Même cabossé de partout et empêtré dans les histoires sordides, le « produit Sharpe » peut tout de même rapporter gros, relativement parlant, il n’a coûté que 180 000 £ et veut réaliser une bonne culbute. Quelques clubs se montrent intéressés, dont Leeds, club peu vertueux et grand récupérateur de métaux sensibles devant l’éternel. Fergie et Edwards jouent les ferrailleurs qui ne veulent pas vraiment vendre le matos à prix promotionnel, mais le duo ne pense pas en tirer plus d’un million, après tout le joueur est esquinté et ne brille guère par son professionnalisme. Peter « we lived the dream » Ridsdale (patron de Leeds un an après) révélera dans un bouquin* bien des années plus tard que Edwards était même sûr de n’en tirer qu’un million maximum et que c’est ce chiffre que United avait en tête dans ses prévisions les plus folles… avant que Leeds ne leur en offre presque 5 fois plus le plus spontanément du monde !!! [*son bouquin, intitulé « United We Fall: Boardroom Truths About the Beautiful Game » n’est bien entendu pas la parole d’évangile sur ce qui s’est vraiment passé, mais cela semble plausible vu l’extraordinaire gabegie caractérisant alors Leeds United, vilain petit défaut qui allait couler le club quelques années plus tard – par ex. le mythique épisode Seth Johnson, dont l’agent pourtant né dans un chaudron Coué made in Lourdes ne pensait obtenir que 20 000 £ / semaine max pour son joueur en négociant jour et nuit à la machette pendant des semaines et qui se vit offrir 37 000 £ / sem. en 20 minutes, par un Peter Ridsdale qui s’excusa même de ne pas pouvoir faire plus, contrat assorti de clauses en golden béton que n’avait même pas demandé son agent…]. Leeds remporte donc l’offre (et plutôt cinq fois qu’une !), et débourse la somme faramineuse de 4,5 millions de £ (alors record du club, ex-aequo avec… Tomas Brolin, enrôlé pour la même somme 6 mois plus tôt alors qu’il était esquinté de partout… il inscrit 4 buts - comptez pas, ça fait bien plus d’1 million le but). Fergie et Edwards se frottent les mains, le prix final de vente était totalement inespéré pour Sharpe, au vu de son dossier médical de grand corps malade et son lourd casier de party-boy invétéré. Alors on prend les précautions d’usage, celles qui siéent à l’envoi d’un colis précieux et fragile. Dés la fin de saison 1996, Man United met un Sharpe enrubanné de coton illico presto dans un caisson baignant dans l’azote et tracté le long de la M62 vers Leeds en convoi exceptionnel, le tout dans un wagon spécial pestiféré, dûment plombé et estampillé « marchandise toxique – ne pas laisser échapper jusqu’à l’arrivée ». Le Leeds de Wilkinson le voulait et l’a. Enfin plus vraiment le Leeds de Wilkinson car le temps que le convoi de Sharpe arrive, le Wilko a été viré et remplacé par l’austère George Graham, fraîchement remis de sa suspension d’un an infligée par la FA pour magouilles liées à des transferts, et éjecté du boring-boring Arsenal en 1995, un avant le début de la révolution Wenger. Saison 1996-97 : bonne 1ère saison de Sharpe à Leeds (26 matchs, 5 buts), mais déjà ces satanées blessures reviennent (ligaments croisés) et d’autres encore qui lui feront rater la totalité de la saison 97-98. Au début de la saison 1998-99, Sharpe revient bien en forme mais Graham qui lui avait fait miroiter un prompt retour en équipe d’Angleterre s’il s’arrachait, maintenant ne veut même plus lui réserver une p’tite place sur le banc de Leeds… Il se sent trahi. Mais grosse lueur d’espoir pour Sharpe, George Graham part précipitamment chez les Spurs en octobre 98. Leeds veut le remplacer par Martin O’Neill (alors à Leicester), entraîneur respecté qui, en adepte du beau jeu, devrait au moins lui donner sa chance, pense Sharpe. L’affaire avance bien et est sur le point de se conclure… avant que, manque de bol pour Sharpe, O’Neill ne se ravise. Les supps de Leicester organisent des manifs pour que O’Neill reste, et à vrai dire, O’Neill ne sent pas trop ce Leeds et son étrange Peter Ridsdale aux commandes, et ne capte pas trop celui qui pourrait être son adjoint (David O’Leary), et ne donc l’affaire capote au dernier moment. Leeds, à court de solutions (la saison a démarré depuis 2 mois), se voit obligé de nommer l’adjoint de Graham, le dentiste qui ramène sa fraise pour participer activement au plombage de Leeds : David O’Leary. Ou devrais-je dire, David « I ♥ Robert Pires » O’Leary. Il ne vous dit rien ce O’Leary ? Mais vous savez, c’est ce charmant spécimen qui reprochait sans cesse à Arsenal d’être « trop physique » (contrairement à son Leeds de l’époque, modèle de vertu, avec ses Woodgate, Bowyer, Smith, etc.). Entraîneur qui, vous vous en souvenez probablement, lors d’un match houleux Leeds – Arsenal en novembre 2000, crut intelligent d’envoyer de la ligne de touche des p’tits baisers sarcastiques à Pirès (pour se foutre de lui), en lui enjoignant d’aller se faire empapaouter et de jouer au lieu de se rouler par terre (ses propos). Ce manager tout en finesse continua même ses baisers dans le tunnel (alors qu’il était interviewé par une radio et que Pires passait devant lui !), tout en pratiquant son français haut de gamme à l’adresse de l’ex-Messin (il accompagna ses baisers d’un « au revoir »). C’est marrant cette fixation du lâche sur un joueur honnête et généralement placide, cet imbuvable individu ne s’en prenant ni à Adams, ni à Keown, ni à Lauren, ni à Viera (auteur d’un match encore plus musclé que d’hab !), tous pourtant tous bien plus physique et déménageur que l’ex-Messin lors de ce match (où les Gunners reçurent 7 cartons jaunes – aucun pour Pires). C’est marrant ça quand même… Bon, revenons à notre Lee et à ses rapports désastreux avec O’Leary. Le truduculent Irlandais, par ses remarques acerbes et son sens cro-magnonesque de la psychologie et du man-management entame encore plus la confiance de Sharpe, et ne le fait jouer qu’un seul match (c’est le premier et avant-dernier poste de O’Leary, le pestiféré disparaîtra rapidement de la circulation – après un passage peu remarquable à Aston Villa, entraînant dans sa chute le club de Leeds avec lui d’ailleurs – il « écrit » maintenant pour le Sun irlandais…). On est alors en octobre 1998, et Sharpe n’a joué que 4 matches de championnat depuis mai 1997… Automne 98. De Leeds, Sharpe est prêté aux mal-classés de la Samp, histoire se refaire la santé et les ligaments en Ligurie. La Samp est alors managée par David Platt, l’ex international anglais, qui 3 mois auparavant (alors à Arsenal) a subitement décidé de prendre sa retraite de joueur (à 32 ans) et s’est retrouvé à Gênes où il avait joué sous Eriksson. Platt tente le pari Sharpe. Mais les tongs et les Ray-bans à peine posées sur les transats de la Riviera italienne, et 3 petits matchs de joués, v’là notre Sharpe qui est sharpish (vite) de retour au bercail 2 mois plus tard. Platt, embrouillé par les instances pour des histoires de diplômes non obtenus, rentre aussi en Angleterre un peu plus tard déboiser le terrain à Forest que Atkinson, tel la tempête Klaus, a bien pourri lors de la terrible saison 1998-99. Mars 1999. Leeds veut prêter Sharpe à Bradford City. Sharpe hésite, la 2ème division, la savate, le Route one football, le sang, la chique, les boyaux et les mollards, pas vraiment son trip, pas trop glamour pour notre Lee. Mais Bradford fait le forcing et sait le convaincre, ils se disent ambitieux. Et Lee n’a guère le choix, entre les blessures, les prêts foireux et la double tenaille mise au loft imposée par Graham et puis O’Leary, il n’a quasiment pas joué depuis 2 ans… Sharpe ne le sait alors pas mais ça sera la période la plus noire de sa carrière, c’est ainsi qu’il a décrit ses 2 ans chez les Bantams de Bradford. On attend beaucoup de lui dans ce petit club qui vit dans l’ombre des géants Leeds et Manchester, tout près. Beaucoup trop. Il avait été international, titulaire à United, alors forcément « le joueur aux 200 matchs avec les Red Devils » est d’office catalogué homme providentiel, peu importe que tous ses exploits appartiennent déjà à une vie antérieure, pour les supps et le staff, Sharpe est le messie. Sharpe décrira la pression, les attentes, le poids sur ses épaules à cette époque comme insoutenables. Et ira même de ses piques sur le jeu « trop élémentaire » des Bantams qui, se plaignait-il, étaient incapables de jouer à une touche de balle. C’est sûr qu’on est loin des paillettes de Manchester United, à 40 kilomètres de là à vol d’oiseau, mais une galaxie à des années-lumière de la minuscule planète Bantams. Bradford est alors entraîné par Paul Jewel, un nom de joaillier de la Place Vendôme mais ni vraiment le style ni la gueule d’un orfèvre le Jewel. Et les artisans-tauliers s’appellent Stuart Mc Call et Dean Windass, 2 poètes bien connus du foot anglais, dont on trouve les œuvres à la bibliothèque municipale locale plus au rayon Slam Alternatif que Romantisme. Slam Alternatif, mouvance destroy, pas Grand Corps Malade. Windass, 15 mois ans plus tôt, alors à Aberdeen, avait reçu 3 cartons rouges… dans le même match ! (le premier pour un second jaune, le 2ème pour insultes envers l’arbitre, le 3ème pour avoir massacré le poteau de corner – 6 matchs de suspension). Sharpe se laisse tout de même convaincre, et de toute manière il voit bien que les clubs ne se piétinent pas vraiment dessus pour le faire signer, alors va pour les Bantams. Et pis bon, pourquoi pas se refaire chez les de Valley Parade, joli nom qui redonne de l’espoir, « Valley Parade ». Il commence secrètement à flipper néanmoins, personne n’a voulu de lui quand Leeds a cherché à le prêter, 3 ou 4 ans seulement après sa période Man Utd, on l’a déjà rayé de la liste des invités. Il est devenu footballeur poil-à-gratter non grata. Les 3 mois qu’il effectue en cette fin de saison 1998-99 sont un franc succès, le club de Bradford, par la botte magique de Lee Mills, retrouve l’élite après 77 ans d’absence, l’ambiance dans le groupe est au beau fixe, franches rigolades dans le vestiaire, Dean Windass fait bien marrer tout le monde avec ses pitreries et ses histoires de paris foireux (canassons), et Sharpe est acclamé et fêté comme l’un des messies artisans de la montée-miracle. Juillet 99, Bradford décide donc de l’acheter à Leeds, 250 000 £. Déjà, la gestion si professionnelle de Leeds fait des merveilles : acheté 4,5 millions en 1996, revendu 18 fois moins 3 ans plus tard (gestion irréprochable qui allait couler le club 4 ans plus tard). L’euphorie de la montée en PL et les délires de vestiaires ne vont pas durer longtemps. Saison 1999-2000 galère. Septembre 1999, Sharpe se blesse à la hanche, le parisien Bruno Rodriguez le remplace… et joue deux matches en autant de mois. Sharpe revient. Rodriguez repart en France, sans avoir marquer. Bradford se maintient miraculeusement en PL (avec 36 points) en battant Liverpool lors de la dernière journée, leur victoire surprise condamnant Wimbledon à la descente et signant ainsi de facto l’arrêt de mort du club londonien (démantelé l’année suivante et scindé en deux par la suite). Un club maudit en chasse en un autre. A peine 15 ans auparavant, le 11 mai 1985 (deux semaines avant la tragédie du Heysel), un incendie terrible et d’une rapidité effroyable ravageait le vieux stade archi-vétuste de Bradford durant un match Bradford – Lincoln, juste avant la mi-temps, stade où se trouvaient 11 000 spectateurs fêtant le titre de Division 3. L’incendie avait coûté la vie à 56 supporters (et fait 300 blessés). Le stade avait été condamné comme trop insalubre pour la D2 et les travaux de retape et remise aux normes devaient commencer deux jours plus tard… (le toit était… en bois !). Les choses ne vont pas mieux pour Sharpe. Il se brouille avec le staff de Bradford, a des mots malheureux, prend les « grafters » (besogneux, tacherons) de haut, il est soudain perçu comme arrogant. Idem pour le bulletin de santé des Bantams de Bradford, désastreux. Le club plonge, entraîneur viré en novembre, la relégation semble inévitable. Elle aura bien lieu. Accompagnée de dettes et de gros trous dans le budget. Et le club connaîtra la lancinante antienne des instances fin 2001 : amende (malgré des dettes records), retraits de points, contrôle judiciaire, relégation. Suivi 2 ans plus tard d’une seconde mise en contrôle judiciaire, etc, etc. On connaît le refrain, et ses conséquences : nouvelle relégation, retrait de points, quasi-disparition. Bradford ne s’en est jamais remis et végète désormais en 4ème division. Pour sûrement pas mal de temps encore. Pendant tout ce temps-là, les péripéties tabloïdanales continuent de plus belle pour Sharpe. Faut dire que le Lee est généreux, il prête beaucoup d’argent à droite à gauche, alors forcément, certains en profitent. Sharpe « sponsorise » ses potes golfeurs, amateurs occasionnels de poudreuse non tassée (plus descente en ligne que slalom, puisqu’on est aux J.O). Et pas un petit coup de pouce en passant ou du petit sponsoring pour la forme. Non, des dizaines de milliers de livres par an pendant des années. Qu’on promet de lui rembourser « une fois les gains du circuit touchés ». Pour ces inconnus du circuit qui gagnent aucun tournoi, ça risque de prendre longtemps. On le persuade d’investir dans des business improbables que ses meilleurs amis ou des amis d’amis veulent monter. Des connaissances à lui ont besoin d’un « prêt » ou d’un « sponsor » ? On va trouver l’ami Lee. L’un des ces projets qui doit faire sauter le jackpot est le financement d’un système révolutionnaire pour aspirateur. Son meilleur ami Mark y croit mordicus, il a vu ça en Suède. Les aspirateurs, il n’y connaît bien sûr rien, quand il le passe à la maison, c’est à sa copine, mais le business, c’est son truc. Il convainc Sharpe d’investir gros. L’affaire mal ficelée capote. L’ami Mark déprime. Mark retombe dans la drogue. Mark se suicide aux barbituriques 6 mois plus tard. Sharpe se pose de plus en plus de questions. Putain d’existence de footeux. Il avait pas signé pour ça le Lee. La carrière qui s’barre en couille vrillée, les dettes, le stress, les tabloïds aux fesses, les échecs sentimentaux, les problèmes familiaux, la pression, les crasses des partenaires pour lui piquer sa place, et pour couronner le tout, voilà que ses potes se donnent la mort pour des histoires d’aspirateur. Lee gamberge, se cherche, s’adonne au soul-searching intensif et destructeur. Il repense sans cesse à cette saison de rêve, celle de 1990-91, « sa » saison, international A, meilleur espoir du foot anglais, taulier chez les Red Devils à 20 ans, les couv’ de mag, les éloges dithyrambiques et incessantes, le public en délire qui scande son nom… Il pense à ses potes Giggs, Keano, déjà au firmament du foot anglais et européen, sans forcer, naturellement, Champion d’Europe des Clubs en titre. Il pense à Beckham, star intergalactico-planétaire, mais qui, alors apprenti au centre de formation de Manchester à 16 ans, lui nettoyait ses grolles en lui demandant son autographe ; l’idole à Beckham c’etait Sharpe, alors titulaire et pilier de l’équipe. Beckham s’occupait même un peu de son fan-club… Maintenant, la comparaison avec ces gars-là serait ridicule, grotesque, bouffonesque, perverse, asphyxiante. Pourtant, qu’avaient-ils de plus que lui ? Et il repense longuement aux remontrances et avertissements répétés de Fergie, vers 1992-1994, qui les convoquait pour les mettre en garde, sur l’air du « Commencez pas à faire les cons les gars, sinon, votre carrière, vous la foutrez en l’air », posant ainsi les prémices du principe intangible et absolu du foot anglais qui veut que tout jeune joueur viré de United par Fergie ne peut que voir sa carrière piquer du nez. Ses petits camarades qui ont sagement écouté le vieux chieur écossais, eux ont réussi et de quelle façon. Plus eux montaient en flèche, plus lui s’enfonçait dans l’anonymat et ténèbres du pathétique et du doute. La lumière, c’est ce qu’il recherche, lui l’ambition, le calcul, c’est pas trop son truc, à la limite, les titres et l’argent, il s’en contrefout, il a jamais élaboré de « plan de carrière » ; il veut simplement régaler les foules, mettre le feu, exploser les défenses, et être adulé. Philosophie jouissance du foot, dans la plus pure tradition des surdoués maudits. Au lieu de ça, lui, Sharpey, qui se moquait du vieux singe Ferguson dans ces face-à-face où l’Ecossais, écarlate et s’étouffant presque de rage, leur soufflait dans les bronches ; lui, Sharpey, le facétieux, le moqueur, l’expert ès foutage de gueule, il est là, brisé, pathétique, prêt à accepter n’importe quelle offre d’un club de troisième zone, prêt à ramper pour n’importe quel club en carton qui lui jettera deux sous dans son écuelle de mendiant. Et l’introspection est, que serait-il arrivé s’il avait suivi les conseils de Fergie ? Combien compterait-il de titres de PL ? Combien de fois aurait-il porter le maillot aux Trois Lions ? Combien de CdM et d’Euros aurait-il fait ? Combien de matchs en Ligue des Champions ? Au lieu d’être entre deux clubs sans avenir et deux prêts foireux à monter des affaires d’aspirateurs qui coulent et à assister l’enterrement de ses potes suicidés, il devrait être là sur son aile gauche à enfumer tout les latéraux d’Europe. L’incompréhension mêlée d’injustice monte en lui ; il regarde qui Kevin Keegan vient de sélectionner à son poste en équipe d’Angleterre et il hallucine. Sur l’aile gauche, Keegan vient d’appeler… Steve Guppy ! A cette époque, L’Angleterre a un besoin criant d’un ailier qui sait percuter, dribbler et centrer, et qui appelle-t-on… Nick Barmby ou Steve Guppy ! Mais le Lee, il a en deux dans chaque mollet des Guppy ou des Barmby ! Il se dit que le foot, les paillettes, les galères, les fiascos, il en a marre. Mais que faire à 28 ans ? Arrêter sa carrière serait la honte la plus terrible, aucun « Jeune joueur de l’année » à 20 ans n’a arrêté sa carrière à 28 ans en étant en deuxième div’… Saison 2000-2001, changement d’entraîneur à Bradford, Jewel part, Chris Hutchings arrive, au début ça va à peu près puis Sharpe s’accroche avec lui, et perd sa place dans l’effectif. Fin décembre 2000, Sharpe est prêté à Portsmouth (2ème division). Coupe de pompe à Pompey, qui ne veut pas le garder en fin de saison, et retour dans le grand nord en mai 2001. Début saison 2001-2002, il appartient donc toujours à Bradford mais les choses ne se sont pas arrangées avec Hutchings, beaucoup d’engueulades. Il se plaint de la pression, on attend trop de lui, on lui laisse rien passer, une mauvaise performance et tout le monde se déchaîne contre lui. Il joue peu cette année-là. Mai 2002, son contrat avec Bradford expire, et n’est pas renouvelé il est « libéré ». Mais il est encore jeune, à 31 ans, il sent qu’il a encore au moins 3 ou 4 ans dans les jambes dans les divisions inférieures, et il s’accroche, il veut y croire… Mais veut-on encore de lui ? La réponse est OUI, mais Sharpe est loin de se douter de la tournure que vont prendre les évènements de plus en plus loufouques… [EPISODE 5 dimanche soir en principe]

Mangeur Vasqué

04/03/2010 à 22h47

Oook mercredi 3 mars 2010 - 18:01 Merci pour ce nouveau chapitre passionnant, et bon courage à Mangeuse. Petite question pour les historiens des 90's, quelqu'un se souvient en détail de l'affaire des marths truqués de Grobbelaar? ******************************** Merci, c'est gentil. On se tape toujours la tête contre les murs avec le NHS (ça s'est pas amélioré ce truc malgré les trilliards dépensés), on va sûrement devoir retourner dans le privé (hôpitaux Bupa, ou Nuffield), secteur pas vraiment mieux pour ce genre de condition médicale sérieuse mais bon, le privé est plus rapide, et faut tout essayer (le NHS est mieux pour les problèmes sérieux, mais d'une lenteur...). Je ferai un p'tit truc sur cette affaire des matchs truqués quand j'aurai plus l'esprit à ça, le truc sur Sharpe c'est pas pareil, je l'avais déjà fini la semaine dernière, il fait 26 000 mots en tout, il était plus long au début mais j'ai coupé pas mal sur la drinking culture. Je suis évidemment conscient que c'est très très long et un peu pénible à lire comme ça, et j'en suis désolé, mais bon, je vois pas de solution, un format article serait plus agréable à lire, mais bon, c'est pas moi qui décide. Le mieux dans l'immédiat serait de copier le post sur Word ou autre et de le lire avec un gros font.

Edji

05/03/2010 à 00h08

Tiens, MV, quand tu auras un peu de temps, un PEMiste s'interrogeait il y a peu, à la suite des incidents PSG/OM, sur l'état réel de l'ambiance dans et autour des stades outre-Manche. Et à vrai dire, le sujet m'intéresse également énormément. La violence a t-elle complètement déserté les stades de Premier League ? Si oui, cela s'est-il vraiment fait au détriment de la qualité de l'ambiance dans lesdits stades, qui auraient été vidés de ses vrais fans compte tenu du prix exorbitant des tickets ? Cette violence s'est-elle reportée ailleurs, dans les stades de division inférieure, ou en dehors des stades eux-mêmes ? On lit des choses souvent contradictoires en France à ce propos, et je n'ai pas le souvenir d'une étude vraiment fouillée de la question. Au plaisir donc, par avance, de lire ton opinion là-dessus!

Mangeur Vasqué

07/03/2010 à 16h21

MV, il me semble que tu demandais sur un autre fil des nouvelles de Didier Roustan... A priori, tu peux le voir à la télé même de ta perfide Albion puisqu'il officie désormais le lundi soir dans l'émission "Foot!" sur TV5 Monde ************************************* Merci, mais dommage, je ne reçois plus TV5, j’ai juste l’équipement de base me permettant de recevoir les 5 ou 6 chaînes terrestres, vieux boîtier analogue et sat dish pour le « Free to air » comme on dit (analogue et sans abonnement). Les chaînes en français ne sont pas toutes sur le même satellite, TV5 est internationale et est traitée différemment j’ crois bien, elle doit être sur un autre sat maintenant (je la recevais y’a quelques années, elle s’appelait aut’ chose il me semble bien). ************************************** richard mardi 2 mars 2010 - 12:14 A propos de la finale de Cup 90 j'ai entendu une anecdote : après le match, Fergie a essayé de consoler Sharpe de n'avoir pas joué en lui disant qu'il était jeune et qu'il en gagnerait d'autres... C'est vrai, c'est une petite brique de la légende de ce bon Lee ? ************************************** Je ne connais pas cette anecdote mais c’est très vraisemblable. Fergie aimait beaucoup Sharpe (puis s’est lassé de ses frasques, voir épisode 4), il adorait les joueurs techniques showman comme lui mais cette saison-là (1989-1990), Sharpe ne joua qu’une vingtaine de matchs car y’avait grosse pression niveau trophée sur Fergie. Et donc Danny Wallace (plus expérimenté) avait été titularisé toute la saison à gauche. Fergie se devait absolument de gagner quelque chose vu qu’à part 3 FA Cup, le club n’avait rien remporté depuis la fin des années 60 (j’en parle longuement dans l’épisode 2 sur Lee Sharpe). Donc, Fergie avait préféré l’expérimenté Wallace. A noter qu’il y eut 2 finales de FA Cup Man U – C Palace en 90, mais Sharpe ne figura comme remplaçant dans aucune des deux. La 1ère se termina sur un match nul (3 – 3), donc replay et victoire 1 – 0 pour Man Utd (maintenant y’aurait séance de t.a.b). Si Sharpe n’avait même pas été sur le banc c’est surtout parce qu’on ne pouvait aligner que 2 remplaçants en 1990 (un remplaçant seulement jusqu’en 87…). Puis en 94 on passa à 3 (avec 2 remplacements autorisés), et puis 5 remplaçants en 1998, (avec 3 remplacements max). Puis finalement 7 depuis l’année dernière (avec bien sûr toujours 3 remplacements max). Ferguson aimait les « flair players » comme Sharpe, et il a souvent dit avoir regretté terriblement de ne pas recruter Gascoigne - celui des débuts… -, racontant un match saison 86-87 je crois où le Geordie, alors à Newcastle, avait donné le tournis à plusieurs de ses joueurs internationaux à leur coller un torticolis, dont Whiteside et Robson… petits ponts, crochets, chambrage, la totale (Robson était vert de rage). Ça avait fortement impressionné Fergie, et ce dernier l’avait contacté. Gazza avait alors promis de signer pour Man U, puis finalement Spurs avait mis tout le monde d’accord. D’après Edwards, les Spurs avaient amadoué la famille (très pauvre) de Gascoigne en leur achetant une belle maison. ************************************ @ Oook. Au sujet des matchs truqués de 1994 impliquant Grobbelaar, (John) Fashanu et Segers (et l’homme d’affaires malaisien), j’vais rien ajouter au lien du Guardian de Lucarelli, il se suffit à lui-même. Je ne connais pas ton niveau d’anglais, si y’a des mots/passages que tu ne comprends pas, n’hésite pas à demander ici. Ce résumé en français (quelques passages bien comiques) sur cette lamentable affaire des matchs truqués est bien fait : http://tinyurl.com/y9uazkb John Fashanu est un personnage « intéressant » du foot anglais, faudrait en parler un jour. Son frère Justin est tout aussi célèbre que lui, espoir du foot anglais et premier Noir à passer le cap du million de £ dans un transfert – de Norwich à N’ Forest en 1981, un énormissime montant pour l’époque ! 1 million, ça parait ridicule aujourd’hui, mais y’a 30 ans, c’était quasiment inédit en Angleterre. Le million de £ n’avait été franchi que 2 ans auparavant avec Trevor Francis à Forest. Et le cap des 2 millions de £ ne sera dépassé qu’en 1986, Mark Hughes au Barça de Venables et, domestiquement, faut attendre 1988 pour voir cette barrière des 2 millions franchie, avec Gascoigne aux Spurs, Cottee à Everton, et le fameux retour de Ian Rush à Liverpool pour le record de l’époque, 2,7 m (et faut attendre 1992 pour voir le 1er transfert à 3 millions – Shearer, de So’ton à B’burn – après évidemment avec la PL ça explose – alors qu’en France on avait largement dépassé ces sommes avec Marseille). Mais Justin Fashanu est aussi connu pour d’autres raisons bien différentes que des sommes de transfert record, et des raisons bien plus tragiques (et je ne parle pas de ses multiples histoires sur son compte dans les journaux) et qui donnent une idée de l’intolérance terrible qui peut régner dans le milieu du foot, même aujourd’hui, c’est à désespérer parfois, triste histoire que celle de Justin Fashanu, et bien triste fin pour ce joueur qui aurait pu finir international. Voici son but le plus célèbre contre Liverpool (but de l’année en 1980), probablement l’un des plus beaux buts du foot anglais… http://tinyurl.com/y9dh7pr A noter pour le relier un peu à ce que je racontais dans l’épisode 2 de la saga Sharpe (épisode 4 ce soir) que Justin Fashanu succéda brièvement à Keegan à Southampton en 82 (en prêt – Clough ne le voulait plus à Forest, surtout à cause de son homosexualité...). Mc Menemy (l’entraîneur mythique de So’ton) voulait lui faire signer un contrat permanent mais problèmes financiers à l’époque chez les Saints donc cela ne se fit pas (j’ai parlé y’a quelques jours de Mc Menemy, cet entraîneur atypique qui réussit la prouesse de faire venir Keegan dans le petit club de So’ton, entre autres joueurs célèbres). Après le prêt à So’ton, sa carrière piqua du nez, il collectionna les clubs de 3ème zone et il ne se remit jamais d’un tas d’horreurs (il se suicida en 98). ******************************************* Tiens, MV, quand tu auras un peu de temps, un PEMiste s'interrogeait il y a peu, à la suite des incidents PSG/OM, sur l'état réel de l'ambiance dans et autour des stades outre-Manche. Et à vrai dire, le sujet m'intéresse également énormément. La violence a t-elle complètement déserté les stades de Premier League ? Si oui, cela s'est-il vraiment fait au détriment de la qualité de l'ambiance dans lesdits stades, qui auraient été vidés de ses vrais fans compte tenu du prix exorbitant des tickets ? Cette violence s'est-elle reportée ailleurs, dans les stades de division inférieure, ou en dehors des stades eux-mêmes ? On lit des choses souvent contradictoires en France à ce propos, et je n'ai pas le souvenir d'une étude vraiment fouillée de la question. Au plaisir donc, par avance, de lire ton opinion là-dessus! ****************************************** J’en parlerai en détail un peu plus tard, peut-être demain. Mais effectivement, on dit beaucoup tout et son contraire à ce sujet (ambiance et violence). Bon, faut dire que c’est tout de même complexe et « subjectif » ces histoires d’ambiance, pas toujours facile de démêler clairement l’écheveau de cette situation aux multiples sections et sous-sections. Il s'agit de comparer dans le temps, et avec d’autres pays voisins, et par rapport à l’ère pré-PL (sujet rendu encore plus complexe avec l’Angleterre par les problèmes terribles jusqu’aux années 80, le rapport Taylor, l’avènement de la PL, le mythe / la légende qui « doit » vivre coûte que coûte, les footeux pros sans arrêt en train de déclarer qu’ils viennent en PL pour l’ambiance extraordinaire, etc.). Mais bon là pour faire court, ma réponse est que si on veut voir de la vraie ambiance foot de stade, mieux vaut pas venir voir un match de PL (un peu mieux en Football League). Par ailleurs, l'ambiance « hors-stade » (pub, etc.) est extra. Niveau violence, c’est vrai qu'à part quelques « fights » organisées (loin des stades), plus aucune violence en PL. Effectivement, il y a davantage de violence dans les stades en Football League, surtout League One et Two (mais très peu). Sans oublier la Conference (5ème div), surtout à cause de Luton et Oxford, deux énormes cylindrées (6 500 - 7 000 spectateurs de moyenne chacun) avec quelques centaines de « supps » bien givrés, des restes des célèbres Firms des années 70 et 80, leurs fistons probablement (quoique je sais pas si Oxford avait une Firm mais peu importe). Cependant, quelques matchs de coupe à problèmes en 2009, comme un Hull – Millwall bien chaud et un West Ham – Millwall horrible de Coupe de la Ligue l’été dernier (énormément de blessés). Millwall est souvent dans le coup, club « intéressant » du club du sud-est londonien, où l’on considère généralement que le hooliganisme est né ; bon, y’a du vrai mais pas 100 % exact à mon avis, y’avait eu des incidents sérieux bien avant que le hooliganisme n'apparaisse « officiellement » – et je parle pas des premiers incidents attestés vers 1880, mais plus tard dans les années 1950 – même si on signale des incidents de foule à Millwall dès 1920... Les médias français parlent pas mal (je crois) des 3 200 « interdits de stade » en Angleterre (banning orders). J’ai lu pas mal sur ce sujet et présenter les choses ça comme ça est un peu réducteur. Ces interdits de stade le sont pas forcément tous pour violence grave (loin de là), voir les chiffres et pdf du Home Office (ministère de l’intérieur), tout y est hyper détaillé. On peut vite se ramasser un banning order en Angleterre ! Un fumi allumé et ça peut être 3 ans d’interdiction partout dans le pays et 400 £ d’amende (assorti souvent d’une interdiction de se rendre aux compét’ internationales, mais ça, ça a été nettement moins efficace). Sur la saison 2008-2009 (en fait d'octobre 2008 à novembre 2009), on constate par exemple que sur 3 752 arrestations effectuées en Angleterre (et Pays de Galles) dans et autour des stades (sur 37 millions de spectateurs au total), seules 354 le furent pour violence pure (« public disorder » couvre bien plus que la violence - on définit le terme « arrestation », toute arrestation 24 heures avant ou après un match, donc pas forcément « visible »). Bon, si tu aimes les stats et les tableaux tout pleins de chiffres, tu devrais te régaler avec ça (saison 2008-2009): http://tinyurl.com/ydqmw7o

Schizo retourné

07/03/2010 à 17h02

Merci MV pour tes histoires passionnantes... Une précision pour la comparaison Sharpe / Ginola que tu sous-entends à un moment donné : rappelons qu'el magnifico a eu plus de sélections après la Bulgarie, qu'avant (ça doit être sa 8e sélection sur 19 ou 20)... Voilà, c'était juste une précision en passant...

Mangeur Vasqué

07/03/2010 à 17h41

Merci Schizo, mon erreur volontaire sur Ginola, c'était évidemment pour voir si tout le monde suivait (déformation professionnelle)... Non, j'déconne, je croyais bien que Ginola avait été déclaré international-non-grata après ce fameux match contre la Bulgarie. Existe-t-il un site internet historique sur l'EdF? (comme englandstats.com) Après le départ de la Houille, pourquoi Jacquet ne sélectionna-t-il plus Ginola pour les matchs importants ? (il ne joua que quelques matchs amicaux ou sans enjeu apparemment, c'est bien ça ?). Au sujet des fumis et des sanctions en Angleterre, pour illustrer ce que je racontais sur le fait que ça rigole pas, je viens de trouver cette histoire sur le net (voir lien), 3 supps de Blackpool qui en allume un ou deux... et se prennent £1 290 d'amende à eux trois, et 3 ans d'interdiction de stade (partout où joue leur équipe, plus diverses interdiction de présence autour des stades, etc. voir lien). Circonstance aggravante cependant, un gamin a été blessé apparemment, mais de tout manière, la durée d'interdiction de stade est de minimum 2 ans, et les amendes autour de 300 £. http://tinyurl.com/ye7jxh9 (au sujet des fumis, l’inconscient qui en a allumé un y’a 2 semaines derrière les buts à l’Emirates – vu à la TV – devait être un touriste, car à l’évidence il ne connaît pas les risques, minimum 2 ans d’interdiction de stade et une forte amende).

Praud Evolution Suker

07/03/2010 à 17h53

Pendant ce temps-là, à Stamford Bridge, Nicolas Anelka galope allègrement. On dirait pas qu'il a joué un match dans la semaine celui-là...

Jean-Noël Perrin

07/03/2010 à 17h56

Mangeur Vasqué dimanche 7 mars 2010 - 17:41 Existe-t-il un site internet historique sur l'EdF? (comme englandstats.com) ---------- www.fff.fr, rubrique "EdF -> Tous les matchs", y'a toutes les compos et tous les buteurs. (enlevez-moi cette police un peu enveloppée)

 

Schizo retourné

07/03/2010 à 18h22

Tiens, Mangeur, je te mets le paragraphe de wiki sur la carrière internationale de Gino : "Mais si Ginola brille dans son club, il ne parvient pas à s'imposer en équipe de France. Appelé une première fois par Michel Platini fin 1990, il ne fait sa deuxième apparition avec les Bleus qu'avec l'arrivée de Gérard Houllier en août 1992. Il participe ainsi aux éliminatoires pour la World Cup 1994. Irrégulièrement titulaire (ce dont il se plaindra par voix de presse) Ginola ne rentre qu'en deuxième mi-temps du fameux match France-Bulgarie de novembre 1993. Alors que la France tient le match nul synonyme de qualification, Ginola délivre un centre raté sur le côté droit qui redonne la balle aux Bulgares à quelques secondes de la fin du match et permet d'amorcer une contre-attaque en deux passes qui se solde par un but et donc par l'élimination de la France. Désigné comme responsable de la défaite par Gérard Houllier, Ginola devient également la tête de turc préférée des stades français. L'arrivée du nouveau sélectionneur français Aimé Jacquet ne change pas la situation de Ginola, régulièrement appelé en sélection, mais souvent cantonné dans un rôle de remplaçant de luxe. Si personne ne conteste les qualités techniques de Ginola, on lui reproche un certain individualisme sur et hors du terrain, une difficulté à se fondre dans le collectif. Outre les raisons techniques et tactiques avancées pour expliquer l'absence de Ginola chez les Bleus, on parlera également d'une inimitié à son égard de joueurs clés tels que Didier Deschamps et Marcel Desailly. Blessé à la cuisse quelques jours avant le Roumanie-France d'octobre 1995 décisif pour la qualification à l'Euro 96, Ginola manque le match qui est pour beaucoup l'acte de naissance d'un groupe promis à un avenir doré. Ginola ne sera plus jamais appelé en équipe de France. Cette mise à l'écart du plus médiatique des joueurs français suscitera un temps une vive polémique, polémique progressivement éteinte par les bonnes performances des Bleus en l'absence de l'ancien attaquant parisien."