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Premier League et foot anglais

Le rendez-vous des amateurs du foot venu d'Angleterre, qui sent la sueur de pub et la bière chaude.

François-Youssouf Hadji-Lazaro

25/03/2010 à 13h38

Mangeur Vasqué mercredi 24 mars 2010 - 01:42 Bravo pour ton courage FYHL, peu se sont attaqués à cet Everest de 27 000 pieds sans bouteille/équipement sans s'évanouir, d'un trait comme tu l'as fait, chapeau. ---------------------- Un vrai plaisir que de se replonger dans ces années où le football me faisait encore rêver... Merci à toi.

C'est_à_ras!

25/03/2010 à 14h07

Mangeur Vasqué mercredi 24 mars 2010 - 02:43 Toujours un régal de te lire, merci à toi pour ces anecdotes typiquement british !

Mullet

25/03/2010 à 23h57

Un petit coup de sang de Roberto Mancini : http://xrl.in/4w8c Il propose même à Moyes de se battre.

Mangeur Vasqué

26/03/2010 à 01h24

J'ai pas trop suivi le truc mais ça m'étonnerait pas que Moyes l'ait un peu provoqué l'Italien, j'ai entendu dire qu'il agitait sans cesse le bras vers la fin en faisant le signe hautement agaçant du « Ref, filez-lui un carton ». Ce qui n'excuse en rien le geste de Mancini (il a déjà pété les plombs comme ça dans sa carrière de joueur ou d'entraîneur, the « unflappable » Italien ?). Son « aura » d'entraîneur italien chic et imperturbable (« the epitome of cool ») a bel et bien explosé en vol de manière aussi subite et inattendue que spectaculaire hier soir. Sur Sky News, Kompany s'exprimait sur cet incident, péniblement et répétitivement. Il a dû, je rigole pas, prononcer le mot « passion » 10 fois en 3 minutes pour expliquer ce pétage de plombs. Vous avez remarqué dans le foot anglais, dès que y'a un footeux qui dérape maintenant, c'est la « passion » qui l'a emporté (« X shows too much passion at times, X is too passionate ». Bon, c'est pas nouveau, mais ils n'ont plus que ce mot là à la bouche pour justifier toute perte de self-control. Un tacle assassin ou un p'tit attentat carotidien avec les crocs décollés... c'est la passion du jeu. Une bagarre à l'entraînement... C'est la faute à Dame Passion. Jamais le manque de sang-froid, ou le pétage de durite, ou le sale caractère de gamin pourri-gâté, non, juste un p'tit excès de passion dans les veines. Quand Rooney partait en vrille et agressait les arbitres les années précédentes, c'était jamais de la faute de son sale caractère, non, non, c'était cette garce de « passion » la coupable. Je me souviens de consultants « extremely respected » (traduction = fantastiquement bien payés) comme Andy Townsend (Chelsea, Aston Villa, etc), dire des conneries du style : « Faut accepter Rooney comme il est, il ne serait pas Rooney sans cette passion et ce caractère ». Tout faux il a eu le Andy. Rooney a mis de l'eau dans son vin, s'est calmé et est bien meilleur aujourd'hui. Remarque, cette « passion », ça change du mitraillage « actually » et « at the end of the day » de la part des footeux... Joli but d'Arteta en passant.

Mangeur Vasqué

26/03/2010 à 02h39

Le temps est venu d’évoquer quelques « unsung heroes » poilants des années 2000 : les escrocs du foot anglais. Et ça tombe pile-poil, puisque la saison 2009-2010 en Angleterre est placée sous le signe de tous les financements hasardeux, de toutes les magouilles déguisées, de toutes les crasses possibles. La saison des comptabilités excentriques et autres deals acrobatiques : Man United, Liverpool, Portsmouth, Cardiff, Notts County, Crystal Palace, Chester City, etc. etc. Feu Chester City, rayé de la carte, ils recommenceront tout en bas de la Pyramide quand ils le pourront. Cub expulsé de son championnat y’a 2 semaines ! Fait inédit en Angleterre – not anymore, on innove sans arrêt ici. Nous sommes le laboratoire européen d'expérimentations sociales, professionnelles et sportives en tout genre. J'aurais dû m'faire appeler Cobaye Vasqué. Les forbans sortent toujours de leur tanière quand le bordel s’installe. Et le bordel s’est invité au banquet à la fin des années 1990, à la faveur de la faiblesse grandissante des instances. Fin des années 1990 : période où le bazar financier commence sérieusement à se généraliser. Tel un cancer qui attaque les organes vitaux, une saloperie annonciatrice de la zizanie financière qui débordera joyeusement sur les années 2000, sans que PERSONNE ne cherche à bouger le petit doigt (argent à profusion qui attise les convoitises malsaines, fiasco total de ce fameux deal ITV Digital – 315 millions de £ ! – qui attire les clubs de Football League pour mieux les plomber 1 an plus tard, FA de plus en plus faible, gouvernement qui recule, Premier League Ltd qui joue les Monsieur Muscle, plus aucun contrôle, etc.). Enfin, quand je dis « personne », je mens. Le New Labour de Blair avait bien essayé de se secouer le bulbe pour une fois. Dès son entrée en jeu, à la 1 997ème minute (en remplacement du peintre Major) en créant cette méga-hilarante « Football Task Force »… Oh, mon cochon, qu’est-ce qu’il nous a pas pondu là le Blair !!! Ça nous a coûté un fric fou à nous les petits contribuables mais moi, si on le repropose demain, je signe des 2 mains pour qu’on utilise mes impôts à ces poilades, en temps de crise, imbattable ce remède. Qu’est-ce qu’on s’est fendu la poire avec son usine à gaz (hilarant) de Task Force (mieux que le protoxyde d'azote) et ses 36 commissions en papier maché, les embrouilles avec les défourrailleurs de la Premier League (Richard "The Scud" Scudamore & co) et toussa. Putain, il faudrait qu’ils nous en chient une autre de Task Force qu’on se torde encore de rire, en ces temps de morosité, moi je vote pour eux illico (bon, j'ai pas le droit de voter, mais j'suis prêt à changer de nationalité s'ils remettent ça dans leur programme). Mais bon, on ne cherche plus à impressionner en Angleterre maintenant dans le Gouvernement malheureusement, on cherche à faire des économies, et pis bon, la Premier League Corporation en avait toléré une de Task Force pour « prouver sa bonne volonté », mais pas deux. Football Task Force dirigée par le grand comique de l’état David Mellor, vedette du Spitting Image et grand amateur de chaudes andalouses spécialisées dans le suçage d’orteil… Véritablement délirante cette Task Force, épisode gag d’une durée de 30 mois (juillet 1997-décembre 1999) qui mériterait un gros pavé à elle toute seule, tellement c’était extraordinaire de grotesquerie cette histoire. Mais bon, je m’égare un peu (quoique y’a un rapport, car le bordel est véritablement né juste après la dissolution de la Task Force, quand le Gouvernement et la FA ont jeté l’éponge en même temps, abandonnant le terrain en friche à la Premier League qui a senti alors son moment arrivé… Total Control). Mais revenons à nos vrais tontons flingueurs. La première moitié des années 2000 a en effet vu défiler quelques spécimens hors normes. Quand le terreau est fertile, les mauvaises herbes redoublent d’activité. Dans les années 2000, ils ont triplé la cadence. Je vais donc vous présenter 3 escrocs fantasques. Précision indispensable à apporter sur le terme « escroc ». Qu’on se mette bien d’accord, je parle du vrai carambouilleur ici, pas du Chief exec corporate, froid et cynique qui possède un don inné pour la comptabilité artistique et qui s’fait payer des millions pour plomber les clubs. Non, ça c’est pas du tout la même catégorie. Moi, je propose 3 spécimens « pittoresques » bien du cru, et qui sont tous de véritables maestros de l’arnaque. Et qui, à bien des égards, peuvent apparaître comme truculents. Des salopards sympathiques, quoi. Des « chancers » (opportunistes intéressés) aux profils très différents, qui sont tombés dans le foot « par hasard », des gars entrés par effraction dans les divisions inférieures (plus facile de prendre le contrôle d’un club début des années 2000). Escrocs qui ont vite su exploiter les failles visibles et invisibles du système. Ils ont cueilli les instances à froid à vrai dire, instances peu préparées à ce genre d’intrusion (c’est à la suite des méfaits de l’un des ces escrocs notoires, le talentueux aigrefin Darren Brown, que les instances de la Football League mirent en place des mesures, enfin ! à partir de 2004 – mesures que la Premier League rejeta of course, jalouse de son indépendance – je reviendrai sur ce sujet un autre soir). Dans notre galerie de portrait, commençons par le Master du genre, le Rogue des Rogues : George Reynolds (Je vais me limiter au rogue George Reynolds ce soir, il est déjà bien tard... Les 2 autres suivront plus tard). George Reynolds. Un sacré client. Sans conteste, l’un des top ruffians les plus flamboyants et les plus célèbres du sport anglais. Inconnu sur « le Continent », dommage que nos escrocs s’exportent si mal médiatiquement. Reynolds, c’est ce fameux « homme d’affaires » ex Président de Darlington FC, surnommé « The Quakers », ou « Darlo ». Je préfère de loin les Quakers. On s’imagine de suite les types ascètes qui prêchent la peace and love à longueur de journée… Et qui en fait sont et font tout le contraire. Darlington est un club de 4ème division que Reynolds racheta en 1999 pour 800 000 £ - et 5 millions de dettes. Il dépensera 30 millions pour Darlington, en 4 ans. En pure perte. Même leur super stade de presque 26 000 places est a moitié condamné et ne peut accueillir que 10 000 max. Reynolds est un « personnage » du foot anglais, comme on en fait plus. Ex trafiquant de drogue et marchandises en toute sorte (ça c’est son côté belle crapule), mais surtout connu (et « apprécié ») en tant qu’ex ouvreur de coffres-forts qui a sérieusement réussi dans sa vie de petit épargnant de province : fortune estimée à 300 millions de £ au début des années 2000 (parmi les 100 premières d’Angleterre dans le Times Rich List - il a quasiment tout perdu, à c’qui paraît… et même certains supps des Quakers l’auraient vu vendre du parfum sur les marchés !). Avec l’argent des braquages, il avait monté des usines de fabrications de mobilier pour la cuisine dans le Nord-Est, du côté de Durham. Le marché de la cuisine et du bricolage ont explosé au bon moment, Reynolds a empoché le gros lot. Honnêtement cette fois. Ses voisins dans le Sud étaient les Beckhams dans leur Beckingham Palace. Dans le Nord, ses voisins sont des industriels multi-milliardaires, style le fondateur des logiciels Sage. Reynolds avait des voisins partout, il possédait des propriétés de 10 millions de £ dans le monde entier. Il avait bien failli embaucher Tino Aprilla et Gascoigne (évidemment !), finalement, il ne récoltera qu’emmerdes et opprobre. Le Colombien, ex héro de Newcastle avec Ginola (période Keegan, acte 1, 1992-97), est même présenté devant le public en délire du stade de Feethams l’été 1999 (Feethams est l’ancien stade de Darlington – La Reynolds Arena n’était pas encore sortie de terre). Asprilla vient de faire une saison à Parme, grâce à son fameux visa « d’ouvrier de chantier » qui lui a permis de jouer en Italie… Reynolds, en bon ex gangster flamboyant, lui promet même 20 % de la recette des matchs, en plus de son salaire, d’une maison et autres menus accessoires de milliardaire indispensables, telle une Aston Martin ! Tout était prêt. Sauf que le jour où le Colombien doit signer pour Darlington, il se trompe de destination, et prend la direction de l’aéroport. On ne le reverra plus jamais en Angleterre. Reynolds qui un jour se pointa dans une petite branche d’une banque de province pour retirer… 500 000 £, en liquide. Il insista, on les lui donna peu après. La police l’arrêta, avec 500 000 £ dans son coffre. Elle s’intéressa à lui, de nouveau. Quand le Fisc anglais pointa son nez dans tout ça, les inspecteurs s’aperçurent que, selon leurs données, les seuls revenus de Reynolds étaient une pension de base de retraité ! Ça sentait fort l’évasion fiscale… Au tribunal (il fut bien sûr poursuivi, en 2005), son avocat déclara : « Dans une certaine mesure, avec mon client, on peut dire que nous évoluons dans un univers irréel ». Reynolds déclara : « de toute manière, vous me pourchassez depuis le jour où j’ai racheté ce club, et en plus, vous savez, le football ne m’intéresse absolument pas ». Résultat des courses : 3 ans de prison. Mais il n’en fit qu’une, il sera vite relâché avec un tag électronique au pied en souvenir – dommage que Reynolds le Tagué n’ait pu recruter Jermaine Pennant, V Péricard, Gary Croft, Joey Barton et Lee Hughes, il aurait pu monter le FC Electronic Tag au lieu du boring Darlington. Reynolds, le premier vrai « supp » de l’histoire du football qui claque 30 millions de £ en 4 ans pour ce sport qu’il déteste. Et qui déboursa de sa poche + de 20 millions de £ pour offrir un stade de rêve à ce petit club de 4ème division. Il s’était mis aux coffres-forts après avoir appris à manier les explosifs et autres chalumeaux dans les mines de charbon à ciel ouvert du Nord-Est (ex région minière – on a quasiment inventé le charbon par ici). Darlington et son stade « state of the art » légendaire, ce club et sa coquille vide qui deviendront vite une statistique de plus, un autre « géant » aux ambitions démesurées qui va très bientôt rejoindre la 5ème division, dans l’indifférence générale… (ils ferment la marche avec 16 points seulement, 4 victoires sur 35 matchs de championnat, 3 000 spectateurs de moyenne…). Peut-être le plus beau stade d’Europe pour un club de ce niveau (25 000 places), toujours pratiquement vide. Pas courant en Angleterre. Stade assez incroyable pour un si petit club (4ème div’), avec toilettes en marbre, robinets en or plaqué et même ascenseurs pour les supporters ! (Bradford, aussi en 4ème division a aussi un stade impressionnant mais Bradford est – était – une bien plus grosse écurie, qui a déjà connu la PL, et leur stade fut reconstruit – et agrandi – après le terrible incendie du 11 mai 1985). Les faibles affluences n’inquiétaient nullement Reynolds. Quand on lui demandait ce qu’il comptait faire si personne ne venait plus au stade, il répondait : « Pas grave, je transformerai le stade en arène, pour taureaux ou gladiateurs ». « De toute manière », aimait ajouter ce grand provocateur, « je comprends nos faibles affluence, on est une équipe de merde » (we are a pile of shite). Reynolds, qui aimait comparer les joueurs à du bétail et parfois les humilier publiquement… Lui et sa femme, une grande spécialiste de la provoc et du remuage de merde. Histoire de bien mettre la pression, il arrivait à Reynolds de publier, avec force grosses lettres et tableaux peu discrets (comme sait si bien le faire la presse anglaise) les salaires élevés des joueurs dans le canard local ! Et de se fendre d’une colonne dénonçant leur manque de gnaque… Avec sa mégère de femme qui en remettait une couche dans les réunions ou conf’ de presse en déclarant que les joueurs « balançaient les matchs »… Reynolds qui aimait se poser avec son hélico personnel au milieu de la pelouse les jours de match, déguisé en prisonnier façon les Dalton, avec boulet aux chevilles… (il avait fait pas mal de taule). Le club fut, évidemment, mis en redressement judiciaire (le 23 décembre 2003), et Reynolds démissionna 2 semaines plus tard. Et rebelote pour Darlington version post-Reynolds, re-redressement judiciaire en 2009… Le club appartient désormais a Raj Singh, un homme d’affaires indien, propriétaire d’une chaîne de maisons de retraites (tout marche par chaînes en Angleterre). Et club qui vient d’ailleurs cette semaine de virer son entraîneur, l’ex international irlandais Steve Staunton (102 capes – Aston Villa & Liverpool), qui avait pris Darlington pour une maison de retraite… Le dernier match à domicile, contre Barnet, a attiré 1 463 spectateurs, perdus dans les 25 000 places de la Reynolds Arena… (débaptisé en 2004, il prend le nom du sponsor maintenant – en fait, le stade a déjà eu 5 noms en 7 ans). Depuis, on ne sait trop ce qu’est réellement devenu George Reynolds. Certains disent qu’il sévit dans le très lucratif « after-dinner circuit » en régalant les audiences de ses histoires de voyou footeux. D’autres qu’il a monté un business de parfums... Mais en Angleterre, la reconversion pour les Bad Boys du football est toujours assurée et confortable, s’il a tout perdu comme il se dit, fort à parier qu’il s’en sortira. Darlington FC, The Quakers, club fondé par des ascètes puritains en 1883, coulé par un escroc flamboyant 120 ans plus tard…

Tricky

26/03/2010 à 07h36

Vraiment j'adore. Mais surtout n'oublie pas qu'avec un teaser comme ça, tu ne coiperas pas a l'exposition détaillée des frasques de la Task Force. (a part ça, je pense que le champion intercontinental du 'at the end of the day', c'est Alan Shearer, en moyenne 17 fois par commentaire de mi-temps)

Mangeur Vasqué

26/03/2010 à 22h11

J’en parlerai de cette Task Force de 1997-1999 (et du Merdier qui a suivi), quand ? je sais pas trop, j’vais essayer de faire ça sous dix jours mais j’ai d’autres trucs urgents sur le feu. C'est vrai, tu as raison, faut en parler avant que tout ça ne tombe dans l’oubli, faut que les nouvelles générations sachent, parce que bon, ça fait partie du patrimoine mondial du foot tout ça, ça devrait être classé à l'Unesco comme un site à revisiter, un World Shite Heritage. Un truc unique cette Task Force, et quoiqu’on fasse, ça restera unique, on ne reverra jamais les mêmes évènements dans le même genre de contexte. Mais pour en parler, faut que je remette tout ça dans le contexte de l’époque (arrivée des New Travaillistes au sourire Colgate, qui veulent tout nettoyer du sol au plafond - enfin, faire semblant), faut que j’explique, que j’étoffe un peu, sinon on risque de trouver ça un peu barbant (c’est de la politique, après tout, de la comi-politique mais de la politique quand même). Et c’est vrai que ça a l’air rebutant comme ça, la Task Force, les politicards, les gentils New Travaillistes-honnêtes-du-côté-du-peuple qui veulent sauver le foot des Méchants faiseurs de fric, les salades politiciennes, la fédé, David Mellor, etc. mais c’est marrant en fait, y’a pas mal de « personnages » dans l’histoire. Ce qui est irrésistible aussi c’est cette impression bisounours comme ça qu’on veut créer coûte que coûte autour de cette Task Force, la fausse concorde parfaite, l'entente cordiale, cette couche de bonne volonté bienveillante factice qui plane sur cette Task Force alors que les tueurs de la Premier League sont autour de la table. Tous ces contrastes, tous ces gens aux intérêts opposés (fédé, Supporters’ Trusts, politiciens, ultra-libéraux de la PL, chercheurs universitaires, etc.) que le gouvernement a forcé à s’asseoir autour d’une table tout en sachant pertinemment que tout ça est voué à l’échec. Tous ces gens qui se sourient les uns aux autres cordialement en créant plein de commissions pendant 30 mois, ces gus qui font semblant d’essayer de se mettre d’accord sur l’impossible pendant des années alors qu’on sait très bien dès le départ que rien n’aboutira. La composition de la Task Force fut décrite dès le départ comme « a very ambitious structure », par l’un des acteurs, un universitaire (Dr Adam Brown – du côté des Gentils, les supps). « A very ambitious structure ». Hmm, dans le langage de Mr Toulemonde, ça veut dire un « énorme machin impossible à gérer qui ne peut qu'accoucher d'une souris, au mieux ». Ça ferait une belle pièce de théâtre, entre la politique pure et le cabaret. Avec cette fin en eau de boudin (évidemment, la FTF ne servit à rien) : un beau rapport officiel de Mellor de 90 pages pondu le 22 décembre 1999 (téléchargeable sur internet, si le cœur vous en dit…). Plume trempée dans l’encrier de l’auto-satisfaction faussement naïve, auto-gargarisation à bon compte. On est en plein dans le foutage de gueule XXL, de la pire espèce, celui qui se la joue humanitaire. Et dissolution de la Task Force dans la foulée. Elle ne verra pas le nouveau millénaire et ses carnages en matière de gestion. Valait peut-être mieux pour elle de disparaître avant la fin du film d'horreur finalement. La nuit des scudamorts vivants. Et après la Task Force, plus rien, le néant. On peut pas faire plus anticlimactic comme effet. Finalement, pas une pièce de théâtre, ni un numéro de cabaret, mais un bon film avec une fin ratée. Y'avait évidemment plein de bons sentiments au début, entre gens de bonne compagnie. Goodwill aplenty. Mais toutes ces propositions, ces 30 mois de réunions, tous ces rapports volumineux, ces bonnes résolutions, ces commissions, tout ça quasiment pour rien, du vent. On a raté l'essentiel : reprendre le contrôle du foot, reconquérir le terrain, mettre des garde-fous. Chacun a fini par créer son propre rapport au final (oui, les clivages ont fait que les 2 groupes ont chacun pondu leur rapport…). Conclusions diamétralement opposées évidemment. Mais pourquoi en aurait-il été autrement après tout ? Comme le disait un observateur de l’époque sur cette Task Force : « D’un côté, t’avais des mecs ultra-libéraux mandatés par les clubs cupides qui dès le départ refusaient toute idée de régulation du football (représentants de la Premier League et Football League). Au milieu, la fédé, forcément du côté du plus fort, les clubs. Et de l’autre les Supporters’ Trust et autres chercheurs de la Manchester Metropolitan University qu'essayaient de les convaincre par tous les moyens, tous les angles et toutes les commissions possibles et imaginables pendant tout ce temps-là, 30 mois, que ça serait une bonne idée de réduire le prix des billets de moitié, et, en gros, d’abandonner leurs pouvoirs et prérogatives aux mains d’une Offoot* ou autre. Fallait pas sortir de Saint-Cyr pour voir que ça n’allait jamais coller. Ça a vite tourné en rond. Mais fallait tenir 30 mois pour que l’affaire soit considérée comme à peu près crédible, alors on a créé plein de commissions ». Extrait d’un article du Guardian de l’époque, trouvé sur Internet : “The flaw lies in the construction of the Task Force, which is dominated by interested parties and, as such, will each be putting their own interests first. "A very ambitious structure" says Brown. So it is, with the Premiership and the Football League no more likely to vote for statutory legislation than the Football Supporters Association is to advocate doubling seat prices”. Avec en guise d’au revoir, la conclusion de David Mellor (en charge de la Task Force) dans son rapport final du 22 décembre 1999, inévitable and oh so predictable, la conclusion classique de la Mutual Appreciation Society de base, avec en sub-text : « On a fait un boulot énorme les gars, félicitons-nous les uns les autres. Merci à Richard (Scudamore) de la Premier League, il a coopéré comme le chic type qu’il est et sera toujours. Et les gars de la fédé, vous avez été au poil. Et les supps du Supporters’ trust, vous aussi bravo, continuez le combat. Quel plaisir d’avoir bossé avec vous les gars. On a bien discuté, et on a vraiment fait avancer les choses. OK, OK, la situation semble bien bloquée et les clubs ne bougeront pas d’un poil, mais vous avez vu nos rapports, sont beaux hein ? Certes, on peut pas le nier, on dirait quand même bien qu’il existe un sacré fossé entre les supporters et leurs clubs – mais on y peut rien, nous, on a bien fait notre boulot, hein les gars ? » Voici le début d’un article de The Independent sur le rapport final de cette Football Task Force… "A DEEP split between football supporters on the one hand and clubs and administrators on the other was revealed yesterday when the football Task Force presented its final report on the future of the game". Appréciez la tournure : « was revealed ». 30 mois de cogitations, débats et de commissions dans tous les sens pour faire de telles révélations sans suite, c'est pas beau ça ?

Tricky

27/03/2010 à 00h20

Mais alors, Mangeur Vasqué, qui est exactement ce Mellor ? Et pourquoi a t il accepté un mandat des Travaillistes alors que lui s'affiche ultra-Conservateur ?

Lucarelli 1

27/03/2010 à 12h13

Quelque chose à voir avec Neil Mellor ? (Qui trace sa route honnêtement avec Preston, au passage)

Mangeur Vasqué

27/03/2010 à 13h53

Tricky samedi 27 mars 2010 - 00:20 Mais alors, Mangeur Vasqué, qui est exactement ce Mellor ? Et pourquoi a t il accepté un mandat des Travaillistes alors que lui s'affiche ultra-Conservateur ? > répondre Lucarelli samedi 27 mars 2010 - 12:13 Quelque chose à voir avec Neil Mellor ? (Qui trace sa route honnêtement avec Preston, au passage) *********************************** Pour Mellor, tout sera révélé dans peu de temps, patience, patience (me dis pas que toi aussi t'es un accro du suçage d'orteil par sulfureuse Conchita, avec sur le dos ton maillot grenat floqué Micciche...). Pourquoi Mellor-le-Tory s'est retrouvé avec le Tony ? Copinage, tout simplement. L'ami d'un ami. C'est à cause de (feu) Tony Blanks, un politicien Labour ministre des sports du gouvernement Blair première mouture. Banks etait un type clé dans la machine Blair car il représentait l'aile gauche, et comme ça se bousculait terriblement sur l'aile droite, c'était au poil d'avoir un type Old Labour comme Banks à sélectionner (il avait été presque extrême-gauche dans sa jeunesse). Banks avait la réput' d'etre un politicien « pas comme les autres », très connu ici pour son franc-parler, et son côté Cheeky Chappie, le type marrant, ouvert et sympa avec lequel tu t'voyais bien t'enfiler une pinte ou 2 au pub du coin. Enfin, ça c'est l'image qu'on a gardé de lui, son Wiki liste une série de commentaires « malheureux » dirons-nous (à la Frèche), mais bon, il est mort, alors, on va pas trop l'accabler non plus. Blair nomme donc Banks Ministre des Sports en mai 97. Mais fatigué de la politique, et des Blaireries, il démissionne 2 ans plus tard. Il est mis en charge du malheureux Projet Coupe du Monde 2006 (l'Angleterre la voulait, elle se consolera avec les Jeux Olympiques). Banks disparaît début 2006. Banks était un « Man of the People » (pour ça que Blair l'avait pris, pour redresser la balance). Il était considéré comme l'un des rares politiciens Labour à posséder cette rare qualité chez ces gens-là : des valeurs. Il avait fait preuve de son honnêteté tout au long des années 70 et 80 (député en 83, en meme temps que Blair), particulièrement lors des Legislatives de 83 ou il avait insisté pour laisser sa place à un cacique du parti Labour (Tony Benn) qu'avait perdu son siège. Un échange refusé par le parti, comme ça que Banks avait gagné ses lettres de noblesse. Donc Banks était grand pote avec Mellor, tous les 2 supps de Chelsea (Banks avait des amis dans toutes les crémeries, même Prince Charles...). Et commme Blair adorait Banks, il lui avait fait la faveur d'accepter le Mellor dans le gang, une sacrée faveur au regard de la réput' désastreuse de ce Mellor ! Blair devait vraiment kiffer Banks grave pour accepter ce ruffian dans sa posse, car le Mellor n'était pas vraiment en odeur de sainteté après les multiples scandales toutes catégories sous l'ère Major (pas que le fameux suçage, mais des sombres histoires de paiments pas déclarés, cadeaux, etc etc. the usual). Alors oui, the usual soupire-je, blasé, twisted and bitter, mais dans le contexte de l'époque avec Major qui n'avait que le mot « probité » à la bouche, ça a bien secoué le cocotier. N'oublions pas que l'ère Major (de novembre 1990 quand Thatcher démissionne, à mai 1997 et la déroute des Conservateurs) porte le nom en politique anglaise de « Tory Sleaze », avec un casting riche, une vingtaine de ministres/députés Tories furent éclaboussés par les scandales, dont Jeffrey Archey, Hamilton, Aitken, Major lui-même, etc. corruption, trésoreries douteuses, sexe, jeux érotiques mortels, vies maritales débridées, etc etc. bref la totale. On aurait dit une presentation de « 50 Minutes Inside » sur TF1. Alors, je sais qu'on ne remarque même plus ces choses-là tellement les politiciens nous ont habitués aux crasses, mais cette période est particulièrement riche en scandales de toutes sortes, j'vais pas faire la liste, elle est sur Internet (google Back to basics scandals ou un truc comme ça). Y'en a des sévèrement grâtinés... Le plus « comique », c'est que ces multiples scandales s'inscrivaient dans une bataille féroce du parti conservateur, uen véritable croisade morale placée sous le signe de la renaissance « Pus blanc que blanc », croisade morale anti-corruption qui devait consacrer le renouveau du parti conservateur... Alors je te raconte pas comment ça faisait tache dans le programme de Major ces scandales, programme que Major avait mis un point « d'honneur » à baser essentiellement sur la moralité et la probité... C'est ce fameux (and oft-derided, souvent raillé) « Back to Basics » : retour aux fondamentaux moraux... Programme qui plaçait la « Law and order » au coeur de son « dispositif » pour reconquérir les électeurs... (vidés après les années Thatcher, et achevés avec la Poll Tax). Alors, évidemment, apres tous ces scandales zizi-panpan, la presse avait rebaptisé son « Back to Basics »... Back to bedsits (Retour au pieu). Le mythique mag satirique Viz (né ici à Newcastle - ah, l'humour fin et raffiné des Geordies...) fit de tout ça un personnage célèbre, Baxter Basics, qu'ils décrivent dans leur bande dessinée comme « un député Conservateur totalement amoral et sexuellement déviant ».

 

Mangeur Vasqué

27/03/2010 à 14h04

Lucarelli samedi 27 mars 2010 - 12:13 Quelque chose à voir avec Neil Mellor ? (Qui trace sa route honnêtement avec Preston, au passage) *************************** Non, rien a voir, ce Neil est le fils de son père, Ian, ex Norwich et Wednesday. Il tourne bien effectivement, meilleur buteur de PNE cette saison, 10 buts.