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Eugène Santa, Satta Massagana et Pierre Martini

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Soirée blanche

Une bonne coupe pour les Girondins

Nos grands reporters ont massivement effectué le déplacement au Stade de France, en contradiction avec le peu de crédit accordé habituellement ici à la Coupe de la Ligue. Mais une jolie finale, cela ne se boude pas. Récit et images.
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Samedi 20 avril, 19h.
S’il y a une victoire qu’il faut attribuer aux Merlus, c’est évidemment celle de la picole: à peine débarqué du RER (les Cahiers du football, c’est aussi le seul journal qui va au stade en transports en commun), il est ainsi particulièrement aisé de constater que certaine réputation des Bretons n’est pas usurpée. Des hordes oranges trinquent en effet à qui mieux dans la multitude de bars disséminés autour du Stade de France. Le Bordelais est pour sa part nettement plus policé, ou du moins plus discret dans la soûlographie.
Au rayon textile, les supporters lorientais arborent un magnifique t-shirt ("Lorient-Bordeaux, j’y étais"), tandis que d’autres brandissent des écharpes aux couleurs des deux clubs finalistes. C’est assez clair: cette finale de coupe de la Ligue apparaît comme un véritable événement pour le club morbihannais, un peu moins pour le camp Girondin. Ce constat est d’ailleurs confirmé à l’entrée dans le stade, le virage des Merlus est tout aussi garni que celui des Bordelais. D’ailleurs, le prix de l’avant-match est largement remporté par les spectateurs bretons, dont le volume sonore est très largement supérieur à celui de leurs homologues aquitains, qui semblent quelque peu endormis. Serait-ce là l’effet de la troisième finale disputée par les hommes de Triaud depuis 97? Ou s’agit-il tout simplement pour les supporters Girondins de renforcer eux aussi leur réputation de supporters aphones? Ils mettront peut-être cela sur le compte de l'acoustique faiblarde du Stade de France.

20h30
A l’approche du coup de sifflet initial, le Stade est quasiment plein, comme à l’accoutumée pour un match de ce type. L’ambiance monte peu à peu -— les supporters girondins rentrant dans le jeu — soutenue par les speakers de chaque équipe. L’annonce du nom des joueurs est l’occasion pour les supporters de scander de façon un peu entendue le nom de leurs favoris. Mais les Bordelais vivent néanmoins une cocasse surprise: le speaker annonce ainsi Pauleta alors que les écrans géants affichent le visage de Dugarry. Le Portugais a donc droit de la part des Lorientais à une bordée de sifflets un peu plus appuyée. Ceux-ci redoublent d’ailleurs d’ardeur quand les hauts-parleurs scandent un "On est au Moustoir" de bon aloi.

20h45
Après un premier coup d’envoi fictif donnée par Carole Montillet — championne olympique de ski poliment applaudie par les spectateurs — le spectacle peut commencer. Et celui-ci débute sur les chapeaux de roue. On n’a pas encore joué cinq minutes que Pauleta s’introduit dans la surface de réparation pour la première fois. Le Portugais bénéficie du bon travail de récupération de Meriem et d’un contre favorable pour réaliser une frappe tendue qui trompe Le Garrec. 1-0 alors qu’il reste 80 minutes à jouer, le match est lancé, d’autant que l’on connaît les capacités offensives des hommes de Pouliquen.

par ici), nous découvrons que Zizou nous regarde dans celles du Stade de France. Les risques d'érection sont réels.

La troisième finale de cette compétition fut donc la bonne pour des Bordelais qui seront bien les derniers (ou les avant-derniers après les Lyonnais) à dévaloriser cette Coupe de la Ligue qui sauve leur saison. Eux qui ne pouvaient rater cette session de rattrapage, leurs chances européennes s'étant envolées dans le championnat, renouvellent ainsi leur abonnement à l'UEFA et se gardent la possibilité de nourrir des ambitions pour la saison prochaine, à condition— comme le faisait remarquer Elie Baup à l'issue même du match — que le club s'en donne véritablement les moyens et réussisse enfin son intersaison. Si Pauleta reste, et si quelques recrues de marque viennent étoffer l'effectif, l'entraîneur bordelais pourra nourrir de légitimes espoirs, car son équipe est déjà bien armée, d'autant plus en tenant compte du rendement des arrivants du mercato (Dhorasoo et surtout Meriem, brillant samedi soir). Si l'on ajoute une défense encore très solide malgré l'absence de Roche, une paire de milieux défensifs dont les progrès ont été très nets en quelques mois et une autre d'attaquants fuoriclasse, on se dit que les Girondins ne connaîtront peut-être plus les mêmes frustrations que lors des trois dernières saisons. Mais il est un peu tôt pour l'affirmer.

Pour les Merlus, l'équation à trois inconnues (deux finales de coupe et le maintien) se révèle aussi délicate que prévu, avec un premier échec au stade de France qui n'augure rien de bon pour la suite. La panne offensive s'étant assortie d'une perte de l'assise défensive inculquée par Pouliquen, ce dernier n'a pas fini de se faire des cheveux.

Observations
Vikash Dhorasoo: "Merci au public bordelais qui était vraiment le treizième homme ce soir". Et le douzième, c'était Darcheville ?
Larqué 1975, Pauleta 2002 : la tradition de la somptueuse reprise de volée en finale de coupe ne s'est pas totalement perdue.
Remplacer Darcheville par Guel, c'était pour être sûr de ne pas marquer?
Que diable faisaient les Magic Fans stéphanois avec le kop bordelais?
Le prix du fair-play revient à Ulrich Ramé, qui, en prévision du Mondial, s'est entraîné à remporter une compétition sans jouer.

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