
![]() Tribune de Ligue des champions : plus de petites étoiles que de spectateurs. |
Il faut dire que l'imbécillité de la formule actuelle, qui réussit à rendre sans intérêt des affiches comme Bayern-Manchester, est un peu trop évidente ces jours-ci. Le produit phare et très cher payé des télévisions européennes se déroule devant des tribunes vides et les audiences imitent les publics. Ce n'est d'ailleurs pas tant la voix de la Raison qui a retenti aux oreilles des dirigeants de la confédération européenne que celle des directeurs de chaînes. Ou alors, l'UEFA a enfin reçu notre légendaire pétition de mai 2000.
Bien sûr, les "grands clubs" ont obtenu pour la LdC qu'aucun changement n'intervienne avant 2003/2004, ce qui leur laisse le temps de faire progresser leurs idées et d'affirmer leur pouvoir (notamment auprès de l'UEFA via une probable représentation dans ses instances). Mais on peut inversement espérer que l'épuisement de la formule actuelle va s'aggraver et peser en faveur d'une préservation du sens sportif de la compétition. De toute façon, même si les lobbies parviennent à scier la branche sur laquelle ils sont assis, il y aura du changement (ou alors, le foot finira comme la boxe). Des voix s'élèvent au sein même du G14 pour critiquer le système présent. C'est notamment le cas du Bayern, mais qu'en disent les représentants français, qui ont déjà du mal dans leurs propres championnats?
Le problème est que l'UEFA a en même temps bien affirmé ses engagements envers les clubs : "leur proposer moins de matches, mais avec les mêmes revenus" (AFP 21/11). Une équation difficile à résoudre, en raison justement de la tendance très négative d'un marché des droits de télévision qui menace de s'effondrer. On va donc se tourner des nouvelles ressources, comme Internet et l'UMTS, ou faire cracher le marketing (l'UEFA doit bientôt désigner l'agence qui gérera les droits de la Ligue des champions. Team, l'actuel détenteur, est sur les rangs). Mais quel sera dans deux ans l'état du marché?
En France ou en Italie, on essuie le paradoxe d'être un gros du marché européen qui doit gérer des soirées sans clubs nationaux. On voit TF1 se rabattre (peut-être avantageusement) sur le Real de Zidane et s'apprêter à faire une tournée des "clubs à Français" les soirs où Nantes sera sur Canal. A l'arrivée, les audiences baisseront encore, surtout que les Canaris ne semblent pas partis pour faire des miracles. Et regarder ces Figo, Henry, Zidane, Beckham et autres, sous-employés dans une compétition aussi pénible et probablement dopés pour lui survivre, ce n'est finalement pas si plaisant. Le sport-spectacle, quand on voit plus le sport, ça n'intéresse plus grand monde.
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