
Toutes les causes humanitaires sont parfaitement respectables, et les footballeurs y participent souvent, conformément à un type d'engagement qui n'excède pas le stade des bonnes œuvres. Malheureusement, les publicitaires qui les conçoivent font parfois les mêmes contresens que dans la pub commerciale. La Ligue contre le cancer bénéficie ainsi d'un spot qui met en scène des footballeurs au crâne lisse, afin d'opposer leur popularité à la solitude des malades. Chaque photo est accompagnée du nom du joueur, suivi de la mention "60 millions de supporters". Si le premier membre du trio choisi ne porte pas à sarcasmes (Fabien Barthez), les deux autres laissent rêveurs. Frank Lebœuf et Nicolas Anelka ne sont pas exactement des joueurs consensuels, on peut même être certain qu'ils comptent plus de détracteurs que de fans (en tout cas, ils n'en ont pas 60 millions). Il ne manquait plus que Karembeu et Dugarry pour compléter ce top des sifflés. Envoyez vos sous quand même.
Amère Ligue
Drôle de fin pour cet OL-Barça, qui a soufflé le froid et le chaud et finit comme il a commencé : par une sortie un peu hasardeuse de Grégory Coupet, qui paye peut-être un excès d'euphorie. A deux minutes au moins du coup de sifflet final, il était un peu tôt pour succomber au cliché du gardien qui monte sur les corners. Dommage pour les occasions qui auraient immanquablement suivi.
Santini ne va pas être encouragé à prendre plus d'options offensives, l'audace lyonnaise du début de rencontre ayant été payée de deux buts en deux contres. Lorsque l'ordre est un peu revenu dans la construction du jeu, il n'était pas trop tard pour faire le spectacle, mais pour revenir, si. On aura quand même vu les latérales de Gerland se lever, puis sauter sur place après l'égalisation.
![]() Perpétuant la tradition de Johan Cruyff, Carles Rexach continue d'arroser la pelouse |
Malgré les soupçons d'anti-rhôdanisme qui ont parfois injustement porté sur la rédaction, cette élimination prématurée de la LdC est vraiment décevante, car une nouvelle fois, l'OL avait les moyens sportifs de sortir de sa poule.
L'ironie est que Jean-Michel Aulas fait partie des ultralibéraux qui préconisent la multiplication des matches européens. Pourtant, son club est la parfaite victime d'un système de filtrage qui parvient même à éliminer les outsiders comme Lyon, pour peu qu'ils tombent dans une poule difficile. Il est sûr que c'est contre Leverkusen que le club a perdu ses chances, mais on voit bien à quel point cette première phase de poules est inutile et injuste, avec des sanctions dont la logique sportive est très incertaine. C'est pourtant tout ce qui reste de ces six matches... Le sentiment est exactement le même pour Lille, dont le parcours était très méritoire, et à qui il a manqué peu de choses. Un match nul à La Corogne, voilà un ultime résultat mal récompensé.
La Coupe de l'UEFA pourrait donc être envahie par les clubs français. Depuis le temps que l'on rêve de gagner la dernière vraie Coupe d'Europe (en sursis avant mise en poules), c'est peut-être le moment de remporter la super-consolante.
Observations
Le jour où les matches seront gagnés au nombre de corners Lyon sera champion d'Europe.
Christanval a attendu de jouer au Barça pour faire un bon match.
Mardi soir, l'OL a remporté le championnat de France?
Sélection ou échantillon?
Le parti de l'antifrance a t-il quasiment remporté la victoire dans l'affaire Australie-France? La FIFA recommande en effet aux deux sélectionneurs de ne prélever qu'un joueur par club… Même s'il n'est pas dit que Roger Lemerre se plie à cette injonction, il est tout à fait significatif que la confédération cède ainsi devant les exigences des clubs. Le problème de la libération des joueurs est un des dossiers prioritaires du G14 (voir l'interview de Florentino Perez dans France Football du 23 octobre), qui mène un lobbying constant depuis deux ou trois ans. L'enjeu est la place des équipes nationales dans les calendriers et au-delà, de leur statut dans le football. On sait avec quelle mauvaise foi les dirigeants de clubs revendiquent un allègement des contraintes vis-à-vis des internationaux, tout en votant des deux mains la surcharge des calendriers quand elle leur permet d'augmenter leurs revenus. La pétition signée par onze d'entre eux a montré que la fronde menée par Wenger n'était pas une escarmouche. L'entraîneur d'Arsenal ne s'embarrasse décidément pas de scrupules ou de considérations nationales
A partir du moment où ce match était conclu, il fallait en assumer les conséquences, mais surtout prévoir la lâcheté des instances et donc les risques d'annulation ou de "rétrécissement". En ce sens, la Fédération et l'encadrement de l'équipe de France n'ont pas fait le bon choix. La préparation au Mondial n'avait pas besoin de telles anicroches, parfaites pour la perturber et introduire des dissensions au sein du groupe.
PS : la signature par l'OM de la pétition atteint au ridicule, sachant qu'en plus Frank Lebœuf sera vraisemblablement appelé, le club marseillais ne regorgeant pas spécialement d'internationaux. Accroché aux basques du G14 sans vraiment justifier son appartenance aux "14 plus grands clubs européens", il veut montrer qu'il peut aboyer aussi fort que les gros?
Photo exclusive
![]() Le fameux Celtic Bhoy dans l'exercice de son sacerdoce |
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