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L'heure bleue

Very Bad Tripes

L'Espagne remporte le quart de finale par forfait de la France, qui sort sans émotion de l'Euro et dont la déroute tactique fait question. La nalyseLes observationsLos muchachosVu du forum

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Il est difficile de remporter un match sous anesthésie générale, difficile de le regarder, aussi, et encore plus d'être éliminé à son issue. Il y a même un peu d'écœurement à constater que des Espagnols ennuyeux, qui ont parfois semblé à peine concernés et qui paraissaient faciles à déséquilibrer, n'ont en rien été inquiétés par des Français insignifiants.

 

 

La nalyse

Le paradoxe est que Laurent Blanc a montré une subite audace en alignant un schéma totalement inédit depuis son entrée en fonction... mais en faveur d'une option strictement défensive. Les déclarations d'après-match du sélectionneur et des joueurs, presque satisfaites, ont formulé les objectifs poursuivis: fermer les intervalles, neutraliser l'adversaire en courant beaucoup, arriver à la pause avec le 0-0. Sauf pour le dernier point, on comprend leur sentiment de devoir accompli puisqu'ils ont très bien tenu physiquement et que les Espagnols se sont procurés peu d'occasions. Leurs chiffres font mal dans ce domaine avec trois tirs cadrés – un inoffensif, deux buts (et encore peut-on parler de "1-0 moral", le doublement du score étant survenu en fin de rencontre). L'ironie est que l'équipe de France a très vite perdu son pari sur une action ayant transpercé le flanc droit que Blanc avait renforcé – sans que celui-ci ne renonce ensuite à son plan de départ. Y en avait-il un autre?

 

 

 

L'échec cardinal de cette approche est encore qu'elle a voué les Bleus à une terrible impuissance, mesurable à leurs 4 tirs dont un seul cadré – le coup franc de Cabaye sorti par Casillas. Ils ont aussi peaufiné leurs stats sur les centres, avec 4 réussis sur 18, auxquels s'ajoutent 3 misérables corners et 2 coups francs offensifs. À ce rythme, c'était le 0-0 à la fin des prolongations qu'il fallait viser. En dehors de Ribéry et Koscielny, aucun Tricolore n'a donné sa pleine mesure ni fait de différences dans ce système, dont on a vu qu'il avait gêné les Espagnols sans les perturber outre mesure dès que le score bascula à leur avantage. Tous ont semblé neutralisés, autant par un adversaire confiscateur de ballons que par une stratégie les rendant incapables d'exploiter les leurs. Plus ou moins requalifié en en second attaquant, Ribéry n'a ainsi plus trouvé la bonne distance avec Benzema, alors que leur relation était un point fort de cette équipe. Le soutien ayant été très faible derrière eux, le Madrilène a eu encore moins d'opportunités qu'auparavant.

 

Les joueurs vont très probablement écoper de l'essentiel des critiques. Ils ont contre eux, sur ce match, un déchet consternant dans les passes offensives, principale cause de leur indigence devant le but. Le rythme donné au jeu, les efforts d'imagination et les prises de risques ont une nouvelle fois été insuffisants, et la qualité technique ne s'est pas haussée au niveau de l'événement. Mais c'est tout de même le sélectionneur qui a perdu cette pénible bataille tactique, en renonçant à appliquer la "philosophie" que lui et ses médiatiques disciples avaient proclamée. De façon assez cruelle, la rencontre a démontré qu'une plus grande ambition aurait eu de bien plus grandes chances de réussite. C'était déjà le message de France-Angleterre et France-Suède.

 

 

 

 

 

Les observations en vrac

Blanc a donc pris Ménez, Valbuena, Nasri et Ben Arfa pour un poste auquel il a finalement titularisé Debuchy.

 

Encore des soucis d'organisation à Donetsk: après le match retardé d'une heure, le match annulé.

 

Mathieu Valbuena est le grand vainqueur de cet Euro parmi les 23.

 

Si vous n'avez rien compris à la règle des cartons jaunes qui sont remis à zéro après les quarts de finale, ne demandez surtout pas conseil à Christian Jeanpierre.

 

Deux heures après la rencontre, le staff des Bleus cherchait encore les vertèbres abandonnées par Rami sur le dribble de Pedro.

 

Les Espagnols ont eu l'air de s'ennuyer autant que nous.

 

Petit moment d'émotion lorsque Samir Nasri a perdu son dernier ballon de l'Euro.

 

Quand il se fait sanctionner pour une faute inexistante, Ménez parvient à prendre un carton mérité.

 

Samir Nasri marque donc 5000 points et conforte sa place de leader au Challenge Nicolas Anelka.

 

Et pendant ce temps, David Trezeguet inscrivait un doublé avec River.

 

 

 

Los Muchachos

Casillas a envoyé en touche les deux dégagements qu’il a eus à faire au pied, (9e, 84e). Sur son seul arrêt (32e, coup-franc de Cabaye) et ses rares sorties (32e, 61e), le portier madrilène a montré qu’il était concentré et ne s’ennuyait pas tant que ça.

 

Bien aidés par le marquage large et le placement trop axial de Clichy, ainsi que par le faible travail défensif de Ribéry, Arbeloa et David Silva ont passé une soirée plutôt tranquille, pouvant aisément combiner – l’arrière latéral prenant le couloir dans le dos du Mancunien qui aura réussi à se montrer disponible et à bien garder le ballon.

 

Souvent chahuté par les joueurs français (44e, 54e, 76e), l’actif Jordi Alba a une très bonne cote, avec notamment ce débordement qui met Debuchy à terre et ce centre déposé sur la tête de Xabi Alonso pour l’ouverture du score espagnole (19e). Sur cette action, le décalage est créé par un ballon en profondeur d’Iniesta, qui a connu un match serein et efficace, tentant de combiner avec Fabregas, avec notamment un joli L1+Croix-Rond à l’entrée de la surface française (38e).

 

 

 

Piqué a seulement eu besoin d’assurer quelques couvertures (31e, 48e, 58e, 63e) et a pu placer une tête sur corner (39e). Plus en vue et plus énergique, son acolyte Ramos a fait parler son sens de l’anticipation pour intercepter certaines passes françaises ou être le premier au duel (2e, 4e, 55e, 60e, 61e, 78e).

 

Toujours aussi efficace, Busquets a signé quelques gestes aussi utiles que jolis, dont cet extérieur pour Xavi qui permet d’éliminer deux adversaires (45e+1). La prestation de Xabi Alonso – faite de jeu long et précis, d’intelligence et de présence défensives, de pressing efficace et d’apport offensif significatif, avec un lob lointain audacieux (8e) et l’ouverture du score sur une tête placée (19e) – a été parfatement accomplie. Son penalty bien tiré et transformé conclut idéalement cette centième sélection.

 

Xavi a pu jouer à son rythme et a plutôt bien tiré les corners ibériques. À noter sa magnifique passe en diagonale pour Fabregas dans la surface (62e). L’ancien Gunner, à ce poste très avancé, a eu peu de ballons à exploiter et a tenté d’orienter à base de remises (11e, 20e).

 

Du côté des remplaçants, hormis l’entrée plutôt timide de Torres, qui a été lancé une fois en position de hors-jeu (80e) et contré par Koscielny dans la surface (90e+4), Cazorla et Pedro obtiennent le penalty du break, sur une passe du premier pour le second qui se fait accrocher dans la surface par Réveillère.

 

 

 

Vu du forum

=>> Safet le prophète - 19h04
En fait, Laurent Blanc passe son test d'embauche à Chelsea.

 

=>> newuser - 21h01
Plutôt que de faire jouer Nasri arrière droit, il fait jouer un arrière droit à la place de Nasri. Prends ça dans ta face Mourinho!

 

=>> Safet sous x - 21h37
Si Benzema dezone davantage, il sera en avance dans le bus.

 

=>> lemeu - 21h49
C'est là qu'on rêve de voir Nicolas Anelka comme consultant pour nous parler de notre système de jeu.

 

=>> Attilio - 21h53
Donc là logiquement c'est Debuchy qui doit marquer un doublé venu d'une autre planète pour nous qualifier?
=>> Exilé17 - 21h55
La dernière fois que Debuchy a fait un doublé, un mien ami lillois avait commenté successivement : "Les Martiens ont débarqué dans le vieux Lille", puis "les Martiens sont en terrasse rue de Béthune et re-commandent une bière."

 

=>> Benoit Fleck - 21h58
C'est spécial comme tactique, mettre deux arrières droit et laisser un gros trou à gauche avec le milieu, flèche en avant. On dirait moi à Fifa12 lorsque je panique après plusieurs défaites et tente de révolutionner le 4-2-3-1.


=>> cocobeloeil - 22h00
On a peur d'attaquer à cause des contres, on a peur de défendre car les autres sont des magiciens, on a peur de créer du jeu au milieu parcequ'y a personne pour le faire, on a peur de presser car c'est trop fatigant, on a peur de perdre etc... Tout ça fait vraiment peur. J'en peux plus de la frilosité incompréhensible de ces joueurs et de ce coach...


=>> Save Our Sport - 22h05
Benzema est très bon en meneur de jeu je trouve, dommage qu'il n'y ait pas d'avant-centre devant lui.

 

=>> Ô Mexico - 22h22
En fait, Blanc s'est inspiré de Löw : il a mis Nasri et Ménez au repos en prévision de la demi-finale.

 

=>> Ba Zenga - 22h30
C'est donc ça, se faire écraser 1-0...

 

=>> Joey Tribbiani - 22h46
Cette équipe a à peu près l'intelligence tactique d'un poulet sans tête. Et la gnaque d'une limace sous Prozac.

 

=>> Rigoboum Song - 23h04
Je tiens à dire que j'ai vraiment adoré le "Va fanculo, va", de Menez à l'arbitre italien. C'était magique de connerie.
 

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