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L'équipe de France rate sa sortie du groupe D, mais passe en quart de finale quand même • La nalyseLes observationsLes garsVu du forum

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Avec la qualification, un match raté n'est pas un drame, et il aura peut-être les avantages d'un rappel à la modestie, voire les vertus d'un électrochoc. Pour l'heure, il semble surtout avoir enrayé la belle progression constatée en ce mois de juin, et compromis la confiance accumulée. L'équipe de France a réinitialisé ses ambitions, et elle devra, en quart de finale, improviser une réponse bien plus consistante. Dans l'absolu, elle devrait avoir moins de difficultés à s'exprimer face à une formation du calibre de l'Espagne, dans un match couperet obligeant tout le monde à jouer. Et à l'issue duquel nous en saurons plus sur les véritables ressources des Bleus.

 


La nalyse

Avec un engagement très insuffisant dans les duels, les Bleus ont fait semblant de récupérer le ballon à de nombreuses reprises, pour le perdre dans la foulée. Et avec des défenseurs centraux qui ont tout de suite joué aux culbutos, les Suédois n'ont pas trop peiné pour porter le danger, avec notamment Toivonen échappant à Mexès pour passer Lloris d'un dribble extérieur puis échouer sur l'extérieur du poteau (10e). Ce sera la seule véritable occasion des Jaunes... jusqu'à celles des 53e et 54e minutes, la seconde leur permettant d'ouvrir le score. Juste avant l'heure de jeu, une seconde rafale met deux fois Lloris à contribution, avant que les Tricolores n'installent une domination impuissante.

 

 

En dehors de Ribéry, qui a donné un peu de sens au chaos, Nasri, Ben Arfa et Benzema ont énormément cafouillé, sans parvenir à compléter leurs actions ni à rompre l'enlisement général. Avec bien plus de rythme et d'engagement, ce choix d'une créativité brouillonne avait bien fonctionné contre l'Ukraine, cette fois il a été d'une grande stérilité. Les combinaisons ont rarement abouti à des positions de frappe suffisamment confortables, l'exploitation des centres a tourné à la parodie, celle de la profondeur a été quasi nulle et Ben Arfa n'a semblé qu'aggraver le problème. Le bilan de 4 tirs cadrés sur 24 (7 contrés, 13 hors-cadre) résumé assez bien cette crise offensive.

 

Le soutien offensif de Diarra et M'vila ayant par ailleurs été limité, et l'activisme des latéraux peu récompensé, les Suédois ont pu défendre sans trop souffrir, et se mettre très vite en position de déséquilibrer l'équipe de France. Le placement assez haut des milieux scandinaves leur a permis de bien défendre tout en conservant la capacité de pousser rapidement leurs (rares) attaques. Un coup d'éclat de Zlatan et un but dans le temps additionnel auront suffi à une victoire tout de même flatteuse.

 

Peut-être mal protégée par un entrejeu déficient, la défense a alourdi son bilan de deux buts, en même temps que le poids de ses doutes, et souffert à chaque fois qu'elle a été sollicitée dans l'axe: entre bévues et fautes de placement, Rami et Mexès n'ont rassuré personne, surtout pas eux-mêmes. Au moins l'avertissement reçu par le Milanais a-t-il forcé un changement pour la prochaine rencontre... La formule retenue par Blanc a peu de chances d'être moins sûre que celle sur laquelle il avait initialement misé. L'ensemble de ses choix pour cette rencontre peuvent être questionnés, de la composition de départ aux changements, compte tenu de leur faible rendement et d'une logique assez insaisissable – comme s'il avait voulu faire de ce troisième match un ultime moment d'expérimentation.

 

 

 

 

 

Les observations en vrac

L'action typique des Bleus, ça a été le centre pour Persson.

 

Normalement, les représailles journalistiques contre Nasri devrait permettre à Ben Arfa de passer entre les gouttes.

 

Loto : les frappes françaises ont atteint les lignes 3, 5, 6 7 et 8 de la piste d'athlétisme.

 

Bien joué, de faire exprès de jouer l'Espagne en lui faisant croire que l'équipe de France est nulle: Marca et As devraient tomber facilement dans le panneau.

 

Cette fois, les deux défenseurs centraux sont exactement au même niveau.

 

Ramzi, Dominique Grimaud, Omar Sy, Bruno Derrien...Le plateau de 100% Foot était encore plus effrayant que la compo de l'équipe de France.

 

Balbir et Larqué s'excitent tellement l'un l'autre qu'on dirait un dialogue sur 36 15 Domina.

 

 

 

 

 

Les gars


Débordé par Toivonen pour la première occasion nette des Suédois, Lloris fait bien les choses ensuite, en repoussant la frappe de Larsson à angle fermé (53e) puis celle de Wilhelmsson (57e), et en sortant d'une claquette la volée vicieuse de Mellberg sur corner (58e). Impuissant sur les deux buts, il devra encore sortir dans les pieds de Wilhelmsson au bout des arrêts de jeu.

 

Mexès commence par rater son duel de la tête avec Toivonen, laissant ce dernier s'échapper (10e), et il a encore eu du mal par la suite, intervenant parfois à contretemps avant d'écoper d'un carton qui le privera du quart de finale.

 

Rami vole sous l'impact de son premier duel avec Ibrahimovic, concédant un coup franc (7e). Comme contre l'Ukraine, il a joué plus bas que Mexès et s'il affiche 100% de réussite dans ses passes, il a peiné à dégager son camp, et est devancé sur l'occasion de Mellberg (57e).

 

Debuchy a été moins à son avantage qu'auparavant, avec des fautes concédées dans son couloir (au prix d'un avertissement) et une entente très limitée avec Ben Arfa. Il a encore centré – à quatre reprises – en vain, mais a été plus heureux avec ses passes en retrait. Il revient bien sur Ibrahimovic, (34e).

 

Plus sollicité que son homologue de droite, Clichy a rendu une copie défensive propre, sans commettre de faute ni être mis hors de position – même s'il est assez loin du centreur décisif. Le Citizen a proposé du soutien à gauche et à Ribéry, délivrant lui aussi quatre centres sans repreneurs.

 

Diarra n'est sorti de l'ombre que pour placer un tir tendu des vingt-cinq mètres (53e). Il avait Ibrahimovic dans sa zone, mais trottine dix bons mètres derrière celui-ci au moment où il place son ciseau, après être en vain monté sur Källström. Auteur de six fautes qui lui ont fait frôler le carton.

 

M'Vila a joué presque sans déchet (95% de passes réussies), mais sa participation est restée d'une grande neutralité, avec des transmissions convenues. Probablement handicapé par un manque de rythme, il sollicite quand même Isaksson sur un tir puissant (71e). Moins convaincant que Cabaye en 8.

 

Il n'y a pas de raison de considérer Nasri comme plus responsable que les autres. Il a joué dans son registre habituel, touchant un grand nombre de ballons sans trouver de solutions probantes: il a notamment moins bien combiné avec Benzema et Ribéry, et tiré une seule fois au but – une bonne frappe croisée passée près du poteau (64e). Une belle inspiration avec une passe à ras de terre que Mexès a été à deux orteils de pouvoir reprendre (77e), d'autres moins bien exécutées, comme ce une-deux trop long pour Benzema (16e). Sa perte de balle précédant une occasion suédoise, dans le temps additionnel de la première mi-temps, a définitivement lâché Jean-Michel Larqué contre lui.

 

Ben Arfa a semblé terriblement absent, soit engoncé dans une zone étroite sur son côté, évoluant très bas, soit errant dans l'axe sans y trouver plus son utilité. Trois tirs hors-cadre, 20% de passes ratées, une lenteur confondante: on a peu de chances de revoir Ben Arfa lors de cet Euro.

 

Ribéry a joué à une tout autre vitesse que ses coéquipiers, partant en percussion et débordant pour s'offrir des positions de centre ou de tir. Il allume Isaksson à angle fermé dès la 8e minute, mais ses trois autres tentatives seront non cadrées, contrées ou déviées (comme celle, dans l'axe, juste avant la pause). Il a aussi récupéré bon nombre de ballons, obtenu six coups francs et mené les contres, permutant parfois pour des excursions à droite ou dans l'axe. Trop seul à ce niveau.

 

Quatre tirs non cadrés, quatre tirs contrés: ces chiffres résument l'activité et l'inefficacité de Benzema, qui a eu du mal à prendre de la vitesse (une frappe enroulée à la 51e) et à sortir de ses dribbles. Il a essentiellement évolué à hauteur des trente mètres, en se déportant plutôt à gauche, pour jouer en relais.

 


Chez les entrants, Ménez a essayé de remettre de l'impact côté droit, mais il est resté loin du but. Giroud surgit parfaitement sur un corner de Malouda, mais place mal sa tête (83e). Il aura peu d'autres occasions de s'exprimer. Malouda a obéi à un positionnement incertain, et on l'a vu manquer deux tirs coup sur coup (74e).

 

 

 

Vu du forum

=>> Jankulovic Hasek - 21h26
On n'a personne d'autre que Rami pour passer les pénalités ?

 

=>> ESD.3 - 21h42
Ben Arfa doit être jaloux des photos d'Iniesta avec cinq adversaires autour de lui: il veut la même pour chez lui alors il prend le ballon et fonce dans le tas...

 

=>> Marius T - 21h52
On est obligé d'aller en quart ?

 

=>> Vas-y Mako! - 22h11
Un "tir de bédouin, ou de femme enceinte" de Diarra, comme disait Thierry Roland.

 

=>> animasana - 22h16
Faudra peut être sortir Lloris, il va être crevé pour son quart.

 

=>> Moravcik dans les prés - 22h28
Un autre changement, peut-être, Lolo ? Ou alors tu ne veux pas modifier le fragile équilibre d'une équipe dans un grand jour?

 

=>> sansai - 22h33
Décidément très bon ce Wilhelmsson. J'espère que Kita l'aura remarqué.

 

=>> RabbiJacob - 22h35
Mexès a failli marquer. Pour son dernier match en bleu ça aurait été chouette.

 

=>> RabbiJacob - 22h49
Bon, on peut dire qu'on fait honneur à notre quatrième chapeau sur ce coup là.

 

 


Les titres auxquels vous avez échappé

Kiev lève-toi
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