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Quand tu nous es arrivé, j’avoue ne pas avoir immédiatement eu conscience du cadeau que tu étais. Certes, tu avais fait de belles choses avec Porto, y compris au Vélodrome en 2007, à une époque où nous ne rêvions pas encore des huitièmes de finale de la Ligue des champions. Il faut dire que tu nous as été offert emballé dans l’urne mortuaire de RLD. Tu étais certes un très gros cadeau, de ceux qui te garantissent des oranges à Noël (Mancini…).

 

Je me souviens de tes premiers pas avec notre maillot. Un jour de juillet 2009, contre Ajaccio. De retour de blessure, tu cours à peine le long de la ligne de touche, mais déjà ton toucher de balle est une promesse. Malheureusement, contre Saint-Étienne, il suffira d’un Kévin pour te fracturer la clavicule, manquer le début du championnat et retarder la promesse.

 

 

Rapidement, tu confirmes les espoirs que nous pouvons légitimement placer en ton football, avec pour hors-d’œuvre ta passe pour Édouard Cissé contre Montpellier en début de saison. Il te faudra pourtant quelques semaines, et un penalty sur la barre transversale de Casillas, avant d’atteindre le niveau qui nous permettra d’emporter le championnat en mai 2010. Durant ces six mois, tu as caressé le ballon pour notre plus grand plaisir. Certains retiendront ton but au Parc des Princes, tes trois passes décisives contre Nice, le corner où tu enroules le ballon pour l’ouverture du score de Souleymane Diawara en finale de la Coupe de la Ligue, ou le troisième but contre Rennes par lequel tu scelles le titre. D’autres retiendront peut-être ta manière, lors de ton but contre Valenciennes, de préférer applaudir ton passeur décisif Hatem Ben Arfa.

 

En 2010-2011, ton jeu évolue. Tes statistiques sont moins clinquantes, tes passes sont moins saillantes, et tu souffres un peu plus dans les contacts. Mais tu persistes à avaler le terrain, à capter le ballon, et à calmer le jeu.

 

Tes détracteurs te réduiront peut-être au prix que l’OM a dû payer pour te faire venir, ou à tes plus pâles prestations – soyons honnêtes, certaines le furent. Ils regrettent sans doute que tu ne sois pas le joueur que tu n’as pourtant jamais été. Que tu ne flambes pas avec des passements de jambes, que tu ne perfores pas les lignes adverses par des courses folles, et que tu préfères placer ton ballon avec ce que l’amour implique comme douceur et comme risque plutôt que de l’expédier dans le but avec force. Et ta timidité, peut-être, aussi. Malgré les critiques et les cambriolages, tu restes calme au milieu du bruit et de l'impatience.

 

Pourtant, ils devraient demander à tes coéquipiers ce que tu leur apportes à chaque match. Cette disponibilité, cette précision, cette faculté à lire à le jeu, cette capacité à le ralentir en posant les transmissions, ou à l’accélérer en donnant au ballon la trajectoire idéale. L’assurance de ne jamais voir la balle inutilement portée: elle va plus vite sans toi, et tu en as bien conscience.

 

Ils devraient aussi demander à tes adversaires combien tu as pu leur faire mal. Certes pas par des gestes techniques insoupçonnés, mais par ta manière de ne jamais courir et d’être pourtant toujours là, sur la trajectoire de leurs passes, et de ne jamais leur donner l’opportunité d’être sur celle des tiennes, par ta manière de renverser le jeu et de révéler leur déséquilibre tactique. Et leur admiration, peut-être, aussi, lorsqu’ils voient combien il est beau de caresser le ballon.

 

Quand je te regardais jouer, je me disais que le football devrait plus souvent ressembler au tien. Un jeu d’échec plutôt que de massacre, et un ballon embrassé plutôt que débarrassé. N’en doute pas: nous t’avons aimé et nous te regrettons déjà.
 

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