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Jihair et Gone N'Rosette

Ballon de Plomb, les candidats : A. Diarra et Diakhaté

Un capitaine qui coule ses propres navires, un défenseur qui perd des matches à lui tout seul: deux candidatures de poids.

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Alou Diarra, capitaine de sous-marin

"Didier Deschamps ne peut pas se tromper sur un numéro six. Didier Deschamps ne peut pas se tromper sur un numéro six. Non, pas Deschamps, pas lui, pas sur un six." Ce leitmotiv n’a cessé d’accompagner les observateurs de son transfert à l’OM cet été, avec un an de retard. C’est d’ailleurs cette obsession du plus emblématique de nos milieux défensifs pour Alou Diarra qui surprend. Capitaine échoué du FCGB qui s’effondre en quatre mois, capitaine déchu d’une équipe de France envieuse des Xavi et Iniesta voisins, transféré presque contre son gré à l’OM, sa trajectoire des derniers mois s’apparente à une lente et inexorable déliquescence contre laquelle aucune BCE ni sommet gouvernemental ne peut rien faire – qui ne peuvent de toutes façons rien faire, du reste. Avec une telle aptitude à couler tout ce qu’il touche, les enquêteurs du Bugaled Breizh seraient inspirés d’étudier son alibi à l’hiver 2004.

 

Si Fabrice Fiorèse doit beaucoup de son Ballon de Plomb à ses déclarations d’amour tapageuses à son arrivée à Marseille, Alou Diarra a fait preuve d’un constant renâclement à signer à l’OM. En 2010, il refuse de quitter un Bordeaux chancelant pour le champion en titre, ce que Souleymane Diawara avait anticipé avec brio un an plus tôt. Cette année, chipotant sur des conditions financières pourtant apparemment respectueuses, repoussant la signature dans l’espoir d’un appel miraculeux d’un autre club, Alou Diarra a consciencieusement mis en place les conditions d’une intégration médiatique difficile dans son nouveau club.

 

Malgré le soutien de ses trois entraîneurs (Tigana puis Deschamps, et Blanc), dont aucun n’est suspect de méconnaissance du poste, il traîne sa peine sur les terrains, échouant même à faire le minimum attendu d’un joueur connu pour son impact. Il ne stabilise aucun milieu des trois équipes dans lesquelles il joue et dans son rôle de capitaine, il donne l’impression de n’avoir aucune influence sur ses co-équipiers. En interview, il semble dans le déni complet en refusant toute autocritique, se décernant parfois des satisfecits ahurissants et rembarrant les journalistes en les invitant à consulter ses statistiques. Et alors que personne dans le vestiaire des Bleus ne lui dispute le brassard, c’est sur le terrain qu’il le perd, le sélectionneur ne s’y résolvant qu’avec mauvaise volonté.

 

Pour finir, c’est Deschamps qui souligne bien la pertinence de sa candidature en lui adjoignant Mbia, un bien médiocre milieu mais un excellent défenseur, pour réussir à valoriser son investissement. Avec deux verres à moitié vides, il réussit à en faire un potable, c’est de la magie.

 


Point fort
Il a moins joué à Liverpool que Pegguy Arphexad.

 

Point faible
Malin, il a commencé à retrouver un meilleur niveau quelques semaines avant l'élection.

 

Le slogan de campagne
"Alou, un grand coup de mou".

 

 

 

Pape Diakhaté, à la vitesse du plomb

Lorsque Pape Diakhaté arrive à Lyon en septembre 2010, c’est pour renforcer une défense minée par les blessures, suppléer un Lovren encore un peu jeune et offrir à un Cris de plus en plus fantômatique une béquille sur laquelle s’appuyer. Mais Diakhaté arrive déjà handicapé. D’abord, il vient du Forez, ce qui, pour les supporters lyonnais, oblige à être performant immédiatement. Piquionne ou Monsoreau témoignent qu’en arrivant par l’autoroute A(K)47, il vaut mieux avoir un gilet pare-balles, au risque de vous faire plomber très rapidement.

 

Deuxième handicap, Diakhaté possède une caractéristique génétique assez rare chez les footballeurs de haut niveau. Il a les pieds carrés, la tête en mousse et des jambes en chaîne de tronçonneuse. Ainsi, alors que Lyon mène 2-0 contre Nice à dix minutes de la fin, il réussit l’exploit de provoquer deux penalties, prendre un carton rouge et faire hurler Lloris – qui n’est pas réputé pour son caractère expansif.

 

Mais Lyon lui fait confiance –n’ayant pas tellement le choix puisque les autres défenseurs jouent à "kikiçè qui se pète un genou en premier" – et le fait jouer 24 fois durant le championnat, plus six matches de coupe d’Europe où son sens du placement en bois, ses merveilles de relances dans l’axe et ses célébrissimes tacles en retard font de lui le défenseur le plus aimé de France et de Navarre.

 

Mais son fait d’armes le plus extraordinaire, le plus improbable, est d’avoir réussi à mettre d’accord Lyonnais et Stéphanois sur une idée commune: huit millions d’euros de levée d’option (somme demandé par le Dynamo Kiev alors propriétaire), c’est au mieux une surprise, au pire une insulte au bon goût footballistique et, plus généralement, un sujet d’hilarité pour les supporters des deux camps.

 


Point fort
Grace à lui, Lloris est devenu le merveilleux gardien qu’il est aujourd’hui.

 

Point faible
Un caractère beaucoup trop mou pour rivaliser avec Maazou.

 

Le slogan de campagne
"Vous avez enfin la possibilité de voter pour le Pape."

 

 


 

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