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Les stats du Ballon de Plomb

Puisque le BdP commence à prendre de la bouteille, passons-le au crible des chiffres.
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On a tendance à croire qu’on peut tout faire dire aux statistiques. Encore faut-il bien savoir découper l’information avant de la servir. Fêtant cette année sa huitième édition, le rejeton Ballon de Plomb veut savoir où il en est, qui il est. Comme tout se décide avant six ans, parait-il, il est temps pour lui de débuter l’analyse.


Le PSG et l’OM toujours présents
Premier écueil auquel le Ballon de Plomb n’échappe pas : le duel OM-PSG. Voici en effet les deux seuls clubs à placer au minimum un candidat chaque année (la palme revenant à la formation de la capitale avec ses 5 candidats lors de la première élection de 2003), également premiers au nombre total de joueurs nommés (17 chacun). Suivent un Bordeaux très régulier et un Monaco qui a accusé sévèrement sa dépression post-2004.
Le monument en péril Nantes n’est pas en reste, avec 10 joueurs cités au total. L’OL n’a encore que ses yeux pour pleurer, avec ses 6 malheureux candidats, malgré deux vainqueurs dans ses rangs (Pedretti 2005 et Piquionne 2008) qui viennent concurrencer les quatre lauréats franciliens (Llacer 2003, Fiorèse 2004, Mendy 2006 et Kezman 2009) et les trois phocéens (Fiorèse 2004, Pedretti 2005 et Moussilou 2007) (1). L'AS Saint-Étienne affiche quant à elle le meilleur ratio victoire/nomination, avec un sacre sur trois candidatures (Moussilou 2007).

Clubs ayant eu au moins 5 joueurs nommés au total

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La part belle aux attaquants et aux défenseurs
On a beau râler devant le manque de gardiens au palmarès du Ballon d’Or, il en va de même pour celui de Plomb. Il s’agit de la caste la moins nommée (10 sur 104), avec pourtant trois candidatures de Damien Grégorini (2006, 2007 et 2010). Surtout, elle reste la seule à ne pas encore avoir reçu la distinction suprême. La qualité supposée des gardiens de notre championnat y est peut-être pour quelque chose.
L’électeur a un faible pour les défenseurs techniquement douteux (28 nominations pour 3 lauréats) et les attaquants aux choix de carrière hasardeux et à l’inefficacité prodigieuse (38 nominations pour 4 vainqueurs). Seul Pedretti en 2005 sauve la corporation des milieux, pourtant autant candidate que celle des défenseurs (28 fois). Si dans trois ans on veut composer une équipe-type de plombés qui tienne plus ou moins la route, il faudra sacrer un gardien et deux milieux afin d'afficher une formation 3-3-4 pleine d’eau fraiche.

Nombre de joueurs nommés et de lauréats par poste

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Sauter du train en marche
Vainqueur au bout de trois nominations, Bernard Mendy est l’exception qui confirme la règle: tous les autres lauréats l'ont emporté dès la première nomination – ce qui leur a épargné de revenir dans la liste ensuite, au contraire des multi-nominés jamais sacrés. Le Pascal Obispo de cette élection, Stéphane Dalmat, connaît le revers de la médaille, avec 5 nominations successives infructueuses entre 2005 et 2009. On souhaite un bon courage à Grégorini et à Dieuze, qui ont une série en cours.

Joueurs ayant été nommés au moins deux fois

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La France, loin devant
Pays hôte du Ballon de Plomb, la France y est surreprésentée, avec 65 joueurs nommés au total, ce qui la fait occuper le haut du panier, sans véritable rivale. Le Brésil et la Côte d’Ivoire suivent très loin avec respectivement 8 et 7 nominations, tandis que les autres se partagent les miettes. Seule la Serbie, avec Kezman, ets venu contrarier la suprématie hexagonale au classement des vainqueurs (et  Moussilou si on lui prête la nationalité congolaise). (2)

Nations affichant au moins deux nommés

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Pedretti, le plus beau lauréat
On ne parle pas du physique, mais plutôt de suffrages reçus et d’écart avec le dauphin. En effet, le milieu de terrain auxerrois est le seul vainqueur à avoir franchi la barre des 30% de voix ou de points (3) en sa faveur. Il peut également se targuer d’avoir relégué le premier concurrent à plus de 18%, ce qui en fait le gagnant le plus tranquille. Cette victoire éclatante était-elle le signe précurseur du redressement de sa carrière? Si les élections entre 2007 et 2009 furent les plus serrées, le millésime 2010 a sacré Yohan Demont avec 11,39% de points d’avance sur Hatem Ben Arfa, soit le second plus gros écart de l’histoire. Quoi qu’il en soit, pour gagner le Ballon de Plomb, il faut au moins rassembler un électeur sur cinq.

Suffrages récoltés par les lauréats et écarts avec les seconds

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Une tête de vainqueur ?
Le Ballon de Plomb a en moyenne 28 ans et demi, soit l’âge de la plénitude footballistique, prétend-on. Mais en réalité, aucun lauréat n’avait cet âge au moment de recevoir le trophée. En effet, le palmarès affiche quatre trentenaires et trois joueurs de 25 ans (élus d’ailleurs successivement entre 2005 et 2007). La tendance sur les dernières années est quand même au vieillissement de la population.
L’influence des astres est très difficile à déterminer, avec pas moins de 7 signes différents pour 8 vainqueurs (seul le Lion apparait deux fois). Désolé Raymond, ça ne doit pas t’aider à composer une équipe de Plomb qui fera de l’ombre à la France du Mondial 2010.

Age et signe astrologique des lauréats

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(1) Une élection se décidant sur une année civile, un joueur peut avoir évolué dans deux clubs différents au cours de celle-ci.
(2) Les doubles nationalités ont été prises en compte.
(3) Le système de votes a changé en 2007, passant d’un classement de voix récoltées à une attribution de points pour les trois candidats préférés de l’électeur.


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