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Christophe Zemmour

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Arconada 1984, naufrage au Parc

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La télévision comme justice divine

Top 10 : France-Espagne

Avant de savoir si les Bleus vont empêcher la Roja de continuer sa route vers un triplé, retour sur dix confrontations marquantes entre les deux voisins.

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10. Malaga, 6 février 2008 – En rouge et jaune

L’équipe de France revêt pour ce match amical de l’hiver une tunique rouge qu’elle a autrefois portée et qui fera parler... pas très longtemps non plus [1]. La volonté commerciale sous-jacente fait donc évoluer les Bleus dans une tenue sang et bleu, soit la couleur traditionnelle de l’Espagne qui, elle, joue en jaune doré. Plus qu’une partie de tricot, il s’agit là d’une revanche du huitième de finale du Mondial 2006.

 

La Roja l’emporte sur un but de Joan Capdevila, qui reprend un tir d’Andres Iniesta renvoyé par Lassana Diarra sur sa ligne. Quelques minutes plus tard, Thierry Henry ne parvient pas à mettre au fond une tête de Benzema qui vient de frapper la barre. La sélection espagnole ira par la suite remporter son second titre européen, alors que la France connaîtra un premier tour désastreux.

 

 

 

 

9. Leeds, 15 juin 1996 – Un nul fâcheux

49e minute de jeu: grâce à un contrôle chanceux, car il est aidé par le fait que son pied d’appui touche le ballon mal réceptionné et le met bien dans sa course, Youri Djorkaeff peut se présenter face à Andoni Zubizarreta qu’il bat d’un tir du pied droit. La France tient cet avantage de 1-0 qui la qualifie pour les quarts de finale de cet Euro 1996 après son succès initial sur le même score face à la Roumanie jusqu’à la 86e. Sur un changement d’aile espagnol, Didier Deschamps, qui n’entend pas Bixente Lizarazu lui crier “Laisse!”, dégage le ballon de la tête sur un adversaire. José Luis Caminero trompe Bernard Lama d’une reprise piquée du droit.

 

Ce résultat nul soulève alors des questionnements sur l’efficacité offensive de la France, contrainte de jouer sa qualification face à la Bulgarie, tandis que l’Espagne préserve ses chances. Toutes deux passeront l’obstacle du premier tour, avant de céder aux tirs au but, respectivement face à la République tchèque en demies et à l’Angleterre en quarts.

 

 

 

8. Paris, 20 février 1991 – Une papinade, une

Pour cette phase de qualifications à l’Euro suédois, la France hérite du groupe 1 dans lequel elle doit croiser le fer avec l’Espagne et la Tchécoslovaquie qu’elle affronte à domicile lors des matches aller. Après avoir battu 2-1 les coéquipiers de ?ubomír Morav?ík le 13 octobre 1990, les Bleus s’offrent une nouvelle victoire probante face à la Selección. Frank Sauzée répond rapidement à l’ouverture du score précoce de José María Bakero, en reprenant de la tête un coup franc de Jean-Philippe Durand.

 

C’est l'attaquant marseillais qui va donner l’avantage à la France sur une action caractéristique de son jeu: situé au point de penalty, l’attaquant marseillais, de trois quart par rapport au but, se jette bien le pied droit tendu pour reprendre un centre venu de la droite et placer le ballon dans le coin gauche du but espagnol (voir la vidéo). À la 76e, Laurent Blanc clôt la marque et scelle cette quatrième victoire en autant de matches. La France rééditera cette performance lors de la phase retour mais sera éliminée dès le premier tour du tournoi final.

 

 

 

7. Saint-Denis, 28 janvier 1998 – Sibérique

L’Espagne est invaincue depuis presque quatre ans avant ce premier match de l’histoire du Stade de France. Par un froid sibérien, la France entame donc son année 1998 qui doit la mener vers sa Coupe du monde par une affiche censée lui permettre de se jauger. Les Bleus mettent beaucoup de rythme et s’offrent des motifs de satisfaction. En premier lieu, le placement de Youri Djorkaeff derrière Stéphane Guivarc’h et la prestation de Zinédine Zidane, tous deux impliqués dans le seul but du match.

 

À la 20e minute de jeu, la frappe soudaine, flottante et puissante de l’Intériste met en difficulté Zubizaretta qui ne fait que repousser le ballon sur son poteau. Zidane a bien suivi et ouvre le score d'un plat du pied droit. En seconde période, un jeune attaquant nommé David Trezeguet effectue des débuts remarqués en sélection, se créant plusieurs occasions sans néanmoins marquer. Les Bleus mettent ainsi fin à l’invincibilité de l’Espagne qui, elle, ne saura pas franchir le premier tour du Mondial hexagonal.

 

 

 

 

6. Madrid, 17 mars 1955 – Kopa et sa bande se révèlent à l’Espagne

Un an avant la première finale de C1 qui opposera le Stade de Reims au Real Madrid, l’Espagne accueille la France dans le stade de Chamartin. Devant 125.000 spectateurs, la Roja ouvre le score dès la 11e minute par Piru Gaínza. Mais les partenaires de Roger Marche vont alors fournir une prestation de haut niveau, dans la veine de ce qu’on appelle pas encore un “match référence”.

 

Grâce notamment à un Raymond Kopa flamboyant, les Bleus égalisent à la 25e par le biais de l’attaquant rémois avant de prendre l’avantage par Jean Vincent, qui reprend un centre de Léon Glovacki. Il s’agit alors d’une des plus belles victoires de l’histoire de l’équipe de France, parmi celles qui construiront le groupe appelé à décrocher une troisième place à la Coupe du monde 1958 et feront connaître Kopa au public et au football espagnols.

 

 

 

5. Valence, 28 mars 2001 – La revanche amicale de la Roja

Les Espagnols y tiennent: ils veulent absolument battre l’équipe de France, leur bourreau de l’Euro 2000, à l'occasion de ce match amical valencian. L’affiche est donc montée en épingle et cela se ressent sur le terrain. Les joueurs de la Selección mettent beaucoup d’activité et d’engagement, et marquent par deux fois juste avant et juste après la pause, par Ivan Helguera à la 41e et Fernando Morientes à la 49e.

 

L’équipe de France a toutes les peines du monde lors de cette rencontre et ne parvient à réduire le score qu’à la 85e par David Trezeguet. Après deux victoires convaincantes face à l’Allemagne (1-0) et au Japon (5-0), les Bleus connaissent ainsi leur premier revers de cette année 2001 qui les verra s’incliner trois fois mais remporter la Coupe des Confédérations.

 

 

 

4. Saint-Denis, 3 mars 2010 – Sous le signe du Toro

Quatre mois après sa qualification pour le Mondial 2010 acquise manuellement face à l’Irlande, l’équipe de France retrouve les terrains en général et l’enceinte dyonisienne en particulier. En quête de rédemption auprès d’un public qui a rempli les tribunes, les joueurs de Raymond Domenech sombrent corps et âme face au champion d’Europe en titre. À la 21e, Julien Escudé rate son intervention sur une passe d’Andres Iniesta pour David Silva, ce qui permet à David Villa de prendre l’espace et de se retrouver seul face à Hugo Lloris qu’il bat d’un tir du plat du pied droit. Dans le temps additionnel de la première période, Sergio Ramos reçoit un long ballon de Xabi Alonso dans la surface française, crochète Escudé avant de frapper au but du gauche. Le ballon contré par le défenseur bleu prend à contrepied Lloris.

 

Ce match, qui sera le seul de l’année avant la phase de préparation pour le Mondial 2010, soulève beaucoup de questions, signe la fin de la carrière internationale de Michaël Ciani, trahit un état d'esprit délétère au sein du groupe (en même temps que la démission de Nicolas Anelka, déjà en grève) et confirme l’écart de niveau entre les deux équipes. L’Espagne sera sacrée au mois de juillet tandis que la France connaîtra une faillite footballistique et médiatique.

 

 

 

3. Bruges, 25 juin 2000 – Le vaudou

Les champions du monde en titre ont réussi leur entrée dans cet Euro des pays plats. Après une victoire 3-0 face au Danemark, le but de Youri Djorkaeff contre la République tchèque lui ouvre les portes des quarts de finale. Sortie finalement deuxième de son groupe à la suite d'une défaite 3-2 face aux Pays-Bas malgré un match réussi par les remplaçants, la France doit faire face à l’Espagne, qui a acquis sa qualification grâce à une victoire rocambolesque contre la Yougoslavie (4-3). Dans cette rencontre animée et joueuse, ce sont les Bleus qui frappent les premiers: Zinédine Zidane ouvre le score à la 32e sur un superbe coup franc direct, le premier de sa carrière en sélection. Pedro Munitis fait vivre un enfer à Lilian Thuram et obtient un penalty à la 38e que Gaizka Mendieta transforme. Mais juste avant la mi-temps, à la 44e, une percussion plein axe de Patrick Vieira permet de décaler sur la droite Youri Djorkeff qui fusille Santiago Cañizares au premier poteau (voir la vidéo).

 

En seconde période, Pierluigi Collina sera clément avec la Roja, en lui accordant dans les derniers instants un penalty jugé généreux pour une faute de Fabien Barthez, entamant ainsi une idylle entre les deux chauves qui connaîtra ses plus belles heures quatre ans plus tard [2]. Raúl s’élance mais enlève son tir qui passe au-dessus. Djorkaeff, qui est passé devant lui juste avant la frappe, dira plus tard qu’il l’a “vaudouisé”. Ce n’est pas le dernier fait de jeu favorable à l’équipe de France dans cet Euro qu’elle remportera.

 

 

 

2. Hanovre, 27 juin 2006 – Un jubilé pour un vrai départ

“Vamos a jubilar a Zidane!” Voila ce que titre le journal Marca avant ce huitième de finale du Mondial 2006. Sûre de sa force après un premier tour flamboyant durant lequel elle aura fait la meilleure impression avec l’Argentine, l’Espagne se présente face à une équipe de France pleine d’incertitudes et qualifiée par la grâce d’une victoire (2-0) face au Togo. Zinédine Zidane, dont c’est la dernière compétition, fait son retour après avoir purgé sa suspension. Les Bleus réalisent un match plein, parvenant aussi bien à se créer des occasions qu’à annihiler le jeu espagnol.

 

À l’ouverture du score de David Villa sur penalty (28e), Franck Ribéry réplique à la 41e, dribblant Iker Casillas sur un ballon en profondeur de Patrick Vieira et poussant la balle au fond des filets malgré le retour de Mariano Pernía. Petit à petit, la France prend la mesure de son adversaire, Vieira convertissant de la tête un coup franc détourné de Zidane (83e). Le capitaine bleu clôt la marque dans les arrêts de jeu, crochetant Carles Puyol avant de prendre à contrepied Casillas. L’Espagne est éliminée alors que la France entame un parcours historique qui l’amènera en finale de ce Mondial allemand.

 

 

 

 

1. Paris, 27 juin 1984 – Une première française

Michel Platini survole ce championnat d’Europe 1984 disputé sur le sol français. Déjà auteur de huit buts, dont deux triplés au premier tour face à la Belgique et à la Yougoslavie et celui de la qualification face au Portugal en demi-finale, le capitaine français se prépare à tirer un coup franc à la 56e minute. Il choisit d’envelopper sa frappe côté gardien, côté Luis Arconada. Le portier espagnol se couche sur le ballon, avant de le voir lui échapper des gants et lui passer sous le corps. Malgré ses efforts, il ne peut rien faire pour empêcher l’ouverture du score française (lire "Arconada, naufrage au Parc").

 

Les Bleus, qui ne sont pas aussi convaincants que lors de leurs dernières sorties, gardent cet avantage avant de le doubler, via Bruno Bellone à la 91e, bien lancé en profondeur par Jean Tigana. La France décroche ainsi son premier titre international et rejoint son adversaire du soir au palmarès de l’Euro.

 


[1] Premier maillot de rechange de l’histoire de l’équipe de France (face à l’Angleterre le 1er novembre 1906, défaite 15-0), l’habit rouge fut celui utilisé face aux sélections jouant en bleu jusqu’en 1960. La tunique blanche pour les matches dits “à l’extérieur” n’est apparue qu’après. Le maillot rouge ne sera réutilisé qu’une seule fois, face à l’Equateur en préparation de l’Euro 2008. Pendant cette compétition, la France évolua exclusivement en bleu et adoptera un nouveau maillot à l'issue de celle-ci.

[2] Lors de la finale de la Coupe de l’UEFA 2004, l’arbitre italien expulsera le gardien de l’OM pour une faute dans la surface sur Mista.

 

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