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Richard N

 

Pionnier du foot sur le Web avec Kick'n'Rush, historien pour les Cahiers et Footichiste pour son compte.


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Mario Gomez, Monseigneur 23

Top 10 : Allemagne-Pays-Bas

Grand classique du football de sélections, l'affiche a connu sa dernière édition mercredi soir. Retour en dix moments sur une rivalité qui vaut celles des plus chauds derbies de clubs.

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Voisinage oblige, les sélections d’Allemagne et des Pays-Bas se sont fréquemment rencontrées. Mais leur rivalité est réellement née lorsque les Pays-Bas ont rejoint le très haut niveau du foot mondial. On peut aisément considérer que dans la première moitié des seventies, l’Allemagne était la meilleure sélection du monde et que son plus sérieux rival était la Hollande.

 


1. Amsterdam, 7 mars 1973

C’est dans ce quart de finale aller de Coupe des Champions opposant l’Ajax au Bayern qu’a été semé le vent de la rivalité. Les deux clubs représentent chacun au moins la moitié de leur sélection nationale [1]. L’Ajax est au sommet de son histoire, en route vers un troisième sacre européen consécutif. Le Bayern est son plus sérieux rival pour lui barrer la route. Le match est considéré comme l’un des plus beaux de l’histoire des coupes européennes. Le score est de 0-0 à la mi-temps, mais l’Ajax réalise une deuxième période de feu, et s’impose 4-0.

[1] En fait, six joueurs de chaque club se retrouveront à Munich pour la finale de la Coupe du Monde 1974: Cruyff, Neeskens, Krol, Haan, Rep et Suurbier côté néerlandais; Beckenbauer, Breitner, Maier, Schwarzenbeck, Hoeness et Gerd Müller côté allemand.

 

 

 

2. Munich, 7 juillet 1974

La référence absolue de la rivalité reste la finale de la Coupe du monde 1974. RFA contre Pays-Bas, Bayern contre Ajax, Cruyff contre Beckenbauer… Les Pays-Bas sont les favoris mais la RFA joue à domicile. Les Oranje marquent d’entrée sur un penalty de Neeskens. Les Bataves pavoisent, mais les Allemands patientent. Berti Vogts met Cruyff sous éteignoir, Paul Breitner égalise sur penalty et, juste avant la pause, Gerd Müller donne l’avantage. La deuxième mi-temps ne sera qu’une longue démonstration de l’impuissance orange face à la rigueur germanique. Beckenbauer soulève le trophée à la face du monde. Et à celle de Cruyff, surtout.

 

 

 

 

3. Cordoba, 18 juin 1978

Quatre ans après Munich, les finalistes de 1974 se retrouvent à Cordoba au deuxième tour du Mundial argentin. Les deux équipes s’étaient déjà retrouvées pour une revanche amicale à Francfort en 1975 (1-1) mais s’étaient ratées en finale de la Coupe d’Europe des nations 1976, la faute à la Tchécoslovaquie. Ce sont donc les retrouvailles officielles à Cordoba. Et elles démarrent à nouveau très vite avec un but de Rüdiger Abramczik après seulement trois minutes. Mais Arie Haan, spécialiste des frappes surpuissantes, trompe l’invincible Sepp Maier (zéro but encaissé jusqu’alors depuis le début du tournoi). Dieter Müller redonne ensuite aux tenants du titre un avantage qu’annulera René Van de Kerkhof en fin de match. Un score nul (2-2) qui ressemble à une victoire hollandaise puisque les Oranges conservent un petit point d’avance sur leurs rivaux avant le dernier match de poule.

 

 

 

4. Amsterdam, 7 novembre 1978

C’est le jubilé de Johan Cruyff, et l’Ajax, qui n’a pu obtenir la venue du FC Barcelone, a invité les rivaux historiques du Bayern. Une idée sympa qui tourne au cauchemar. Les joueurs bavarois ne tiennent pas à servir la soupe à Johan Cruyff et le font savoir. Ils jouent le match à fond et infligent un humiliant 0-8 à l’Ajax. À ceux qui leur reprochent un manque de fair-play, les joueurs du Bayern argueront des conditions dans lesquelles ils ont été accueillis: attente à l’aéroport, hôtel miteux, sifflets dans les tribunes...

 

 

 

5. Milan, 14 juin 1980

L'affiche se déroule cette fois à San Siro, pour le championnat d'Europe des nations. C’est le jour de gloire de Klaus Allofs qui inscrit trois buts – son seul triplé en 56 sélections, suffisant pour en faire le meilleur buteur du tournoi. À un quart d’heure de la fin, un jeune joueur de Mönchengladbach connaît sa première sélection avec la Mannschaft: Lothar Matthäus, dix-neuf ans, qui provoque le penalty permettant aux Néerlandais de réduire le score (3-1).

 

 

 

 

6. Hambourg, 21 juin 1988

Oubliez tout le reste, la vraie revanche de 1974 est là. Une demi-finale de l’Euro 1988 à Hambourg, pour un scénario en miroir: ouverture du score sur penalty (Matthäus, comme Neeskens), égalisation sur penalty (Koeman, comme Breitner), but décisif inscrit par un monstre sacré (Van Basten, comme Gerd Müller). Si tous les buts avaient été inscrits en première période en 1974, tous le seront en seconde quatorze ans plus tard. L’inverse parfait. C’est la première victoire des Néerlandais sur leurs rivaux depuis trente-deux ans. Pour fêter ça, le délicat Ronald Koeman s'essuie les fesses avec le maillot de l’adversaire.

 

 

 

7. Munich, 19 octobre 1988 - Rotterdam, 26 avril 1989

Allemands et Néerlandais tombent dans le même groupe éliminatoire de la Coupe du monde 1990. Après deux matches nuls, 0-0 à Munich et 1-1 à Rotterdam, les deux équipes se qualifient pour le tournoi final. Mais la rivalité dépasse le cadre du terrain et se poursuit de manière plus dramatique dans les tribunes et autour du stade: les années post-Heysel donnent lieu à des batailles rangées entre supporters.

 

 

 

8. Milan, 24 juin 1990

Dix ans après l’Euro, à dix jours près, San Siro accueille un nouveau Allemagne–Pays-Bas, cette fois en huitième de finale du Mondiale 1990. La symbolique est riche: trois Hollandais jouent au Milan AC (Gullit, Rijkaard et Van Basten), trois Allemands jouent à l’Inter (Brehme, Klinsmann et Matthäus). C’est une extension du traditionnel derby milanais et la tension est palpable. Les deux équipes finissent la première mi-temps à dix, Frank Rijkaard et Rudi Völler ayant réglé quelques vieux comptes à coups d’insultes et de crachats. Le match se décoince en deuxième période et se termine en cavalier seul des Allemands. Klinsmann puis Brehme font la différence tous deux sur une passe de Guido Buchwald. Koeman réduira l’écart sur penalty, pour la forme.

 

 

 

 

9. Göteborg, 18 juin 1992

Les deux équipes ne se quittent plus. À Göteborg, elles se retrouvent pour la cinquième confrontation en quatre ans. Et comme pour se faire pardonner des précédentes escroqueries, elles se décident à déployer leur plus beau football. Surtout les Hollandais, qui signent leur plus large victoire sur l’Allemand depuis soixante ans: 3-1, buts de Rijkaard, Witschge et Bergkamp contre Klinsmann. Marco Van Basten ne marque pas (il finira d’ailleurs le tournoi avec zéro but), mais il est le grand homme de la rencontre. Notamment en expédiant une reprise de volée titanesque sur la barre transversale. Puis, sur l’action du troisième but, réalisant un démarquage d’école pour montrer la voie à suivre à ses coéquipiers.

 

 

 

10. Porto, 15 juin 2004

L’Euro 2004, au Portugal, est le cadre des retrouvailles entre deux équipes qui ne s’étaient pas affrontées officiellement depuis douze ans. Une abstinence qui a sans doute permis de calmer les esprits et de rendre la rivalité plus saine. Torsten Frings ouvre le score sur un coup franc où Edwin van der Sar n’est pas vraiment clair. Les hommes de Rudi Völler, devenu sélectionneur, pensent enfin mettre fin à sept années sans succès face à leurs rivaux. Mais Ruud van Nistelrooy sort de sa boîte en fin de match pour égaliser d’une superbe reprise de volée en dépit d’un marquage collé-serré de Christian Wörns.
 

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