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L'info en (très) bref

Teenage Kicks, Day 26

La gazette anglaise narre les contes des pelouses et lustre les étoiles. Mais pose la question: la Premier League est-elle en voie de disneylandisation?
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table26.jpgResults

Aston Villa-Newcastle : 4-1
Arsenal-Blackburn : 2-0
Sunderland-Wigan : 2-0
Middlesbrough-Fulham : 1-0
Everton-Reading : 1-0
West Ham-Birmingham : 1-1
Chelsea-Liverpool : 0-0
Derby County-Tottenham :0-3
Bolton-Portsmouth : 0-1
Manchester United-Manchester City : 1-2


Les cotes de la semaine

Pour le titre
Arsenal (1) 1.73
United (2) 3.00
Chelsea (3) 5.50
Liverpool (5) 101
Everton (4) 151

Pour la relégation
Derby (20) 0.00
Fulham (19) 1.45
Birmingham (17) 2.81
Wigan (16) 2.94
Reading (18) 3.38

Cotes obtenues sur la moyenne des cotes Skybet, Unibet et Betwin


La perf de la semaine

Trente-quatre ans. C’est le temps qu’il aura fallu à Manchester City pour triompher de nouveau à Old Trafford, le jour même, ironie du sort, ou les rivaux d’United célébraient en grande pompe – et vêtus de maillots délicieusement vintage –l’anniversaire de la disparition de Duncan Edwards et des Busby Babes (lire ci-dessous). Confirmation de ce que la greffe spectaculaire du tandem improbable Shinawatra (ex-Premier ministre thaïlandais controversé et nouveau propriétaires du club)-Eriksson (ex-séducteur suédois encore plus controversé) a pris au-delà de toute espérance.


derbycounty.jpgLa lose de la semaine

Cette fois, les carottes sont cuites et personne n’oserait parier un penny sur un improbable sauvetage. Incapable de contraindre Cerny et sa défense (pourtant privée de la tour de contrôle Woodgate) à plus de deux arrêts, Derby County, avec le récent regain de forme de Cagliari et Levante, confirme qu’il est désormais – au sein des plus importants championnats européens – le seul rival à la mesure du grand FC Metz.


Les cinq gestes de la journée

• Le coup de sifflet final de Mike Riley qui libère non seulement les 22 acteurs, mais surtout les millions de spectateurs de ce sommet de l’insipide joué à Stamford Bridge, qui nous ferait presque regretter José Mourinho, voire Gérard Houiller. Non, quand même pas Gérard Houiller.
• L’arrêt main droite de David James sur une reprise à bout portant à douze mètres de slalom de Gretar Steinsson.
• L’enchaînement incroyable esquisse de mouvement sur la droite, donc à contrepied, déviation main gauche de David James à la 92e minute sur la reprise de Tamar Cohen, qui devrait réveiller pour une semaine au moins les invocations rituelles de l’arrêt de Gordon Banks face a Pelé.
• La déviation arrière du crâne de John Carew, dos au but, qui vient frapper le poteau et terminer sa course au fond des filets.
• L’imitation à s’y tromper de David Beckham par David Bentley, commencée mercredi soir contre la Suisse et qui s’achève en point d’orgue par un coup franc excentré à 35 mètres qui oblige Jens Lehmann à un effort et lui fait regretter Dortmund.


Les cinq antigestes de la journée

• La reprise intérieur du pied de Matt Taylor à moins de trois mètres du but déserté par David James qui se transforme inopportunément en reprise de la cheville de peu au-dessus de la transversale.
• Le ras-le-bol de Stephen Carr qui, mécontent de dépanner à gauche – alors qu’il joue à droite – dans une équipe de toute manière à la dérive, finit par s’emparer du ballon de la main dans sa propre surface.
• L’ouverture de Javier Mascherano, destinée à effacer d’un coup six adversaires, achevée en un curieux strike au ralenti sur la personne de l’arbitre.
• La confusion de Cristiano Ronaldo qui, se croyant de retour en équipe nationale, s’essaie aux abords de la surface des Citizens à son enchaînement spécial accélération légère / plongeon spectaculaire et très lisible par l’arbitre, qui ne lui accordera même pas un regard.
• La pression simultanée, par des millions d’abonnés à SkySports, sur leur télécommande en ce dimanche seize heures, tout émoustillés à la perspective de la confrontation saignante Chelsea-Liverpool.


High Four

logo_manchester.jpgHommage aux mages
Cinquante ans après le crash de Munich du 6 février 1958, qui vit huit Busby Babes périr lors d’un accident d’avion alors qu’il revenait de Belgrade, l’hommage rendu dimanche après-midi par Old Trafford fut magnifique. Une pleine minute de silence respectée par tout un stade, toute une ville qui mit au placard, l’espace d’un moment, la rivalité footballistique.




Place au spectacle! Du moins le pensait-on… Les absences de Rooney et d’Evra, conjuguées au souci de rendre hommage aux glorieux ancêtres en gagnant symboliquement le derby (rabâché par joueurs et dirigeants tout au long de la semaine), trahissaient des Red Devils complètement atones. Quelques offensives ici ou là, mais trop peu d’envie et de hargne pour battre des Blues combatifs et tactiquement bien en place. Ceux-ci prenaient ainsi vite les devants par Vassell et Benjani (son premier but sous ses toutes nouvelles couleurs).
Offensivement limités (tant sur le terrain que sur le banc), les "locaux" s’en tenaient à des exploits individuels. Mais ni Giggs, totalement hors-jeu cette année, ni Ronaldo, impuissant, ne parvenaient à battre le gardien Joe Hart, bien aidé par un Richard Dunne de gala. Carrick scellait finalement le score à la 92e.
Non content de prendre six points en deux matches contre leurs voisins et champions en titre, City se rapproche du noyau européen. Côté Red Devils, il faudra montrer un autre visage dans les deux autres compétitions qui s’annoncent.


logo_chelsea.jpgSommet a l’envers
Les Blues ne perdent plus, sauf contre les cadors d’Arsenal et Manchester. Au moment de recevoir des Reds mal en point et en panne de jeu, cette stat sonnait comme un avertissement pour les hommes de Grant: une grosse cylindrée, même un peu cabossée, pouvait elle freiner encore un peu plus Chelsea dans sa course désespérée sur la piste des deux leaders?

Privés de Drogba et Essien (CAN), ou encore Terry (encore blessé), mais avec Lampard, les Blues ne mirent pratiquement jamais Liverpool en difficulté, sauf par des accélérations et du jeu court à une touche de balle, trop loin des buts de Reina pour espérer marquer. Moins techniques et moins rapides, sans Torres blessé, les joueurs de Benitez faisaient preuve de patience et d’application, se créant les meilleures occasions par Crouch et Babel. Au final, score nul et vierge, mais c’est Liverpool qui l’emporte aux points et se rassure quelque peu. La course à la quatrième place promet d’être palpitante jusqu’au bout.


logo_arsenal.jpgLe sans-faute d’Arsenal
Le blanc-seing offert par ses poursuivants donnait donc au leader Arsenal l'occasion inespérée de prendre cinq points d'avance sur Manchester United et huit sur Chelsea. Les hommes de Wenger ne se sont donc pas fait prier pour remporter leur 19e victoire de l'année dans un match qu'ils auront dominé de bout en bout comme souvent dans leur antre de l'Emirates.

Pourtant, sur le papier, Blackburn semblait être un challenger convainquant. Ayant notamment décroché un nul face aux Gunners lors du match aller (sur une cagade de Lehmann qui contribua directement à la mise au ban de ce dernier), l'équipe de Mark Hughes était également l'un des groupes les plus en forme de cette année 2008 (douze points engrangés lors des six derniers matchs) et un prétendant sérieux à la qualification pour la coupe UEFA.
Mais les canonniers semblent tout bonnement irrésistibles en ce moment et même si Adebayor a attendu la 90e minute pour inscrire son 19e but en championnat et mettre ainsi son équipe à l’abri, l’ouverture du score par Philippe Senderos dès la 4e minute avait déjà annihilé l’essentiel du suspens. Les Gunners auront de nouveau réalisé une performance complète. Solides défensivement, ils ont su se montrer inspirés et précis en attaque, se permettant même le luxe suprême de manquer quatre ou cinq occasions franches.



elano_blumer.jpgDécouverte : Elano Blumer

Dieu vaut douze millions de livres: c'est ce que n'importe quel supporter des Citizens vous dira à l'évocation d'Elano. Si l'on reconnaît là tout le sens de la modération qui caractérise nos voisins Grands-bretons, force est de constater que le nouveau numéro 11 de City a déjà marqué les esprits de l'autre côté de la Manche.
Elano Blumer est né il y a vingt-six ans au Brésil à Iracémapolis (mais c'est pas ma guerre). Jeune meneur de jeu talentueux, il intègre à dix-neuf ans le club de Pelé, Santos, où il s'amuse avec Robinho et Diego. Quatre ans, trente-deux buts et deux titres de champion plus tard, les pétrodollars ukrainiens l'attirent loin de ses deux compagnons, au Shakhtar Donetsk. Dans la lointaine Ukraine, Elano va pourtant continuer à progresser, et va même connaître la première de sa vingtaine de sélections. Dès lors, il brille de mille feux lors de chaque apparition en Ligue des champions et Dunga fait de lui un des piliers de son équipe post-2006 – avec en point d'orgue un doublé contre l'Argentine à l'Emirates Stadium en amical.

Et il n'a pas tapé que dans l'œil du technicien brésilien. Sven-Goran Eriksson, tout juste nommé à la tête d'une ambitieuse équipe de Manchester City, veut du neuf chez les Citizens, et il ne tarde pas: la perle brésilienne, inconnue outre-manche, signe début août pour la somme de douze millions de livres. Dès lors, Elano, qui déclare revivre sous le climat mancunien, va s'appliquer à se faire connaître des fans de City – et de toute l'Angleterre en leur montrant un autre football.
Il éclabousse le derby contre MU de toute sa classe, étalant sa technique et sa vision du jeu exceptionnelle avec des passes jamais vues du côté du Stadium. En septembre, il marque son premier but anglais contre Newcastle, d'un coup franc extraterrestre de trente mètres. Le virtuose enchaîne les prestations éblouissantes à coups d'arabesques et de passes décisives, et s'applique aussi à démontrer qu'il ne faut pas nécessairement être britannique ou allemand pour marquer de loin. La nouvelle idole de City porte l'équipe dans le sillage des Big Four, et ses supporters se prennent alors à rêver d'une surprise à la fin du championnat. En même temps, il faut les comprendre, avec Elano, le rêve est à portée de main, sur le terrain



carew_astonvilla.jpgAncien combattant : John Alieu Carew

Pendant négatif du respect intangible porté au joueur limite techniquement mais qui serait prêt a mourir sur le terrain pour son maillot qu’il aura préalablement mouillé avec une constance sans faille (Julien François), l’agacement devant le joueur doué qui ne laisse s’exprimer pleinement son potentiel qu’un match sur trois (les aventures de Bonaventure a Paris) est probablement une des sources de frustration les plus communément partagées des observateurs de la chose footballistique.

Depuis plus de dix saisons dont deux au sein d'Aston Villa, John Carew s’évertue à incarner l’archétype. Le genre de joueur à susciter les plus grandes espérances au moment de son transfert, puis une indifférence a peine polie au moment où, de manière récurrente, ses présidents décident qu’ils constitue un frein a de plus hautes ambitions. Un vague mais tenace sentiment d’amertume pour qui se souvient de ses premières prestations en Champions League avec Rosenborg au tournant du siècle, ébloui par le syndrome jankollerien du géant-doté-d’une-technique-proprement-incroyable-pour-cette-taille.
Il y a fort à parier, en effet, que la trace qu’il laisse dans l’histoire, en dépit d’un palmarès inégalable (vainqueur de la Tippeligaen, de la Liga et de la L1, vice-champion d’Italie et double Kniksen of the Year) s’articule largement autour de simplifications tenaces (le joueur de coude) et de péripéties extra-sportives (le double direct du droit qui a proprement assommé John Arne Riise; la reconnaissance en paternité comme motivation principale de son transfert de Besiktas à Lyon). Point d’orgue et supposée fin de l’histoire: l’achèvement de son aventure comme deuxième attaquant lyonnais maudit (syndrome qu’il partagera d’ailleurs avec son successeur) dans un échange sec avec Milan Baros.

Sauf que John Carew, qui entretient depuis longtemps un rapport enamouré avec le football anglais (1), renaît en Premier League. S’il connaît toujours ses passages a vide qui empêchent de le considérer comme un véritable impact player (il attendra deux mois avant d’ouvrir son compteur cette saison), il semble de plus en plus à l’aise... Non seulement dans ce championnat dont il n’a de cesse de dire qu’il le fait encore progresser, notamment physiquement (!), mais surtout dans cette séduisante équipe d’Aston Villa. Jusqu'à ce hat trick du week-end contre Newcastle. Qu’on se le dise, John Alieu Carew est de retour, et son talent offensif (comment oublier ce but magique de l’égalisation lyonnaise a Bernabeu?) pourrait bien porter les Villains à cette désormais mythique quatrième place.

(1) Le club de son cœur avoué – il est membre de la section norvégienne des fans – est un club disparu depuis 2007, le Scarborough FC, en Conference North, soit l’équivalent de la DH.


Le 39e jour le plus long

La proposition a fusé en fin de semaine, par la voix de Richard Scudamore, le boss de la Premier League, chahutant le monde du foot anglais en entier: instaurer une 39e journée… à l’étranger!
Les vingt clubs joueraient donc un match supplémentaire, lequel compterait autant que les trente-huit originels pour le classement final. Se pose déjà le problème de l’équité: les clubs qui tireront Arsenal ou Manchester United vont-ils accepter sans broncher de risquer une défaite quand des concurrents joueront Wigan ou Derby? Sportivement, la situation risque d’être singulièrement faussée...
Que dire alors de cette exportation? Les destinations envisagées par la Fédération seraient aussi exotiques que le Moyen et l’Extrême Orient, l’Asie du Sud, et bien sûr les États-Unis. Là aussi, quid des trajets, du décalage horaire, de l’adaptation et de la récupération nécessaires, dans un calendrier déjà surchargé? Un aller-retour Londres-Dubaï fatigue-t-il autant qu’un périple jusqu’à Sidney?

Wenger intéressé
Autant de questions qui n’appellent qu’une réponse: encore une fois, l’éventualité de faire entrer de l’argent dans les caisses prévaut sur les réserves et les inquiétudes des joueurs et des supporters. Preuve supplémentaire, s’il en était encore besoin, que le foot devient aussi humain qu’un fonds de pension.
Les réactions sont particulièrement acides, la presse dégainant les noms d’oiseaux, les joueurs interloqués parlant de bad joke, les entraîneurs, à l’exception d’Arsène Wenger (who else?) ne manifestant pas un enthousiasme débordant.

Côté patronat, on a évidemment tendance à se féliciter de l’idée, Niall Quinn (Sunderland) en tête, et Scudamore annonce déjà les premières candidatures en se frottant les mains. Michel Platini, par contre, juge le projet irréalisable et irréaliste. La FIFA se réserve le droit d’autoriser ou non la mise en œuvre de cette révolution, arguant de ses statuts qui interdisent l’organisation de matches nationaux à l’étranger. Jusqu’au Prime Minister Gordon Brown, qui exhorte les patrons du foot anglais à rester à l’écoute des supporters.
Ces derniers voient dans cette proposition un pas de plus vers la disneylandisation de leur sport, et menacent d’ores et déjà de boycotter les sponsors de la Premier League. Réponse de la FIFA le 14 mars.
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