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Spirale de la résurrection

Spirale du pire moment de la saison

Du comique, le football passe parfois au tragi-comique. Cette saison nous aura fourni plus de moments de pur ennui ou de vraie détresse que de vrais drames, et c’est heureux.
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Le football que l’on essaye de nous faire avaler à grands coups de surenchères dans le superlatif évoque le royaume merveilleux des Bisounours. Dans ce monde-là, le paroxysme du pire est atteint par une relance aléatoire de Jean-Alain Boumsong, une sortie aérienne – ou presque – de Damien Grégorini, ou encore un contrôle orienté audacieux de Sammy Traoré dans sa surface de réparation.
Mais dans la vraie vie, ce qui est sûr avec le football, c’est qu’on n’est jamais déçu dans le domaine du pire. On croit toujours avoir touché le fond, acquis la certitude que cette fois, c’est sûr et certain, on ne tombera pas plus bas... mais il arrive toujours un outsider plus pathétique encore pour alimenter les sermons passéistes adeptes du "c’était mieux avant". Reste à faire le tri, car les dieux du football n’ont pas manqué de créativité.

De la même façon qu’on se souviendra tous précisément où et avec qui on était quand les fessiers saillants de Schumacher ont fait la connaissance des pré-molaires de Battiston, quand le front de Zidane a choyé la poitrine de Materazzi, ou quand le visage suave de Nicolas Sarkozy est apparu sur nos écrans de télévision le 6 mai 2007 à vingt heures, on n’oubliera jamais où et avec qui on était quand la Spirale du pire moment de la saison a croisé nos destinées.

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La Spirale du truc utile
La Spirale du truc inutile
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La déclaration de l'année



France-Écosse (0-1)

On s'en faisait tout une fête : le retour des Bleus en son ancien jardin de la Porte de Saint-Cloud. De quoi orienter le sens de l'histoire vers les coups francs de Platini plutôt que du côté du coup fourré de Kostadinov. Las, il fallut que la foudre frappa, comme l'éclair de McFadden que Landreau ne put repousser d'une main pas franchement assurée. Le gardien parisien connaissait là une des stations de son calvaire personnel, tandis que les Bleus compromettaient gravement leurs chances de qualification avec cette deuxième défaite à l'extérieur contre leur bête noire. À l'extérieur, car des hordes rougeaudes avaient envahi les sonores gradins pour y faire résonner des chants vigoureux.

Pour ne rien arranger, Anelka donnait déjà l'impression que son fameux retour n'apporterait plus grand-chose aux Bleus, et Trezeguet ployait sous le poids des défenseurs écossais qu'il avait sur le paletot – avant qu'une cascade d'experts lui tombent à leur tour sur le râble. Équipe terriblement énervante avec son football à peine plus intéressant que celui des Féroé, l'Écosse n'eut de chance insolente que contre la France, sombrant dans une dernière ligne droite à l'arrivée de laquelle Panucci mis sa tête en premier.

Atout
Entendre Flower of Scotland braillé à un mètre de distance par un rouquin ivre, ça casse complètement le mythe.
Faiblesse
Ils ont déjà été punis par leur non-qualification.


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Quand David Trezeguet dessine l'équipe de France au Pictionary, personne ne trouve jamais.


Roumanie-France (0-0-0)

Non, ce n'est pas une faute de frappe, c'est le score qui devrait saluer un match pareil. Ceux qui pensaient avoir connu, avec France-Suisse 2006, le plus pénible des matches d'ouverture des Bleus en furent pour leurs frais. Au recroquevillage des Roumains, les Français ne répondirent que par leur propre apathie. L'excuse météorologique est tentante: après une préparation dans un frigo, nos vieux se retrouvèrent sans énergie sur la pelouse d'un Letzigrund surchauffé.
Cela n'explique toutefois pas un cruel manque d'idées et d'initiatives, donnant l'impression que les Tricolores se contentaient de cette entrée en matière et du point du nul. La perplexité fut d'autant plus grande que l'on annonçait des Roumains offensifs et des Français obligés de rentrer très fort dans la compétition...

La suite ne leur donna même pas tort sur le plan comptable: en battant les Roumains, ils auraient été éliminés par leurs résultats contre les Pays-Bas et l'Italie. En revanche, cette prestation incrusta le doute dans tous les domaines, tant pour les individualités que pour des options tactiques qui n'avaient pas été remises en cause jusqu'à ce moment. En cette fin d'après-midi du 9 juin, l'ennui était bien mortel.

Atout
Rien que d'y repenser, on s'endort.
Faiblesse
C'était de la rigolade à côté de France-Sénégal 2002.


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Les Roumains, ils n'ont pas eu peur de prendre Valbuenu, eux.


Italie-France (2-0)

En voilà un moyen de conclure cet Euro à l'envers. Déjà contrariante lors de France-Pays-Bas, la providence allait se surpasser et se mettre entièrement au service des Italiens. La blessure de Ribéry avant le premier quart d'heure avait assommé notre espérance, l'expulsion d'Abidal suivie de l'ouverture du score sur penalty lui donna le coup de grâce. Le coup franc de De Rossi détourné par Henry ne sera qu'une banderille inutile sur un animal mourant, et la demande en mariage de Domenech à l'issue de ce match fera office d'épitaphe absurde.

Vaillants mais impuissants, les Tricolores ne purent altérer l'impression que leur destin était déjà joué, qu'il l'était peut-être dès un France-Roumanie raté. N'ayant pas su faire basculer leur destin comme en 2006, alors que tout était encore possible au coup d'envoi, les Bleus quittent l'Europe avec un point et un but marqué, et des valises lourdes de polémiques. Adieu, canton de Vaud, vaches Milka et petits cochons.
Alors que les Azzurri fêtaient une qualification qui ne cachait pas leur propre misère, on ne put s'empêcher de repenser au France-Italie de septembre 2006. Avec un Ribéry étincelant et un Govou en état de grâce, une brillante sélection laissait croire en son avenir. Où diable est-elle passée?

Atout
Le pouce levé de Cannavaro en direction d'Abidal au moment de la sortie de celui-ci, ce fut un peu de sel sur la blessure.
Faiblesse
En sortant du match sur la civière de Ribéry, on a finalement assez peu souffert.


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"Je vois que cette discussion ne mène à rien. Tant pis, je trouverai d'autres témoins".


OM-Liverpool (0-4)

Le pire moment de la soirée ? Peut-être cette terrible image de Rodriguez, levant les bras au ciel plus vite qu’Ingrid Bétancourt, pour implorer le divin de considérer comme hors-la-loi-du-jeu le crochet de Torres, achevant son slalom les doigts de pied dans le nez par le deuxième but des Reds. Toute l'impuissance du monde dans ce lever de bras intempestif, habituellement réservé aux fautes, sorties et hors-jeu, pas aux dribbles.

Pourtant, l’alléchante perspective d’un match décisif et le souvenir frais de l’exploit d’Anfield étaient dans toutes les têtes. Mais, comme un funeste hommage aux matches les plus décisifs de l’histoire récente de l’OM en coupe (les absents de 1999, le rouge de Barthez en 2004, le but de Kalou en 2006…), il n’y eut pas de match, jamais. Dès la troisième minute, un Givet de gala inaugurait une partition tout en fausses notes pour offrir le penalty à Gerrard. Un dixième de seconde d’espoir vain plus tard, la parade de Mandanda revenait sur le milieu anglais qui parachevait le travail. Pas d’espoir, pas de match, jamais.

Rien que l’implacable démonstration d’une équipe en pleine bourre pendant son parcours retour en poule. Et l’occasion pour tous de ressortir le vocabulaire de la french lose, avant même la fin du match. "Classe d’écart", "claque", "pas pesé lourd"… Etait-il besoin d’aider les déclinologues de tous poils à nourrir leurs argumentaires sur la foi d’un passage au travers?

Atout
C’est quand même un peu chiant quand c’est toujours David qui bat Goliath.
Faiblesse
"La performance de l’OM, [ex] 16e de la Ligue 1, contre le 4e de la Premier League, démontre le très bon niveau du championnat de France". Et ça fait mal.


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"Et là, quand tu regardes au fond du trou, tu te vois avec le maillot de cette saison ou de la saison dernière?"


La sortie de Frei sur blessure pour le premier match de l'Euro

On aurait aimé voir l'un des deux pays organisateurs s’enflammer en accompagnant le parcours surprise de son équipe. Et comme il était hors de question de ressentir la moindre sympathie pour la triste équipe autrichienne, on comptait sur les Suisses pour refaire le coup de la Corée, histoire aussi de saluer dignement Köbi Kuhn avant son départ.
Las, l’espoir n’aura duré que le temps d’une mi-temps, jusqu’à ce qu’Alexandre Frei, notre tête de bois préférée lorsqu'il évoluait en Ligue 1 et se mettait en colère contre la condescendance des Français envers les "petits Suisses", se blesse sur une action anodine. Dans les larmes de l’ancien Rennais, toutes les illusions des Helvètes se noient. Selon l’expression consacrée, Frei n’aura pas même eu l’occasion de disputer sa compétition.

Atout
Un bel Euro, Frei n’aurait pas craché dessus.
Faiblesse
On veut bien être sympa, mais avoir de la compassion pour un Suisse, c’est peut-être au-dessus de nos forces.


supp_suisse_1.jpgLes fameuses Gertrud de Bâle.


La fin d’Allemagne-Turquie en compagnie de Fabrice David

C’est l’heure de jeu. Une rupture de faisceau interrompt la diffusion sur TF1 d’Allemagne-Turquie. Au retour plateau, regard brumeux, chemise 80’s et mèche rebelle de celui que l’on vient de tirer du lit, Fabrice David tente de faire face dans un décor où une dizaine d’égarés meublent quelques gradins. "Mon rôle, c’est de dire: 'On s’excuse, ça va revenir'. Et ensuite de meubler, de lancer des sujets pour distraire les téléspectateurs (sic). C’est ce que j’ai essayé de faire" (citations 20minutes.fr). Le rétablissement assez rapide de la liaison le sauve une première fois.

22h20, deuxième coupure. Denis Brogniart arrive en renfort. "Il est venu me donner un coup de main parce que je ramais". Le pompier de service se lance dans des explications laborieuses et nous ressert pour patienter une louche de l’indigeste "Les Bleus: les raisons d’un fiasco", déjà diffusé dans Téléfoot. Le calvaire prend fin après de trop longues minutes: sur le retour au direct, on apprend que l’Allemagne a pris l’avantage par Miroslav Klose.
Le foot reprend enfin ses droits et le match devient fou. À 3-2, on se prend à rêver d’un dénouement de légende. Comme un ultime défi à nos nerfs à vifs, l’image se fige et l’ignoble plateau de malheur réapparaît une dernière fois. Pendant ce temps, alors que TF1 nous répète que toutes les télés du monde sont privées d’images, les téléspectateurs de la ZDF assistent, sans nous, à la qualification de l’Allemagne pour la finale.

Atout
C’est peut-être Fabrice David qui a vécu le pire moment: "Que je me fasse chambrer par les collègues et dans les blogs, ça me paraît normal. Je n’ai pas été très bon. En revanche, qu’un mec comme Dominique Grimault se permette de me critiquer, ça me fait un peu mal aux fesses".
Faiblesse
On a eu moins d’images, mais aussi moins de Christian Jeanpierre.


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Exclusif: les premières images de "Being Christoph Metzelder".
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