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Un mystère au pied des poteaux

Incalifiés

En présentant deux visages très contrastés, l'équipe de France a bien géré un match difficile contre le Pérou. Il y a de vrais progrès, mais l'avenir de cette équipe reste inconnu.

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Deux mi-temps, deux ambiances. Il ne faut jamais s'emballer avec cette équipe de France-là, alors qu'il y avait de quoi au terme de cette première période. Équilibrée, solidaire, agressive, elle a vite assis sa supériorité après une entame enlevée des Péruviens, égrenant les salves d'occasions de quart d'heure en quart d'heure. L'ouverture du score procéda d'une logique presque tardive, et à la pause, on en était à regretter le manque d'efficacité offensive.

 

En réalité, il fallut ensuite compter sur son efficacité défensive, car après l'alerte d'un tir d'Aquino sur l'équerre, passée l'heure de jeu, les Français reculaient très sensiblement. Cela pourrait être présenté comme un choix qui a réussi: l'habileté collective et le courage de cette remarquable Blanquirroja lui permit de remonter dans tous les compteurs de stats, pas de se créer de véritables occasions – hormis un ciseau un peu désespéré de Farfan, très excentré.

 

 

 

 

Le manque, côté français, a surtout résidé dans l'incapacité à exploiter les espaces et les contres, seuls Dembélé et Giroud (ce dernier au bout du temps additionnel) parvenant à se procurer des situations de frappe. Les Tricolores ont aligné le score sur le rapport de forces en offrant une heure puis une demi-heure très différentes, la seconde n'étant pas si négative – à condition de considérer que la performance défensive a été satisfaisante.

 

Contre l'Australie, Les Bleus s'en étaient bien sortis, contre le Pérou, ils se sont bien sortis d'un vrai match de Coupe du monde, face à une de ces équipes vaillantes, intelligentes et galvanisées qui peuvent faire très mal. Les difficultés actuelles de certaines grandes sélections indiquent la valeur de ces deux résultats. Pour la manière, il y a déjà des progrès: on aimerait juste que contre le Danemark, la sélection nationale reprenne là où elle en était à l'heure de jeu, hier après-midi.

 

 

 

La nalyse

On espérait du pressing et de l'impact physique, on en a eu. Après un match où la volonté d'aller chercher l'adversaire était franchement absente, ou exprimée avec si peu de conviction qu'on ne l'a pas remarquée, les Bleus ont commencé à rectifier le tir, montant nettement le curseur de l'intensité. Et il fallait bien ça dans une rencontre où le choix de laisser la balle au Pérou (43% de possession, au final, pour les Bleus) obligeait à plus de travail et de discipline. En cela, les 61% de duels gagnés sont un point intéressant, à défaut d'être suffisant pour convaincre.

 

 

 

 

Le passage au 4-2-3-1, système le plus en vogue de ce Mondial où les équipes excitantes se font rares, est bien moins important que le choix du personnel: exit Tolisso, remplacé par un Matuidi dont les six ballons récupérés pour treize perdus et 41% de duels gagnés font mal aux yeux, compte tenu de ses limites techniques côté gauche, et surtout Dembélé.

 

Surtout Dembélé, car son remplaçant, Olivier Giroud, symbolise le changement français. Il y a bien sûr ce jeu de corps et ces déviations qui embêtent les défenses et permettent au bloc d'avancer en sautant des lignes, mais aussi cette volonté d'aller au pressing sur les défenseurs centraux adverses. Une intensité intelligente, où la course oriente le jeu vers les latéraux, faciles à bloquer, qui permet de défendre en avançant dans le camp adverse.

 

On n'en est pas encore au jeu de transition de Jürgen Klopp mais, combiné à l'effort collectif sur les touches péruviennes, cette pression a eu le mérite de créer des occasions. Ce qui, l'Argentine pourra en témoigner, n'est pas toujours facile. Et c'est finalement sur une rare séquence de pressing à la perte, initiative individuelle de Kanté exploitée par Paul Pogba, que la France a inscrit le seul but du match. La récompense d'une entame mêlant solidité et inspirations (ah, ces passes de quaterback de Pogba!).

 

Le deuxième acte, bien moins emballant, a surtout servi à confirmer que la France savait fermer la boutique. Axe densifié, Griezmann utilisé très bas pour couper les lignes de passes verticales du Pérou, bloc compact et volonté de travailler de la part de tous les joueurs… Plus iranienne que joga bonito, la sélection tricolore aura montré un autre visage, pas emballant mais solide. Elle qui s'est donné les moyens de gagner en première période a ensuite enfilé ses habits de France 98. Une grosse doudoune triple épaisseur qui n'offrira pas de prix de beauté mais permet de passer les poules au chaud. (Christophe Kuchly)

 

 

 

 

 

Les gars

Comme contre l'Australie, Lloris a effectué la parade importante du match. Cette fois face à Guerrero (31e), dont il captera facilement un coup franc (87e).

 

Umtiti est éliminé par le contrôle de Guerrero sur une des deux meilleures occasions péruviennes, et il a parfois semblé peu serein. Varane est l'auteur d'une relance ratée qui aboutit au tir sur l'arête d'Aquino. Mais aussi de quelques interventions importantes, et il obtient une belle occasion sur corner (tête un peu trop décroisée, 14e). Tous deux ont neutralisé les centres et ont eu un peu plus de latitude pour relancer dans les espaces laissés par l'adversaire.

 

Responsable de plusieurs pertes de balles, notamment en début de rencintre, Pavard a en revanche mis un terme à plusieurs offensives (deux bons tacles, 36e et 39e). Un engagement à la hauteur, mais une contribution offensive très limitée.

 

C'était probablement un match pour Hernandez, qui a rendu les coups sans toujours dissimuler son plaisir. Dommage qu'il ne conclue pas le très beau mouvement collectif de la 43e minute, sa frappe étant repoussée par Gallese.

 

Kanté est une éponge double face: d'un côté il gratte les ballons, de l'autre il les nettoie. Deuxième grand match consécutif, au cours duquel il s'est encore plus projeté vers l'avant pour créer du danger. Fermons les yeux et essayons de capter la trace cosmique de ses courses.

 

Matuidi était en mission et la mission était ingrate. Il l'a accomplie malgré l'inconfort de sa position, mais il a écopé d'un avertissement aussi précoce qu'évitable, et il a fortement décliné après la pause. Son déchet a été important en attaque, malgré quelques bons lancements, un tir contré (57e) et une volée expédiée au-dessus (90e+4). Qui a vu sa superbe talonnade de la 57e minute? Eh voilà, personne.

 

On ne peut plus reprocher à Pogba d'être irrégulier: il a enchaîné trois performances très semblables les unes aux autres, mais en progressant très sensiblement. On l'a reconnu dans ses trop nombreuses pertes de balle sans bonne raison, on l'a retrouvé dans son jeu de passes, qui a fait très mal. Un premier éclair pour Mbappé (34e), puis une récupération-ouverture pour Giroud qui amène le but. Il a parfois écœuré ses vis-à-vis, avant de se fondre dans les tâches défensives.

 

On va dire que Griezmann réserve le meilleur de lui-même pour la suite. Mais s'il n'est pas très brillant, sa contribution reste essentielle. Après deux tentatives à côté (11e) et sur le gardien (16e), il s'est plutôt mis à la manœuvre pour lancer Mbappé et Giroud, avec lequel il a retrouvé une relation, comme sur ce contre qui aurait pu être magistral (39e).

 

Beaucoup plus discipliné dans le placement et le replacement, plus soucieux de trouver ses partenaires, Mbappé a créé des déséquilibres et s'est inscrit dans de bons mouvements. Une talonnade audacieuse aurait pu lui permettre d'ouvrir le score (33e), mais il n'a attendu qu'une minute pour y parvenir, en opportuniste. Utile, efficace et brillant, on lui passera les fautes de goût que constituent ses passes derrière la jambe et ses célébrations de but.

 

Giroud, avec les mêmes compagnons d'attaque qui l'avaient ignoré contre les États-Unis, a cette fois pleinement illustré les termes de pivot ou de point de fixation. On l'a vu combiner et remiser, passant près de se muer en passeur décisif – pour Griezmann (11e), Mbappé (15e) et Dembélé (82e). Il est lui-même décisif avec son tir dévié que Mbappé pousse dans les filets. Moins utile en seconde mi-temps, il s'offre une percée et une frappe détournée dans le temps additionnel.

 

Tardifs, les remplacements ont permis de remettre du poids dans la balance en fin de rencontre, Dembélé se signalant par un tir trop croisé (82e) et deux départs sur l'aile. Fekir a essayé de tenir le ballon et obtenu des fautes précieuses. Nzonzi n'a eu le temps de ne toucher qu'un ballon, mais ce fut une récupération.

 

 

 

 

 

Vu du forum

=>> Tricky - 17h30
Ah ah il y a un type qui a essayé de faire un passement de jambes devant Ngolo Kante.



=>> Lyes - 17h52
Pogba a de la soie au bout des crampons et N'Golo Kante une forge dans les poumons.

 

=>> La Metz Est Dite - 17h41
C'est l'horreur de jouer face à Kante. Il fait 1m20, se faufile partout, a des jambes de 3m12 qui semblent élastiques et extensibles, court partout... Il est vraiment incroyable à voir.
=>> Classico -17h54
Y avait pas un perso dans Street Fighter 2 qui avait ces caractéristiques?
=>> ravio - 17h57
Le mec qui a les jambes quio s'allonge c'est Dhalsim. Mais physiquement, il ressemble plutôt à Nzonzi.

 

=>> Mama, Rama & Papa Yade - 18h01
Le foot est un sport qui se joue à 11 contre 11 et à la fin, c’est N’Golo Kanté qui récupère la balle.

 

=>> lyes - 18h13
Hernandez a ce petit côté vicieux au duel qui manque à Lucas Digne. Et ce côté défenseur qui manque à Kurzawa.

 

=>> McManaman - 18h31
En fait, il faudrait envoyer tous les internationaux français en stage à l'Atlético pendant un an, à tour de rôle.

 


Les titres auxquels vous avez échappé
Machu Pitchoune
Inca pour deux.
Le Pérou Incalifiable
Incas d'école


Les TAVAE sont de RabbiJacob, El Mata Mord, Cantona Kelamour, Mama, Rama & Papa Yade.

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