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valdo

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La Gazette de la L1 : 5e journée

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Les joies du football écossais

Organiser la Ligue des Cahiers et prendre son pied

Témoignage à la première personne de celui qui fut décisif dans l'organisation de la neuvième édition. De la tension, un peu de ballon mais surtout beaucoup de plaisir.

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Pour un Cédéfiste, un compte-rendu de Ligue des Cahiers, ou de tout autre chose d'ailleurs, commence par la recherche d’un angle, d’une orientation particulière, d’un décalage pour apporter de la matière au récit.
Une version complotiste: la LdC n’a pas eu lieu.
Une version journalistique avec interview imaginaire des protagonistes.
Une transposition ou comparaison avec une autre compétition: LdC vs LdC, avec la musique qui va bien.
Une transposition ou comparaison avec une autre communauté: LdC vs LRM…

 

Pour cela, il convient de connaitre son sujet, d’être imaginatif et de posséder le style adéquat. Il faut assurer une structuration qui colle à l’angle, ne pas se laisser emporter par le poids des mots tentants et de leurs jeux faciles. À la lecture de cette introduction, vous aurez compris que vous n’aurez rien de cela. Incapable de choisir et de persévérer, je vous propose une version personnelle, authentique à défaut d’être réaliste. Longue et désorganisée.

 

 

When Will It Be Me

Tout a commencé un 21 décembre, suite à un appel d’Inamoto sur le fil dédié. Je confondais ce fil avec celui des parties de foot à Vincennes ou ailleurs. Je décidais de me renseigner. Dans la communauté, les règles sont établies, elles sont connues et souvent respectées. Pour un nouvel entrant, la compréhension et l’appropriation sont complexes. Un peu comme sur le fil Cdf Sound System. J’ai cru comprendre qu’il y avait des sous communautés qui présentaient des chansons à thème à base de… en fait j’ai rien compris.

 

 

Alors pour la LdC, j’ai demandé la base. Inamoto me l‘a apportée. Sentant que ce jour était grand pour le football dans sa plus noble expression, j’ai fait ma demande au Maire et au service des sports le 14 février dernier. Réponse: "Il me faut un écrit et que ce soit une association mais les terrains sont libres, cela semble possible." Un vrai grand jour pour le football.

 

J’ai eu peur que ce premier indice positif gâche le match du soir. Chez moi, le football est une petite voix taquine. Quand je trouve un travail ou de l’argent, Paris perd. Deux de mes moments les plus douloureux se sont déroulés les 18 mars 1993 (PSG-Real) et 11 mars 2015 (Chelsea-PSG). Le football compense et se penche pour peser sur ma balance. Heureusement, le match fut parfait. J’ai complété le courrier type d’Inamoto et j’ai attendu serein et d’un pas léger la réponse. Elle est arrivée deux semaines plus tard. Positive. La petit voix venait de me glisser que j’allais co-organiser une Ligue des Cahiers chez moi. En échange de… non, rien.

 

 

Fear And Desire

Je débordais d’idées sur le financement, l’organisation, l’inscription et puis j’ai rencontré Coche, et son enthousiasme communicatif. Extraits d’échanges de courriels:
"- Alors c’est non, on ne l’a jamais fait. Je n’y suis pas favorable… Sinon, il serait peut-être temps d’ouvrir les inscriptions?
- Pourquoi pas, mais honnêtement je ne vois pas l’intérêt... Et, il serait temps d’ouvrir les inscriptions?
- Je suis globalement d’accord avec toi mais il y a deux soucis… Et puis l’urgence c’est d’ouvrir les inscriptions!
- Ca me fait vraiment chier… Tu te drogues ou tu ne sais pas compter? Et pour les inscriptions on fait quoi?!
"

 

Nous étions quatre dans le board dès le début. Coche et moi et moi et Coche. Les autres nous ont rejoins plus tard. De mon côté, j’essayais de rejoindre le banc des bons élèves de Coche. Je revérifiais ma copie avant de la rendre. Je posais plein de questions. Je soulignais proprement les points importants. J’essayais d’être ponctuel et assidu. Je remplissais le cahier des inscriptions avec la ferveur de celui qui pose les premières briques de sa future maison.

 

 

Et j’ai rencontré mon premier Cédéfiste en vrai, Rabinho. C’était la montée éventuelle de Strasbourg en Ligue 1 qui se jouait ce soir-là. Un supporter strasbourgeois et un supporter parisien cherchant un écran ont tourné dans les bars en marchant. Mauvais élèves. Je pensais à Inamoto m’expliquant qu’une fois les terrains trouvés tout était réglé. Comment ça, réglé? Tu voulais dire quoi par là exactement? Resto, rendez-vous avec le service des sports, formule, tirage au sort, planning, annonce, fusion d’équipes, disparition d’autres, messagerie à suivre, vérification, re-vérification, le tout avec un bonnet d’âne suspendu au-dessus de ma tête. Quand est-ce qu’on a le temps de profiter de son nouveau Président?

 

Un deuxième cédéfiste. Yes! Je m’aperçois que mes deux compères ont un niveau de connaissance de l’actualité de la LdC assez faible. Je prends peur. Je suivais des cours particuliers depuis quatre mois et j’étais le seul à ne pas être au courant. Coche ne les laissera jamais passer au stade supérieur. Qu’est-ce qu’il va se passer si ils redoublent?

 

 

Dreams Of Pleasure

Les vacances commencent et les délais se précisent. On me demande mon but dans cette histoire. Il est double: ne plus passer inaperçu, être repéré, déjà. J’ai compris depuis peu que ma discrétion, mon effacement n’était qu’une usine à fabriquer de l’humilité en quantité industrielle. Rien de naturel dans tout ça et surtout beaucoup d’attente évidemment inassouvie. Qui pense au passant anonyme qui se déplace sans bruit? Personne ne le critique mais son empreinte survit rarement au-delà du prochain pas. Plus jeune, je souhaitais la tranquillité, la paix. Aujourd’hui, je veux plus. La paix ne rapporte rien même si elle n’est pas chère. Et comme le disait la fille de Pierre et Marie Curie: "La paix à n’importe quel prix ce n’est plus la paix." Chez les Curie on était souvent sur la paille.

 

L'autre objectif, c'était de jouer au football. Au risque de me transformer en Guy Carlier, rejouer c’est se retrouver à la fin des années 1980. Douloureuse fin d’adolescence heureusement derrière moi où rien ne se passait jamais. L’errance au quotidien et l’attente au fond du jardin. Je n’avais que deux activités; la musique (concerts) et le foot.

 

 

Till The End Of The Night

Ces nombreuses heures à jouer chaque week-end effaçaient l’ennui. Deux jours en lumière qui effaçaient la nuit. Certains remercient le foot de les avoir remis sur un droit chemin. Moi, il m’a sorti de l’errance, de l’absurdité à exister sans être présent. Sur un terrain en pente rendu à la nature, tout subitement prenait sens. Je vivais. Le jeu était tout et j’étais au centre. La vie roulait, rebondissait sur moi. Je lui montrais des chemins et elle s’y dirigeait parfois. La désorganisation était totale, la liberté complète. Des sensations sans contrainte, sans attente, sans limite de temps, comme ce dernier match contre l’EVECT où le chrono a continué de défiler bien après la fin, où j’ai prolongé la seconde mi-temps, le plaisir et la fatigue. Sur un terrain, je visualise des lignes de passe, les boulevards qui se créent. Je savoure les prises d’espace, sur un pas, sur un coup de reins. C’est rarement moi, samedi dernier c’était Ligue Huns.

 

Mais revenons à notre organisation. Nous sommes la veille du tournoi et le petit enfant apeuré qui n’ose se plaindre de peur qu’on le perce à jour se tient devant moi. Le terrain n’est pas tracé, les coupes et médailles ne sont pas prêtes et je n’ai aucune information de mes futurs coéquipiers. Je ne saisi pas encore que ce dernier point est une bonne nouvelle. L’équipe locale du Board trouve des solutions et nous partons pour du bricolage. Je bois des bières, fait le taxi, ignore les provocations, rencontre des Cédéfistes enthousiastes, applique du scotch sur de l’herbe en pleine nuit, trouve des chaussures à crampons datant de mon dernier match mais pas le sommeil.

 

 

Body Meets Body

Le jour même est un joli tourbillon. Il faut être là, jouer, enchaîner, renseigner, courir, revenir, récupérer. À la fin du premier match, je m’interroge sur mes chaussures. J’aurai grandi des pieds en vingt-trois ans? À la fin du deuxième, j’émets l’hypothèse que le cuir rétrécit quand on le délaisse. À la fin du troisième, je me souviens que quand ongle change de couleur lui pas être content. Je change de chaussures. Je suis tellement bien ici.

 

Je cours, faute de me souvenir comment défendre. Dix fois dans la journée je laisse filer l’attaquant trop rapide dans mon dos et je me retrouve dans un entre-deux inutile face à un joueur que je ne presse pas et tournant le dos à un autre que je ne marque plus. Hormis Ligue Huns, Hannibal et Wallemme, mes coéquipiers sont au niveau. Je ne souhaite pas faire de pause déjeuner. Je veux enchaîner et jouer encore. Pour être hospitalier, je goutte la poire, la verveine. Finalement la pause est la bienvenue. Tel un magicien, Yoop sort des victuailles de sous sa barbe. J’écoute les anecdotes et les exploits de la matinée. Tout file, j’ai manqué de présence, d’intérêt pour les matchs du terrain retracé.

 

 

La remobilisation est difficile pour tous. Il faut que je pense à en parler lors de la prochaine commission RSA au Département: quelque soit votre statut, la remobilisation après un temps de pause, c’est compliqué. Les matches de l’après midi sont un délice. La fatigue me détend, l’herbe aussi. Je suis l’homme au sourire béat, quoi qu’il se passe. Le gardien adverse blessé; un renfort de l’EVECT qui me dépose d’un enchainement contrôle poitrine, tir croisé et but; un penalty tiré un mètre cinquante au-dessus; un ongle un peu noirci…

 

La finale va commencer mais je suis focalisé sur le rangement. J’assiste à la séance de tirs au but. Je discute un peu, je ris beaucoup. J’admets avec regret qu’Edji n’est pas (que?) l’homme condescendant qui hante le fil politique. Sans doute se force-t-il à être désagréable afin de se fondre dans une personnalité plus en rapport avec ses convictions. Kireg (je crois) est très drôle. Au moins autant que Prime. ORGG et sa famille sont adorables. Je croise une centaine de personnes au message identique: "C’est toi valdo? Merci beaucoup!" Je ne sais pas quoi répondre mais je souhaiterais que ça ne s’arrête jamais.

 

 

It's All Over Now

Le soir au resto, le rythme s’est ralenti. Je croise les regards interrogateurs des serveurs devant la diversité des tenues. J’assiste, en attendant mon dû, à une discussion sur Yoann Gourcuff. Parmi les protagonistes, un supporter rennais avec la veste qui va avec. Comment ne pas fondre devant tant d’humanité et de résilience? J’accroche cette image au fond de mon cerveau pour les jours de solitude et de doutes. Quelques inconscients du cru essayent de me recruter. Je feins de ne pas être intéressé. Je suis aux anges. Je m’aperçois que je suis allé trop loin. Il est trop tard de revenir en arrière. J’en ai pris pour longtemps. Ca ne fait que commencer.
Fin.

 

Un gigantesque merci à tous avec, par ordre d’apparition: Inamoto, Coach Mimi, le maire de Villeneuve, ORGG, Rabinho, Vachalait, Sidney le Grand Gouvou, le Grand Monsieur Latta et son petit chapeau, un beau frère de Gone n Rosette, Hannibal, Wallemme, JL 13 et tout un tas de cédéfistes inconnus. Je croise mes coéquipiers. À une vitesse bien plus grande, je croise mes adversaires. Je me retourne pour deviner leur nom sur le maillot mais je ne peux pas tous les retenir. Samba, Lasth, Marius, le renfort de l’EVECT que j’avais vu vingt minutes avant faire la même action… Mes coéquipiers qui m’ont fait beaucoup rire mais dont je ne peux rapporter les propos. C’est uniquement à vivre. Parfois, l’éclat bout sur des fils à hautes tensions. Dans tous les sens.

 

Une petite brève pour finir. J’explique à Edji l’origine de mon premier échange avec ORGG, suite à une discussion sur le fil musique. Kireg intervient: "De toute façon, ORGG en dehors de la musique et du PSG il a jamais eu rien d’autre à dire. Tu lui enlèves ces deux sujets, il est totalement inintéressant." Merci donc à Siglo XX.

 

En bonus, le storify de la LDC9.

 

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