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La Gazette > 6e journée

Maudite trinité

Lisez sous la plume d'un lecteur les aventures de ses clubs préférés Angers, Strasbourg et Nice, dans le monde sans pitié des Spartak Nancy, Grasshoppers de Caen, Borussia Libourne Saint-Seurin et autre Rapid Dijon.
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Je ne sais comment vous exprimer ma gratitude pour avoir publié "L’abécédaire du Racing Club de Strasbourg" dans votre dernier numéro. Vous avez ainsi rendu justice à un club que les médias – même vaguement sportifs – évoquent aussi souvent aujourd’hui que la guerre civile au Darfour. À la lecture de votre article, on se demande bien pourquoi. (…)
Ah, je le confesse, votre analyse judicieuse de la situation enviable à plus d’un titre du RCS me permet enfin de pousser ce cri inouï (au sens premier du terme) à la face du monde du football abasourdi: "Oui, j’aime le Racing!"


Trio d'enfer
Je n’ai aucun mérite à être supporter assidu du club majeur de la capitale alsacienne, c’est de famille, et les gènes, ça ne se commande pas. C’est d’ailleurs pour la même raison que je suis également un aficionado inconditionnel de l’OGC Nice. C’est dire si je me marre tous les jours. Surtout que pour être complet, je me dois d’ajouter que les aléas de ma vie professionnelle m’ont guidé jusqu’à Angers – et fait épouser la cause du SCO.
D’ailleurs, je vous avoue que c’est ma ferveur pour ces trois équipes au riche passé (enfin, plus passé que riche) qui m’a poussé à consulter régulièrement votre site et notamment votre si enthousiasmant "Championnat à l’envers", qui m’a tenu en haleine de la 1ère à la 38e journée la saison dernière. Et compte tenu du remarquable début de saison des Aiglons cette année, je peux vous dire que mon plaisir à vous lire n’est pas prêt de faiblir.

C’est pourquoi vous me permettrez, j’en suis certain, de compléter modestement les informations pertinentes que vous délivrez en vos pages, et ce afin de parfaire la fulgurante culture de la cohorte sans cesse croissante de vos lecteurs qui ne m’ont rien demandé.


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Troublantes similitudes
En effet, il est temps de mettre en lumière les nombrables facettes de ces clubs qui peuvent s’enorgueillir à la fois d’un palmarès fourni (sauf Strasbourg et Angers) et d’une réputation de promoteur du beau jeu (sauf Strasbourg et Nice).
Vous avez démontré le corollaire imparable selon lequel chaque victoire du Racing en coupe s’accompagne automatiquement d’une descente en Ligue 2 la même année. Bravo! Mais avez-vous remarqué qu’il en est de même pour l’OGCN? Mais oui, rappelez-vous cette victoire ébouriffante aux pénos contre l’Eintracht Guingamp en finale de la Coupe de France 1997! Ne soulignait-elle pas malicieusement l’accession du Gym en 2ème division au prix d’une inébranlable vingtième place, performance qu’aucun club ne rééditera plus durant plusieurs saisons d’affilée suite au passage de la Ligue 1 à dix-huit clubs

Bien sûr, les esprits chagrins remarqueront que Strasbourg n’a pas réussi pareille performance lors de sa dernière victoire en Coupe de la Ligue contre les Grasshoppers de Caen en 2005. Argument faible que je balaye: ce sont bien les efforts répétés et les blessures au timing impeccable survenus en Coupe de l’UEFA - dont la qualification résultait de ladite victoire en coupe nationale – qui a assuré l’accès au Graal que constituent les grands rendez-vous du vendredi soir contre le Borussia Libourne Saint-Seurin et le Rapid Dijon.


De la coupe à l'enfer
D’ailleurs, leurs cousins costazuréens n’empruntent-ils pas le même chemin cette année? Après leur légitime déception d’avoir terminé dans les dix premiers la saison dernière alors qu’ils avaient réussi à se hisser en finale de cette même Coupe de la Ligue, les voilà crédités d’un point sur dix-huit possibles après six journées de championnat. Ils démontrent ainsi sans coup férir qu’il n’y a même pas besoin de remporter ledit trophée pour atteindre leur objectif, puisqu’ils ont laissé cet insigne honneur aux joueurs du Spartak Nancy (qui inscrivirent le but victorieux juste après avoir été réduits à dix, preuve que les parties d’ISS Pro sur PS2 sont parfois plus réalistes que celles disputées sur un terrain).

À un niveau il est vrai plus modeste, il convient de ne pas oublier la combinaison payante d’Angers SCO en 2005: exploit en Coupe de France contre le Lokomotiv Marseille éliminé 3-2 au Vélodrome devant des millions de téléspectateurs ébahis + descente directe en National quelques mois plus tard, les joueurs des bords de Maine perdant avec une constance sans faille tous les matches qui suivirent. N’oublions pas non plus que le SCO participa à la finale la plus prolifique de l’histoire de la Coupe de France! En 1957, les Angevins passèrent trois buts au Levski Toulouse. Qui leur en plantèrent six.


La vista du désespoir
Vous énumérez également avec tendresse les brillants espoirs issus du centre de formation alsacien, partis le torse haut faire briller en CFA les réserves des plus grands clubs français (Régis Dorn au Panathinaïkos d’Amiens), voire les bancs de touche étrangers les plus renommés (le même, cette saison aux Kickers Offenbach ).
Je citerai également, si vous le voulez bien, Kevin Gameiro. Ex-international au sein de l’Équipe de France des moins de dix-huit ans, ce jeune homme fit sensation en réalisant deux doublés coup sur coup contre l’Étoile Rouge de Belgrade et le Torpedo Nancy. Il affola aussi les défenses des rares équipes contre lesquelles il évolua en championnat. Rares, car titularisé pour la première fois en décembre 2005, Gameiro eut la lucidité de se saccager les ligaments croisés contre le Galatasaray de Troyes trois mois plus tard… Anéantissant ainsi les rumeurs inquiétantes selon lesquelles il aurait été en passe de suppléer Pagis et Niang, les deux meilleurs buteurs du Racing la saison précédente – fort opportunément transférés à la va-vite sans qu’aucun attaquant ne soit recruté en compensation. Saluons la vista de ce joueur prometteur, qui a su se ressaisir à temps afin d’assurer la place du club dans l’ascenseur pour la Ligue 2.

Enfin, comment ne pas parler de la gestion exemplaire qui anime mes trois clubs vénérés – exemplaire au sens où tous les autres dirigeants français ont appris à les observer afin de faire exactement le contraire pour pérenniser leur entreprise? Difficile de retenir un cas en particulier, entre l’organigramme digne de la Maison qui rend Fou de chez Astérix, en vigueur à Strasbourg depuis la nuit des temps (comme vous l’avez mentionné fort à propos). Les facétieuses reprises en main du Gym dans les années 90 par des mafiosi transalpins qui ont failli ruiner le club et le plonger en National. Ou les dix entraîneurs en six ans et les quatre présidents en autant d'années du SCO, avec notamment l’inénarrable palettiste Philippe "Je vous assure que je l’avais encaissé, le chèque de 20 millions" Doucet.

Alors, oui, encore merci chers Cahiers pour m’avoir rappelé combien exaltant est mon quotidien de supporter! Et quand je me laisse gagner par l’euphorie, que j’énumère sur la moitié des doigts de mon pied gauche les glorieux trophées remportés, la terrible vérité se rappelle à ma mémoire: Franck Leboeuf a joué à Strasbourg.
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