auteur
Raphaël Cosmidis

 

Intéressé par la tactique, membre des Dé-Managers, il croit en la littérature de sport. 


Du même auteur

Manchester City-Real Madrid : ZZzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

Matchbox – On a accompli l'exploit de ne pas s'endormir et d'écrire un compte-rendu de cette rencontre, alors par pitié, lisez-le. 

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La nalyse

Il y a les matches nuls et vierges et il y a les matches tout simplement nuls. Pendant longtemps, ce Manchester City-Real Madrid a appartenu à la seconde catégorie. Il a bien fallu attendre une heure de jeu pour que l’intensité s’élève un peu, pour que le stade sorte de sa torpeur, pour que le Real affiche enfin sa supériorité. Privée de Cristiano Ronaldo, la formation madrilène a tout de même fini par dominer son adversaire, sans pour autant briller ni marquer. On a connu des meilleurs 0-0. 

 

Sans sa star portugaise, Zinédine Zidane privilégie la forme du moment au talent. Lucas Vazquez débute le match sur l’aile gauche, Gareth Bale sur l’aile droite. Karim Benzema, de retour de blessure, est titulaire en pointe. Au milieu c’est Casemiro qui poursuit devant la défense Ramos-Pepe. Varane démarre sur le banc, tout comme Isco et James, portés disparus d’un club dont ils étaient au centre il y a un an.

 

 

En face, c’est dans une composition tout à fait classique que Manchester City débute le match. Yaya Touré n’est pas là, le duo des Fernands si. David Silva est à gauche mais n’y reste pas, tout comme Kevin de Bruyne dans l’axe. Seul Jesus Navas garde sa zone. Rien à signaler plus bas et pour cause: en dehors de quelques projections de Fernandinho, Manchester City va attaquer à quatre pendant quatre-vingt-dix minutes.

 

La prudence aura été le thème de cette rencontre, opposant deux équipes qui ont freiné leur jeu vers l’avant en attendant le match retour. À tel point que la première période a pris des allures de sketch et qu’on a parfois eu l’impression d’assister à une rencontre entre deux relégables luttant pour le maintien. Quand City attaque à trois ou quatre, le Real fait pareil. Et les occasions n’arrivent pas. Après quarante-cinq minutes, cette demi-finale aller a vu trois tirs. Chacun attendant que l’autre se déséquilibre, la partie ne peut pas s’emballer.

 

 

Un match sans relief

Les limites des Citizens étaient connues. Moyens en championnat, les joueurs de Manuel Pellegrini montrent trop de largesse entre les lignes sans le ballon, même si le problème est moins grave quand Yaya Touré est absent. Mais c’est d’abord les difficultés du Real Madrid qui ont frappé: un pressing à tour de rôle et des faiblesses techniques inhabituelles à ce niveau, entre les relances hasardeuses de Sergio Ramos et les passes courtes catastrophiques de Casemiro. Quand Vazquez et Bale sortaient sur le latéral adverse, l’ailier mancunien était trop tranquille pour recevoir le ballon, ou comment déclencher un pressing inutile puisque les lignes suivantes ne suivent pas, justement. Les Citizens sont souvent passés par les côtés – sans doute trop – en première période pour maintenir une possession qui n’a abouti sur rien ou presque.

 

La rencontre a tourné avec la sortie sur blessure de David Silva, comme à son habitude très propre, et la prise de pouvoir du duo Modric-Bale. Seul Madrilène bon pendant quatre-vingt-dix minutes (avec le roc Pepe), le Croate a été rejoint par le Gallois en deuxième période. Avec du déchet, certes, Bale a néanmoins compensé l’absence de Ronaldo et la sortie de Benzema à la mi-temps (remplacé par Jesé) en se démultipliant. Il a pris l’axe et proposé des solutions plus bas, Jesé et Vazquez gravitant autour de lui. Le Real s’est enfin créé des occasions, notamment sur coup de pied arrêté, et aurait pu remporter le match sur un tir à bout portant de Pepe, repoussé par un Joe Hart impérial hier soir. Une fois de plus, c’est en grande partie grâce à Marcelo, intenable en deuxième période, que le Real a avancé. Mais la prédominance du jeu sur les ailes et les difficultés à la relance du Real traduisent une régression par rapport à la même époque l’an passé.

 

 

 

De Carlo à Rafa

Après une première saison où le jeu de contre et la rigueur d’un 4-3-3 qui se transformait en 4-4-2 sans ballon avaient ramené La Décima à Madrid, le projet de jeu de Carlo Ancelotti avait entamé une nouvelle phase lors de la saison 2014/15. Désormais plus joueurs, plus monopolisateurs du ballon, avec l’intégration de profils comme Kroos et James et la progression d’Isco, les Merengues s’inspiraient du FC Barcelone de Pep Guardiola, tandis que celui de Luis Enrique s’en éloignait dans le même temps. Au Camp Nou, en mars 2015, Madrid était même venu pour piquer le précieux du Barça. Défaite 2-1, l’équipe d’Ancelotti avait atteint 48% de possession de balle, un chiffre inhabituel dans l’histoire récente du Clasico. Madrid avait changé, en accord avec les recrutements impulsifs de Florentino Pérez. Pour associer Kroos, Modric, Isco, James, Benzema, Bale et Ronaldo, il valait mieux avoir le ballon plutôt que de les faire défendre. Il fallait mettre certains d’entre eux au coeur du jeu. Le 4-3-3 courageux d’Ancelotti, avec Kroos devant la défense, y était parvenu, malgré une saison sans aucun titre.

 

Ces principes ont été abandonnés avec le licenciement d’Ancelotti et l’arrivée de Benitez, synonyme d’un football plus athlétique et plus direct, avec Gareth Bale dans l’axe et Casemiro devant la défense. Mais le Real est torturé. Et Benitez s'est lui-même renié quand il a perdu face au Barça avec Toni Kroos en 6, succombant à la pression populaire. Quelques semaines plus tard, l’Espagnol était viré à son tour, remplacé par Zinédine Zidane. Depuis, le Français tatônne lui aussi. Malgré un discours cohérent et bien construit depuis quelques années, centré sur un football conçu avec le ballon, son Real met James et Isco sur le banc (zéro minute pour le premier à l’Etihad Stadium, trois pour le second), leur préférant Casemiro, Vazquez, et Jesé, et place Kroos au poste de relayeur malgré un manque terrible de vivacité qui lui a valu d’être bousculé par Fernandinho et Fernando.

 

La tâche de ZZ est loin d’être facile: il débute sa carrière dans une situation abracadabrantesque, coincé entre Pérez et des joueurs qui subissent les changements schizophréniques de coaches. Hier soir, le Real a logiquement été schizophrénique lui aussi, passant d’une première période désespérante à une deuxième bien plus encourageante. Malgré ses errements et ses hésitations, Madrid semble bien parti pour connaître une deuxième finale de Ligue des champions en trois ans (d’autant plus que David Silva sera absent pour le match retour). C’est peut-être ça, son identité, finalement. Réussir dans l’instabilité la plus folle.

 

 

 

Vu du forum

=>> lyes215 – 21h31
Drop de Benzema, les anglais apprécient le geste.

 

=>> PCarnehan – 22h04
Il y a « La Cité de la peur » sur France 4.

 

=>> Tricky – 22h08
Ce qu'il fait est toujours très propre, mais franchement, ça me désole de voir Luka Modric aussi bas.

 

=>> Tonton Danijel – 22h12
Il y a « La Cité de la peur » sur France 4.

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Je n'écrirai rien sur ce match, c'est une merde.

 

=>> Breizhilien – 22h14
Monsieur n'est pas une tapette, monsieur est entraîneur du PSG.

 

=>> Tonton Danijel – 22h17
Ouais, ben Bestel, il a voulu jouer en 3-5-2, il a tout niqué la Ligue des Champions.

 

=>> Tonton Danijel – 22h38
Voilà, il ne peut plus rien nous arriver d'affreux maintenant.

 

 

 

Les images du match puisque vous y tenez

 

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