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Monaco, ivre Rocher

Les Citizens canent, les Teutons flingués

Matchbox – Manchester City et le Borussia Dortmund n'ont jamais été en mesure de renverser la situation, respectivement face au Barça et à la Juve. Mais on s'est quand même bien régalé. La double nalyseLes observationsLes joueursVu du forum

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Après avoir vibré avec Paris puis souffert avec Monaco, le retour d'une soirée Ligue des champions "neutre" – pour ceux dont les affiliations ne débordent pas de l'Hexagone, en tout cas – a ménagé nos cœurs et satisfait nos yeux. Il n'y a pas eu de surprise, mais il y a eu du beau jeu, dans des styles très distincts, à Dortmund comme à Barcelone. L'efficacité de Tevez et la clinique organisation turinoise d'un côté, le génie – le qualificatif paraîtrait presque réducteur – de Messi et la réjouissante verticalité catalane de l'autre: la Juventus et le FC Barcelone n'ont pas volé leur qualification pour les quarts de finale. On souhaite bien du courage à ceux qui devront se les coltiner.

 

 

La double nalyse

 

FC Barcelone - Manchester City : Barça va de soi

 

Christophe Kuchly – En 2010, la plus grande des humiliations du 5-0 infligé par Barcelone au Real de Mourinho n'était peut-être pas tant le score que la manière. Ce refus d'exploiter toutes les ouvertures en profondeur dans une fin de match où la passe à dix ne se faisait plus qu’en marchant. Bien sûr, on n’était pas tout à fait dans le même contexte, hier soir. Mais, là aussi, le score n'est qu'une facette de la vérité: ce 1-0 est peut-être le plus trompeur de l'année tant les Catalans ont écrasé la rencontre et raté d'occasions.

 

Les trous dans l'entrejeu de Manchester City étaient béants à l’aller et rien n’a changé en deux semaines. Si, la présence de Yaya Touré. Sauf que l’Ivoirien a besoin d’un milieu stable pour le sublimer, et que l’on aurait plutôt eu besoin de lui pour colmater les brèches. Le 4-4-2, pointé du doigt, n’est pourtant pas la seule cause de ce naufrage permanent : l’Atlético, l’an dernier, a cadenassé le Barça dans ce système. Sauf que là où Arda Turan est un milieu de côté, donc un milieu, et que Koke est un meneur délocalisé, David Silva est un milieu presque exclusivement offensif. Jamais il ne vient renforcer le duo axial, pas plus que Samir Nasri ou Jesus Navas, laissant les Catalans en supériorité à trois contre deux dans l’entrejeu. D’où une défense rapidement exposée, obligée de jouer haut, et donc facile à prendre en profondeur.
 

 


 

 

Sans doute un peu trop pour que les attaquants gardent en tête qu’il est difficile de marquer. Quand on arrive sans grand problème dans la surface, la notion de chance à saisir a tendance à disparaître. Le Bayern, qui avait fait à peu près la même chose à Manchester en phase de poules malgré son infériorité numérique, s’était finalement fait surprendre en contre (3-2). La Roma y avait indirectement perdu une partie d’une qualification en bonne voie et Sergio Agüero rappelé son talent. Barcelone a failli vivre la même chose, malgré moins de possession et une plus grande facilité à transpercer, mais Ter Stegen a bouché l’angle devant Navas puis choisi le bon côté sur le penalty du Kun.

 

Tous les Barcelonais n’ont pas réussi le match de leur vie. Il n’y avait pas besoin, pas besoin non plus de courir non-stop à quelques jours d’un Clasico. La maîtrise collective leur offrait une marge que seules des erreurs individuelles pouvaient réduire. Mais Dani Alves, enfin de retour à un grand niveau, Gerard Piqué, énorme depuis le début de saison, et Jordi Alba, qui ferait un bon sparring-partner à Christophe Lemaître sur soixante mètres, tiennent bien la défense. Et quand on a Lionel Messi devant…

 

 

Borussia Dortmund - Juventus Turin : Juve got the love

 

Raphaël Cosmidis – Le huitième de finale aller entre la Juventus et le Borussia Dortmund, remporté 2-1 par les Italiens, avait mis en avant les failles des Allemands, bien exploitées par une Vieille Dame prête à laisser le ballon à son adversaire. Le match retour n’a fait que confirmer l’impuissance des Borussens lorsqu’il faut trouver la solution sur attaque placée, défaire un bloc et jouer dans des périmètres réduits.

 

Le mal n’est pas nouveau à Dortmund. L’équipe de Jürgen Klopp, désormais trop bien connue et disséquée par toute l’Europe du football, vit chaque semaine les mêmes peines. Son adversaire défend proche de son but, retranché dans un bloc compact qui laisse peu d’espaces aux envolées de Marco Reus, Pierre-Emerick Aubameyang et Henrikh Mkhitaryan.
 

 


 

 

Hier soir, dès le début de la rencontre, avant même que le gegenpressing de Dortmund ne se mette en marche, la Juventus s’installe dans le camp du BVB, surlignant son incapacité à ressortir proprement. La Juve récupère facilement le ballon et dès la troisième minute, Carlos Tevez décide de marquer. Un coup de fusil du pied droit, faisant s’envoler le ballon dans la lucarne de Weidenfeller. Le scénario idéal pour les Turinois, qui peuvent désormais reculer. La configuration du match aller se répète: le BVB doit se dépêtrer de l’épaisse toile italienne, de l’agressivité d’Arturo Vidal, de ses propres lacunes techniques.

 

Contrairement à Schalke 04, battu 3-0 fin février par les passes longues de Mats Hummels et les appels de balle de Marco Reus, la Juventus ne se trompe pas, même après la sortie sur blessure de Paul Pogba (26e), qui amène Allegri à abandonner le 4-4-2 en losange. Même si le passage à trois en défense centrale (entrée d’Andrea Barzagli) fait reculer les visiteurs, il ne les rend pas moins solides. Le Borussia Dortmund ne cadre que deux tirs en quatre-vingt-dix minutes, tandis que la Juventus déborde le milieu allemand dès que la première ligne borussen échoue au pressing. Morata, Pereyra et Tevez accélèrent les contres plein axe à tour de rôle, jusqu’au but du 2-0 (79e). Tevez sert Morata face à la cage vide, avant de célébrer le but comme s’il l’avait marqué (il n’aurait pas vraiment tort). Dix minutes plus tard, il couche Weidenfeller une fois de plus, d’un tir moins aérien mais aussi puissant que sa première réalisation.

 

Entre Dortmund, incapable de l’emporter en élaborant le jeu, et la Juventus, qui savait pertinemment que laisser le ballon aux Jaune et Noir constituait déjà une partie de la victoire, dégainer le premier était capital. En ouvrant le score à l’aller et au retour, la Juventus d’Allegri s'est offert les moyens d'asseoir sa domination tactique. Puissante et douée balle au pied malgré les blessures consécutives d’Andrea Pirlo et de Paul Pogba, la Vieille Dame, proche de son quatrième Scudetto de suite, a de plus en plus la tête d’un candidat au titre européen. De son côté, le Borussia Dortmund, distancé en championnat et victime de la monovalence qui l’avait rendu si séduisant en 2013, doit retrouver l’intensité qui permettait son unicité.

 

 

Les joueurs : les Argentins jouent mieux au foot que les autres

Avant le début de l’exercice 2014/2015, Carlos Tevez n’avait inscrit que six buts en Ligue des champions. Aujourd’hui, il en compte douze. À trente-et-un ans, l’Argentin semble enfin coupler stabilité et performance. Héros à Turin, où il profite du système à deux pointes dont il est à la fois la star et la clé (sublimant le joueur à ses côtés, qu’il s’appelle Morata ou Llorente), l’ancien de Corinthians est l'un des attaquants les plus complets en circulation, l’un des plus mobiles, et probablement l'un des dix meilleurs joueurs du monde cette saison.

 

Excellent finisseur, capable de garder le ballon pour que son bloc remonte, inarrêtable lorsqu’il est face au jeu et dépourvu de l’égoïsme que l’on dit si indispensable aux grands attaquants, Tevez a mis du temps pour trouver le bon club, celui qu’il n’aurait pas envie de quitter, celui dont on ne le ferait pas partir, celui où il ne lâcherait pas le foot pour le golf. En fin de contrat en juin 2016, Carlitos envisageait en janvier dernier de ne pas prolonger et de rentrer au pays. Une grande nouvelle pour l’Argentine, une terrible pour la Juventus, qui avait trouvé l'un des meilleurs numéros neuf de la planète pour douze millions d’euros dans la poubelle de Manchester City, à l’été 2013. En attendant le départ de son fuoriclasse, la Juve peut rêver d’autres soirées aussi belles.

 

Autre Argentin, autre génie. Lionel Messi a déjà reçu tellement d’éloges qu’il semble parfois vain de rajouter une brique de plus, pas forcément plus belle que toutes les autres, à l’édifice. La qualité de son match face à City, surtout en première période, ne peut pourtant pas être passée sous silence. Toutes failles anglaises mises à part, c’est lui qui fait basculer la rencontre de manière quasiment systématique, provoquant des prises à deux, trois, quatre, déstructurant un bloc composé d’individualités qui cherchent à le suivre, slalomant entre les piquets bleu ciel, balançant des caviars jamais dégustés.

 

Ses multiples petits ponts sont la face sexy de l’iceberg mais tout, dans ses courses comme dans ses temps d’arrêt, conditionne la rencontre. À tel point que ses partenaires en perdent parfois tout égo et ne veulent plus jouer que pour lui. Mercredi soir, la Pulga a continué l’œuvre entamée il y a si longtemps. Dans ces moments-là, le football est beaucoup trop facile pour lui.

 

 

 

 

Les observations en vrac

Quand Éric Di Méco dit que "beaucoup auraient collé [Neymar] dans la balustrade" après un petit pont, on parierait qu'il pensait à lui.

 

Pour la santé de Pep Guardiola, beaucoup trop supporter du Barça, on ne lui souhaite pas de tomber contre son ancien club en quarts.

 

Le titre de meilleur public dans la catégorie "tifos" n’est plus en jeu. Deutsche Qualität.

 

Le match de Lionel Messi, allégorie.

 

Pour des joueurs d’une efficacité rare sur les face-à-face avec les gardiens, Lionel Messi et Sergio Agüero tirent des penalties bien médiocres.

 

Rassurant de voir Christophe Josse en vie au Camp Nou alors qu’on croyait l’avoir perdu sur hyperventilation dans le temps additionnel de Monaco-Arsenal mardi soir.

 

Belle mais vaine, la prestation de Joe Hart rappelle le dernier relayeur d’un 4x400 mètres, qui prend le témoin bien après tout le monde, bouche l’écart mais ne double personne.

 

On aime bien Philippe Genin, mais on n’a pas vraiment compris quand il s’est enflammé pour nous dire qu’un but de Dortmund relancerait tout alors que la Juventus menait 2-0 (4-1 au total).

 

On ne sait pas si le temps déforme les souvenirs, mais revoir le gros popotin d'Andrea Barzagli après neuf mois d'absence, ça surprend.

 

 

 

 

Vu du forum

=>> Freddy – 20h49
À noter que les quatre équipes jouent dans leurs couleurs normales. C'est perturbant, pas un maillot rose, fuchsia ou violet à la con, ils pourraient mettre un message d'alerte.

 

=>> Mevatlav Ekraspeck – 20h52
Ça coûte combien un orteil de Tevez? c'est pour une greffe...

 

=>> l'homme de la pampa – 21h28
Décidé à regagner sa place en EDF, et soucieux de faire table rase du passé, Nasri abandonne l'ambition d'être le nouveau Zidane. On ne sait toutefois pas à ce stade si l'idée d'être le nouveau Bernard Pardo séduira Dédé...

 

=>> Tricky – 23h03
Jérémy Mathieu possiblement vainqueur de la Champions League. Le tout dans un club soupçonné de fraude fiscale et interdit de recrutement.

 

=>> Rolfes Reus – 23h10
Elle m'embête cette Juve. A priori, une équipe avec Buffon, Pirlo, Marchisio, Pogba ou Vidal, je devrais vouloir la voir gagner. Mais il y a Evra dedans! Comme s'il fallait forcément remplir un quota de têtes à claques après le passage éclair d'Anelka...

 

 

 

Les titres auxquels vous avez échappé

Nasri, ô laid
Dortmund rit jaune
Allez Carlos, montre-nous Tevez
L’œuvre d’Hart
Barcelone Ranger
Si Juve va bien, c'est Juvamine

 

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