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Les prix NBA de la Ligue 1 : les résultats

La NBA vient de finir de décerner toutes ses récompenses individuelles. À notre tour de dévoiler qui sont les MVP, MIP, rookie, joueur défensif et remplaçant de l'année en Ligue 1. 

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De 4.800 à 5.700 en fonction de la catégorie, vous avez été très nombreux à voter pour les premiers prix NBA de la Ligue 1. Même si le vote multiple était possible, ces chiffres valident l’intérêt de ces récompenses. Le MVP correspond certes au “meilleur joueur de Ligue 1” que l’on connaît, mais les quatre autres catégories sont originales et pourtant loin d’être illégitimes – si l’on passe outre l’habituelle et compréhensible critique de l’individualisation des honneurs dans un sport collectif.

 

Pour atténuer les éventuels biais liés aux suffrages multiples (mais les résultats nous laissent penser que le vote du public était plutôt “propre”), nous avons mis en place un système de pondération, en nous prononçant également. Après le vote du public, chaque joueur recevait de cinq à un point en fonction de son classement. Idem après notre vote. L’addition des deux nous donne le classement final. En cas d’égalité, c’est le joueur qui a recueilli le plus de voix des lecteurs qui l’emporte.

 

Au final, votre vote et le notre étaient en accord sur le vainqueur de trois des cinq catégories. Pour le MVP, ce sont les lecteurs qui ont fait la différence, alors que la rédaction a fait pencher la balance pour le joueur défensif.

 

 

 

Most valuable player : Alexandre Lacazette (OL)

 

 

 

Plébiscité par le vote populaire, Alexandre Lacazette a moins charmé la rédaction, qui lui a préféré son partenaire et cadet Nabil Fékir. Mais son avance était telle qu’il a gardé sa couronne, même face à Marco Verratti, peut-être pas assez attaquant pour l’emporter.

 

Il faudrait un faux pas du PSG pour que son club soit titré champion de France, mais Lacazette a presque tout fait pour que l’Olympique lyonnais retrouve les sommets. Si on peut lui reprocher des absences dans les grands matches, sa capacité à créer du jeu et à résister aux contacts dos au but a transformé l’attaque des Rhodaniens, permettant à Fékir et Clinton Njie de graviter autour de lui.

 

Presque autant que ses buts (et ils sont nombreux, pourtant), c’est bien cette mutation en un attaquant plus complet qui a fait de lui l’une des belles histoires de la saison. Parti de pas grand-chose il y a quelques saisons, barré par Lisandro Lopez et Bafétimbi Gomis, il a su, petit à petit, prouver que sa place était dans l’axe et non sur un côté. Lacazette et le losange lyonnais, installé par Rémi Garde et repris par Hubert Fournier, sont interdépendants: sans l’international français, le losange ne fonctionnerait pas aussi bien, et sans le losange, Lacazette, qui a besoin d’être accompagné offensivement, ne brillerait pas autant. Un couple s’est trouvé.

 

 

Le vote de la rédaction: 1. Fekir 2. Verratti 3. Lacazette 4. Pastore 5. Payet

 

 

 

Most improved player : Claudio Beauvue (EAG)

 

 

 

Un peu comme pour les défenseurs à son marquage, Claudio Beauvue est allé beaucoup trop haut cette saison pour que ses adversaires parviennent à le rattraper. Également nommé pour le Ballon d’Eau Fraîche, le Guadeloupéen a atteint le sommet de sa carrière, à vingt-sept ans, sans nous prévenir.

 

La mini-épopée européenne de l’En Avant Guingamp l’a bien servi, mais c’est en grande partie grâce à lui que les Bretons ont vu Kiev. Replacé dans l’axe par Jocelyn Gourvennec, Beauvue s’est lié d’amitié footballistique avec Christophe Mandanne (qui aurait pu lui aussi être candidat au titre de MIP) tout en faisant des airs son royaume. Des quinze buts qu’il a inscrits en Ligue 1 cette saison, cinq sont partis de sa tête. Il a remporté cent-trois duels aériens en championnat, huitième meilleur score de l’Hexagone. Chez les attaquants, seul Yacine Bammou le devance (122).

 

Yannick Carrasco et Jordan Ayew ont eux aussi connu de vraies progressions, mais ils sont tous deux plus jeunes et ont toujours fait partie des joueurs dont on espérait quelque chose. Beauvue, qui n’avait jamais joué dans l’élite avant 2013, a réalisé un bond immense. Il totalise vingt-cinq buts toutes compétitions confondues cette saison. À son âge, le plus joli contrat de sa carrière l’attend. Et son plus grand défi, aussi: peut-il faire aussi bien dans un club plus huppé?

 

 

Le vote de la rédaction: 1. Beauvue 2. Carrasco 3. Gradel 4. J. Ayew 5. Rolan

 

 

 

Joueur défensif de l’année : Jérémy Toulalan (ASM)

 

 

 

Voilà la seule catégorie qui s’est opposée au bipartisme. Logique, après tout, pour un championnat où l’on défend plus qu’ailleurs. Marquinhos, joueur de devoir et de talent, a réuni plus d’un tiers des suffrages, malgré un statut oscillant entre titulaire et remplaçant de luxe. Il est vrai que l’arrière-garde parisienne a toujours semblé plus solide avec lui. Le Brésilien a même poussé Grégory van der Wiel sur le banc et pris sa place sur l’aile droite en cours de saison.

 

À travers Jérémy Toulalan et Loïc Perrin, les deux hommes qui complètent le podium, ce sont aussi les deux meilleures défenses de Ligue 1 qui sont récompensées. Le Monégasque a d’ailleurs séduit la rédaction, arrivant en tête de nos voix. L’imperméabilité de son équipe, son rôle capital dans la formation de Leonardo Jardim et sa capacité à regagner son statut d’indispensable (après un début de saison où toutes les cartes ont été rebattues) nous ont plu.

 

Mais cette catégorie servait aussi à rappeler que la défense ne concerne pas que les défenseurs. Dans cette optique, récompenser un milieu comme Toulalan, responsable de couper les contre-attaques adverses et d’assurer la première relance, avait également une valeur symbolique. Et si l’on sait que le prix concerne la Ligue 1, la campagne européenne de Monaco a forcément eu une influence. Au passage, la retraite internationale de Toulalan, alors que la France cherche un numéro six pour protéger Blaise Matuidi et Paul Pogba, n’a jamais été aussi regrettable.

 

 

Le vote de la rédaction: 1. Toulalan 2. Perrin 3. Marquinhos 4. Hilton 5. Amavi

 

 

 

Rookie de l’année : Bernardo Silva (ASM)

 

 

 

Le véritable plébiscite, c’est lui. Bernardo Silva, vingt ans, une moustache qui en a quarante, et des pieds divins (surtout le gauche). Sans oublier une tête qui sait jouer au foot. Le Portugais, arrivé discrètement à Monaco, s’est peu à peu imposé sur l’aile droite de l’ASM. Le club l’a même définitivement acheté en cours de saison. Quinze millions justement dépensés. Le mois dernier, on le plaçait dans le top 5 de nos espoirs de Ligue 1.

 

En pleine forme ces dernières semaines, l’ancien de Benfica s’est même mis à marquer (cinq buts sur ses quatre derniers matches). Avant ça, il avait surtout offert de nombreux moments de grâce, une vision du jeu au-dessus de la moyenne et une aptitude à mener depuis le flanc. Si Yannick Carrasco est principalement un joueur de percussion, Silva est lui un vrai milieu, qui vient s’insérer dans la circulation de balle et fait avancer le jeu. Jardim l’a parfois positionné dans l’axe, derrière l’attaquant, en lieu et place de Joao Moutinho.

 

Derrière lui, N’Golo Kanté n’a pas été snobé puisqu’il collecte tout de même plus de 25% des voix. Le milieu de terrain caennais, qui sait à peu près tout faire très bien, devrait rejoindre de plus hautes sphères cet été. On prie pour qu’il reste en France et ne se perde pas dans un club anglais de seconde zone (Stoke City, West Ham, Aston Villa, Newcastle, Sunderland, Queens Park Rangers, rayez les mentions inutiles).

 

 

Le vote de la rédaction: 1. Silva 2. Kanté 3. Lopes 4. Mesloub 5. Thomasson

 

 

 

Sixième homme de l’année : Michy Batshuayi (OM)

 

 

 

Il avait une mauvaise réputation en arrivant en France, porte un cartable Bob L’Éponge et joue très bien au football. Il a largement battu tous ses concurrents pour le titre de meilleur remplaçant de Ligue 1. Logique quand on a marqué six buts après être entré en cours de jeu, et souvent très rapidement.

 

Michy Batshuayi est la meilleure recrue de l’Olympique de Marseille cette saison. Quand les autres s’appellent Barrada, Alef, Alessandrini, Doria ou Ocampos, difficile de voir ça comme un exploit, mais le talent du Belge ne fait aucun doute: il sait jouer des deux pieds, dispose d’un sacré gabarit qui lui permet de raffûter les défenseurs adverses, auquel s’ajoute une vivacité technique prometteuse. Il ne manque que du temps à Batshuayi pour devenir un excellent avant-centre.

 

C’est pourtant dans l’urgence qu’il a le plus aidé son club cette saison. Chaque entrée en jeu semblait annoncer un but. Saint-Étienne, Lens, Lorient et Bordeaux se sont fait avoir. Dans un rôle de titulaire, il n’a marqué qu’à trois reprises, face à Lille (le but de la victoire) et Toulouse (un superbe doublé). “Michy”, surnom qui sert surtout à éviter de prononcer son patronyme, pourrait débuter les rencontres la saison prochaine, alors qu’André-Pierre Gignac se dirige vers la sortie. Contribuer sur quatre-vingt-dix minutes est la prochaine étape de son développement.

 

 

Le vote de la rédaction: 1. Batshuayi 2. Njie 3. Martial 4. Lemar 5. Camara

 

 

Bonus : l'équipe-type foot de la NBA

 

(Sur une idée de Luis Carroll)

 

Meneurs : Matic Johnson, Dado Bledsoe, Baron Davids.
Arrières : Kobe Briand, Reggie Milla.
Ailiers shooteurs : Scottie Papin, Hervé Batum.
Ailiers forts : Josh Smicer, Emre Duncan, Brandon Bastos, Boris Diomède, Florian Morris, Pogbasol.
Pivots : Rudy Gobertan, Wiltord Chamberlain, Shakiri O'Neal, Kareem Abdul-Jabbardonado, Noah Pamarot.

 

Coachs: Chuck Dely Valdes et Harden Wenger

 

 

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