> article suivant

Revue de stress #116

> article précédent

Corner direct... et volontaire

> article précédent

Rangers, résurrection incertaine

Les footballeurs anglais ne passent pas la Manche

When Saturday Comes – La plupart des meilleurs joueurs anglais n'ont pas fait le choix de partir à l'étranger, préférant augmenter leurs revenus plutôt que leur niveau de jeu.

Partager


Extrait du numéro 336 de
When Saturday Comes. Titre original : "Narrow Outlook", traduction Toto le zéro.

 

* * *

L'année a commencé par ce qui a été décrit comme une "annonce surprise" dans le football anglais: en première page des journaux, avec les guerres civiles, accidents d'avions et scandales sexuels, figurait la nouvelle du départ de Steven Gerrard de Liverpool en fin de saison, probablement pour rejoindre la Major League Soccer, où il pourrait encore affronter le joueur avec lequel il a été constamment associé au cours des quinze dernières années, Frank Lampard. Ce dernier devait s'engager ce mois-là dans une nouvelle franchise en MLS, le New York City FC, mais Manchester City, l'actionnaire majoritaire du NYC FC, a estimé que le joueur était encore indispensable – une nouvelle certes importante, mais toutefois confinée dans les pages sportives.

 

 

 

 

 

Bale, seul Britannique...

Quelques semaines plus tôt, la liste de vingt-trois joueurs présélectionnés pour le Ballon d'Or de la FIFA avait été dévoilée. La dénomination ainsi que le mode scrutin de ce trophée ont été modifiés depuis son lancement en 1956 sous le titre du "Footballeur européen de l'année". Pour la deuxième année consécutive, aucun nom anglais ne fut soumis au panel de votants composés d'entraîneurs et de journalistes, Gareth Bale étant une nouvelle fois le seul Britannique à franchir ce cap. Wayne Rooney a été le seul Anglais à figurer dans cette présélection au cours des cinq dernières années et l'on serait bien en peine de désigner le prochain.

 

Depuis le titre suprême de Michael Owen il y a quatorze ans, la seule fois où l'Angleterre a été représentée parmi les trois nominés finaux fut en 2005 lorsque Frank Lampard et Steven Gerrard se retrouvèrent en deuxième et troisième position derrière Ronaldinho, alors à Barcelone. Par la suite, l'ex-joueur de Chelsea n'allait plus jamais figurer parmi les dix meilleurs tandis que le meilleur classement pour le Red fut une huitième place en 2009, ce qui est peu pour des joueurs considérés de classe mondiale de par leur constance en club.

 

Certains commentateurs crurent y déceler une forme de partialité empreinte d'une jalousie suscitée par la portée internationale de la Premier League, mais davantage pour se bercer d'illusions que par réelle conviction. Si Cristiano Ronaldo a été le seul joueur basé en Angleterre récompensé depuis Michael Owen, Thierry Henry à Arsenal a fini parmi les trois derniers candidats à deux reprises tandis que Fernando Torres jouait pour les Reds lorsqu'il finit troisième lors du sacre de Ronaldo en 2008. L'Espagnol avait également été champion d'Europe avec la sélection cette année-là. S'il a pu se montrer moins déterminant lors des deux titres suivants remportés par l'Espagne, son impact au niveau international fut néanmoins bien plus important que Lampard et Gerrard, incapables de refléter en sélection leur rayonnement en club, pour la plus grande perplexité de certains médias anglais.

 


Frilosité à l'export

Il est frappant de constater qu'un grand nombre de ces nominés au Ballon d'Or et leurs prédécesseurs ont joué en dehors de leur pays d'origine, une expérience commune à des générations de joueurs provenant de championnats de niveau inférieur tels que les Pays-Bas ou le Portugal, alors que l'Angleterre s'est jointe à l'Italie et à l'Espagne comme destination de prédilection pour les vedettes allemandes au cours de la dernière décennie. Toutefois, le nombre de joueurs anglais ayant eu une carrière significative dans les championnats européens majeurs se comptent à peine sur les doigts de deux mains. Ashley Cole est le seul international anglais de haut rang à jouer en Europe après avoir signé à la Roma à l'âge de trente-trois ans, même s'il avait été oublié par Roy Hodgson pour la Coupe du monde au Brésil car il n'était pas régulièrement aligné par Chelsea.

 

Pendant plusieurs années, l'une des principales rumeurs estivales de transfert concernait l'offre imminente de Barcelone pour Frank Lampard... qui ne s'est jamais matérialisée. Au sommet de sa forme, il n'aurait eu aucun mal à trouver une autre offre internationale, mais la probable baisse de ses revenus aurait été inenvisageable. La seule fois où un transfert avait été sérieusement évoqué pour Steven Gerrard fut pour Chelsea en 2005, pourtant l'affaire avait mystérieusement fini par capoter. Lui non plus n'aurait pas manqué d'offres s'il avait été disposé à se mettre à l'épreuve comme une autre légende de Liverpool avant lui.

 

Kevin Keegan rejoignit Hambourg après avoir joué un rôle décisif en finale de Coupe d'Europe en 1977, un transfert qui lui permit de progresser en tant que joueur au point qu'il remporta le trophée du footballeur européen de l'année à deux reprises en 1978 et 1979. Steven Gerrard et Frank Lampard recevront bien des éloges si leur grande carrière devait décliner tranquillement dans des endroits tels que Dick's Sporting Goods Park, le stade du club de Colorado Rapids, mais ils auraient pu tous deux devenir encore meilleurs s'ils avaient choisi d'élargir leur horizon au bon moment.

 

Soignez votre anglais et votre culture foot : abonnez-vous à When Saturday Comes.

 

 

Partager

> sur le même thème

Rangers, résurrection incertaine

When Saturday Comes


Neil Andrews
2017-07-23

Pelouse interdite

When Saturday Comes – Dans une Angleterre encore hantée par le hooliganisme, l'envahissement du terrain de Wembley par les supporters de Millwall a fait polémique. Ce vieux rituel est-il devenu inacceptable? 


Si Hawkins
2017-06-27

La Grande-Bretagne, pas un grand pays de foosball

When Saturday Comes – Une Coupe du monde, de grands tournois: le baby-foot, c'est une discipline sérieuse en plus d'une culture populaire en Europe continentale ou aux États-Unis. Qui peine à s'implanter en Grande-Bretagne. 


James Corbett
2017-06-05

Le musée de la FIFA, ultime échec de Sepp Blatter

When Saturday Comes – Projet ruineux de l'ère Blatter, ouvert l'an dernier à Zurich, le "FIFA World Football Museum" chante la gloire de la confédération dans des salles vides. 


>> tous les épisodes de la série "When Saturday Comes"

Sur le fil

RT @Slatefr: Football: à qui profite le stream? https://t.co/JBnwe0smOf

RT @20minutesSport: Lyon: Comment certains supporters de l'OL, «nostalgiques de Gerland», s'intéressent au LOU Rugby https://t.co/WYo5vp73o…

RT @A_N_Supporters: Retrouvez notre vidéo qui accompagne la parution de ce Livret : https://t.co/Svn6VAR9OS

Les Cahiers sur Twitter

Les brèves

Un transfert nommé désir

"Marlon prêté à Nice pour deux saisons." (goal.com)

Chaude piste

“PSG : ça brûle pour Mbappé !” (footlegende.fr)

Papic fait de la résistance

"Mamic s'est fait tirer dessus." (lequipe.fr)

Bouffer la feuille

"Un club de foot est passé au régime végétalien." (lessentiel.lu)

Bukkake

"Nice douché par Troyes." (lequipe.fr)