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Jérôme Latta

 

Chef d'espadrilles.


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L1 :: J32 :: la Gazette

Le football, c'était mieux avant?

Une balle dans le pied – En soulignant ce qui le plus changé dans le jeu depuis vingt ou trente ans, peut-on regretter que la vitesse ait poussé l'intelligence sur le banc de touche?
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Aucun amateur de football, quelle que soit sa date de naissance, n'échappera à la nostalgie et au constat, un jour ou l'autre, que les émotions neuves qui avaient allumé sa passion se sont inéluctablement estompées, que cette passion s'est mâtinée de sentiments moins vifs... et qu'entre-temps, le football a changé, lui imposant d'ajuster ses goûts pour conserver l'enthousiasme ou de s'en détacher en versant dans une bouderie plus ou moins affirmée. Verser dans le "C'était mieux avant" est tentant mais de peu d'utilité. En revanche, s'interroger sur ce que l'on a aimé et que l'on pense disparu – c'est-à-dire se demander "ce qui était mieux avant" – permet au moins d'éclairer ces évolutions sans verser dans le jugement de valeur ni occulter ce qui était objectivement "moins bien avant".


Les artistes et les brutes
Ainsi, les années 70 et 80 se présentent souvent comme une sorte d'âge d'or recelant une infinité de références positives: le "football total" des Néerlandais, le romantisme (mal récompensé) des Brésiliens, l'équipe de France du carré magique, le jeu à la nantaise, etc. Pourtant, c'est aussi la période où les tactiques défensives, axées sur le physique ou la malice s'imposent avec le plus d'efficacité, la période où le vice et les brutalités culminent. Les "artistes" comme Cruyff, Platini ou Maradona devaient survivre à des tacles sponsorisés par la recherche en orthopédie, et la justice sportive était souvent vaincue par la malice et les tricheries.
Il aura fallu un Mondiale 1990 catastrophique sur le plan de l'antijeu et des violences pour enclencher un train de réformes salutaires [1]. Aujourd'hui, ces problèmes n'ont pas disparu (ils prennent également d'autres formes, parfois plus pernicieuses), mais de ce point de vue-là, la situation s'est, en comparaison, très sensiblement améliorée.

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Changement de rythme
Inversement, le football d'antan est dénigré sous l'angle de sa lenteur et de sa faible intensité: "Ça manque de rythme", entend-on. En réalité, le rythme était autre: moins enlevé, certes, mais pas dépourvu de groove. La liberté de mouvement dont dispose alors le porteur du ballon est effectivement frappante: il a le temps et l'espace pour évoluer, et l'on s'étonne que les adversaires restent si passifs, au point de paraître rétrospectivement irresponsables dans leur absence de pressing et leur replacement aléatoire. Aucun entraîneur contemporain ne tolérerait un tel laxisme.
Cette indolence apparente résultait pour une part des caractéristiques physiques des joueurs, qui ne pouvaient, alors, tenir 90 minutes en enfilant autant de kilomètres que leurs homologues actuels. Pour une autre part, ce tempo modéré constituait une convention de jeu tacite. C'est ainsi que l'on s'accordait à jouer, et un Gattuso téléporté en 1982 serait passé pour un hurluberlu, et un danger sanitaire.


Pas de temps pour la technique
Par contraste, c'est donc la rapidité du jeu actuel qui mérite d'être pleinement perçue. Les joueurs doivent maîtriser des passes qui aurait eu des allures de tirs il y a deux ou trois décennies. Certains observateurs estiment que le niveau technique a baissé, mais ce n'est pas certain: la technique a littéralement de moins en moins d'espace pour s'exprimer quand il importe de se replacer, de presser, et quand les gestes les plus simples (contrôler, passer) doivent être accomplis avec une promptitude affolante, sous une pression constante.
(...)

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