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Jamel Attal

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La motivation ne s'achète pas

Dans le lot des "surprises" rituelles dûment homologuées à chaque tour de coupe, la présence de Calais au Stade de France nous rappelle en quoi le football peut être merveilleux, en quoi aussi les vertus d'un gros cœur peuvent facilement l'emporter sur les avantages d'un gros budget.
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La victoire de Calais est-elle aussi invraisemblable qu'il y paraît? Pour exceptionnelle qu'elle soit, son score comme son déroulement rappellent le pouvoir de la volonté et de la solidarité. Car au-delà du conte de fée pour journaux de 20 heures, il y a dans cet épisode rafraîchissant le rappel de quelques fondamentaux du football. Sportivement, les Sang et or ont bel et bien surclassé leurs adversaires, pourtant locataires d'une division située trois étages plus haut.
De nombreux facteurs se présentent pour expliquer le parcours des Nordistes, parmi lesquels l'ambition d'un entraîneur qui maîtrise parfaitement son équipe et a su gérer les circonstances qui l'ont amenée à endosser le rôle du parfait outsider dans cette Coupe de France. Mais ce qui aura frappé plus que tout, c'est la volonté mise par tous les joueurs tout au long de la rencontre, leur engagement total, leur solidarité sans faille. Ces qualités morales associées à un peu de réussite ont réussi à faire advenir l'improbable, mais en toute logique: il n'y avait qu'à regarder la différence d'engagement incroyable dans les duels entre les deux formations. Les Girondins, pris à la gorge, incapables d'enchaîner les actions, ne sont parvenus à faire parler leur supériorité technique que lorsqu'ils furent menés, c'est dire au moment où la peur, la honte et l'énervement leur ont apporté —trop tard— ce minimum vital indispensable pour faire la différence.
Actuellement, les clubs élitistes veulent renforcer leur domination (en France comme en Europe) par des biais pas très sportifs (répartition inégalitaire des droits télé, championnats réservés à l'élite); on comprend mieux cette démarche lorsque la glorieuse incertitude du football vient confirmer qu'il ne suffit pas d'un niveau technique et financier très supérieur pour éliminer un présumé subordonné. Les exigences de rentabilité des investisseurs ne peuvent en effet se satisfaire d'une discipline qui respecte si mal la logique économique, qui laisse des amalgames de stars coûteuses à la merci d'une bande de copains survoltés. Les clubs français, du moins ceux qui sont tentés par les dérives élitistes et se lamentent des prétendus "retards" nationaux, devraient s'inspirer de l'exemple calaisien pour comprendre avec quelles vertus ils doivent défendre leurs chances sur le terrain européen.

Parallèlement à l'inflation des investissements dans les clubs les plus prestigieux, on a vu certains de ceux-ci connaître un marasme ou des déceptions sportives persistantes. Les déboires pas très lointains du Milan AC, premier exemple de Dream team en déroute, les errements du Real, la motivation à géométrie variable de Chelsea, les résultats en creux de l'Inter ou de la Lazio illustrent les limites de l'arrogance financière. Certaines vedettes ne parviennent plus à se motiver que dans le cadre des rencontres de prestige, comme celles de la Ligue des champions, et négligent leur implication dans la routine des championnats, lorsque les caméras et les recruteurs sont moins nombreux. La concurrence exacerbée, les bancs surpeuplés finissent aussi par miner la cohésion des équipes. Enfin, les mercenaires, toujours en train de renégocier leur contrat ou de discuter leur prochain transfert, sont loin d'avoir toujours le rendement espéré. Et effectivement leur rapport avec leurs clubs n'est pas tout à fait le même que celui d'un amateur entièrement dévoué à ses couleurs, parce qu'il a tout à en espérer.

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