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Le Feuilleton de la Ligue 1

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Une jeunesse à toute vitesse

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L'Internacional intercontinental

La Gazette > 18e journée

Après avoir tué le suspense, l'OL lui fait encore subir quelques outrages. Mais le championnat Max Havelaar à 19 clubs bat son plein!
> Le Classement en relief
> Les gestes de la journée
> La Bannette
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Cons sanguins> Stabilité à la mode marseillaise
> L'envers du championnat
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Le surplace de Lens, Lille et Sochaux profit à Saint-Étienne qui vient s'intercaler entre les deux équipes nordistes. Incidemment, les Verts prennent aussi la tête de ce quatuor pour ce qui est de la différence de buts... Derrière, Marseile, Bordeaux et Toulouse patinent, et c'est Le Mans qui en profite doucement.

Rennes imprime le chiffre du diable (666) sur sa ligne de résultats. Equilibre feng-shui entre les victoires, les nuls et les défaites, ou signe maléfique annonçant l'arrivée d'un antéchrist au mercato?
Auxerrois et Monégasques reprennent de l'air: les princes de Louis II devancent désormais les bourgeois de Paris et les prolos de Valenciennes. Grâce à leur deuxième victoire de la saison, les Sedanais viennent se placer derrière les Nantais, tandis que Nice et Troyes ne progressent que d'une marche.


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Les résultats de la journée
Saint-Étienne-Valenciennes : 3-0
Monaco-Sochaux : 3-0
Sedan-Lille : 2-0
Nancy-Marseille : 2-0
Le Mans-Toulouse : 2-0
Auxerre-Lorient : 2-1
Nantes-Bordeaux : 0-0
Rennes-Troyes : 1-1
Paris SG-Nice : 0-0
Lens-Lyon : 0-4



Les gestes de la journée

> la volée de David Gigliotti à l'horizontale dans les airs, en ciseau, ajustée dans les filets de Pouplin après un joli une-deux entre Lachuer et Ferreira.
> la Safet Susic de John Utaka : dribble court derrière la jambe d'appui, enchaîné avec une passe de velours dans le dos de cinq Troyens pour Briand qui ne parvient pas à conclure l'ultime face à face.
> la Didier Six d'Olivier Monterrubio : contrôle dans la course sur l'aile gauche, dribble intérieur et centre en retrait fatal pour Briand qui vendange cette fois au-dessus du but rennais.
> l'étonnant sauvetage sur sa ligne de Gaël Sanz, d'une talonnade décontractée qui annihile une très belle offensive collective des Rennais.
> la nonchalance coupable de James Fanchone dans son face-à-face avec Douchez.
> l'horizontale d'école de Nicolas Douchez sur une frappe puissante de Grafite au point de penalty.
> la malheureuse faute de main de Nicolas Douchez sur la frappe de Romaric, d’autant plus rageante quand on voit ce qu’il parvient à sortir de ses filets chaque semaine.
> la parade du regard de Cédric Carrasso sur le coup franc genghinien de Benjamin Gavanon.
> la parade des fesses de Cédric Carrasso sur une frappe entre ses jambes de Kim.
> la feinte pachydermique de Cédric Carrasso qui laisse la possession aux Nancéiens, se fait dribbler, puis voit le ballon longuement échangé avant de finir dans ses filets.
> le coup franc dans la lucarne de Yaya Touré et la déviation désespérée d'une main sur sa barre de Teddy Richert.
> le nouveau but superbe de Yaya Touré au terme d'un déboulé de plus cette saison que Weah n'aurait pas renié.
> l'accueil de champion du monde réservé par Geoffroy-Guichard à Jérémie Janot pour la réception de sa ville natale.
> la claquette de Nicolas Penneteau sur une tête puissante pleine lucarne de Feindouno.
> le double une-deux entre Pascal Feindouno et Ilan conclu victorieusement par le Guinéen.
> le centre de Pascal Feindouno et la volée de la saison réussie par Christophe Landrin.
> la vaine détente de 13 centimètres de Vladimir Stojkovic sur un centre en cloche de Darcheville.
> l'aile de pigeon rotative de Frédéric Da Rocha qui aurait pu accrocher la lucarne sans une belle envolée de Ramé.
> le centre-tir de volée de Bernard Mendy depuis sa ligne de touche, qui prenait vaguement le chemin de la lucarne adverse avant la déviation de confort de Lloris.
> la fébrilité de Charles Itandje sur les coups de pieds arrêtés de Juninho, un peu comme quand on jouait gardien sous la contrainte, dans la cour de récré, et que le plus gros des CM2 armait sa frappe à trois mètres de notre paire de lunettes.


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Qui se cache sous ce déguisement de Père Noël, au Stade de la route de Lorient?
a – Daniel Moreira.
b – Grand corps malade.
c – Le responsable du recrutement.
d – Vahid Hallhodzic.



La Bannette

La promotion canapé
Élie Baup (L'Équipe) : "La profondeur de notre banc nous handicape".

La question-réponse
Georges Eo (L'Équipe) : "Mon avenir? Vous avez une autre question? L'avenir de mon gardien? Une autre question? J'ai envie de dire quoi? Une autre question?"

Le goût de banane
Gérard Houllier (lequipe.fr) : "Je voulais démontrer avec l'équipe que le cru 2006-2007 est meilleur que le cru 2005-2006".

Le commentateur en stade germinal
Denis Balbir (C+) : "Ce serait l'assommoir pour le Racing club de Lens".

L'entraîneur sarkozyste
Christian Gourcuff (F365) : "Il y a eu trop d’insécurité dans notre jeu".

La fuite de fiel
Gérard Houllier (L'Équipe) : "Un joueur lensois avait dit avant la rencontre qu'il fallait jouer un match de Ligue des champions pour battre Lyon. Nous on ne l'a pas dit, on l'a fait".

Le soutien à Bernard Mendy
Emerse Faé (F365) : "Quand il faut centrer, on frappe, et quand il faut frapper, on centre".

Le prophète et le prophète et demi.
Pierre Dréossi (AFP) : "J'espère que nous ne payerons pas tout cela mercredi contre Reims, lors du quart de finale de la Coupe de la Ligue".
Jimmy Briand (AFP) : "J'espère que tous les efforts fournis ne seront pas préjudiciables en Coupe de la Ligue mercredi".

La question restée sans réponse
Alexandre Ruiz (C+): "Un chiffre: c'est euh, pas une petite comparaison, parce que j'aime pas ce mot, entre Laszlo Bölöni et Laurent Banide. Dix matches pour Bölöni: 0,7 points par match; huit matches pour Laurent Banide: 1,5 point par match". D'accord Alexandre, on va dire que ce n'est pas une comparaison. Mais c'est quoi alors exactement?

Le pompier involontaire
Pierre Dréossi (L'Équipe) : "Je n'ai pas pu compter le nombre d'occasions qu'on s'est procurées, je n'avais plus assez de doigts".

L'entraîneur horizontal
Guy Lacombe (L'Équipe) : "Il ne faut regarder ni vers le haut, ni vers le bas".

L'objectif atteint
Aruna Dindane (C+): "L'objectif c'est de finir numéro un, ça il ne faut pas se le cacher". C'est pour ça que les Lyonnais ont préféré ne pas vous le cacher plus longtemps.

Le nul sur toute la ligne
Georges Eo (L'Équipe) : "On a livré un match cohérent du début jusqu'à la fin".

L’esprit de contradiction
Gérard Houllier (AFP) : "Ce soir, c'était le match de la solidarité et du sang-froid".
D’une équipe dirigée par un individualiste au sang chaud.

Le gros épargnant
Florent Malouda (olweb.fr) : "Tous les points que l’on prend maintenant ne sont plus à prendre".

L'occupation du terrain
Lorik Cana (L'Équipe) : "Nous avons beaucoup de qualités, mais aussi des carences un peu partout".

La métaphore délicate pour évoquer Édouard Cissé
Guy Lacombe (lequipe.fr) : "Il y avait un poil de fatigue".

Le joueur qui ne confond pas avec le golf
Jean-Claude Darcheville (football365.fr) : "Pour marquer, il faut des ballons".

L'entraîneur qui ne cache pas ses fantasmes
Antoine Kombouaré (AFP) : "Il faut être plus efficace derrière et ne pas perdre de ballons dans les zones où cela peut faire mal".

La star-dépendance
Alain Perrin (L'Équipe) : "Les absences de Bréchet et Leroy n'expliquent pas tout".

L'aveu
Stéphane Grichting (L'Équipe) : "Ce ne fut pas magnifique".

Les cadences infernales
Jean-Claude Darcheville (AFP) : "De notre côté, on a retrouvé ce qui faisait notre force l'an passé". Un calendrier dépourvu de la Ligue des champions?

Le premier supporter
Pape Diouf (L'Équipe) : "Je m'étais sans doute fait trop d'illusions sur cette équipe et certains joueurs".


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Colony Capital aurait peut-être 10£ à investir?

Le Top "Excuses" de Guy Lacombe
1. "On avait en face de nous une bonne équipe de Nice, qui n'est pas à sa place non plus. Elle serait dans les six premiers, il n'y aurait rien à redire".
2. "C'est l'ensemble des résultats qui nous met dans cette situation, pas celui-ci".
3. "Il y a eu des actions".
4. "On a touché  le poteau".
5. "Il y a d'autres choses difficiles à appréhender : le terrain, le fait d'être sifflé par son propre public".


Le top "Haltérophilie"
1. Ivan Hasek (AFP) : "Le résultat est un peu lourd pour Valenciennes".
2. Antoine Kombouaré (AFP) : "Je suis déçu du résultat qui est lourd mais mon équipe est en train de digérer tout ce qu'elle apprend".
3. Alain Perrin (AFP) : "Je déplore la lourdeur du score".



Cons sanguins

urano_130.jpgCes derniers, temps, nous avons souvent évoqué l'incapacité de la Ligue à s'autogérer, en particulier en matière de discipline. Mais il ne faudrait pas oublier sa capacité à s'auto-amnistier. Cette semaine, bouleversé, Frédéric Thiriez a ainsi réagi à la démission de Pascal Urano, président du CS Sedan Ardennes, de ses fonctions au Conseil d'administration de la Ligue: "Hier, notre vice-président du CA, Pascal Urano, m’a fait savoir, par une lettre qui m’a profondément ému, qu’il souhaitait se retirer du Conseil d’administration, estimant que les événements consécutifs au match Sedan-Troyes ont pu porter préjudice à l’image du football professionnel et à celle de la Ligue en particulier. Cette démarche, pleine de panache est, au contraire, tout à l’honneur de cet homme d’une parfaite droiture, et la noblesse de son attitude rejaillit sur l’ensemble du football professionnel. Le Conseil d’administration, unanime, aimerait qu’il revienne sur sa décision de partir".

C'est beau. C'est vibrant. C'est un président de la Ligue qui absout un président insulteur-molesteur d'arbitre à la demande de ses confrères. Unanimes.



Stabilité à la mode marseillaise

Toujours aussi bien introduit, Georges Profond rapporte chez nos camarades d’opiOM une prédiction inquiétante de José Anigo : "Je pense que ce mercato va beaucoup bouger.(…) Ce qu’on entend c’est que ce mercato va partir dans tous les sens au niveau des prêts et des achats..."

Le directeur sportif de l’OM révèle que le club ne serait intéressé "que" par un renfort par ligne, soit une continuité dans la politique de recrutement qui est prônée depuis plus d’un an, censée se contenter d'ajustements. Ce que Diouf et Anigo appellent la stabilité ne consiste pourtant qu’en une maîtrise quantitative du turn-over dans l’équipe-type, le nombre total de mouvements observés dans l’effectif restant antagoniste avec toute notion de stabilité. On recense dans l’équipe-type de cette fin d’année 2006 quatre changements par rapport à celle qui a terminé la saison précédente: Carrasso, Zubar, M’Bami et désormais Cissé. Les trois apports espérés par Anigo modifieraient l’équipe à 60% en six mois. Une révolution de velours dans le discours, pas dans les faits…

L’OM va pourtant jouer une partie capitale cet hiver. Son besoin de Ligue des champions se fait criant, son droit à l’erreur s’amenuise. L’aléa sportif, lui, demeure. Il y a un an, Diouf et Anigo avaient eu la main franchement heureuse en remplaçant Mendoza et Köke par Pagis et Maoulida. La gestion du recrutement leur confère même un certain savoir-faire désormais – mis à part les cas Lamouchi et Barthez, qui peuvent prêter à controverse. Mais gardons en mémoire que Jean Fernandez n’avait tiré la quintessence du recrutement hivernal qu’au mois d’avril, lors du déplacement à Nantes. Combien de temps faudra-il à Albert Émon pour tirer une plus-value du mercato qui s’annonce?

En attendant, la presse locale agite pour la 37e fois en dix ans le serpent de mer de la vente du club. Les mêmes micros vont interroger pour la énième fois le même neuneu à l'accent tellement couleur locale qu’il a forcément raison. Comme on s’y attendait, la sagesse est emportée par un enthousiaste "Si le rachat de l’OM se confirmait, l’Olympique de Marseille passerait dans une autre dimension!" Le Phocéen.fr fait voter ses lecteurs: 89,3% d’entre eux se déclarent favorables à la reprise de l’OM par un investisseur étranger. Les mêmes qui avaient chassé Yves Marchand à coups de figues molles parce qu’il ne connaissait pas les spécificités de leur OM. Les mêmes qui hurleront à la mort quand un estranger mettra la main sur leur club… et sur leur billetterie. Comme si les modèles lyonnais et lillois ne montraient pas suffisamment clairement la voie de la réussite sportive…


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Djibril Cissé a très vite adopté la coutume locale consistant à se fourrer le doigt dans l'oeil.


L’envers du championnat

Il aura suffi que nous tressions quelques lauriers prématurés aux Sedanais dans notre dernière Gazette pour qu’ils se croient arrivés, et chutent lourdement face à Lille, pourtant notoirement identifiée comme l’une des formations les moins solides de notre championnat à l’envers. Si elle est de taille, c’est la seule véritable surprise de cette journée de transition dont auront profité les autres favoris pour se replacer dans la course au titre. Pour son premier revers à la tête des Sangliers, José Pasqualetti n'a pas fait les choses à moitié: relançant complètement le championnat, il a même mis en péril le titre honorifique de champion d’automne qui semblait promis aux Ardennais. La colère théâtrale du président Urano fut à la hauteur de la désillusion…

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La sanction présidentielle n'a pas tardé à tomber pour le premier revers de l'ère Pasqualetti.
Le fait de la journée aura peut-être eu lieu au Parc des Princes. En toute discrétion, les Parisiens continuent de tourner à plein régime à la maison, et pointent même désormais à la deuxième place du classement à domicile, un petit point derrière Troyes et sur la même ligne que Sedan qu’ils devancent à la différence de buts. C’est donc à ses seules médiocres performances à l’extérieur que le PSG doit son classement encore peu affirmé. Il grignote toutefois son manque à gagner point après point et se maintient à deux petites longueurs du podium, cinq seulement de la tête, avec un avenir qui semble lui appartenir, surtout si l’arrivée de Gallardo se confirme cet hiver avec son cortège de kilos et de gros mots. L'Argentin sera surmotivé, comme on peut l’imaginer quand on quitte le Monumental surchauffé pour un Parc à moitié vide. En attendant, le déplacement à Troyes lors de la prochaine journée s’avère crucial: le PSG pourrait en effet marquer les esprits en passant devant Troyes en cas de résultat favorable. On sent enfin le podium à la portée des hommes de Guy Lacombe.

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Mais ce qui renverse le petit monde de l’envers du championnat depuis le week-end dernier, c’est bien la folie qui s’est emparée d’un candidat pourtant sérieux au titre: à la surprise générale, le FCNA a en effet engagé Fabien Barthez. Celui-là même qui avait, pensait-on, achevé sa carrière il y a cinq mois, dans l’anonymat du match le plus anodin que l’on puisse imaginer sur la planète football, se voit confier la cage des Canaris. Le gros chat pataud Stojkovic la gardait pourtant à merveille jusqu’alors. On regrettera ici ses envolées vertigineuses à trois centimètres du plus haut brin d’herbe de la Beaujoire et les bouffées d’air frais qu’apportaient à la L1 les trous permanents de ses sorties. Avec la mise à l’écart programmée du grand Vlad, c’est l’ambition de la maison jaune qui se meurt un peu. Et pourquoi pas Thuram, Zidane et Henry au mercato tant qu’on y est? Le haut niveau ne tolère pas ce type d’égarement dans le recrutement…
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