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Jamel Attal

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Revue de stress #168

Joli baisser de rideau dans le groupe D

Le pays hôte a fait valoir ses droits à l'ArenA: l'équipe quasi-titulaire des Pays-Bas a battu 3 à 2 une belle équipe de France B, au terme d'un match splendide. Un bilan contradictoire pour les Bleus, mais pas alarmant…
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Ce fut donc un sommet tout en contrastes et en ambiguïtés, d'abord en raison de son statut de "finale amicale" entre les deux favoris, avec des enjeux incertains et dont les enseignements seraient forcément sujets à caution.

Le paradoxe est bien que les Bleus n'ont peut-être jamais aussi bien joué depuis le début de la compétition que lors de la première mi-temps, avec une formation dans laquelle seuls Desailly et peut-être Vieira ont le statut de titulaires. Bien assurée, volontaire, elle a connu des instants de maîtrise totale, notamment dans le dernier quart d'heure avec des mouvements remarquables où les passes n'étaient interrompues que par les fautes adverses. La maîtrise a ensuite changé de camp, avec un engagement athlétique total des Néerlandais qui ont remporté la majorité des duels, à l'image d'un Davids totalement déchaîné, et le score a logiquement sanctionné ce renversement de tendance.
On attendait que les "remplaçants" français "marquent des points" ce soir, et si leur motivation n'a pas fait de doutes, les bilans sont assez divers. Pires a été assez intéressant dans un rôle un peu étrange (à la Guardiola), Micoud semble avoir acquis plus de confiance et a bien dirigé le jeu, mais il a eu tendance à disparaître en fin de match, Wiltord a prêché ses convaincus en travaillant énormément, Djorkaeff a été trop secoué dans le combat pour que sa rentrée soit significative, Karembeu aurait réalisé une bonne performance sans ses fautes de placement… Mais c'est surtout Dugarry qui a encore douché ses siffleurs avec un match assez exceptionnel, payé d'un but et d'une occasion qu'on ne manquera pas de lui reprocher (sur l'action, Westervelde doit pourtant à ses fessiers d'avoir arrêté le tir, et Trezeguet sur le côté était gravement hors-jeu). Cela fait longtemps qu'on se demande pourquoi il ne glisse pas vers ce rôle de milieu offensif décalé, dans lequel sa technique et son physique auraient un rendement plus évident.
A l'inverse, Trezeguet buteur a pourtant confirmé ce qu'on craignait de lui: sans égal dans son rôle de voleur de poules, il est malheureusement limité à ce seul registre. Sa participation à la construction du jeu est quasiment nulle, il est toujours battu en vitesse et n'offre pas de véritable point d'appui. Un pur joker de match fermé à double tour, à l'aise dans les défenses arc-boutées sur leur but. Wiltord est certes complémentaire par son activité, mais il mériterait meilleur partenaire.
L'équipe de France aura au moins étalé la richesse de son effectif et surtout montré que son état d'esprit et son style de jeu restent identiques quels que soient les hommes en place. Si l'on considère que cette deuxième place ne crée aucun handicap insurmontable (voir par ailleurs) et surtout qu'il faut de toute façon gagner, cette défaite ne remet pas en cause les certitudes de "l'autre" équipe, pour laquelle le challenge des quarts était inévitable.

Le bilan pour les Pays-Bas est lui indiscutablement positif, avec une qualité de jeu en hausse et un esprit collectif raffermi. Ils emmagasinent ainsi de la confiance avec cette victoire de prestige, et comme les Bleus en 98 à St-Denis, restent dans leur port d'attache à Amsterdam. Ils s'éloignent pour quelque temps dans l'autre tableau, ce qui laisse le temps d'imaginer les parcours qui nous conduiraient à des retrouvailles…

PS: Comme nous avons déjà dit au revoir au Danemark et à la République tchèque, nous n'avons pas rendu compte de leur match. Merci à eux quand même.

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Les Bleus


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