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Antoine Faye

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Un barbare qui sait pleurer

Gaceta de la Liga : Jornada 33

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clasificacion_33.jpgLes résultats
Athletic-Valence : 5-1
Saragosse-Recreativo : 3-0
Levante-Getafe : 3-1
Villarreal-Valladolid : 2-0
Barça-Espanyo l: 0-0
Osasuna-Depor : 0-1
Racing-Real Madrid : 0-2
Atlético-Betis : 1-3
Murcie-Majorque : 1-4
Seville-Almería : 1-4


Je ris de me voir Cibeles

Ambiance de fête à Madrid. Après la victoire merengue à Santander, les joueurs de Bernd Schuster ont la Liga en ligne de mire, et disposent même de l’opportunité d’être sacrés dès dimanche, si ses deux adversaires directs (Villarreal et Barça) laissent échapper les trois points. Les célébrations madrilènes après la victoire en Cantabrie rappelaient – à s’y méprendre – celles de Saragosse, lors de l’avant-dernière journée de la saison dernière. Un avant-goût de triomphe, faute de l’avoir vraiment obtenu. La fontaine de las Cibeles est proche…

gaceta33_marca2.jpgFace à un adversaire difficile, Raúl a fait son boulot de leader, en ouvrant la marque après treize minutes de jeu. Et contrairement au Barça, le Real sait tenir le score. La bande des quatre – Heinze, Pepe, Cannavaro, Ramos – a contenu les timides assauts des Cantabres avant la mi-temps.
Solide et autoritaire, le Real joue le contre après la pause et se crée plusieurs occasions franches. Dans les arrêts de jeu, c’est à la faveur d’un contre que Higuaín double la mise des Madrilènes, qui comptent désormais dix points d’avance sur Villarreal, et onze sur le Barça.






Le sous-marin surnage

Dans la course à la Ligue des champions sans passer par la case tour préliminaire, Villarreal a damé le pion du Barça. Les coéquipiers de Robert Pires, vainqueurs de Valladolid (2-0), doivent leur victoire à leur efficacité, qui a contrasté avec le syndrome de Bakayoko touchant les Pucelanos, qui ont vendangé allègrement les différentes occasions dont ils ont disposé.

Les joueurs de Manuel Pellegrini avouent désormais clairement leurs ambitions: défendre la deuxième place. Il faut dire qu'une qualification directe en C1 permettrait d'envisager autrement la préparation estivale et les moyens financiers à investir sur le marché des transferts.



gaceta33_sport.jpgSant Jordi, priez pour nous

Le Barça est donc tombé d'un rang. Au cours d'un derby barcelonais entre deux équipes sous perfusion de Prozac, le spectateur s'est ennuyé. Et pas qu'un peu. Entre un Barça brouillon disposant de rares bonnes occasions et un Espanyol venu prendre l'air, il n'y avait pas de quoi s'enflammer. Et dans les gradins, bon nombre de supporters en étaient à espérer une claque contre Manchester et que la saison termine le plus vite possible.

Côté blaugrana, l'espoir combine la hargne de Eto'o et l'instinct de Messi, qui – même en revenant de blessure – a eu le temps de démontrer qu'il possède dans chacun de ses orteils plus de talent que n'importe quel autre joueur de Liga. Il faudra bien ça pour sauver les apparences contre Manchester, et tenter d'accrocher la deuxième place de la Liga.
En concédant son deuxième 0-0 consécutif au Camp Nou, Le Barça n'a rassuré personne. Certes, mercredi, pour la réception de Manchester, ce sera la Sant Jordi. Certes, un Camp Nou qui rugit fait exploser les tympans de toute personne normalement constituée, mais l'inquiétude est très grande chez les afeccionats.



La fête à la maison

La lutte pour la quatrième place est particulièrement intéressante: en théorie, l'Atlético, le Racing et Séville peuvent accéder à la Ligue des champions dès que leur adversaire commet un faux-pas. Mais ce week-end, et sans préavis, les trois prétendants ont décidé de perdre, et à domicile de surcroît.

Le Racing peut trouver des circonstances atténuantes avec la réception du Real, mais il est plus difficile de justifier les errements de Séville et de l'Atletico. Si les Madrilènes recevaient le Betis – une des meilleures équipes des matches retours – la passivité qu'ils ont affichée est surprenante. L'Atleti, club qui compte un siècle de performances inexplicables, peut ajouter la contre-performance de samedi à liste de ses déceptions.

Sous la pluie andalouse, Séville a perdu sèchement le derby l'opposant à Almería. Un jour sans. Au point que Daniel Alvés a même trouvé le moyen de marquer contre son camp. Tout un symbole. Jamais en mesure de prendre le jeu à leur compte, ou même d'espérer entrer dans le match, les Sévillans ont livré un match à oublier, dans lequel ils ont perdu une occasion énorme de se rapprocher de la quatrième place. Quant à Almería, sa victoire lui permet de se placer à seulement trois points de son adversaire du jour. Un beau profil de trouble-fête.





Redoublants

Au milieu du classement, cinq équipes respirent: Deportivo, Espanyol, Athletic, Betis et Majorque, dont le nombre de points – respectivement 46, pour les trois premiers et 44 pour les deux autres – doit leur éviter des sueurs froides. En revanche, Getafe, traumatisé, a compliqué sa situation en perdant à Levante. Les joueurs locaux, abandonnés par De Biasi le mardi, annonçant une grève le mercredi, ont pris trois points le dimanche. Étonnant.

La lutte pour le maintien commence véritablement avec Osasuna, qui – en s'inclinant à domicile face au Depor – a confirmé ses paradoxes: vainqueurs lors de ses deux derniers déplacements, les Navarres ont perdu leur trois derniers matches à domicile, contre des équipes mal classées. Comprend qui peut.



La victoire à quatre points

Tout aussi incompréhensible est la situation de Valence, scotché au classement avec ses 39 petits points. Humiliés à Bilbao, les joueurs che ont – enfin – obtenu la tête de Ronald Koeman. Toujours est-il que Voro, le nouvel homme de banc, n'aura pas beaucoup le temps de faire des essais. Car les Valencians sont au même niveau que Valladolid, qui jusqu'alors paraissait plus à même de sauver les quelques points qui manquent à son maintien.





Enfin, Saragosse a damé le pion du Recre, lors du duel les opposant, ce samedi (3-0). Comme souvent, les rencontres pour le sauvetage se jouent sur la capacité à profiter des erreurs de l'adversaire. Huelva, qui a perdu son jeu et ses nerfs, a facilité grandement la victoire de Saragosse, qui avait forcé la serrure au bout de deux petites minutes de jeu. Les coéquipiers de Luccin (remplaçant) ont obtenu trois points fondamentaux, et surtout, un avantage à la différence de buts particulière. Une victoire à quatre points.

Dans la zone des équipes perdues, Murcie et Levante se battent pour échapper à la lanterne rouge. Les joueurs de Javier Clemente, corrigés par Majorque, ne comptent plus que quatre points d'avance sur Levante. La Segunda les attend.




gaceta33_levante.jpgLe RSA des footballeurs

Levante poursuit son histoire paradoxale: sportivement, le club enregistre les raisons de se réjouir. Bien que derniers de la Liga, les Granotas ont enchaîné deux victoires consécutives. Quant à la section féminine, elle a été sacrée championne d'Espagne ce week-end. Économiquement, en revanche, la situation est beaucoup moins reluisante. Si la situation semblait s'être arrangée (lire la Gaceta 23), les promesses sont restés sans lendemain.

Et les joueurs de Levante de menacer de se mettre en grève. Le communiqué rendu public par les joueurs la semaine dernière, tout comme le départ de leur entraîneur et mentor De Biasi, n'a pas empêché les Granotas de s'imposer dimanche, avec une attitude forçant le respect.
Pour l'heure, les dirigeants de Levante n'ont que leur bonne foi (?) pour éviter la grève. Ils affirment négocier avec des établissements de crédit afin de payer les salaires et les primes des joueurs. Toutefois, ils ne peuvent fournir aucun document écrit garantissant les paiements à venir. Certains joueurs et salariés ne touchent plus un centime depuis maintenant deux ans. Quelques joueurs de l'effectif vivent désormais des deniers avancés par des joueurs d'autres clubs. Une sorte de RSA footballistique.



gaceta33_koeman.jpgKoeman, le Hollandais sans volant

"Adeu Koeman". Ou comment l'entraîneur qui devait donner un coup de fouet, est parti après avoir administré une sévère dose de coups de massue. Si la victoire de Valence en Coupe du Roi permet de maquiller le bilan du Hollandais, les résultats obtenus en championnat laissent songeur: en 22 matches, les Valencians n'ont récolté que 18 points. Un chiffre à mettre en rapport avec les 21 points obtenus sous la houlette de Quique Sánchez Flores, en 11 journées.

Si Koeman n'a pas forcément fait les meilleurs choix tactiques et humains – notamment sa décision d'écarter des joueurs aussi emblématiques que Albelda, Cañizares et Angulo – il ne faudrait pas exonérer les dirigeants du club de leur propre responsabilité. Car la politique menée est aussi incohérente que catastrophique: dépenses astronomiques sur le marché des transferts pour des joueurs ayant disparu de la circulation, conseil d'administration dont les membres sont virés au premier désaccord, politique sportive incohérente... Valence est devenu le lieu d'un chaos permanent.

Marcelino no ?
Par chance, Valence pourra disputer la Coupe de l'UEFA la saison prochaine. Malheureusement pour les supporters, cela ne rendra pas meilleurs les dirigeants du club, qui sont toujours capables de décider un virage à cent quatre-vingts degrés d'ici à la fin de la Liga.
Le futur de Valence reste donc connu des seuls dirigeants: si une large part de la presse donne pour certaine la venue de Marcelino – actuel entraîneur de Santander –, celle-ci ne va pas de soi. Car le bonhomme, aussi méthodique que compétent, aime avoir un pouvoir de décision que Valence ne peut pas lui offrir. L'été dernier, c'est pour ces mêmes raisons que Marcelino avait rompu les négociations avec le Betis, avant de filer à Santander.



Les prix

• Le prix du gars qui ne laisse aucun doute à ce sujet revient sans appel à Ramon Calderón, président du Real, pour ce constat: “Recruter Cristiano Ronaldo et Cesc ne sera pas facile”.

• Le prix du gars qui parle de lui en disant nous est décerné à Frank Rijkaard: “Nous ne renonçons pas à la Liga”.



Ils ont dit

“Je n’arrive pas à y croire”. C’est ainsi que Bernd Schuster a analysé la convaincante – fait exceptionnel – prestation de ses joueurs en conférence de presse.

“C’est une satisfaction que de les voir, en dépit de ce qu’ils vivent” – José Ángel Moreno, flambant neuf entraîneur de Levante, à propos de la victoire des siens contre Getafe.

“Nous avons perdu sur des erreurs de gamins” – Manuel Zambrano, après la cuisante défaite de ses joueurs à Saragosse (3-0).
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