auteur
Antoine Faye

Du même auteur

> article précédent

Sur le banc à Metz

> article précédent

Pourquoi Bordeaux va être champion

Gaceta de la Liga - Jornada 23

Le Real cartonne et prend le large. Ce qui n'empêche en rien la Liga de vivre de polémiques...
Partager

clasificacion5.jpgMadrid-Valladolid : 7-0
Valencia-Betis : 3-1
Athletic-Levante : 1- 0
Osasuna-Saragosse : 1-0
Mallorca-Almería : 1-0
Deportivo-Getafe : 1-1
Sevilla-Barça : 1-1
Espanyol-Recreativo : 0-1
Murcie-Villarreal : 0-1
Racing-Atlético : 0-2
Espanyol-Recreativo : 1-2


Les 3 gestes de la journée

• Chacune des passes de Guti, pour ses attaquants, contre Valladolid. Un modèle d’intelligence dans la contre-attaque: de la passe courte du deuxième but à l’ouverture géniale amenant le troisième but madrilène, voilà qui est à copier.
• L’arrêt de Victor Valdés sur la reprise à bout portant de Kanoute.
• La feuille morte de Diego Forlán, contre le Racing, rappelant curieusement celle de Cristiano Ronaldo.


Les 2 antigestes de la journée

• Le très net contrôle de la main de David Silva sur le deuxième but valencien.
• La passe décisive de Garay (Racing) pour le premier but de Forlán (Atlético).



Les Impitoyables Guerreros de l’Allemand

Pas de quartier. La Merengue mécanique a frappé devant Valladolid. Un score de baby-foot qui, pourtant, reflète bien mal un match tout juste dominé par le Real. Avec pléthore de blessés, dont Van Nistelrooy, les Madrilènes ont livré la quintessence du football dicté par Bernd Schuster. Abandonner le terrain et le ballon à ses adversaires, et jouer en contre, avec un réalisme insolent. Huit occasions pour le Real, sept buts, dont quatre, entre la 30e et la 43e minute.

Les joueurs de Valladolid, malgré dix tirs cadrés, ont pratiqué la politique du suicide. Prenant poliment le jeu à leur compte, jouant très haut, ils ont mis le Real dans des conditions idéales pour pratiquer son jeu. Certes, les Pucelanos n’ont jamais renoncé, mais leur prestation n’a eu d’utilité que pour Spaletti (l’entraîneur de la Roma, présent en tribunes), qui connaît désormais le parfait exemple de ce qu’il ne faut pas tenter face au Real.
De ce match à coups de boutoir, on retiendra la prestation des deux joueurs bannis par Luis Aragonés. Raúl, capitaine, a signé un doublé (dont un penalty) et s’approche doucement des deux cents buts marqués en Liga. Le cas le plus remarquable est celui de Gutí, qui a participé à la construction des sept buts, avec des inspirations proprement géniales. Outre un doublé, le meneur a signé deux passes décisives et offert un festival de passes dans l’espace… Voilà qui repousse le Barça à huit points.





LdC,  loin du champion

En ne rapportant qu’un point de son déplacement au Sánchez Pizjuán, le Barça a perdu du terrain sur tous ses rivaux directs. Nettement dominés en première période, et menés au score grâce à un but de Diego Capel, le salut des Blaugranas est venu de la peur de gagner du FC Séville, les Andalous s'étant recroquevillés sur leur but en deuxième mi-temps. Messi, transparent pendant une heure, se réveille et offre d’abord l’égalisation à Xavi, avant de mettre Keita à la faute, synonyme d’expulsion. Mis à part ces quelques minutes un peu folles, rien de bien trépidant.

Dans le même temps, Villarreal, en dépit d’un match très médiocre, arrachait trois points dans les arrêts de jeu, sur un but entaché de hors-jeu. Les joueurs de Pellegrini conservent ainsi leur troisième place. L’Atlético, pour sa part, a retrouvé le chemin de la victoire et Forlán celui des filets. L’Uruguayen, auteur des deux buts de son équipe, n’avait plus marqué depuis cinq matches. Sa feuille-morte aux vingt-cinq mètres, synonyme de 0-2, est un modèle du genre. 

Enfin, l’Espanyol confirme ses difficultés en ce début d’année. Sinama-Pongolle a été l’artisan du succès des Andalous. Pour son premier match sur le banc, Zambrano a bénéficié de la qualité de l’attaquant français et du laxisme de la défense blanquiazul.





UEFA, mais un effort ferait l’affaire

Avec sa défaite contre l’Atlético, le Racing a réalisé la mauvaise opération du week-end. Les Cantabres ne profitent pas du faux-pas de l’Espanyol et voient Séville, Almeria et Valence diminuer leur retard. Almería, promu, continue sa belle saison. Après sa victoire contre le Real, les Gommes d’Unai Emery ont emporté un point de Mallorca, dans un match très faible où les deux équipes, dès le coup d’envoi, ont semblé impatiente d’arriver à la fin du match.

Valence, pour sa part, a obtenu son deuxième succès consécutif. Certes, s’il faut s’incliner devant cette performance, encore inimaginable voilà deux semaines, il n’y a pas de quoi s’enflammer. Car les deux premiers buts valenciens, dans la première demi-heure, n’auraient pas du être accordés... Pas plus que la tardive réduction du score du Betis. Pour autant, Valence n’a pas volé ses trois points, source d’un optimisme retrouvé.


Au milieu
Première défaite d’Irureta, à Pampelune, contre Osasuna. Le but de Plasil est un véritable ballon d’oxygène pour les Navarres, dans la âpre lutte pour éviter la descente. Saragosse, bien au chaud à la dixième place, évite aussi bien la zone rouge que l’UEFA. Le milieu, c’est merveilleux.


En bas
La lutte est toujours aussi âpre pour éviter la descente. Les faibles se rebellent une nouvelle fois. Le Recre, vainqueur à Monjuïc, quitte la zone rouge, rendant sa place au Depor qui n’a obtenu qu’un équitable match nul contre Getafe (1-1). Murcie, placide avant-dernier, ne perd pas le contact sur la meute, et ne se trouve qu’à six points de la dixième place, à bien y regarder.

Enfin, Levante est retombé dans ses travers. Défaite 1-0 à San Mamés, face à l’Athletic et devant un public clairsemé, chose rarissime, qui n’a pas attendu la fin du match pour siffler ses joueurs, ce qui est encore plus rarissime. Pas de quoi consoler les Granotas, qui en plus d’une situation désespérée en Liga, sont en proie au dépôt de bilan (lire ci-dessous).



Polémiques

Osasuna contre l'arbitrage
Cette semaine, pour la réception de Saragosse, les supporters d’Osasuna ont vigoureusement protesté contre l’arbitrage réservé aux Navarres dans les instants précédant le match. Les tribunes du stade Reyno de Navarra (ancien Sadar), étaient garnies de calicots hostiles aux prestations arbitrales. À tel point que l’homme en jaune a prestement demandé au délégué du club de les faire retirer.

Une seule d’entre elles a effectivement disparu, la police n'estimant pas nécessaire d’intervenir dans le sens de la demande arbitrale. À son jugement, les messages hostiles reflétaient la colère des supporters, et non un reproche au trio arbitral présent.


Dès que Levante soufflera
La semaine dernière a été riche en psychodrames du côté de Levante. En cessation de paiement depuis la fin de saison dernière, le club a subi une importante médiatisation, pas toujours volontaire, de sa situation.

Premier épisode, le show de son joueur de référence, Riga. L’attaquant qui avait forcé sa sortie en hiver, avant de revenir pour affronter le Real, a trouvé original de protester sur au moyen d’un texte hautement inspiré des tracts de Lutte ouvrière, et gracieusement mis en musique: "Le club ne me paie pas, je travaille sans salaire, ils ne veulent pas me laisser partir, je devrai dormir dans les bureaux du club ou au stade”. Réponse immédiate d’un de ses coéquipiers: “Eh bien, comme ça, tu arriveras à l’heure aux entraînements”. C’est avec une certaine mauvaise humeur que ses partenaires ont accueilli ce spectacle.

Les capitaines de l’équipe ont publié un communiqué dans lequel ils menaçaient d’agir si les salaires n’étaient pas versés rapidement. Ce mardi, les dirigeants  se sont réunis avec la mairie de Valence, afin de lancer un plan d’assainissement économique. Si officiellement, aucune information n’a encore filtré sur les modalités de cet accord, il semble que Levante ait gagné un sursis. Rappelons que la dette du deuxième club de Valence atteint les cinquante millions d’euros.



Noms propres

Gutí. Difficile de ne pas faire l’éloge du maître à jouer du Real de dimanche. Compositeur inspiré, il a alterné la direction du jeu avec les prestations de soliste virtuose. Victime d’un caractère parfois capricieux, Gutí peut – en une semaine – passer du stade de banni à celui de star. Schuster, pourtant avare de compliments: “Il voit le jeu une seconde avant tout le monde. Il a plus d’importance dans notre jeu qu’il ne le croit lui-même”.

Diego Capel. Ancien pensionnaire de la Masia, le centre de formation du Barça, Diego Capel s’est rappelé au bon souvenir de ses anciens éducateurs. Si Capel ne s’est jamais adapté à Barcelone, le Barça s’est adapté à lui: le jeune Sévillan a  signé, aux dépens des Blaugranas, son premier but en Liga, après les avoir gratifiés de son premier but professionnel (en coupe). Auteur d’un match remarquable sur l’aile gauche, Capel a systématiquement doublé Oleguer, rapidement réduit au rôle de moto-faucheur.



Noms impropres

Ronaldinho. Le nouvel épisode du retour de l’idole déchue a déçu. Quarante-cinq minutes moribondes, au cours desquelles le Brésilien a laissé plus de doutes que de certitudes. À l'instar des coups francs, son dernier domaine de prédilection: quatre tentatives de 25 à 30 mètres. Trois frappes dans le mur et une dans les nuages.

Alors que Ronaldinho était resté à Barcelone pendant la semaine, et que Dos Santos est rentré jeudi après-midi de Houston, après y avoir joué avec la sélection mexicaine… l’entraîneur hollandais a préféré aligner le second en chamboulant son animation offensive. Henry évoluait à gauche, permutant avec Messi dans l’axe et Dos Santos à droite. Il faut être de plus en plus ingénieux pour maintenir Ronnie sur le banc.



Une minorité de Cantabres

Si, à Santander, on apprécie beaucoup l’équipe portée au sommet par Marcelino, on apprécie un peu moins l’imitation que certains de ses supporters font des clubs madrilènes: un jet de bouteille contre le bus des joueurs de l’Atlético, pour leur arrivée au stade. Dans le même temps, des radicaux cantabres se sont affrontés à une délégation du Frente Atlético.



Les chiffres de la journée

469. Le nombre d'apparitions de Raúl González Blanco en Liga. Il se place à la dixième place du classement des joueurs ayant joué le plus grand nombre de matches en Liga.

609. Le nombre de matches de Liga dirigés – depuis le banc de touche – par Javier Irureta, récemment nommé entraîneur de Saragosse. Il dépasse donc le légendaire Miguel Muñoz, et n’est plus devancé que par Luis Aragonés.



Ils ont dit

“Je me surprends moi-même” – Jaroslav Plasil, à propos de son nombre de buts marqués, cette saison.
“Il est surprenant de voir jouer une équipe jouer de cette manière au Bernabeu” – Bernd Schuster, à propos du pari offensif de Valladolid.
“Quand une équipe est au fond, elle doit souvent faire face à des évènements qui lui paraissent injustes” – De Biasi, entraîneur de Levante, à propos de l’arbitrage de Pérez Burrull.

Ils ont écrit

“David Villa fait chuter le Betis, sur des passes décisives de Daudén Ibañez (l’arbitre)"AS.
“Le génie de Messi sauve un point” – Angel Cappa, Marca.
“L’apothéose de Guti"Marca, qui précise, en allusion au caractère intermittent du Madrilène, raison de son absence de la selección: "En France, on se risque à aligner des joueurs comme Anelka, qui n’a pas été un modèle de stabilité et de rendement. Mais l’Espagne se permet le luxe contraire, et angoisse devant des joueurs de deuxième classe, mais appliqués”.



L'équipe type

equipe_tipo_liga23.jpg



L'équipe pauvre type

equipe_pauvretipo_Liga23.jpg


Ces sélections sont établies sur la mauvaise foi des classements de la presse madrilène (AS et Marca) et catalane (Sport) pour 50% de la note finale chacune.
Partager

> sur le même thème

Gaceta de la Liga - Jornada 22

> du même auteur

Espagne : los Muchachos

Le football d'ailleurs


Ilf-Eddine alias Raspou
2019-04-06

L'USMA, le chant de l'Algérie

Les ultras algériens sont au cœur du soulèvement actuel. Comme ceux de l'USMA, aussi musiciens que supporters, dont les chansons sont reprises par tout un peuple. 


Guillaume Balout
2018-10-09

C’était la Serbie-et-Monténégro

Avant d’être un match de Ligue des nations, Serbie-Monténégro désignait la dernière mutation de la Yougoslavie de 2003 à 2006. Entre règlements de compte mafieux, matches arrangés et autodestruction, le foot serbo-monténégrin marquait aussi le crépuscule d’une génération maudite.


Jérémy Lison
2018-07-05

Pendant ce temps-là, l’Eire de rien

Juin 2018. Tandis que les passionnés de foot avaient les yeux rivés vers la Russie pour suivre la Coupe du monde, en Irlande, on jouait la 22e journée d’Aitricity League.


>> tous les épisodes du thème "Le football d'ailleurs"

Sur le fil

RT @alexandrepedro: LCI qui invite le rédacteur en chef de Valeurs Actuelles pour commenter la victoire de l'Algérie. Je n'avais jamais fai…

RT @eddy_fleck: C’est rare mais j’ai rédigé quelques lignes sérieuses autour de Nabil Fekir avant de lui souhaiter bonne route. Avec l’aide…

RT @Horsjeu: [THREAD] 🔴Dîtes-donc, vous avez écouté le #RadioHorsjeu sorti lundi avec nos guests @charlotteprato et Chr$ des @cahiersdufoot…

Les Cahiers sur Twitter

Les brèves

Je crois que bon bon

"Laurent Blanc à Lyon, ça ne colle pas pour deux raisons" (foot01.com)

Aucun

"Euro U17 : qui sont les joueurs majeurs de l'équipe de France ?"

Autobiographie

"Ribéry : Des débuts fracassants." (lequipe.fr)

Ô Pep !

"Un pays africain rêve de Bruno Genesio !" (dailymercato.com)

Ruuuuuuuuuuuuuuuuuuud van Nistelrooy

"PSV Eindhoven : Ruud van Nistelrooy prolonge sur le banc des U19." (lequipe.fr)