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Jonathan Réveillé

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La vie de réfugié de Dejan Lovren

Frédéric Rasera : « Le temps de jeu est une arme pour les employeurs »

Après de longs mois aux côtés de professionnels, Frédéric Rasera, sociologue, témoigne du quotidien de ces acteurs du football et des dynamiques qui rythment leur vie. Interview.

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Dans un récent ouvrage intitulé "Des footballeurs au travail. Au cœur d’un club professionnel", le sociologue Frédéric Rasera rend compte de son immersion de longue durée au sein du "groupe pro" d’un club de Ligue 2. À rebours des images dominantes, il propose de regarder les footballeurs dans leur condition de travailleurs. Interview.

 

Comme a pu l’écrire Stéphane Beaud, il est difficile de prendre le football au sérieux en sciences sociales. Comment en êtes-vous venu à faire une sociologie du football professionnel?
Déjà, je joue au foot depuis tout petit. Le football a toujours eu une place importante dans ma vie… J’ai même eu l’ambition quand j’étais plus jeune, comme beaucoup de joueurs, de devenir footballeur professionnel. Puis au cours de mes études j’ai pu constater que le foot était un objet de recherche peu légitime en sciences sociales. Pourtant, il me paraissait être un terrain intéressant pour discuter un ensemble de questions sociologiques touchant à la mobilité sociale, à la légitimité culturelle, aux rapports de domination, etc. À partir de là, je dirais que deux grandes logiques m’ont orienté vers l’étude du métier de footballeur. D’abord, je suis arrivé en sociologie à un moment où la question de l’invisibilité du travail sportif en général et du travail footballistique en particulier commençait à être soulevée. Ensuite, pour se lancer dans ce type de projet, il faut aussi avoir la possibilité de mener une recherche. Et là, j’avais plusieurs contacts dans un club professionnel que j’appelle "L’Olympique" dans le livre et où j’ai moi-même joué quand j’étais plus jeune: un de mes meilleurs amis, Alex dans le livre, y était footballeur pro, je connaissais aussi le médecin du groupe pro… Bref, j’avais tout un ensemble de ressources me permettant d’enquêter sur ce milieu professionnel.

 

Et comment ces ressources vous ont permis concrètement d’entrer à l’intérieur du club professionnel de l’Olympique?
Très concrètement, le point de départ est une discussion informelle avec mon médecin traitant qui était donc aussi le médecin attitré de l’équipe première de l’Olympique. Je le connaissais depuis longtemps, de l’époque où je jouais au club. Nous discutions de mes études, de mon intérêt pour le football professionnel comme objet de recherche… Et au cours de cette conversation, il me demande si ça m’intéresserait de venir au centre d’entraînement du groupe pro. Connaissant bien le foot, ça m’a un peu étonné parce que j’avais bien intégré que ce milieu professionnel est très fermé… Par exemple, bien que mon ami Alex soit footballeur professionnel au club, je ne lui avais jamais demandé s’il était possible de venir le voir sur son lieu de travail. Du coup, par l’intermédiaire du médecin du club, je suis arrivé un matin à l’entraînement. D’ailleurs, ce jour là, j’ai vu pour la première fois Alex sur son lieu de travail au contact de ses collègues.... C’était assez bizarre, il y avait pour nous deux une superposition entre les scènes professionnelle et amicale.

 

Comment l’entraîneur a-t-il réagit à votre entrée dans le collectif de travail?
Quand je me suis présenté, je lui ai rapidement expliqué mon intérêt pour le métier de footballeur. Lui-même ancien joueur pro, il avait l’air sensible à mon propos… Mais je pense aussi qu’il a été un peu contraint. Le coach, c’est le boss au sein d’un collectif de travail, mais il est aussi salarié. Et en l’occurrence, il était au club depuis peu de temps, alors que le médecin qui me soutenait en était une figure historique et connaissait le président du club de longue date. Bref, les conditions de mon entrée sur ce terrain d’enquête sont aussi à mettre en relation avec les rapports de pouvoir internes à ce club professionnel. Le coach m’a alors dit de voir avec Alex pour ce qui est du planning des séances d’entraînement et que je pouvais venir quand je voulais. Au début j’allais beaucoup sur les terrains d’entraînement au côté des adjoints, puis très vite j’ai pu accéder aux différents espaces de travail des joueurs: vestiaires, salle de soins, salle de détente, etc. En même temps, au fur et à mesure de mon immersion, j’ai commencé à côtoyer les joueurs de plus près. Alex m’a notamment présenté à ses collègues footballeurs. Jusqu’ici on était très proche et en même temps toutes ses sociabilités liées au foot pro, je ne les connaissais pas trop.

 

C’est une démarche d’enquête qui demande un investissement important...
Ça peut paraître anodin mais pour réaliser ma thèse de sociologie à partir de laquelle est tiré le livre, j’ai eu la chance de bénéficier d’une bourse. En plus de ma recherche, je devais donner des cours à l’université. Et la première année, toutes mes heures de cours étaient placées sur le second semestre. Du coup, au moment où l’entraîneur m’a donné son accord pour venir quand je voulais, je n’avais pas encore de cours. Je suis donc rentré dans le quotidien de travail des joueurs pendant plusieurs mois sans être pris par d’autres obligations. Ça a été une chance énorme. Cela m’a permis de m’investir d’emblée "corps et âme" sur mon terrain d’enquête. Ayant bien conscience qu’en sociologie c’était assez rare de pouvoir observer de près le quotidien d’une entreprise, une fois avoir mis les pieds à l’intérieur du club mon souci a été d’y rester…Je ne pouvais par exemple pas me dire "je vais prendre du recul deux semaines par rapport au terrain, pour reprendre les données, les hiérarchiser, puis revenir ensuite". C’était impossible, j’aurais gêné l’organisation du collectif de travail. Après, au bout de six mois, plutôt que d’y aller tous les jours, j’y allais trois fois par semaine en moyenne. En tout, je suis resté environ seize mois au centre d’entraînement. Après cette période, je me suis centré sur d’autres dimensions de l’enquête, en faisant notamment des entretiens approfondis avec les joueurs et les membres du staff….Donc voilà à peu près comment ça s’est passé.

 

 

« J’évoque à un moment le cas d’un joueur qui, n’étant pas titularisé par le coach, est content que l’équipe perde »

 

 

Comment avez-vous réussi à gérer votre place au sein du collectif de travail?
L’enjeu principal pour moi au début était de ne pas être renvoyé du côté du président ou du coach. En recevant l’autorisation d’enquêter, il y avait ce risque. Ce souci éventuel a pu être vite réglé notamment grâce à Alex qui m’a d’une certaine manière parrainé auprès de ses collègues. Et puis en retour, il faut dire que le coach et le président du club ne se sont pas vraiment intéressés plus que ça à moi et à mon travail… Finalement, ils m’ont laissé très tranquille, me permettant d’être vraiment au contact des joueurs. Au moment où j’enquête, j’étais étudiant, pour ces dirigeants je n’étais pas quelqu’un de potentiellement "dangereux" contrairement à un journaliste sportif par exemple. Au début, quand j’ai présenté au président les grandes lignes de mon travail, il m’a dit qu’il trouvait intéressant cette manière de s’intéresser aux joueurs, qu’on ne les regardait pas souvent comme ça… De ce point de vue, il était tout à fait d’accord avec moi. Mon point de vue se construisait contre les images médiatiques dominantes des footballeurs, et cela a vraisemblablement joué en ma faveur.

 

D’une certaine manière, on pourrait dire que vous avez écrit un Secret Footballeur à l’envers. Vous écrivez sans cacher votre identité, tandis que vous conservez l’anonymat des joueurs...
Oui, car mon travail est très différent. Il est d’abord orienté par un questionnement sociologique sur le travail des footballeurs. Dans cette perspective, je mobilise des extraits d’entretien, des observations, des anecdotes, pour ce qu’ils révèlent de logiques sociales plus générales. Quand je rends compte d’une étude de cas, quand je reviens sur des pratiques concrètes, l’idée n’est pas de savoir qui est qui. C’est un point qui me paraît d’autant plus important de souligner que le traitement médiatique des footballeurs va dans le sens d’une très forte personnalisation: les joueurs sont notés individuellement, on cherche des "scoops" sur les pratiques jugées déviantes d’un joueur, etc. Par exemple, j’évoque à un moment dans le livre le cas d’un joueur qui, n’étant pas titularisé par le coach, est content que l’équipe perde. Si on prend cet exemple là en ayant un regard normatif, en cherchant le "coupable", on joue le jeu des institutions, on personnalise tout, et on s’empêche de penser les logiques plus générales qui sont à l’origine d’une telle attitude. Quand j’évoque cet exemple, l’idée est de montrer le rapport différencié des joueurs aux enjeux qui sont légitimés par les dirigeants, et que pour comprendre ce rapport il faut prendre en compte la place des joueurs dans le collectif de travail, leur position sur un marché du travail qui est très incertain, etc. Et d’ailleurs, ce n’est que la relation ethnographique de longue durée, marquée par la confiance, qui permet d’avoir ce genre de discours qui se disent en privé. Quand on reste dans la durée, on s’aperçoit que ces prises de positions-là sont en fait assez banales. Il s’agit d’en rendre compte sociologiquement.

 

Vous écrivez qu’ "être mobilisé corps et âme pour l’équipe ne va pas de soi", nuançant ainsi les discours sur la "passion" individuelle qui sont omniprésents dans cet univers professionnel…
Les footballeurs professionnels parlent très souvent de la "passion" qu’ils ont pour leur métier. Il ne s’agit pas de nier ce discours, il faut évidemment le prendre très au sérieux. Mais ce que je montre c’est que la passion n’est pas le seul ressort explicatif des pratiques. Si on ne prend pas en compte les questions économiques, l’organisation du travail, on passe à côté de beaucoup de choses. De plus, la passion n’implique pas automatiquement une acceptation des contraintes professionnelles auxquelles les joueurs doivent faire face. Il m’est apparu important d’aller au-delà d’une grille de lecture mécanique des logiques de domination qui consisterait à dire que parce que ces travailleurs sont passionnés par leur métier ils en accepteraient toutes les contraintes et participeraient de fait à leur propre exploitation. À cet égard, leur passion peut même être parfois un véritable ressort de résistance aux impositions de leurs dirigeants. Par exemple, ça peut être au nom de sa passion, d’une envie de participer au match qui est plus forte que tout, qu’un joueur remplaçant peut parfois souhaiter que son équipe soit en difficulté… Dans l’espoir que le coach procède à un changement et le titularise.

 

À propos de cette valorisation de la "passion" chez les footballeurs, vous expliquez que l’agent du joueur peut finalement tenir un rôle important…
Les références à la "passion", mais aussi à la "famille", à "l’aventure humaine", etc. saturent le quotidien de travail des footballeurs professionnels, avec en creux une forte dénégation des dimensions économiques. Dans ce contexte, les agents de joueurs qui prennent en charge les négociations contractuelles avec l’employeur permettent aux logiques économiques de ne pas s’immiscer de manière trop directe entre le joueur et les dirigeants. La présence des agents dans le foot pro est à mettre en relation avec la très forte individualisation des carrières, ce qui vaut d’ailleurs à ces intermédiaires d’être souvent dénoncés comme responsables de la "démoralisation" du football… Mais en retour, leur travail d’intermédiation entre les joueurs et les dirigeants permet de prendre en charge tout ce qui pourrait gêner l’idéologie sportive.

 

 

« La fidélité au club est bien quelque chose qu’un joueur peut mettre en avant pour se faire valoir auprès de son employeur »

 

 

Peut-on dire qu’il existe deux types de compétences requises pour les joueurs: les compétences sportives qu’on peut mobiliser dans le cadre du marché du travail d’une part et les compétences extra-sportives qui s’expriment dans un contexte local (aisance en public, fidélité au club, etc.) d’autre part?
Je ne pense pas qu’on puisse les opposer ainsi parce que ça laisserait entendre que les secondes ne sont pas valorisables sur le marché du travail. La fidélité au club est bien quelque chose qu’un joueur peut mettre en avant pour se faire valoir auprès de son employeur. Cette question dépasse le cadre du livre qui est centré sur le quotidien de travail et pas spécifiquement sur le marché. Mais elle ouvre sur une idée plus générale qui veut que la valeur d’un joueur, entendu ici comme l’ensemble des propriétés qui valent quelque chose pour un employeur, ne se réduit pas aux seules compétences sur le terrain. Par exemple, les dirigeants peuvent se dire "on va prendre un joueur pour encadrer le vestiaire, on sait qu’il ne va pas beaucoup jouer parce qu’il est en fin de carrière, mais il pourra encadrer les jeunes, faire le relais avec le coach"…Tout ça, ce sont bien des compétences valorisables. Être footballeur ce n’est donc pas seulement taper dans un ballon, il y a aussi tout un ensemble de dimensions qui entrent en jeu… Et cette pluralité peut d’ailleurs parfois, je l’évoque dans l’ouvrage, mener à des tensions pour les encadrants. Par exemple "qu’est ce qu’on fait d’un joueur qui n’est pas très discipliné, qui arrive régulièrement en retard à l’entraînement, etc. mais qui en même temps est super fort sur le terrain? Est-ce qu’on le sanctionne sportivement en le mettant remplaçant parce que qu’il met en péril la cohésion du groupe ou est-ce qu’on le met quand même au risque de voir l’ambiance de travail se détériorer?" Ce sont des questions auxquelles peuvent être confrontés les membres d’un staff.

 

Dans votre ouvrage, vous écrivez que "l’ancienneté dans le métier est instituée comme une ressource qui offre aux footballeurs les plus dotés une position de pouvoir sur leurs collègues". Est-ce parce que l’ancienneté est associée à des critères extra-sportifs très valorisés dans cet univers professionnel, notamment la valorisation d’un modèle familial traditionnel?
Il faut ici distinguer, d’une part, l’ancienneté dans le métier qui renvoie à la longévité de la carrière professionnelle et, d’autre part, d’autres attributs comme la mise en couple et la paternité qui sont effectivement fortement valorisés dans le foot pro. Après, il se trouve que très souvent cette ancienneté dans le métier va de pair avec ce modèle familial. Mais attention, il faut penser ces cas, même très rares, de joueurs trentenaires qui ont une longue carrière derrière eux, qui sont célibataires et sans enfants… Ces caractéristiques n’annihilent pas leur statut d’ "ancien" et les prérogatives qui lui sont associées. Dans un vestiaire, c’est l’ancienneté dans le métier, qui met donc en jeu une certaine expérience professionnelle, qui structure les relations entre les joueurs. C’est quelque chose d’assez classique que l’on retrouve dans d’autres univers professionnels. Dans le foot, cette dimension me paraît intéressante dans la mesure où ce qu’on appelle classiquement la hiérarchie sportive, les titulaires, les remplaçants, etc., ne va pas forcément de pair avec les logiques de pouvoir qui structurent le quotidien de travail. Très concrètement, j’ai pu observer de jeunes joueurs prêtés par un club de Ligue 1, devenir indiscutables sur le terrain par rapport à d’autres joueurs et, en même temps, comme il s’agissait de joueurs de vingt ans, ils n’avaient pas vraiment leur mot à dire dans le quotidien de travail.

 

 

En même temps, la hiérarchie sportive, décidée par le coach est un enjeu central pour les joueurs…
Oui, c’est un enjeu central pour les joueurs, et leur mise en concurrence pour les places sur le terrain les inscrit dans une relation de dépendance personnalisée au coach qui a officiellement le pouvoir de sélectionner. En les alignant, le coach permet aux joueurs de vivre leur passion, d’avoir des primes, mais aussi et surtout d’acquérir de la visibilité sociale et d’exister sur le marché du travail. La nécessité d’ "avoir du temps de jeu", expression commune chez les footballeurs, cristallise un peu tout ça. Et d’ailleurs, le temps de jeu est une arme pour les employeurs. Par exemple, si les dirigeants veulent se débarrasser de joueurs sous contrat, ils peuvent les priver de temps de jeu pour les pousser vers la sortie. Donc effectivement, la hiérarchie sportive est d’une grande importance pour les joueurs. On a ici deux choses. À la fois une caractéristique, qu’on retrouve dans le sport de haut niveau en général, qui implique que les positions doivent se faire et se refaire, et à laquelle les joueurs croient, car pour eux c’est important de toujours remettre en jeu leur place et de prouver leur valeur sportive. Si bien que la croyance des footballeurs dans le bien-fondé de la concurrence et de la compétition légitime au final des pratiques de gestion de la main-d’œuvre qui peuvent être extrêmement brutales. Et en même temps dans le foot on a les choix d’une personne qui interviennent dans le classement sportif. C’est ce qui différencie le football, les sports collectifs dans leur organisation actuelle, des sports où les évaluations sont impersonnelles, par exemple avec le chronomètre en athlétisme. Les footballeurs font face à des choix portés par une personne. Quelqu’un a le pouvoir de décider avec ses critères propres. Et les critères d’évaluation sont loin d’être uniformes, c’est pour ça qu’on peut voir souvent les joueurs mécontents de leur place remettre en cause les choix du coach. Et étant donné le pouvoir qu’il a sur eux, ils ne lui disent généralement pas directement.

 

Votre ouvrage va à l’encontre de nombreuses représentations. On peut dire par exemple que vous distinguez la catégorie de professionnel et la catégorie de travailleur.
Il faudrait poser les choses un peu différemment en rappelant que le football est structuré autour des catégories institutionnelles d’ "amateurs" et de "professionnels". Cette division est le résultat d’une longue histoire marquée par des luttes dont l’enjeu est l’encadrement de la pratique. À l’origine, il y a cette idée que le football doit être avant tout une pratique désintéressée… Et alors l’intrusion de logiques économiques a été perçue comme une dénaturalisation de la "pureté" de la pratique qu’il fallait encadrer. En France, il y a alors eu la création d’un statut de joueur professionnel en 1932 pensé en opposition au statut amateur. Aujourd’hui, ces catégories structurent l’espace du football. Par ailleurs, le statut de professionnel est une catégorie d’institution qui assimile professionnel et travailleur. Cela n’est bien sûr pas dénué de sens, mais en même temps il ne faudrait pas laisser croire que les joueurs qui ne sont pas professionnels sont automatiquement écartés des rapports sociaux de travail. Mon livre porte sur des joueurs qui ont le statut professionnel et qui sont salariés d’un club. Mais parmi eux, certains ont joué par le passé dans des clubs de National, de CFA en étant officiellement amateurs tout en étant footballeurs à temps plein, mais en étant embauchés dans des conditions pas toujours très transparentes les mettant parfois dans des situations très précaires. Il existe bien un marché du travail footballistique amateur.

 

Comment cela s’observe concrètement?
Il suffit de regarder ce qui se passe en France en National, CFA, CFA2, voire même à un niveau régional. Récemment, je discutais avec un ancien footballeur professionnel qui est devenu entraîneur d’une équipe de CFA2. Il m’expliquait que son équipe a joué en Coupe de France contre une équipe de Division d’Honneur composée de trois joueurs qui ne vivaient que du foot. Ce sont donc des travailleurs qui sont amateurs du point de vue des institutions sportives. À la différence du football professionnel où l’encadrement de l’emploi est bien clair, notamment avec la Charte du football professionnel qui fait office de convention collective, dans le football amateur cela est plus flou, avec des situations qui peuvent être très différentes d’un club à l’autre. Il y a des contrats de travail officiels, le contrat fédéral notamment, mais il y a aussi tout un ensemble de relations plus opaques… Au final cela pose des questions de protection sociale pour des joueurs qui peuvent se retrouver dans des situations parfois très précaires. Par exemple, un de mes enquêtés, footballeur professionnel de Ligue 2 rémunéré 10.000 euros par mois, a joué par le passé plusieurs années en CFA et en National, en ne vivant que du foot, touchant autour de 1.000 euros par mois sans avoir de contrat de travail… Il y aurait tout un travail d’enquête à faire sur le marché du travail footballistique officiellement amateur…

 

 

Pour en savoir plus: Frédéric Rasera, Des footballeurs au travail. Au cœur d’un club professionnel, Agone, 2016, 312 pages, 20 euros.

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