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Les réalisateurs français hors jeu

France-Estonie : les gars

Une attaque qui prend l'air, une défense qui prend des vents: le 4-0 contre l'Estonie n'a pas complètement profité à tout le monde...

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Après plusieurs alertes sur des tentatives non cadrées dans le premier quart d'heure, Lloris aura dû attendre la 60e minute avant de voir revenir le danger (tir près du poteau, 60e), et la 88e pour arrêter une frappe. Entre-temps, il s'était interposé devant l'attaquant et sur un centre.

 

 

Dégageant la même sérénité que le visage de Damien Grégorini sur un corner adverse, Mexès a lancé son match par un dégagement achevé en glissade offrant une occasion à Ojamaa (8e), enchaînant par une perte de balle la minute suivante, avant d'être devancé par l'attaquant sur un centre (11e). Le reste de son match est resté sous le signe de la peur. Solidaire, Rami a raté une tête sans conséquences peu après la reprise, et a souvent semblé dépassé. À leur décharge, les Estoniens ont souvent profité de l'espace peu quadrillé devant la défense, lorsque Diarra s'y retrouvait un peu esseulé.

 

Impliqué dans trois des quatre actions dangereuses islandaises (lire ici), Évra a réussi un match remarquable de discrétion, une sorte d'exploit personnel. Rappelé à ses devoirs défensifs, il n'a pas pris de risques excessifs dans son placement et a évité, cette fois, de baguenauder dans le rond central. Il a même consciencieusement raté ses centres (12e, 56e, 72e), mais ajuste bien celui qui précède le quatrième but. Debuchy a lui aussi présenté un profil plus bas, délivrant peu de centres et trouvant peu de soutien, devant lui, de la part de Nasri.

 

On a cru que Diarra s'était sérieusement blessé (en faisant une passe), laissant planer l'éventualité d'une totale pénurie de récupérateurs. C'est lui qui a ensuite bien récupéré, et effectué un match sérieux. On l'a beaucoup moqué cette saison (et la saison d'avant aussi, mais on ne demande qu'à retrouver le joueur qui avait fait une entrée remarquable lors d'une finale de Coupe de monde.

 

Titulaire pour la troisième fois de rang (seul Mexès, Nasri et Benzema ont eu ce privilège), Cabaye a encore pesé offensivement – en témoignent quatre tirs en première mi-temps, dont un passe près du poteau et l'autre sollicite le gardien (28e et 32e). Beaucoup d'activité et une complémentarité intéressante avec Malouda dans ce secteur, ce dernier ayant souvent évolué en soutien de Ribéry. Le champion d'Europe a été moins brillant que contre la Serbie, mais il a pesé et tâché de mettre les trois de devant dans de bonnes conditions.

 

 

Ribéry a un peu plus dosé ses efforts qu'à Reims, mais il a créé du danger en percutant et en débordant. Son but a illustré sa complicité avec Benzema, issu d'un une-deux lancé et réceptionné de la poitrine avant une frappe déterminée. C'est aussi lui qui déborde – à droite cette fois – pour délivrer le centre décisif du 3-0. Des joueurs offensifs, Nasri est celui qui a livré les performances les moins accomplies, avec un rendement aléatoire. Il s'est beaucoup déplacé sur la largeur de l'attaque et a trouvé le ton juste en deuxième période, notamment avec Benzema: un beau une-deux au terme duquel il est devancé par Pareiko (51e), un autre à la 72e. Blanc comptant manifestement sur lui, on peut espérer qu'il renoue plus régulièrement avec cette justesse de choix en Ukraine.

 

Benzema a retrouvé l'efficacité au bon moment. Sa première réalisation est une merveille assassine, la seconde un pur but d'avant-centre. Comme il a conservé son utilité dans l'animation offensive, cette ultime sortie est pleinement réussie.

 


Chez les remplaçants, Valbuena a permis de donner encore beaucoup de mouvement à l'attaque bleue, et il s'est offert une bonne position de frappe qui a obligé le gardien à repousser sur Giroud (89e). Le Marseillais, déjà entré en jeu contre l'Islande, a démontré qu'il fait un remplaçant très crédible. Koscielny s'est coulé sans difficulté dans le rôle de récupérateur, et Martin s'est appliqué, guettant les ouvertures (une passe en profondeur pour Giroud, signalé hors-jeu pour peu de chose, 81e, le bon décalage pour Évra sur le dernier but). Ben Arfa est resté discret, hormis un petit numéro sur le côté gauche, au contraire de Ménez, qui va regretter sa gourmandise sur deux percées restées solitaires. Il décoche cependant un bon tir après une série de crochets (84e), et clôt le score dans le temps additionnel. Bref, foutez-lui la paix. Peu heureux d'abord, Giroud est resté à l'affût et il glisse une fort élégante passe décisive à Ménez. Giroud is magic.
 

 

FRANCE-ESTONIE : UN CARTON DANS LA VALISE

 

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