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Le Replay, séance 3

Et le gagnant est…

Découvrez enfin le lauréat du trophée le moins prestigieux du football européen!
Bonus: notre hommage cinématographique au Ballon de Plomb 2008.
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bdp_piquionne.jpgTrentenaire depuis quatre jours, Frédéric Piquionne ne s’attendait peut-être pas à une consécration aussi embarrassante que celle du sixième Ballon de Plomb de l’histoire. Au moins ce joueur controversé aura-t-il réussi à faire l’unanimité une fois au cours d’une carrière paradoxale, pas tant sur ses qualités de joueur (sur ce plan, il n’est vraiment pas le moins bien doté des lauréats) que sur sa capacité à incarner les errements – au propre comme au figuré – des footballeurs contemporains.
Bizarrement, si son potentiel de Ballon de Plomb est très tôt apparu, dès ses années au Stade rennais (où il afficha ce double profil, électoralement gagnant, d'attaquant maladroit et de joueur à problèmes), on le croyait complètement tiré d'affaire. Jusqu'à ce qu'un mercato fasse tout basculer, en janvier 2007.


Splendeur et misère

Jusque-là, Frédéric Piquionne avait réussi une belle progression individuelle en devenant une pièce maîtresse d'une AS Saint-Étienne qui avait fini à la sixième place du championnat en 2005, pour la saison de sa remontée. Une entente accomplie avec Feindouno, une présence athlétique impressionnante, une belle variété technique: il y avait quelque chose d'une rédemption dans cet épanouissement un peu inespéré. Une sérénité à peine troublée par une banderole ("Arrête de tuer les oiseaux") déployée par des Ultras stéphanois un peu sévères quant à son efficacité offensive, et par le coup de boule asséné à un supporter qui lui reprochait de fréquenter un Lyonnais (en l'occurrence, son agent).

Mais l'incident était peut-être annonciateur de la suite. Car ce sont bien les dirigeants de l'OL qui rompent le charme en faisant part de leur "intérêt" pour le natif de Nouméa. Lequel s'emballe et engage l'inévitable "bras de fer" avec un duo présidentiel vert qui tend le bâton pour se faire battre, en laissant d'abord entendre qu'un départ n'était pas exclu. C'était, de la part de tous, faire bien peu de cas de la rivalité entre les deux clubs, rivalité qui bloque rapidement les négociations. On n'est même pas sûr que Jean-Michel Aulas ait vraiment eu l'intention de recruter l'attaquant, ou s'il n’a pas simplement cherché à semer sciemment la zizanie chez le voisin, alors bien placé en championnat.


Triste cire


Le psychodrame culmine avec la déclaration de trop: Piquionne se compare à un "esclave". Il réussit à briser ses chaînes et, annoncé à Lens, il échappe quand même au ciel gris et à la relégation en rejoignant Monaco. Facétieux, Raymond Domenech lui offre sa première sélection en équipe de France, contre l’Autriche. Probablement la dernière.
Comme tant d'autres avant lui, et tandis que l’ASSE se délite malgré l’éclosion de Gomis, il s'enterre sur le Rocher et passe inaperçu dans une équipe en décomposition. Rarement "choix" de carrière aura si bien illustré l’imbécillité du mercato d’hiver et l’inanité des ambitions de certains footballeurs: les mutations de Piquionne l’ont sportivement desservi, brisant net une trajectoire prometteuse.

Car ce n’est manifestement pas en obtenant finalement… son transfert à Lyon, cet été, qu’il va étoffer son statut de footballeur. On peut lui accorder le bénéfice du doute, en estimant qu’il croyait dur comme fer en sa capacité à s’imposer face à Benzema et Fred. Mais en attendant tel avènement, Fred Piquionne n’aura vraiment existé qu’au travers de ses déclarations provocatrices à la veille du derby contre Saint-Étienne, fin août. Il y a façon plus élégante de cirer le banc.

Dans une tentative peut-être désespérée d’échapper à la sanction de plomb, on l’a vu marquer son premier but de la saison à Nantes (défaite 2-1) il y a quelques jours, et afficher une nouvelle sagesse quant à sa situation, en professant qu’il préférait "être la queue de souris d’un grand club plutôt que le roi d’un plus modeste" (rmc.fr). Voici en tout cas Frédéric Piquionne, qui confiait récemment à L’Equipe son espoir "d'ajouter quelques lignes à [son] palmarès", couronné sans jouer. "Je me sens progresser", assurait-t-il pourtant dans le quotidien sportif.

Nous souhaitons au numéro 39 de l’OL la bienvenue dans notre panthéon à l’envers, non sans l’inviter à nous donner tort en emmenant son club – grâce à des circonstances favorables et à des buts décisifs – en finale de Ligue des champions. Transformer le plomb en or, voilà ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’a réussi à faire jusqu’à présent…



Les réactions
"Chapeau!" (Bernard Caïazzo)
"Ah non, tu peux pas dire ça". (Roland Romeyer)
"Je me demande si on avait vraiment besoin d'un Ballon de Plomb". (Bernard Kouchner)
"Vérifie si L'OL en a pas profité pour te carotter ta prime de droits à l'image en loucedé". (Hatem Ben Arfa)
"J'avais signé à l'OL pour gagner des titres, mais jamais je n'aurais imaginé que ça arrive aussi vite!" (Frédéric Piquionne)
"Je propose d'injecter 2€50 dans l'Olympique lyonnais pour sauver l'investissement à perte sur cet actif plombé". (Henry Paulson)
"On a enfin trouvé un truc sur lequel on est d'accord". (Nicolas Sarkozy & Angela Merkel)
"La guerre, c'est super violent. La maladie, c'est bien du malheur. Les cheveux sur la tête, ça pousse. Et le Ballon de plomb, c'est vraiment pas très gentil. Je vais écrire un double album pour soigner le mal par le mal". (Nikola Sirkis)
"Ooooooh regardez comme il se saisit du trophée, quel geste magnifique! Quelle classe! On a vraiment de la chance en France de pouvoir admirer de tels joueurs, il faut remercier notre vénéré président Aulas pour de tels moments de bonh... de bonh... de bonheur..." (Grégoire Margotton)



Hommage : Fred fiction



> Merci à Canderson pour l'inspiration et l'ensemble de ses vidéos, hilarantes, visibles ici

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