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Il était une fois l'Amérique

Ernesto Valverde : « J’ai le sentiment de n’être que de passage »

Libero – Ancien joueur, double finaliste de coupe d’Europe, mais aussi photographe à ses heures… qui est Valverde, le nouvel homme fort du Barça?

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Nommé entraîneur du FC Barcelone à la place de Luis Enrique le lundi 27 mai dernier, Ernesto Valverde est une personnalité encore peu connue en France. Sa carrière de joueur, discrète, ne lui a pas vraiment permis de briller au niveau international: il a principalement joué à l’Athletic Bilbao, et ne compte qu’une seule sélection en équipe nationale. En tant qu’entraîneur, il a pas mal baroudé en Espagne et en Grèce, manageant six équipes différentes. Dont notamment deux passages par l’Olympiakos et l’Athletic Bilbao (encore), qu’il a emmené en finale de Coupe de l’UEFA en 2007. Mais, en plus d’être un technicien reconnu dans son pays, Ernesto Valverde se distingue aussi par sa passion pour la photographie. Il est ainsi l’auteur de "Medio Tiempo" ("Mi-temps") un recueil d’images en noir et blanc réalisées depuis ses plus jeunes années de footballeur.

 

En novembre 2013, la revue Libero était allée à sa rencontre, à l’occasion du festival culturel Eñe qui se déroule chaque année à Madrid. L’occasion d’un échange avec le journaliste Enric González, grand fan de l’Espanyol Barcelone… un club que Valverde a connu à la fois comme joueur (de 1986 à 1988) et comme entraîneur (de 2006 à 2008). Ce qui est désormais également le cas pour le Barça.

 

* * *

 

Titre original: "Enric González y Ernesto Valverde", publié dans la revue Líbero #3, hiver 2013.
Textes: Líbero.
Photos: Fabio Cundines et Ernesto Valverde.
Traduction: Rémi Belot.  Les notes entre crochets ont été ajoutées à la traduction.

 

 

Enric González a évoqué une "Question de foi" (Una cuestión de fe, Libros del KO), quand il a été question d’expliquer l’origine de sa passion pour l’Espanyol Barcelone. Une équipe dans laquelle il admirait, depuis Sarriá [quartier à l’ouest de Barcelone abritant l’ancien stade de l’Espanyol], un attaquant surnommé "Txingurri" [la fourmi, en basque, le surnom d’Ernesto Valverde], qui effleura la gloire lors d’une finale perdue de Coupe de l’UEFA en 1988. Un match à Leverkusen qui a marqué l’ADN des supporters du club.

 

Ernesto Valverde présentait pour sa part "Medio Tiempo" (La Fábrica), son premier livre de photographies. Une passion pour les images qui n’a jamais quitté le nouvel entraîneur du FC Valence, depuis ses débuts dans le football: "Parfois, je prenais des photos depuis le banc de touche, en me cachant de l’entraîneur", glisse-t-il. L’éditeur Emilio Sanchez Mediavilla a été l’intermédiaire de cette rencontre. Il a utilisé quelques-uns des passages de l’ouvrage d’Enric Gonzalez pour nourrir la conversation.

 

 

Emilio Sanchez Mediavilla. "Les désastres ne sont pas inévitables. Il ne coûte rien d’imaginer un univers parallèle où Adolf Hitler est devenu peintre aquarelliste, où Joseph Staline reste au séminaire et où Javier Clemente va à Leverkusen, dans la banlieue de Cologne, pour jouer au football. Dans cet univers, où Auschwitz et le goulag n’existent pas, Valverde inscrit un but à Leverkusen, l’Espanyol soulève son premier trophée continental et le monde se porte mieux."

 

Enric González. Je me suis marié pour pouvoir aller à Leverkusen. Je travaillais alors pour El País: si tu te mariais, ils t’offraient une semaine de vacances. C’était une finale. L’Espanyol avait gagné 3-0 le match aller – parce qu’à l’époque ça se jouait par match aller-retour – et on allait à Leverkusen pour remporter le trophée. Je suis donc parti en lune de miel à Leverkusen! Ensuite, il s’est passé ce qui s’est passé, tout le monde connaît l’histoire. Je crois que chaque club vit des moments clef, et l’Espanyol, qui a connu des périodes difficiles, n’avait jamais vécu une telle déroute, qui a marqué durablement son histoire. Le genre de moments qui te définissent comme un club de perdants.

 

Ernesto Valverde. C’est curieux parce que cette année-là, nous avions réalisé un tournoi incroyable. Nous avions très bien joué, et nous avions même éliminé l'AC Milan de façon miraculeuse. En finale, contre tous les pronostics, nous gagnons 3-0 le match aller. On marque trois buts en quinze minutes, et nous pensions alors que nous allions gagner la coupe. En Liga, nous étions en milieu de tableau, moins bien que l’année d’avant où nous avions terminé troisièmes. Mais cette année-là, ça ne marchait pas bien. Pour reprendre le terme de moment clef, il est certain que cette finale a clairement constitué une blessure. J’ai fait partie de cette équipe, et ce qui est curieux, c’est qu’ensuite j’ai joué une autre finale de cette compétition en tant qu’entraîneur, que j’ai également perdue [contre Séville, 2-2 puis tirs aux buts].

 

EG. Celle-ci était prévisible.

 

EV. Celle-ci oui.

 

EG. Sur le fait de gagner ou de perdre, je crois qu’il est beaucoup plus littéraire de perdre que de gagner. L’œuvre fondatrice de la littérature sportive selon moi, c’est le roman de Roberto Fontanarrosa, "El viejo Casale" [l’histoire de Casale, un vieux supporter de l’équipe argentine de Rosario réputé pour n’avoir jamais vu perdre son équipe, que des supporters veulent emmener coûte que coûte voir une finale au stade]. Je crois que je ne révèle rien à personne si je dis que le héros meurt à la fin. Cela parle d’un match que l’équipe de Rosario gagne sur le terrain de Newell’s. Le fait que le vieux meure est précisément ce qui rend ce récit incroyable. Gagner, en réalité, c’est quelque chose de relativement stupide, même si j’ai l’intuition que cela puisse être aussi assez agréable.

 

 

« On a l’impression que tout Barcelone est pour le Barça. Mais à Barcelone, il y a un attachement très profond pour l’Espanyol »

 

 

EMS. "Je parle de 1964 ou 1965. Pour moi, Sarrià était le lieu d’un anti-franquisme affirmé. À chaque journée de championnat j’espérais, pauvre de moi, que le mégaphone du stade interromprait la composition des équipes pour nous annoncer, sous les applaudissements, la mort de Franco. Sérieusement. Pendant des années, j’ai cru que cela se passerait ainsi. Et que la conséquence quasi-automatique en serait l’attribution d’un titre de champion de Liga pour l’Espanyol."

 

EG. J’avais six ans quand j’allais à Sarrià. Je mélangeais un peu tout. Inévitablement, si tu es un gamin qui va au stade depuis tout petit, cela devient une obsession. Parce que le football représente tout. Le sommet de la semaine, c’est le match. Je pensais que s’il devait se passer quelque chose de grand dans la vie, cela aurait lieu au stade, et donc que Marcial et José María marqueraient un but… et qu’il se passerait alors quelque chose d’extraordinaire.

 

EV. Il y a beaucoup plus de supporters de l’Espanyol qu’il n’y paraît. On a l’impression que tout Barcelone est pour le Barça. Mais à Barcelone, il y a un attachement très profond pour l’Espanyol. Il y a un élément récurrent dans les discours des supporters de l’Espanyol, quelque chose qui découle de la défaite de Leverkusen, c’est la certitude, chaque année, que le club va descendre en deuxième division; oui, bien sûr nous avons bien joué, mais…

 

EG. Écoute, c’est totalement vrai ça! J’ai vécu toutes les descentes de l’Espanyol. Ce qui est curieux, c’est que ce qui se passe ici avec l’Espanyol et le Barça est assez similaire à ce qui se passe à Turin avec la Juve et le Torino. Le Torino, c’est la grande équipe de Turin, elle a été l’une des meilleures de tous les temps. Mais dans les années 50, la grande immigration venue du sud a commencé, et ces immigrés ont vu dans la Juve un outil d’intégration. Massivement, sans que personne ne puisse réellement expliquer pourquoi, ces immigrés ont choisi la Juve, qui est devenue alors la grande équipe de Turin et de toute l’Italie. À tel point que, dans une ville à deux équipes, la Juve est devenue l’équipe de référence. À Barcelone, les immigrés ont aussi considéré le Barça comme un élément d’intégration. […]

 

 

EMS. Peut-être parce que dans les années 70, apparaît le récit officiel du Barça comme club antifranquiste.

 

EG. À cette époque, au Barça, il y a un président limité qui est Agustí Montal, mais il y a aussi un gérant assez intelligent qui a bien conscience qu’on se situe à une époque charnière. Il est clair que le franquisme va prendre fin. Et le terrain du Barça est suffisamment grand pour accueillir les démonstrations d’une certaine lassitude vis-à-vis de l’époque. Sans qu’ils ne se concertent pour autant, trois ou quatre journalistes, pas plus, réécrivent l’histoire et composent un récit qui transforme le Barça en un club particulièrement attractif. Un club qui est à la base un club de perdants, parce qu’avant l’arrivée de Cruyff en 1973, on en est alors à trente années sans qu’il gagne la moindre Liga.

 

EV. Et l’Espanyol ne gagnait pas grand-chose non plus!

 

EG. L’Espanyol n’avait rien gagné depuis cinquante ans! Mais le Barça était alors l’une des grandes équipes d’Espagne bien évidemment… Ils débarquent avec Cruyff et une nouvelle histoire, et 1973, donc, devient l’année ou l’on transforme le Barça en un étendard de la Catalogne, un club qui a eu un président fusillé par les franquistes. Mais mon garçon, ils l’ont fusillé parce qu’il était membre d’Esquerra Republicana [les Républicains de gauche de Catalogne], pas parce qu’il était président du Barça. Et ils ont continué depuis lors avec cette histoire.

 

EV. Cela s’est peut-être produit de la sorte, mais il faut aussi dire que les dirigeants de l’Espanyol n’ont pas fait grand-chose pour changer leur image. Ils sont plutôt à l’aise avec l’idée d’être de droite. Certains étaient même d’extrême droite voire un peu plus. Je me souviens de certains… Il fallait voir ce qu’était l’Espanyol de l’intérieur.

 

 

« Les Grecs ont une violence verbale, pour ainsi dire, qui surpasse absolument tout ce que nous pouvons connaître ici »

 

 

EG. Le Barça mettait déjà en place des élections dans les années 50, l’Espanyol a toujours été une institution plus sclérosée. Dès le début des années 70, le Camp Nou devient une scène sur laquelle sont censées s’exprimer des débats importants. D’abord l’essor d’idées libérales et aujourd’hui des opinions qui sont largement répandues, comme un sentiment plus indépendantiste que nationaliste, d’ailleurs. L’indépendance me semble un choix possible, le nationalisme c’est de la bêtise. Il y a beaucoup de gens qui considèrent cela désormais, et je ne sais pas vraiment pourquoi. Si je devais prendre le pari, je dirais qu’il existe en Catalogne la même sensation d’échec que dans toute l’Espagne. L’idée qu’il y avait avant, en Espagne et en Europe, quelque chose qui fonctionnait correctement mais a cessé de fonctionner. En Catalogne, on imagine que si la Catalogne est indépendante, tout sera différent. C’est de la politique, on peut être d’accord ou pas. Personnellement je ne suis pas d’accord avec ça, mais je comprends que ça puisse être séduisant. Et apparemment, il y une majorité de gens, ou en tout cas beaucoup de gens qui souhaitent revendiquer cela au Camp Nou. Évidemment, ce n’est pas pour l’affirmer au reste de l’Espagne: c’est plus pour le dire à soi-même, de façon un peu particulière. Pour autant, ce n’est pas un épiphénomène, puisque ça apparaît et disparaît tout au long de l’histoire récente de la Catalogne et de l’Espagne. […]

 

E.S.M. Ernesto, tu as vécu quelques années en Grèce. Tu as perçu ce type d’indentifications politiques ou sociales concernant les clubs d’Athènes?

 

EV. Je peux parler de l’Olympiakos [il a entraîné le club en 2008/09], c’est le Pirée, le port: ils détestent profondément le Panathinaikos, qui est l’équipe du centre d’Athènes. Dans les photos de mon livre, on voit des fans avec des fumigènes. Ce sont les supporters qui nous accueillaient en ville. Parce que ce qu’il faut dire, c’est que l’Olympiakos est le club le plus populaire de Grèce. La moitié des supporters grecs sont pour l’Olympiakos. Les Grecs ont une violence verbale, pour ainsi dire, qui surpasse absolument tout ce que nous pouvons connaître ici. De telle sorte que lors des derbies, les supporters adverses n’ont pas le droit d’assister au match dans les tribunes. Ils peuvent s’entretuer, au sens premier du terme. Cela n’a rien à voir avec l’opposition entre le Barça et l’Espanyol ou l’Atlético et le Real. À Barcelone, il y a une inimitié, surtout de la part des supporters de l’Espanyol envers ceux du Barça parce que c’est l’équipe qui est devant, mais les supporters du Barça considèrent ceux de l’Espanyol seulement comme une équipe locale qu’ils affrontent deux fois par an, rien de plus. Même si les derbies sont toujours tendus parce que l’Espanyol joue toujours le couteau entre les dents…

 

EG. Quel super club, l’Espanyol!

 

EV. Non, c’est vrai. Peu d’équipes donnent plus de fil à retordre au Barça que l’Espanyol. Le truc, c’est que les Grecs exagèrent énormément, quand ils t’aiment, ils t’aiment à la folie. Ils peuvent t’offrir une maison ou au contraire brûler ta voiture et demander ton départ. Pour moi tout c’est bien passé.

 

EG. Dans le livre, tu relates beaucoup l’ambiance des vestiaires.

 

EV. Oui, dans certains portraits, on voit notre attaquant avec un pistolet. Je lui disais: fais ta tête de méchant, ne t’inquiète pas, il faut que tu aies une tête de méchant. On a fait ces photos grâce à plusieurs de nos physiothérapeutes qui portaient une arme sur eux.

 

 

EG. Avec un pistolet? C’est dingue non?

 

EV. Oui, oui. Je ne sais pas pourquoi. Je crois que l’un d’eux venait de Crète, et là-bas on célèbre les fêtes avec des coups de feu, de pistolet, de mitraillettes, ou je ne sais quoi. En tout cas on il y avait un pistolet. Et le joueur en question ne voulait pas prendre l’arme, ça lui faisait peur. On lui a dit de ne pas s’inquiéter, qu’on allait retirer les munitions.

 

EG. Ah, parce qu’ils le gardaient chargé?

 

EV. Bien sûr. Dans une autre photo, on voit notre défenseur central, et sur une autre Kovacevic avant un match à Marseille. J’ai toujours aimé faire des photos. Quand j’étais jeune, à l’époque on faisait encore le service militaire, j’avais un ami qui s’était mis en tête d’aller aux Canaries. Avec mon premier salaire de joueur d’Alavés, je lui ai payé le voyage et je lui ai demandé de m’acheter un appareil photo, n’importe lequel [les droits de douane sont moins chers aux Canaries]. Il fallait juste que ce soit un reflex. Au bout d’un an, j’attendais toujours. […]

 

EG. Il n’a pas eu une seule permission de tout son service? Tu as dû attendre un an?

 

EV. Non, il est revenu à Noël, et il m’a dit qu’il n’avait pas pu l’acheter. Moi je l’ai suspecté d’avoir dépensé l’argent. Après je me suis inscrit à des cours de photo… mais le football a tout interrompu. Même si j’ai toujours réussi à faire des photos depuis le banc de touche quand j’étais joueur. J’essayais de ne pas me faire voir de l’entraîneur. Mais j’ai toujours considéré la photo comme un truc personnel. Au bout du compte, le livre semble un peu triste car les photos sont en noir et blanc, cela donne toujours cette impression, un peu de mélancolie ou de tristesse, mais c’est ainsi. Le récit devait être cohérent. J’ai beaucoup appris en réalisant ce livre, parce qu’au début je n’avais aucune idée de la façon de présenter les images. Je ne savais pas comment les organiser et ça m’a coûté pas mal de temps libre. Mais il ne s’agit pas juste de photos en lien avec quelque chose de très concret comme le football. On peut aussi y voir mes enfants en train de danser, par exemple.

 

 

« Avec l’âge, tu t’interroges sur les mécanismes du jeu, la tactique, et ça commence ainsi. Je n’ai jamais imaginé devenir entraîneur »

 

 

EG. C’est étrange le mouvement constant d’un professionnel du football, qui vit des événements qui s’achèvent très vite, et pourtant, pour les supporters, rien ne change vraiment avec le temps qui passe.

 

EV. Oui, c’est étrange. Dans mon cas, j’ai commencé à Alavés. De là je suis allé à Sestao. Puis à l’Espanyol. Au Barça. De Barcelone à l’Athletic, puis à Majorque. Ensuite je suis allé à Athènes, à Villarreal. Au final tu as toujours le sentiment d’être de passage. Pour les supporters, nous sommes des mercenaires, et eux ceux qui galèrent. On ne se rend pas forcément compte qu’on se retrouve quelque part mais qu’on peut nous demander de partir du jour au lendemain. Oui, j’ai le sentiment de n’être que de passage. Et quand tu réussis, celui qui t’a dit que tu es le meilleur parce que tu as atteint la finale peut te dire le jour suivant qu’il faut que tu t’en ailles car tu es un bon à rien.

 

EG. Hier soir, j’espère ne pas trahir un "off" en disant cela, je parlais avec Guardiola, et je lui disais que selon la presse, il allait partir entraîner Manchester United, City ou Chelsea… Et il me disait que le fait de ne plus être dans le football était une forme de sérénité totale, et qu’il craignait beaucoup de revenir dans le football.

 

EV. Le football c’est quelque chose qui te rend accro. C’est comme le jeu. Je comprends les addicts du jeu, je comprends les gens qui sont accros à quelque chose. Quand tu joues, tu es toujours fatigué par la presse, l’entraîneur, le public, le fait de jouer tous les jours, un jour ça va et le lendemain ça ne va plus. Mais tous les joueurs qui partent à la retraite te disent qu’ils ne sont pas fous, qu’ils ne deviendront jamais entraîneurs. "Je vais partir sur une île déserte, dépenser ce que j’ai gagné et voilà." Et puis le temps passe… et tous finissent par passer les diplômes d’entraîneur ou par devenir agent…

 

 

EG. Mais devenir entraîneur, c’est quoi? Une passion?

 

EV. Au final, ce que tu as fait toute ta vie, c’est lié au football, mais à la fin de ta carrière, tu commences à plus réfléchir au jeu. Avec l’âge, tu t’interroges sur les mécanismes du jeu, la tactique, et ça commence ainsi. Je n’ai jamais imaginé devenir entraîneur, et regarde ce que je fais aujourd’hui. J’ai eu comme entraîneur Clemente, Cruyff, Heynckes, Irureta... Sáez, Víctor Muñoz, Pichi Alonso, que j’ai eu à la fois comme coéquipier et ensuite comme entraîneur, à Majorque. Au final, tu retires toujours quelque chose de chacun. En ce qui concerne Cruyff, c’est le fait qu’il a changé la façon dont on entraîne en Espagne. Et Clemente, d’un point de vue tactique, c’est celui qui m’a le plus appris.

 

EG. Parfois, on a l’impression que c’est mieux quand le joueur ne réfléchit pas trop. Un joueur, ça ne doit pas réfléchir?

 

EV. Un joueur n’est pas fait pour réfléchir. Ce n’est pas qu’il ne peut pas réfléchir, c’est juste qu’il n’en a pas le temps. De toute façon, il y a une tendance à croire que tous les footballeurs sont des imbéciles qui n’ont jamais ouvert un journal de leur vie… Comme si les gens que tu croises dans la rue te parlaient tous de Platon. Les joueurs parlent de foot, parce que c’est ce qu’ils connaissent. On demande à des jeunes de vingt ans de savoir gérer des situations complexes, pouvoir parler en public, résister à un entraîneur, se confronter à la presse, ne pas se prendre pour des surhommes parce qu’ils ont marqué un doublé, avoir suffisamment d’estime de soi pour pouvoir se relever quand ils échouent… Il faut savoir un paquet de choses à seulement vingt-et-un ans. À vingt-cinq ans, tu as vécu des trucs que quelqu’un ne vivra peut être pas en dix ou vingt ans, voire en quarante ou quarante-cinq ans. Le football, c’est un apprentissage accéléré de la vie. En un an, tu peux connaître des hauts, des bas, te faire arnaquer, voler de l’argent, t’acheter une belle voiture mais te faire insulter dans la rue… Moi, je suis du côté des joueurs.

 

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