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L'UEFA dissout les coupes d'Europe

Diaporama : la 18e journée du championnat

C'est un diapo express qui survole cette journée de milieu de semaine. Solidaire de la lutte des footballeurs contre les cadences infernales et le patinage artistique, il s'interroge sur la pertinence du calendrier et les pressions des télés...
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Sports d'hiver
Cette 18e journée, première des matches retour, aura été plus marquée par les controverses sur l'état des pelouses que par la qualité du jeu proposée. Son bilan comptable est pourtant intéressant, puisque le leader lensois, toujours autant en réussite, se détache d'un gruppetto composé de Lyon, Auxerre et Lille à 5 points. Même écart pour les poursuivants, dont Bordeaux et Paris, ne profitant pas de leurs nuls respectifs, conservent la tête.
Concernant les pelouses, dont l'état n'est pas très surprenant à cette époque, il faut surtout s'interroger sur le calendrier, qui accumule les matches en hiver. On s'est félicité de tours de coupe placés avant la trêve, mais on voit que les rencontres se multiplient sur des terrains délicats et dans des températures glaciales qui ne sont pas pour faire venir les spectateurs au stade. On se souvient que le calendrier harmonisé de la FIFA laisse aux fédérations la possibilité de caler leurs saisons sur l'année civile, ce qui aurait pour effet de faire se disputer les compétitions sous des climats plus humains. En Europe, elles se sont montrées peu intéressées.

L'incertitude concernant certaines rencontres a mis en évidence le rôle des télévisions et leur influence sur les arbitres. Alors que tous les entraîneurs et les joueurs étaient d'accord à Bordeaux et Montpellier pour annuler les matches, ceux-ci ont tout de même débuté, et même fini pour le premier. L'intérêt supérieur des détenteurs de droits de diffusion a parlé plus fort que la raison, au péril des joueurs et du spectacle, quitte aussi à être plus proche du cirque que du jeu.

Bordeaux-Marseille : 0-0
C''est vrai que les Girondins sont un peu bas du cul cette saison, et Elie Baup a raison de constater qu'il a des joueurs faits pour jouer dans leur moitié de terrain. Comme un symbole de ce positionnement, Costa et Smertine prennent effectivement bien peu de responsabilités offensives, l'animation consistant surtout à insister sur les côtés, Basto-Battles de l'un, Jemmali-Dhorasoo de l'autre. Pauleta bien surveillé et Christian encore maladroit n'ont pas réussi à forcer le destin, pas plus que Sommeil dans les dernières minutes, sur la meilleure occasion de la rencontre. En face, Marseille acquiert une régularité certaine et finira par étonner son monde, à ce rythme. Lebœuf est très à l'aise sur la glace, ses interventions et ses relances ont stabilisé un axe bien posé sur ses fondations. Au milieu, on travaille toujours autant et les attaquants, sans être géniaux, pèsent plus significativement sur les défenses.
Le paradoxe est que le jeu a été presque plaisant, les deux équipes étant obligées de glisser rapidement vers l'avant, chacune d'entre elles cherchant un résultat. C'est dans la finition que les choses devenaient nettement plus compliquées, car sans une erreur défensive ou un rebond sur une motte fatale comme on en vit ailleurs, le match ne put se donner de vainqueur, ni même d'occasions dignes de ce nom.

Observations
Bakayoko : "On n'a eu qu'une occasion je crois, c'était la mienne en première mi-temps". C'est toujours ça.
Un 0-0, ça apprendra à Canal à vouloir diffuser des matches du championnat russe.
Pour sa reconversion, Lebœuf peut penser à Holiday on Ice, il n'est pas mauvais sur une patinoire.

PSG-Auxerre : 0-0
Ce nul n'a pas eu l'excuse de la pelouse gelée, celle du Parc des Princes étant chauffée toute l'année par le périphérique. Est-ce la température, mais Fernandez avait envoyé sses joueurs s'échauffer sur le terrain, contrairement à l'habitude. Comme par hasard, Paris réussira une bonne entame. Luis fera-t-il la corrélation? Le duel Anelka-Cissé a doublement tourné court. D'abord parce que le premier nommé n'était pas dans le groupe (cela ressemble de plus en plus à un départ organisé), ensuite parce que le second est resté une ombre, menaçante certes, mais plutôt impalpable. La petite merveille, exempt de presque tout travail défensif, bénéficie de celui de ses proches collègues: l'AJA joue peu, mais bien, surtout quand Kapo, Fadiga ou Lachuer prennent le ballon. Et derrière, Boumsong-Mexès, c'est aussi costaud que Roche-Sommeil.
Pour son 7e nul à domicile, Paris a réussi une de ses meilleures prestations, avec un Okocha qui crée vraiment du jeu. Mais on se demande comment une cette armada offensive peut être d'un aussi faible rendement. Le rendement, l'AJA connaît bien, le sien reste impressionnant, même si l'audace en pâtit inévitablement.

Observation
Luis Fernandez : "Il nous a manqué un petit but, on n'a pas eu la chance du champion". Il n'y a pas que la chance qui vous manque du champion".

Sedan-Lyon : 2-1
Après un coup de billard survenu comme un coup de barre, Violeau abandonne la finesse pour frapper en force sur un ballon mal renvoyé, et surtout remettre rès vite son équipe à égalité. Les nombreuses tentatives ardennaises trouveront une heureuse conclusion par N'Diefi après 61 minutes de jeu, au contraire de celles de Lyon, trop tardives et qui voyaient Sachy-le-retour prendre le dessus à deux reprises sur Juninho. Ce qu'il y a de bien avec les Lyonnais, c'est qu'ils relancent toujours un peu le suspens, comme s'ils hésitaient à prendre la tête trop tôt.

Lorient-Lille : 2-4
On commence à avoir peur que la saison de Lorient ne tourne à la curée, de voir les adversaires des Bretons se présenter devant eux avec la conviction de prendre des points. Après un retour au score déjà fort valeureux, les Oranges ont logiquement cédé devant l'habileté tactique retrouvée des Nordistes.
Le LOSC est un miracle permanent qui vit de crises, de coups de gueule et d'éclat, au rythme tachycardiaque de son entraîneur. Il faut bien ça pour remettre tout le monde à l'ouvrage, et se remonter le moral avant de recevoir les Girondins à Grimonprez.

Rennes-Sochaux : 1-1
Au terme d'une rencontre au cours de laquelle les attaquants se sont mieux arrangés qu'ailleurs de l'état de la pelouse, les Rennais sont une nouvelle fois déçus. Ils n'avaient pas obtenu mieux qu'un but offert à Sorlin par une glissade de Raschke, avant que Trapasso s'illustre de très belle manière: décalage avec un crochet extérieur et frappe dans la lucarne. Confirmation : Sochaux costaud, Rennes irrégulier.

Bastia-Guingamp : 3-0
Bastia poursuit son redressement, avec un Vairelles déchaîné, buteur et passeur, mais surtout détonateur (une qualité qui devrait être appréciée en Corse). Ils remontent encore au classement, et aimeraient certainement passer la trêve un peu plus au chaud, bien au milieu du ventre mou (celui du championnat, pas celui de Nouzaret). L'EAG joue toujours aussi regroupé, mais avec de moins en moins d'efficacité. Quand la digue a rompu après l'heure de jeu, les Bleus se sont engouffrés dans la brèche: penalty (Vairelles), reprise de volée (Essien) et autogoal.

Observations
Est-ce Vairelles pense qu'il a une chance de rejoindre l'équipe de France?
Lacombe attend d'être en D2 pour passer à l'attaque?

Troyes-Metz : reporté

Montpellier-Monaco : reporté

Lens-Nantes : 3-0
Ce n'est pas que nous l'avons oublié, c'est que nous aurions préféré ne pas en parler. De toute façon, entre l'équipe la plus chanceuse de D1 et la plus scoumounarde, cela ne pouvait tourner que comme ça : expulsion discutable, penalty imaginé, ciseau comme on en voit tous les deux ans et but du petit débutant lensois. Il faut autoriser Nantes à reporter ses matches à la saison prochaine, parce que là, cela confine à l'impossibilité totale.

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