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Les Dé-Managers

 

Christophe Kuchly, Julien Momont, Raphaël Cosmidis et Philippe Gargov. Les Dé-managers: un blog pour parler tactique – pas pour meubler –, et une chronique du jeu dans leurs cartons.


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Landreau 1996, premier péno

Dans les cartons des Dé-Managers : #6

Éloge du Busquets, polyvalence du système du PSG, Benzema faux 9 mais vrai joueur, les bons et mauvais points en Ligue des champions et championnat, la vidéo de la semaine...

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Changements de dispositifs ou de joueurs, batailles philosophiques et stratégiques, échecs et réussites… Chaque semaine, les trois Dé-Managers proposent leurs billets d’humeur d’une semaine riche en jeu.
 

 * * *

 

PSG-OL : les ressources d’un dispositif

Raphaël Cosmidis (@rcosmidis) – L’opposition entre le PSG et Lyon ce week-end aura de nouveau rappelé l’importance de la polyvalence. Des joueurs, des entraîneurs, des systèmes de jeu. Le besoin aussi, d’avoir un plan B quand le scénario est écrit d’abord par l’adversaire.


Dimanche soir, l’OL de Rémi Garde se présenta au Parc des Princes en 5-4-1 (3-4-2-1 timide en phase avec ballon). Le coach lyonnais avait trouvé là un schéma qui exposait clairement les failles du 4-3-3 parisien: beaucoup de joueurs à la construction initiale, et des duos sur les côtés qui, face à des couloirs renforcés (Lopes-Koné et Bédimo-Umtiti), n’étaient plus en supériorité numérique. Les dédoublements de Van der Wiel, si providentiels ces dernières semaines, rencontraient un obstacle. En ajoutant les gribouillis de Lucas et la neutralité de Pastore, facteur X, Lyon ne craignait pas grand chose.

 

Laurent Blanc PSG-OL Ibrahimovic


Le 5-4-1 rhodanien permettait également d’occuper l’axe avec un quatuor prometteur. Mais très peu enclin à se projeter. C’est paradoxalement l’occasion de Lacazette qui illustra le silence offensif de son équipe. Envoyé seul au front, il réussit à se défaire de Thiago Silva et Verratti, puis de Van der Wiel avant de saluer la barre transversale. Lyon aurait pu mener 1-0, mais au-delà des conséquences psychologiques, un prologue pareil aurait-il empêché le PSG d’en marquer quatre? Laurent Blanc aurait sans doute fait le même choix dans cette uchronie, celui de passer à deux attaquants axiaux. Qu’aurait fait Lyon de différent face à la nouvelle problématique posée par le passage au 4-4-2? Le plan de Garde n’envisageait pas une réaction tactique de Blanc.


Avec une ligne claire de quatre offensifs, Paris n’avait plus qu’à faire une différence infime pour se retrouver en situation favorable. Inéluctable tant l’effectif est intrinsèquement supérieur à celui de son adversaire. Le deuxième but démontre toute l’intelligence du onze parisien. Verratti aimante les joueurs puis sert Pastore dans l’espace abandonné par le milieu lyonnais, espace que l’Argentin s’est approprié, avant de récompenser l’appel de Cavani, plein axe. Vercoutre est en retard, comme la défense centrale l’était, comme Gonalons l’était. Un décalage né soixante-dix mètres plus tôt.
 

 


Sergio Busquets, se souvenir des belles choses

Philippe Gargov (@footalitaire) – Il est certains grands hommes que l'on se remémore pour de mauvaises raisons. Staline est de ceux-là, Busquets aussi. Du Catalan, l’histoire ne retiendra probablement que les fourberies de catin. Mais qui se souviendra de son jeu fait de passes millimétrées, de ses roulettes face au pressing adverse, de son importance dans la possessivité défensive mais aussi offensive des Blaugranas? et oui, de son intelligence tactique quand il s’agit de faire “la” faute, aussi.


Paradoxe de la doxa, Busquets a fait dimanche probablement son meilleur match depuis longtemps – et il l’a perdu. Lui, l’échalas béni des dieux, qui a donné ses lettres de noblesse à un poste inconnu au point qu’on le baptise de son nom. Lui qui enchaîne les matchs et les victoires avec la régularité d’un métronome et une nonchalance qu’on ne retrouve sur aucun autre terrain. Lui sans qui, surtout, les Verratti, Motta, et même Lahm n’existeraient pas – ou du moins, pas comme ça. Oui, cet homme-là a perdu, en faisant pourtant un match plein d’éclats. Ou plutôt: il a fait un match sans coups d’éclat aucun. Car la force de Busquets ne tient pas dans ses fulgurances. Busquets est un homme de proximité: il ne s’inquiète jamais, et cherchera toujours la passe la plus facile.

 

Busquets


Lorsque Mesut Özil est arrivé à Londres, les Gunners ont répété qu’il simplifiait le jeu, et le rendait ainsi plus fluide. Busquets est de ceux-là: il ne cherche jamais à faire ce qu’il ne sait pas faire. Et son plus grand talent tient dans le mouvement, non pas pour faire bouger, mais pour se démarquer et offrir à ses partenaires la solution de la facilité. “The quiet man”, l’a-t-on parfois surnommé. L’homme est effectivement rassuré, donc des plus rassurants. Difficile de savoir ce qui se trame dans les ramifications de son cerveau formaté par les années Masia. Mais une chose est sûre: cet homme est indispensable au football, mais le football n’en aura jamais cure. Si Thomas Müller est un géomètre incompris, lui en est le pendant abhorré. Mais ceux qui l’ont aimé sauront toujours pourquoi.
 

 


On a aimé


LIGUE DES CHAMPIONS


L’entrée de Gökhan Inler contre Dortmund. Le Suisse, par sa qualité de passe et son orientation du jeu, a étiré les Borussens. Trop tard pour Naples.


L’influence de Toni Kroos, référent permanent du milieu du Bayern en l’absence de Bastian Schweinsteiger, qui a écrasé à lui seul le milieu du CSKA Moscou. Plus que son taux de réussite (99 passes arrivées à destination sur 109), c’est sa volonté de toujours aller de l’avant qui interpelle.


Année après année, Darijo Srna enchaîne les déboulés sur son côté droit dans l’indifférence presque générale. Quand son vis-à-vis du couloir est très offensif, comme c’est le cas d’Antoine Griezmann, le résultat est dévastateur.


La double accélération de Pierre-Emerick Aubameyang. Il sème une première fois la défense, ralentit pour ne pas être hors-jeu puis repart au bon moment pour aller marquer.


Le retour à la compétition de Mirko Vucinic. Il aura suffi de dix minutes pour que l’un des attaquants les plus classes du monde fasse tourner la tête de la défense de Copenhague.


La démonstration de Bâle face à Chelsea, comme à l’aller, et qui aurait pu accoucher d’un score bien plus sévère. Murat Yakin continue à prouver qu’il est l’un des meilleurs jeunes entraîneurs d’Europe.
 

 

CHAMPIONNATS


Jürgen Klopp qui, agacé par la performance de son équipe, fait rentrer deux joueurs dès la mi-temps, à 0-0. Dortmund finira par gagner 3-0.


Le duo Laurent Blanc-Jean-Louis Gasset qui, de semaine en semaine, fait la preuve de sa compétence tactique. Vivement les huitièmes de finale de Ligue des champions.


La finition de Kaka, en facilité mais en puissance, frappe violente sous la barre à bout portant. Arshavin maîtrise également cette rareté technique..


Les passes de Mesut Özil, qu’il suffit de suivre pour marquer. Même quand on s’appelle Mathieu Flamini.


Les crochets d’Isco, élégants et fluides, efficaces et poétiques. Au point que ses adversaires s’assoient pour assister à la récitation.


 

 


Le schéma de la semaine

Benzema contre Valladolid : faux numéro 9 mais vrai joueur de foot.
 

Schema Benzema Real Madrid 
 

 


On n’a pas aimé


LIGUE DES CHAMPIONS


C’est un excellent défenseur, mais Sergio Ramos prend beaucoup trop de cartons rouges idiots. Contre Galatasaray, c'était son 17e en carrière, à seulement vingt-sept ans. Cyril Rool et son improbable total de 27 n’est plus très loin.


Steven Defour, incapable de se situer dans le milieu de Porto. Si Marouane Fellaini et Axel Witsel ont réussi leur reconversion tactique après leur départ du Standard, même si Fellaini a des difficultés à Manchester, lui n’arrive pas à être le lien qui manque entre le défensif Fernando et l’offensif Lucho.


Le travail de Rafael Benitez à Napoli est suffisamment intéressant pour que l'on s'étonne de le voir se satisfaire, en conférence de presse, de la prestation contre Dortmund...
 

 

CHAMPIONNATS


La sortie de Mathieu Valbuena contre Montpellier. Avant de sortir son joueur le plus intelligent de son équipe avec un seul but d’avance, Baup devrait discuter avec Pekerman.


La faiblesse de Montpellier, qui malgré un effectif honnête, se contente d’un circuit Cabella-Montano en profondeur bien prévisible et peu ambitieux.


Les déclarations de Brendan Rodgers après la défaite 3-1 de Liverpool contre Hull City, réclamant de nouveaux joueurs. La défaillance de son milieu de terrain date du mois d’août, et pour le deuxième match de suite, ses changements ont plongé son équipe vers l’échec. Liverpool n’existe quasiment jamais en deuxième période.


La défense trop basse de Liverpool et peu intéressée par le replacement. Résultat, Sagbo se retrouve en jeu sur un dégagement anodin qui amène le troisième but de Hull.


La résignation de Valladolid contre le Real Madrid, en général celle des petites équipes en Liga dès qu’elles se retrouvent menées. Pas étonnant que les 5-0 pleuvent quand les formations balancent leur parapluie après deux buts encaissés.


La performance de Julien Féret contre Monaco. Opposé à un autre artiste, James, le Rennais a décidé qu’il n’avait pas envie de monter sur scène. Un duel, c’est mieux à deux.
 

 


La décla

“Quand on regarde un match, on ne voit pas Busquets. Quand on regarde Busquets, on voit le match dans son entièreté.” Vicente Del Bosque.

 

 

 

La vidéo

Sergio Busquets a rendu une somptueuse partition contre l’Athletic Bilbao ce dimanche… pour une seconde défaite du Barça en cinq jours. La prestation n’en est donc que plus belle. (via @LePhilosophe_B)

 

 

 


La revue de presse (presque) anglophone

Analyse des matchs du Bayern Munich et du FC Porto la semaine passée en Ligue des champions sur Bleacher Report. Bonus: des screens en SD.


Bleacher Report encore, pour un focus sur Aaron Ramsey, qui n’en finit plus de marquer. Dans un championnat où Gouffran score aussi, certes.


Le Guardian en a marre des clichés. Non, la Premier League n’est pas un championnat de bourrins fascinés par les longs ballons. Au contraire.


Passe En Retrait nous invite à nous évader, avec ce beau papier sur Sampaoli et son Universidad de Chile face à Quito. Un blog tout droit dans les favoris.


Les amateurs de tactique français pullulent. C’est un bonheur. Première Touche s’attarde sur les idées de David Moyes contre Leverkusen.


À la suite de la colère de Guardiola sur les fuites de vestiaires, Richard Whittall se demande si on ne prend pas trop au sérieux l’importance du secret de la tactique.


Dans le dernier numéro de Vestiaires, le très bon Éric Carrière défend l’idée de jouer les coups francs rapidement.


 

 

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