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Christophe Kuchly (avec J. M.)

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Le PSG, une marque contre son camp

Chelsea - PSG : Ave Di Maria

Matchbox – Dans un match où ils ont montré leurs qualités mais aussi leurs défauts, les Parisiens ont réussi à décrocher une victoire qui doit beaucoup au talent de quelques joueurs et un peu aux erreurs adverses.

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Il y a un an, dans ce qui fut l’un des articles les plus lus de l’année, nous avions titré la matchbox du match retour face à Chelsea “Paris, l’exploit capital”. Cela ne brillait pas par son inventivité, mais le mot clé était “exploit”, et il avait d’ailleurs suscité un débat sémantique dans les commentaires.

 

Douze mois plus tard, retrouver les Parisiens en quart de finale semble en revanche parfaitement normal. Une preuve du chemin parcouru? Un peu, même s’il ne faut pas nier l’effondrement des Londoniens, autant sur le plan individuel que collectif. Mais il suffit de lire entre les lignes de cette déclaration du Guus Hiddink après la rencontre: “Dans les dix-quinze premières minutes on a trop respecté le PSG.” Comme si le rapport hiérarchique entre les deux clubs s’était inversé.

 

 

La fiche technique

Chelsea 1-2 Paris-Saint-Germain
Buts : D. Costa (27e) pour Chelsea; Rabiot (16e), Ibrahimovic (67e) pour Paris.

CHELSEA - Courtois; Azpilicueta, Cahill, Ivanovic, Kenedy; Mikel, Fabregas; Pedro, Willian, Hazard (Oscar, 77e); D. Costa (B. Traoré, 60e). Entraîneur: Guus Hiddink.
 

PARIS - Trapp; Marquinhos, T. Silva, D. Luiz, Maxwell; Rabiot, T. Motta, Matuidi (Van der Wiel, 87e); Di Maria (Cavani, 82e), Ibrahimovic, Lucas (Pastore, 77e). Entraîneur: Laurent Blanc.

 

 

La nalyse

 

Le milieu parisien

On est obligé de commencer par le point négatif côté parisien. Sans Marco Verratti, l’entrejeu était forcément diminué. Avec, en plus, un Blaise Matuidi amoindri physiquement, cela compliquait la tâche au pressing comme dans les sorties de balle. Sur les phases initiales, Chelsea était positionné relativement haut, forçant le PSG à jouer dans des zones parfois risquées. “C’est notre philosophie”, ont justifié en coeur Laurent Blanc et David Luiz à l’issue du match. Certes, mais sans le petit métronome italien, tout parut toujours sur un fil, à l’image de la passe un peu forte de Rabiot vers Motta, dont le contrôle manqué a débouché sur l’égalisation des Blues.

 

Les consignes étaient claires: Blaise Matuidi et Adrien Rabiot étaient pratiquement en marquage individuel sur Cesc Fabregas et Obi Mikel. Le problème, c’est que cela a ouvert des espaces dans leur dos pour Eden Hazard et Willian, surtout quand ils étaient aspirés loin de leur position de base. C’est là l’inconvénient d’une défense où l’adversaire direct est le point de référence principal, tandis qu’une défense où la priorité est mise sur la zone permet de conserver un bloc bien mieux en place.

 

 

 

 

Les contres anglais, toujours menaçants, n’auraient pas été aussi nombreux si Paris avait mieux géré le rapport de force dans l’entrejeu. Il est d’ailleurs assez intéressant de constater que ce sont deux joueurs pourtant en difficulté dans le jeu, Adrien Rabiot et Thiago Motta, qui se sont montrés décisifs offensivement. Le premier en ouvrant le score, le second – qui a touché cent vingt-huit ballons, record pour un Parisien à l’extérieur en Ligue des champions cette saison – en amenant le décalage d’une passe lumineuse sur le deuxième but. Un rappel que Motta a joué dans les plus grands clubs et qu’il est doué balle au pied, mais aussi qu’il n’est pas le même sans Verratti à ses côtés. Heureusement, le trident (les références à Matuidi sont volontairement proportionnelles à son influence, lui qui termine avec 1 tacle et 1 interception seulement, 4 ballons récupérés et 14 perdus pour 28,6% de duels gagnés) a eu du renfort...

 

 

Angel Di Maria

Qu’est-ce que l’Argentin ne sait pas faire? Décisif dans l’avant-dernière puis dans la dernière passe, c’est aussi lui qui s’est dévoué pour aider ses petits copains. Il faut dire qu’hormis quelques projections sans ballon, personne n’était vraiment capable de bien faire le lien avec les attaquants. Et c’est donc Di Maria qui est redescendu d’un cran pour, depuis l’axe, faire progresser le bloc, fluidifier la circulation, toucher Lucas et Ibrahimovic. Il a naturellement délaissé un côté droit où Kenedy n’apportait pourtant pas toutes les garanties défensives, pour diriger la manoeuvre façon Xavi.

 

 

 

 

Ou plutôt façon Di Maria du Real. Dans un registre légèrement différent, puisqu’une bonne partie de son travail lors de sa dernière saison espagnole se faisait sans ballon, du genre travailleur de l’ombre. Mais s’il fut (à notre humble avis) le meilleur joueur du monde cette année-là, c’est parce qu’il allie abattage qui met en valeur ses partenaires et gestes offensifs de classe. Face à Chelsea, il fut à peu près le seul à jouer vers l’avant (vingt-trois passes réussies dans le dernier tiers du terrain, premier parisien et de loin), faisant le lien entre Motta (19 passes reçues, 20 données) et Ibrahimovic (22 passes données). La grande recrue de l’été a prouvé ce qu’était le très haut niveau.

 
 

Cesc Fabregas

Le verdict est d’autant plus dur que la comparaison est loin d’être à son avantage. Mais il faut être juste: en quittant sa zone sans raison et hors du cadre collectif, Fabregas ouvre l’espace sur l’ouverture du score parisienne; il ne suit ensuite pas l’appel de Di Maria dans son dos sur le deuxième but. Bien entendu, il n’est pas le seul fautif puisqu’il se passe à chaque fois plusieurs secondes avant l’arrivée du ballon dans les filets (et que Cesar Azpilicueta est lui aussi bien passif sur la réalisation décisive d’Ibrahimovic). Mais ces situations sont symptomatiques de ses lacunes dans les situations de défense placée, dans lesquelles il ouvre bien trop souvent des espaces aux adversaires. Angel Di Maria s’y est souvent engouffré, même si Paris n’a pas toujours su bien en profiter derrière.

 

 

 

 

Depuis un an, l’Espagnol ne crée plus grand-chose et coûte beaucoup de l’autre côté du terrain. Un parallèle est forcément à faire avec Eden Hazard, qui n’est pas non plus un énorme travailleur et ne se fait plus pardonner en étant décisif offensivement, mais aussi avec Pedro, un peu perdu loin de la Catalogne. Évidemment, Obi Mikel n’est pas Busquets mais, dans une équipe qui évolue en contre, il faut pouvoir tenir intelligemment sa position. Et, sur de simples attaques placées, on a retrouvé Cesc Fabregas dans des endroits improbables.

 

 

La sortie de Diego Costa

Jusqu’à l’heure de jeu, le pressing anglais fonctionnait bien, et l’attaquant de pointe, qui faisait sa part du travail, en recueillait des ballons intéressants. Deux éléments intimement liées: en courant partout mais jamais dans le vide – l’héritage Diego Simeone sans doute –, Diego Costa a bien embêté la relance parisienne… et c’était aussi lui qui se chargeait de finir les actions, avec plus ou moins de bonheur à cause d’un très bon Kevin Trapp. Il n’empêche, le teigneux a été irréprochable dans le jeu, utilisant à merveille son gabarit pour justifier à merveille l’expression “peser sur la défense”.

 

Une fois sorti sur blessure, et remplacé par un Bertrand Traoré pétri de qualités mais d’un registre totalement différent, Chelsea a coulé. La proximité du deuxième but parisien, arrivé sept minutes plus tard, nuance un peu le constat. Mais le Burkinabé, qui aurait pu profiter des espaces sur les contres, a participé malgré lui au fait qu’il n’y en ait plus. Pour une équipe façonnée par José Mourinho, Chelsea a parfois des allures de poids moyen. Et sans celui qui a l’attitude et la gueule du boxeur, cela devient même poids mouche. En tout cas quand Hazard, Fabregas et les autres tapent dans le vide…

 

 

 

Les observations en vrac

• L’entrée de Bertrand Traoré nous a permis d’avoir une pensée émue pour son grand frère Alain, cinq bouts de match de L1 sur les deux dernières saisons et dont l’essai au Krylia Sovetov de Yohan Mollo est resté sans suite.

 

• Vu la forme d’Eden Hazard, garder De Bruyne/Salah/Schürrle/Cuadrado aurait pu être une idée judicieuse...

 

Zlatan Ibrahimovic a mis un terme au débat sur son efficacité dans les matches couperets. Jusqu’à son prochain échec?

 

• Faute de boulette de Kevin Trapp pour nous montrer un Sirigu stoïque, le réalisateur s’est rabattu sur John Terry.

 

 

 

Vu du forum

=>> Tonton Danijel – 21h02
Zlatan a fait rentrer Adrien Rabiot dans l'histoire.

 

=>> Back-T-Oblak – 21h20
But, erreurs, carton jaune, Rabiot est de tout les combats ce soir. Un petit Periscope après la rencontre?

 

=>> Lionel Joserien- – 21h35
Ce soir, je trouve Romao très largement supérieur à Motta.

 

=>> Tricky – 21h45
Un duel Fabregas / Motta, ça me fait à peu près la même impression qu'une primaire Trump / Cruz.

 

=>> PCarnehan – 22h01
Courtois. Le physique et la taille d'une cathédrale gothique, ça aide.

 

=>> Mama, Rama & Papa Yade – 22h38
Et un Brexit, un.

 

 

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