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Eugène Santa

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Le feuilleton de la L1, épisode un

Camel Meriem, porté disparu

L'ancien espoir Sochalien n'a ni grandi, ni rebondi à Bordeaux. Sa carrière est dans l'impasse en Gironde et l'issue de secours semble bien étroite…
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Camel Meriem est une nouvelle fois passé au travers de ses deux premiers matches de la saison, qu'il a pourtant débutés en tant que titulaire. Arrivé en janvier 2001 aux Girondins, l'ex-Sochalien peine encore à s'imposer dans son club, malgré les espoirs placés en lui à son arrivée. Bordeaux est pourtant réputé pour constituer un bon tremplin, facilitant les départs à l'étranger et l'acquisition de quelques sélections en équipe de France pour les espoirs de son effectif: avant Meriem, Zidane et Micoud ont obtenu un début de consécration en animant l'entrejeu girondin. Le parallèle avec les deux "Cannois" n'est pas innocent : comme eux, Meriem est issu d'un club formateur. Comme eux, Meriem est arrivé en Gironde précédé d'une belle réputation. On se souvient des louanges exprimées à son égard à l'époque de son transfert, soulignant entre autres son "aisance des deux pieds" et sa vision du jeu. Enfin, comme eux, Meriem connut des débuts difficiles dans la capitale aquitaine. Malheureusement, à l'inverse de ses deux illustres prédécesseurs, la tendance ne semble pas vouloir s'améliorer pour l'ex-Sochalien. Une émergence sans cesse retardée De fait, le petit meneur de jeu n'a toujours rien prouvé chez les Girondins. Une première demi-saison avait pourtant laissé entrevoir quelques espoirs. Mais un début de saison catastrophique l'année dernière en tant que milieu de terrain excentré, ponctué ironiquement par une performance dramatique sur le terrain de son ancien club (Sochaux-Bordeaux, en octobre 2002) ont scellé le sort de Meriem: supplanté par Feindouno, il n'a jamais retrouvé une place de titulaire qu'il avait pourtant occupée pendant le premier tiers du championnat. Comment expliquer de telles difficultés? Sans doute, justement, par une succession un peu lourde à assumer aux Girondins. Outre Zidane et Micoud, ses illustres prédécesseurs, le club aquitain a accueilli ses dix dernières années de nombreux tripoteurs de ballon, de Ziani à Savio, en passant par Dhorasoo ou Martins. Dans ce contexte délicat, Meriem semble victime d'un déficit de confiance, que son tempérament discret ne parvient pas à lui faire surmonter. Par ailleurs, le meneur de jeu rencontre probablement des difficultés d'adaptation pour occuper un poste de joueur de couloir pour lequel il n'a pas été formé. L'arrivée du jeune gaucher majorquin Riera démontre en tout cas que Baup ne compte pas vraiment laisser sa chance à Meriem sur l'aile gauche bordelaise, et le faux départ de l'équipe n'augure rien de meilleur pour lui. Départ et/ou reconversion ? Qu'est-ce qui pourrait permettre à Meriem de briller à nouveau sur un terrain? La première option pourrait être de prêter ou de transférer le joueur au sein d'un club dans lequel Meriem aurait une concurrence un peu moins rude. Lens, qui pourrait être intéressé suite au départ de Sibierski et en faire son meneur de jeu, n'est pourtant pas le club idoine pour se relancer, puisque le club nordiste compte déjà, en Thomert, Coridon ou Keita, autant de jeunes joueurs qui peuvent occuper le poste de milieu offensif. L'autre choix consisterait à reconvertir Meriem à un poste de milieu relayeur. Une position sur le terrain qui permettrait de diluer ses responsabilités dans l'animation du jeu, ou en tout cas de les partager avec les deux joueurs de couloir du système Baup. C'est d'ailleurs à ce poste que Meriem avait livré ses meilleurs matches à ses débuts girondins. Le récent exemple de Dhorasoo, meneur de jeu reconverti en récupérateur (ou celui plus lointain de Bravo), démontre qu'un replacement de ce type peut être couronné de succès. Mais c'est malheureusement aussi dans ce rôle qu'il a vécu la défaite face à Montpellier. À bientôt vingt-quatre ans, il serait dommage que Meriem ne retrouve pas le brillant de ses débuts sochaliens. Ou, pire, qu'il gâche sa carrière à la manière d'un Pedros — ou plutôt de tous ceux qui ont plus discrètement disparu de l'avant-scène…
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