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Richard N et Christophe Zemmour

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Revue de stress #148

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Dijonnais, mais pas en paix

Boli 1993, la tête à Basile

Un jour un but – Il y a bientôt vingt-cinq ans, l’Olympique de Marseille s’en était allé conquérir la première coupe d’Europe du football français. Un coup de tête de Basile Boli fit chavirer Marseille et basculer l’Hexagone dans le camp des vainqueurs.

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À Milan, on aime rappeler que l’arbitre Kurt Röthlisberger n’aurait jamais dû accorder ce corner aux Marseillais. Car sur le tacle de Maldini, c’est la tête d’Abedi Pelé qui envoie le ballon hors du terrain. Mais les petits détails doivent parfois s’incliner devant la grande histoire. Abedi Pelé s’en va donc tirer ce corner. Il reste deux-trois minutes à jour avant la mi-temps.

 

 

You stay !

Ce mercredi 26 mai 1993, l’Olympique de Marseille est à l’Olympiastadion de Munich pour disputer face à l'AC Milan la trente-huitième finale de la Coupe des clubs champions. Ou plutôt de la Ligue des champions, puisque l’UEFA demande désormais aux médias d’utiliser cette nouvelle terminologie pour désigner son épreuve-phare.

 

 

Basile Boli est présent sur la pelouse. Bien que soigné au genou depuis plusieurs semaines, l’international français tient sa place dans la défense centrale à trois hommes qu’il constitue avec Marcel Desailly et Jocelyn Angloma. Mais le rythme de la finale est tel que son genou le fait souffrir. Il demande même à sortir mais se fait rembarrer avec des mots choisis par Raymond Goethals et Bernard Tapie. Même son coéquipier Rudi Völler le somme de rester en lui assénant, dans un anglais au rude accent germanique: “You stay!” Alors Boli retourne sur le terrain, en maugréant.

 

Cela fait plusieurs années que Bernard Tapie clame que son OM sera le premier club français à remporter la coupe d’Europe. Car le foot hexagonal en est bien là: malgré Reims, malgré Saint-Étienne, malgré Bordeaux, jamais un club français n’est parvenu à décrocher la Coupe aux grandes oreilles. Ni même la moindre coupe d’Europe, d’ailleurs. Et ça fait trente-huit ans que ça dure. Même l’OM s’est cassé les dents deux ans plus tôt à Bari face à l’Étoile Rouge de Belgrade alors qu’il était donné favori.

 

 

Les larmes de Bari

Une désillusion terrible dont on avait gardé, déjà, l’image de Basile Boli. Effondré par l’issue des tirs au but remportés par les Yougoslaves, le défenseur marseillais pleurait de tout son soûl comme perdu sur le terrain, au milieu des photographes et des caméras du monde entier.

 

À Munich, le club phocéen n’est pas favori. Il est issu d’une poule de qualification qui l’a vu dominer Bruges, les Rangers et le CSKA Moscou, mais face à lui se présente un Milan gonflé par un carton plein (six matches, six victoires) dans un groupe beaucoup plus relevé, avec Göteborg, Porto et le PSV Eindhoven.

 

Le déroulement du match donne raison aux pronostics. Le Milan bouscule copieusement l’équipe marseillaise. La défense olympienne est aux abois mais le tout jeune et chevelu Fabien Barthez s’impose devant les Van Basten, Rijkaard et autres Massaro. Marseille parvient à donner quelques coups de canif dans les certitudes milanaises. Quelques contres rondement menés permettent à Rudi Völler puis Alen Boksic d’inquiéter Sebastiano Rossi.

 

 

Je l’ai envoyé dans l’histoire

L’OM a bien changé depuis Bari. Habitué à renouveler l’effectif à chaque intersaison, Bernard Tapie n’avait pas hésité durant l’été 1992 à se séparer de Chris Waddle, Carlos Mozer et même de l’emblématique Jean-Pierre Papin, qui en a profité pour rejoindre… l'AC Milan. D’autres cadres ont également perdu leur statut au cours de la saison comme Pascal Olmeta, Manu Amoros et Bernard Casoni, laissant place à une équipe flambant neuve.

 

Basile Boli est monté sur le corner d’Abedi Pelé. Il s’est calé au premier poteau entre les deux attaquants marseillais. Plusieurs hommes sautent sur le ballon aérien envoyé par le Ghanéen. Rudi Völler est trop court mais, derrière lui, Boli parvient à dévier de la tête malgré le marquage serré de Frank Rijkaard et la main de Franco Baresi accrochée à son maillot. Le ballon vole vers le côté droit de la cage curieusement désert. Sebastiano Rossi est bloqué sur ses appuis et regarde impuissant le ballon entrer dans ses filets.

 

 

La France du foot n’ose y croire. L’OM est bien en train de mener face à l'AC Milan. Et si la Coupe d’Europe longtemps promise, c'était pour ce soir? Il reste toutefois quarante-cinq minutes à tenir dans un match qui garde la même physionomie: le club italien domine les champions de France mais ceux-ci se battent comme des affamés. La rencontre est très animée à défaut d’être d’une grande qualité technique. L’entraîneur milanais tente de semer le trouble en faisant entrer Jean-Pierre Papin, mais rien n’y fait: Milan ne parvient pas à prendre en défaut la défense marseillaise.

 

Le but de Boli sera finalement le seul de la rencontre. L'Équipe affichera la photo en pleine page sur sa une le lendemain, en titrant “Le jour de gloire”. Le buteur de la soirée devient un héros et lâche une bonne formule pour alimenter la chronique: “Je n’ai pas vu le ballon entrer dans le but, je l’ai vu entrer dans l’histoire.” Marseille attend ses héros pour trois jours de pure folie. Le foot français a attendu trente-huit ans avant de remporter sa première Coupe des clubs champions. Il attend toujours la deuxième. Vivement 2031!

 

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Un jour, un but


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